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Trouver sa place : mon histoire (expatriation NZ)

Le 27 Novembre 2017, je publiais un article intitulé « Quelle est votre mission ? ». Je parle de mes expériences de voyages et mon expatriation qui ont plus ou moins réussi et qui m’ont mené après 3 années de vadrouilles à ma mission de vie : je voulais voyager toute ma vie au lieu de travailler toute ma vie.

Je voulais éviter à tout prix d’être cette personne qui n’a rien fait de sa vie, qui est restée enfermé chez elle, qui n’a pas su se trouver, qui n’a fait que de travailler au lieu de profiter de chaque instant.

Tout cela est vrai. J’ai profité longtemps, j’ai été libre d’aller où je voulais et de faire ce que je voulais pendant quelques années. Si je remet le contexte de cette période où j’ai écrit cet article, en vrai, je voulais juste trouver ma place dans un monde que je n’aimais pas. En vrai, je voulais surtout voyager dans suffisamment de pays pour choisir celui dans lequel refaire ma nouvelle vie.

Voyager pendant presque 5 ans m’avait appris énormément de choses, bien plus que de rester chez moi, cela va de soi. Grâce à ça, j’ai compris qui j’étais, ce que je voulais et ce que je voulais faire de ma vie. Ça paraît banal mais c’est la base de tout. C’est le gouvernail de la vie.

Alors je voyageais, je rentrais en France remettre mon compte en banque à niveau et je repartais. Jusqu’à un moment où je suis arrivé sur un os. Je me suis rendu compte que je ne pouvais plus continuer comme ça, que chaque retour en France et retour au travail devenait de plus en plus douloureux et compliqué à vivre. Il fallait que ça cesse.

C’est ce que je vous raconte dans cet article. Je vous livre dans les grandes lignes mon expérience personnelle et tout le cheminement qui à fait que oui, ça y est, je l’ai trouvé mon petit coin de paradis !!

Sur les pentes de roches pendant l’ascension du Foggy Peak, Arthur’s Pass, île du Sud, Nouvelle-Zélande

Trouver ma place

C’est en ce beau dimanche matin bien ensoleillé que je sors de l’aéroport international d’Auckland. Je m’assoie sur un banc devant le parking des taxis pour me poser 10 minutes afin de réaliser où je suis : au bout du monde.

Je regarde le futur, qui s’annonce palpitant : pas de moyen de transport, pas de travail, pas de toit sous lequel dormir. J’ai tout abandonné en France. Comme tous les backpackers, ma maison est maintenant mon sac à dos, un outil indispensable, tout comme de bonnes chaussures et une petite réserve sur son compte en banque au cas où ça tournerait mal.

Je suis donc dans l’inconnu, mais je sais ce que je fais. Ce n’est ni la première fois que je voyage, ni la première fois que j’arrive à l’étranger sans rien. Ces 5 dernières années, je les ai passées la plupart du temps à l’étranger, dans un tour du monde qui n’en était pas un. Mon but : trouver ma place dans un monde que je n’aime pas.

 

Les débuts : pourquoi moi ?

J’ai commencé en 2014 avec le Canada, sans vraiment le vouloir. Une opportunité, 45 candidats, un seul retenu : c’était moi… Je suis tombé de ma chaise, sans voix. Je n’y ai jamais cru, je n’ai jamais poussé, je n’avais même pas une motivation réelle. Et pourtant. J’étais littéralement choqué car, dans la réalité, je n’avais rien demandé.

Devant l’ampleur soudaine de ce qui m’arrivait, ne sachant même plus quoi faire, j’ai pensé à dire que j’avais changé d’avis et qu’ils devaient chercher un autre type pour me remplacer. Mais comment reculer ?

Je veux dire, comment après en être arrivé là, après m’être déplacé deux fois à Paris, après avoir passé un entretien, après avoir passé la pré-sélection, après avoir passé 4 heures de tests en mathématique et un test psychologique dans une salle à l’odeur immonde, après avoir été le seul sur 45 appliquant à être retenu.

C’est dingue, c’est que je dois y aller, c’est que ça doit vraiment valoir le coup. Alors j’ai mis le pied à l’étrier et je suis parti sans aucune prétention dans ma nouvelle aventure.

Et puis les mois sont passés. Tout allait bien, je me plaisais plutôt bien. J’avais un bon niveau de vie, bien meilleur qu’en France. Non loin des États-Unis, je passais régulièrement la frontière pour de longs week-end dans ma ville préférée, j’ai nommé New York. Je faisais des roadtrips un peu partout au Québec, et aussi aux USA.

Le boulot que j’avais était super intéressant, dans une très grande entreprise avec de gros marchés. Je travaillais en 5/4 : 5 jours de travail, 5 jours de repos, 5 jours de travail, 4 jours de repos, 4 jours de travail, 5 jours de repos, etc. Et en alternance jour / nuit, 12 heures par poste. Au début, c’était génial. Je faisais 60 heures et j’avais 5 jours de repos, c’était fantastique. Je profitais à fond, je faisais du vélo, de la randonnée, je voyageais, j’allais à la musculation…

Et avec les mois qui passaient et la fatigue qui s’accumulait, les jours de repos devenaient vraiment des jours de repos : le lit était devenu mon meilleur ami.

Coucher de soleil sur la rue principale de Trois-Rivières, la ville où j’habitais.

Premier sentiment de liberté

Et puis je voulais voyager, je voulais voir du pays. Je me disais que je pouvais faire un roadtrip géant entre Canada, USA et Mexique. Mes projets de voyages étaient démultipliés et la « wishlist » devenait sans fin. Je n’arrivais jamais à court d’idées.

Quand on est venu me voir pour me dire qu’on voulait me garder et me prolonger mon visa de travail pour 2 ans supplémentaires, j’ai dit non après quelques semaines de réflexion. Je ne me voyais pas tenir ce rythme 2 ans de plus. À la place, je partais à l’aventure réaliser mes petits rêves. Je ne voulais pas regretter. « C’est maintenant qu’il faut en profiter ».

J’ai pris ma voiture, j’ai traversé tout le Canada de la charmante Trois-Rivières jusqu’à Vancouver. Et une fois arrivé là, j’ai vu la frontière à 30 minutes de route, alors je l’ai naturellement passée. J’ai rejoins Los Angeles, puis j’ai tout traversé jusqu’à New York, en passant par Chicago, Indianapolis, Pittsburgh et Washington DC.

Après avoir conclu en beauté à New York, je suis revenu à ma petite Trois-Rivières, j’ai fait mes valises, j’ai vendu toutes mes affaires et je suis retourné en France après un peu plus d’un an et demi de l’autre coté de l’Atlantique.

Ce voyage avait été dingue : livré à moi- même, libre d’aller où je voulais et de faire ce que je voulais, quand je voulais et avec qui je voulais. J’ai dormi chez les locaux, ou dans ma voiture à la belle étoile quand ce n’était pas possible. J’ai fait, vu et vécu des choses que jamais je n’aurais pensé possible en restant dans mon petit train de vie.

C’était un rêve éveillé, et je ne voulais surtout pas qu’il s’arrête. J’étais devenu accroc. Je voulais faire du voyage ma vie et j’avais une liste de pays a visiter qui prenait une page entière.

Le lac Moraine, le moment le plus superlatif de tout le roadtrip !

Premier retour en France : catastrophe !

De retour en France, cette idée s’était confirmée très rapidement. J’ai vécu le choc des cultures quand je suis arrivé au Canada. Mais quand on vit à l’étranger suffisamment longtemps sans revenir, il y a aussi le choc des cultures au retour !

On rentre chez soi, mais on ne sent plus chez soi. Je croyais tout connaître, mais en fait je ne connaissais rien ! C’était une galère sans nom, et j’ai bien pédalé dans la semoule. Revenir dans son pays et ne plus s’y sentir chez soi, c’est dur.

Et c’est encore plus dur quand on ne s’y attends pas, mais alors vraiment pas. J’ai vraiment pris une grosse claque en revenant. Je redécouvrais simplement mon propre pays avec une vision totalement différente.

Je n’avais pas oublié les images, les paysages, ce à quoi ressemble la France visuellement. J’avais juste oublié la mentalité et le comportement des gens.  J’avais sous mes yeux un bordel sans nom. Autour de moi, plein de monde qui ne me semblait pas humain tellement c’était rempli de morosité et d’agressivité.

Je n’ai pas mis longtemps à ne plus me sentir à l’aise. Dès la douane à l’aéroport, ça commençait. Pas un sourire, pas un bonjour, ou un regard ni un bienvenue chez vous. Au lieu de ça, j’ai eu droit à un : «Eh ! Enlevez votre casquette ! », sur un ton hautain, grave, nerveux, froid, irrespectueux, et tout ce que vous voulez. Puis ça n’a pas arrêté.

Tout m’a sauté aux yeux d’un seul coup, en quelques minutes. Un enchaînement fou. Absolument tout le contraire de ce que j’avais vécu au Canada.

Je passe sur mes recherches d’emploi que j’ai du faire avec l’aide de gens jaloux, totalement désintéressés, à la zone de confort aussi riquiqui qu’un raisin sec et à l’esprit aussi fermé qu’une porte de coffre fort…

Où sont les sourires, la bonne humeur, la communication ? Bref, je vais m’arrêter là, car le portrait que je fais de mon pays n’est pas rose du tout, tout comme bon nombre d’expatriés qui reviennent. J’ai tenu 5 mois. C’était très long. Devant tant d’agression, je n’avais qu’une seule idée en tête : partir, loin, le plus vite possible.

New Brighton Pier, Christchurch, Nouvelle-Zélande

Vite, de l’air !

Quand j’ai mis les pieds à Bali en 2016, j’étais bien comme jamais. 3 semaines de retour aux sources avant d’attaquer mon PVT d’un an en Australie. C’était en fait ma première tentative de non-retour. Je l’ai ratée comme un bleu alors que je l’avais préparé comme un dieu.

J’ai dû repartir au bout de 4 mois. J’ai tout de même appris énormément de choses de cette expérience, mais avec les années de recul, je m’en veut à mort. C’est totalement de ma faute. J’ai vraiment fait le con. Je vais être clair : ne pas avoir suffisamment de fonds, c’est une chose, mais ne pas avoir assez de couilles, ça en est une autre.

Si j’ai bien appris quelque chose c’est de me botter les fesses quand j’arrive devant un obstacle. J’ai bossé 2 mois, j’ai voyagé 1 mois dans le pays et après, au lieu de trouver un autre boulot pour continuer, je ne sais pas ce qui s’est passé mais j’ai pris la fuite, la solution du loser en herbe. Je me hais encore maintenant pour ça. Aujourd’hui à 31 ans, je n’ai que deux regrets : avoir fait un crédit pour une voiture et avoir abandonné mon PVT Australie. Ne faites jamais ça.

J’ai rencontré des gens incroyables qui m’ont ouvert l’esprit et vécu de nombreux moments qui m’ont vraiment marqués à vie. J’ai fait un boulot complètement délirant qui m’a totalement sorti de ma zone de confort. Et rien que pour ça, je me dit que j’ai quand même fait quelque chose de bien. Ça rattrape un peu ma bêtise.

Dans le fond, je pense que j’étais juste un jeune gars pas sûr de lui, trop seul et un peu trop loin de sa zone de confort. C’était trop gros pour moi.

Me voilà à passer deux autres semaines à Bali puis une semaine à Singapour, un très chouette petit pays, avant le deuxième et inexorable retour en France. Celui là, contrairement au premier, je l’avais préparé à l’avance, histoire de ne pas prendre un autre uppercut. Car à ce moment là, je n’avais aucun de plan de sortie…

Coucher de soleil aux Ïles Whitsunday, Australie

 

Deuxième retour en France : recommencer à 0

On est en Octobre 2016. Je retourne pour la deuxième fois en France avec 1400 Euros sur mon compte. On peut penser que c’est beaucoup, mais quand on a pas de logement, pas de transport, pas de travail, je peux vous dire que 1,400 Euros ce n’est pas beaucoup, même si je n’étais pas encore à la rue.

Je pensais y arriver avec l’Autralie, mais me revoilà encore une fois à la case départ. Les cartes étaient remises sur la table. Avec cette somme et zéro revenus, je ne pouvais pas faire grand chose que de rester planqué chez moi, enfin, chez mes parents.

Je réfléchissais aussi beaucoup. Je me demandais si il ne fallait pas enfin me poser. C’était un peu compliqué, car même si avec ma préparation mentale je m’en sortais beaucoup mieux sur le plan du retour de choc de culture, je ne sentais toujours pas le fait de me réinstaller en France.

J’avais l’impression de revenir au début, d’avoir juste fini mes études et de chercher mon premier boulot. C’était comme si tout ce que j’avais fait depuis mon départ au Canada en 2014 ne s’était jamais réalisé. J’étais assez frustré. Je voulais me poser, mais pas en France où je ne me reconnaissais plus.

Avec mes amis, la « colle » n’était plus vraiment là, ce n’était plus vraiment comme avant, résultat de la distance et des chemins de vies trop opposés.

 

Que faire ?

Il fallait que je continue de chercher mon petit coin de bonheur, mais mon compte en banque ne me le permettait pas. Le seul plan qui se proposait était celui du retour au monde du travail. Il fallait que je repasse du coté obscur de la Force, me retrouver enfermé entre quatre murs après avoir vécu et ressenti toute cette liberté.

Alors, comme je l’avais appris avec mon échec australien, je me suis botté le cul. Il me fallait du travail, et il me le fallait le plus vite possible.

En 3 semaines, je décrochais un entretien. Le boulot était à 35 kilomètres, mais je ne pouvais pas refuser. J’avais 2 semaines pour trouver une voiture, avec un budget au ras des pâquerettes : moins de 1,000 Euros. Sur un petit coup de tête, je fini en Citroën Saxo. Encore une fois, j’avais l’impression de revenir à zéro alors que j’avais à cette époque 28 ans. Me voilà avec la pire voiture que je n’ai jamais eue. Elle ne passait même pas le Contrôle Technique à cause de la pollution.

Ma fameuse Saxo, qui m’a quand même vraiment bien servie !

Au boulot, c’était compliqué. Je travaillais avec de la fonte. C’était poussiéreux, ça collait à la peau. Tous les soirs, de la poussière de fonte me sortais du nez en me mouchant. L’entreprise était vieille, tout était à l’ancienne.

Cette année là, l’hiver était arrivé en avance et en début décembre, sous la neige et les températures négatives, pas de chauffage, courants d’air à travers les vitres fissurées et lumière blafarde.

Je me souvient encore le délire quand il fallait vérifier les fuites sur les pièces : le produit gelait directement au contact de la fonte, rendant le travail impossible. Je faisais des retouches de peinture sur les produits finis dans un hangar avec le toit troué de partout, je marchais dans des flaques d’eau à longueur de journée et la pluie ou la neige me tombait dessus. J’ai fait de l’usinage avec une machine dont le châssis était fissuré.

Le pire boulot et la pire entreprise que je n’ai jamais faite ! J’ai tenu 1 mois et demi et encore, c’était uniquement parce qu’il me fallait de l’argent pour redémarrer.

Ma voiture enfin fiabilisée et mon compte en banque revenu à peu près à la normale, j’attaquais déjà une autre page du livre de mon deuxième retour en France. Je vivais encore totalement au jour le jour. Je ne pensais plus au futur, à ce que je voulais faire, ni aux conséquences de ce que je faisais. Ce dont j’étais sûr, c’est qu’il allait falloir que je reste pour plusieurs mois, voire quelques années.

 

S’accrocher…

Me voilà arrivé dans une toute petite entreprise de 2 personnes, patron inclus. Ma plus grande crainte : le doute que ça peut créer d’embaucher quelqu’un qui bouge tout le temps et qui voyage si longtemps. Je craignais les questions sur ce sujet au plus haut point car je suis quelqu’un de plutôt honnête et je ne voulais pas perdre une place à cause de ça.

Évidemment, je n’y ai pas échappé et c’est bien normal. Alors j’ai dit que j’arrêtais sérieusement mes délires de voyages et d’expatriations.

Ce demi-mensonge a tout de même failli se réaliser. Je n’étais pas au boulot, j’étais à la maison. Atelier tout neuf, musique, à la campagne, environnement peu bruyant, pas de poids lourd à porter. Le seul défaut comme souvent en production c’est de rester debout toute la journée, mais à part ça je n’avais rien à redire.

Je me disais qu’après toutes ces années, tous ces boulots et toutes ces entreprises, c’était la cerise sur le gâteau. Mais il y a toujours un mais. La vie n’est jamais facile et les courants changent sans prévenir.

Ski à La Balme. « Faire ce que l’on aime le plus souvent possible ». Ce n’était malheureusement pas si souvent.

… Avant la descente

Après plusieurs mois, le contre-coup de mon ancienne vie de voyageur m’est arrivé dessus. C’était doux et subtil mais suffisant pour me disjoncter le cerveau. Ajouté à ça, mon père avait eu un cancer qui a été guéri, puis un deuxième, guéri lui aussi. Même si tout s’est bien passé, ça fait toujours de gros moments de réflexion sur la vie et sur l’avenir dans ma tête.

De plus, j’avais du mal à me refaire des amis ou à améliorer des liens déjà faits. À vrai dire, je connaissais plus de monde à l’étranger que chez moi !

Les flash-back de mes années à l’étranger n’arrêtaient pas. J’étais là, revenu chez moi, revenu dans une routine que je voulais auparavant abandonner à tout prix. C’était dur, et j’étais assez seul.

Je ne voulais pas en parler car je ne pensais pas que quelqu’un puisse comprendre ce que je vivais étant donné le décalage entre mes expériences et celles des gens que je connaissais. C’était peut être une erreur mais j’y croyais tellement. La seule personne à qui je m’ouvrais un peu était ma meilleure amie.

Ça me retournais et je commençais à bien sentir la différence entre ce que je faisais à l’instant et ce que mes valeurs, mes envies et mes projets étaient. Ça ne collait pas, et c’était évident.

J’étais revenu tant bien que mal sur un fil qui n’était en fait pas le bon. Parce que oui, ma première idée était de faire de grosses économies pour repartir, puis avec ce travail je suis revenu dans une normalité qui m’allait finalement pas si mal. Je ne pensais que vaguement à toute cette idée de repartir.

Mais me voilà à nouveau perdu, à nouveau seul, à nouveau face à une page qui ne demande décidément qu’à se tourner. Tout cela me prenait la tête et je faisais des erreurs bêtes au boulot à cause de ça car j’étais trop dans la Lune.

Ça m’a valut des passages au bureau et, moi qui aime tant vouloir bien faire, je ne savais plus comment m’excuser auprès de mon collègue qui devait se taper le rattrapage de mes erreurs. Tout allait bien et j’ai foutu la merde.

J’étais vraiment perdu mais je ne le montrait pas car je ne voulais pas aborder ce sujet. Je n’est jamais vraiment été un grand communiquant non plus. Je voulais être sûr pour ne pas faire d’erreur et éviter d’être influencé par quoique ce soit. Car cette fois, je sentais vraiment que ça serait la dernière.

Cela demande tellement d’efforts et d’énergie de revenir à zéro que je savais déjà que si je devais repartir ce serait pour la dernière fois. Alors je me suis donné le temps.

Voilà le genre d’images que j’avais en tête pendant que je bossais. Jasper, Rocheuses canadiennes. De sacrés souvenirs.

Un voyage en Slovénie s’est révélé déterminant

Je passais mes week-end à randonner au Luxembourg. Quand je n’étais pas au Luxembourg, j’étais dans les Vosges. et je roulais 900 kilomètres pour rendre visite à mon père une fois par mois pendant son traitement pour le cancer. Tout ça m’aidait à réfléchir. Car pour réfléchir à de si grands projets, à un choix de vie tel, il faut beaucoup d’espace.

En Août 2017, j’ai passé toutes mes vacances d’été à faire du camping, du vélo et de la randonnée en Slovénie. Le meilleur voyage que je n’avais pas fait depuis longtemps ! Ce pays est extraordinaire. La culture et les valeurs de ses habitants sont tout simplement incroyables. Ça m’a retourné dans l’autre sens. C’était tellement magnifique. Et c’était aussi parfait car je pouvais avoir une comparaison directe entre le retour à la liberté ou le retour à la routine.

Le verdict s’est amplifié : J’en avais marre. Je ne savais même plus ce que je faisais en France. La mentalité et la morosité ambiante m’agaçaient à nouveau. Je ne voyais ici aucun futur pour moi. Depuis 2014, j’avais passé 60% de mon temps à l’étranger. Tout le reste, j’étais dans mon pays à me demander pourquoi j’y étais, dans un environnement qui ne me correspondait plus.

Un mois plus tard, je me suis vraiment pausé. Il fallait vraiment que je me décide et que j’augmente le niveau de sérieux. Ça ne pouvait plus continuer comme ça. Je suis parti dans les Vosges et j’ai fait en sorte de me perdre dans la nature.

Je me suis assis devant un splendide panorama et je me suis dit que c’était maintenant qu’il fallait que je me décide et que ça suffisait les questionnements, les « si », les « mais si », les « peut-être », etc. La réponse, personne ne va me la donner. Il n’y a que moi qui peut prendre la décision.

Col de Vrsic, Slovénie

 

Le choix de ma vie

Le fruit des mes mois de réflexion m’ont porté sur plusieurs choix sérieux. :

  • Le grand classique : boulot, bagnole, maison,…
  • Moins classique : faire le tour de France par les Grands Sentiers de Randonnées, en semi- autonomie.
  • M’acheter un petit van pour l’aménager avec un lit et une petite cuisine, direction le tour d’Europe.
  • Beaucoup plus ambitieux mais connu : l’expatriation.

Je n’ai jamais aimé faire comme tout le monde, je n’ai jamais envié celle ou celui qui avait une maison et une vie de famille. Pour moi à cette époque, ça rimait avec endettement, hautes responsabilités et emmerdements.

Les deux projets de voyage au long court en semi-autonomie me motivaient beaucoup. Mais après 1 ou 2 ans, qu’allait-il se passer à la fin ? Encore l’inexorable retour à la case départ que je ne voulais absolument plus du tout, car le budget que j’avais aurait été complètement pompé par le projet.

Le quatrième projet était beaucoup plus viable car le fait de pouvoir travailler entretien toujours les finances et permet au final de partir autant que voulu. Encore faut-il ne pas se planter de pays ! Je n’avais plus de seconde chance et c’était cette fois beaucoup plus sérieux que l’épisode du Canada.

Il me fallait un pays dont je connaissais la langue, suffisamment développé pour avoir un train de vie correct, faisable du point de vue immigration et visa et avec une mentalité assez proche du Canada, sans son hiver à rallonge. J’étais tombé sur la Nouvelle-Zélande, qui est certes très loin, mais correspondait à mes critères.

En plus, comme j’avais 29 ans, je pouvais avoir le PVT Nouvelle-Zélande qui me donnait déjà une bonne année afin de m’assurer de la faisabilité sur place avec une extension de 3 mois possible.

Planqué dans ma chambre, j’ai fait ma demande de visa en douce. Personne ne l’a su. Je ne l’ai annoncé à ma famille et mes amis que quelques mois avant mon départ.

J’allais travailler tout à fait normalement, comme si de rien était. Je ne voulais pas d’interférence ou de prise de tête inutile. Je ne voulais pas trop que ma famille et mes amis aient le temps de réaliser ce que je faisais réellement.

J’avais décidé de partir sans revenir, pour de vrai. Je savais déjà la difficulté d’acceptation. J’ai préféré préserver et tout décaler au plus tard pour prendre un peu par surprise. Dans le fond, beaucoup de monde savait déjà que je voulais repartir quand je suis revenu en France. Mais beaucoup de monde avait aussi passé ça dans un coin tout au fond de la tête avec le temps.

Le Hohneck, Vosges, France

Passer aux aveux

En Février 2018, j’ai profité d’une énième erreur et d’un passage au bureau supplémentaire pour le dire, à demi-mot. Cette fois, mon patron était assez énervé. Je savais que j’allais me faire engueuler et sincèrement, j’aurais fait pareil à sa place. Mon collègue, qui était là aussi, ne disait pas grand chose, mais je pense qu’il approuvait dans sa tête tout ce qui se disait.

Je connaissais parfaitement tout le chemin qui avait fait que j’étais ici à cette table. Moi aussi j’approuvais, c’était le comble. Je savais tout : le pourquoi, le comment. C’était horrible. J’étais tellement désolé, je ne savais pas quoi dire et je ne savais plus où me mettre.

C’était dur, mais c’était de ma faute à 100%. Je ne l’avais pas mal prit. J’avais toutes les réponses mais je n’ai ouvert le bec que ce jour là. J’ai dit une toute petite partie de mes tracas, vraiment infime. Pour moi, la vie privée n’a pas à intervenir au travail donc j’ai été à la fois très rapide et très brouillon.

Vue sur des falaises impressionnante le long du Te Henga Walkway, région d’Auckland.

Le dernier au revoir

En attendant, je quittais la France. Je savais ce que je voulais – ne pas revenir en France – mais je ne savais pas où je mettais les pieds non plus. On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne. Mais je me disais que j’y étais enfin, que mon rêve de trouver ma place allait se réaliser.

J’étais presque pressé mais je gardais les pieds sur terre. Ça n’allait forcément pas être facile et le challenge de partir sans revenir avait de fortes chances d’être de haut niveau.

Ça n’a pas manqué. J’ai eu mon lot de stress et de déboires, logique. J’ai réussi mon PVT, j’ai fait mon extension de 3 mois et j’ai pu passer sur un visa de travail. Tout ça m’a prit 1 an et demi. C’était long, compliqué, dur. Au delà des dépenses liées à l’immigration, il a fallut vraiment bouger mon cul pour y arriver, plus que pour tout le reste.

Mais voilà, j’y suis, j’y suis arrivé et je suis heureux. Je vis dans une super ville, dans un super pays, j’ai un super boulot, des collègues géniaux. Je vis dans mon appartement, j’ai ma voiture et j’ai même une copine.

Ma vie a vraiment recommencée et les changements et sacrifices que j’ai dû faire ont vraiment été de bonnes choses. Je mène maintenant une vie qui me plaît dans un pays qui me plaît.

J’ai encore quelques gros challenges pour avoir ma Résidence Permanente mais je ne quitterai la Nouvelle-Zélande pour rien au monde !

Vue imprenable sur le Mount Cook! Nouvelle-Zélande

Aymeric – Pictures From The World
Qui suis-je?

Voyager en sac à dos en solo : faites le pas!

Partir seul à l’autre bout du monde avec comme seule maison un sac à dos de 50 Litres. Tout laisser, sans se retourner. Oublier les limites, oublier les frontières. Se surpasser. Comprendre le monde qui nous entoure pour mieux se comprendre soi-même.

Le voyage en sac à dos en solo est une expérience humaine des plus uniques. Chaque individu la percevra différemment, car aucun voyage n’est vécu de la même manière.

Ce que je remarque le plus, c’est que ce qui fait un voyage, ce qui a le plus d’impact, ce sont les rencontres que l’on fait. Croyez-le ou non, un voyage sans rencontres n’est pas un voyage. C’est ce détail qui rend inoubliable, bien plus que des paysages. C’est ce petit coup de marqueur, ce petit tatouage, qui fait que cela restera dans votre tête pour la vie.

Si le voyage est une chance, moi je dis plutôt que c’est un choix. Une chance, certes. La chance d’être né dans un pays développé, dans une bonne famille, dans un bon environnement. Car ça, on ne le choisi pas. Par contre, quitter ses amis, quitter sa famille, quitter son chez-soi, quitter son travail, quitter sa région, quitter son pays, c’est un choix. C’est mille et une raisons de ne pas partir. Encore pire quand on a une famille ou des emprunts à rembourser.

Lac des Corbeaux, Vosges, France

Voyageurs en sac à dos : qui sont-ils ?

Près de la moitié des voyageurs en sac à dos que j’ai rencontré sont des jeunes de moins de 30 ans, tous célibataires, faisant un break dans leurs études ou avant de commencer leur carrière. Ce sont les « solo » qui veulent profiter de la vie avant de s’enfermer au boulot.

Un autre bon 30% sont des couples, entre 22 et 35 ans environ. Ce sont les plus amusants à observer, ou pas. Voyager en couple peut vite tourner à la tragédie : c’est le test numéro un pour s’assurer de la solidité de son couple. Il n’est jamais rare d’en voir se prendre la tête, un peu à la manière des émissions de télé-réalité, version non scriptée.

10% sont ceux qui font un break dans leur carrière trop stressante. Ils se prennent un mois à 6 mois de vacances et se la coule douce.

5% sont ceux qui ont pété un câble et qui ont tout lâché. Ils ont 40 à 50 ans, ont vendu tous leurs biens et sont parti à la conquête d’autre chose.

1 petit pour cent revient aux voyageurs-travailleurs, qui n’ont besoin que d’un ordinateur et d’une connexion internet pour travailler.

Et puis il y a le reste, les originaux, qui veulent autre chose, ou qui ne savent parfois pas encore ce qu’ils veulent. Ce sont ceux qui se cherchent, tout comme ceux qui se sont déjà trouvés. Ils voyagent au gré du vent, peuvent se poser au même endroit pendant des lustres, juste parce qu’ils aiment bien. Ce sont parfois des voyageurs alternatifs, qui vivent dans leur van tout le long de l’année.

30 voyageurs en sac à dos sont sur cette photo. Japon, Canada, Angleterre, Irlande, Allemagne et France sont représentés
Croisière en catamaran aux Whitsunday Islands, Australie.
Merci Chad pour la photo.

Pourquoi voyager ? Pourquoi je voyage ?

J’ai souvent entendu dire qu’on voyageait pour s’échapper de ce que l’on ne veut pas. Personnellement, je trouve ça très vrai. Tout le monde ne le dit pas, mais il y en a énormément dans ce cas. Moi-même, ça m’a prit beaucoup de temps avant que je m’arrête un jour en chemin et que je me dise : « pourquoi tu voyages? ». Avant ça, je m’étais déjà posé la question de pourquoi je travaille. Ça aussi c’est important. Quand vous foncez tête baissée, et que tout d’un coup vous stoppez net et vous commencez à observer autour de vous.

Ce sont les réponses à ces deux questions, espacées d’un intervalliste assez long, qui ont donné ma réponse à ce que je voulais dans ma vie. C’est sur ces réponses que j’ai commencé à établir mon petit plan machiavélique d’évasion. Parcourir le monde à la recherche du meilleur endroit pour me poser.

Je rêve de ma petite cabane en bois au bord d’un lac perdu en haute montagne. Je boude le système dans lequel on vit aujourd’hui et je veux m’en éloigner le plus possible. Je cherche la liberté. Je veux faire ce que je veux, quand je veux, où je veux, avec qui je veux. Je ne veux plus être contraint, qu’on me dise tout le temps ce que je dois faire et pas faire, qu’on me surveille. Rester enfermé entre quatre murs huit heures par jour n’est pas une vie mais une obligation. Sinon on fini sous un pont.

Tout ça est très égoïste et je l’assume pleinement. Les vrais savent qu’il faut penser à soi avant de penser aux autres. On donne le petit doigt, et c’est le bras entier qui s’en va. Il y a trop de profiteurs, trop d’arnaqueurs. C’est comme ça que ça se passe aujourd’hui. Tout le monde cherche la facilité, sans chercher à comprendre, sans se poser les questions les plus basiques du monde : pourquoi? Comment? On a perdu nos yeux, notre cerveau, et nos oreilles. On se laisse berner trop facilement. 

Pourtant, il y a un outil ultra puissant qui s’appelle Internet. Certes, il y a beaucoup de conneries et il faut prendre du temps à recouper les sources. Mais avec un outil comme celui là, on peut presque être un savant sans être allé à l’école.

Je suis celui qui veut revenir aux sources. Meilleur moyen : redevenir nomade, à la façon 21ème Siècle. Bref, voyager en sac à dos à gauche et à droite, sans trop savoir ce qu’il va se passer.

Je suis celui qui veut être différent. Je peux dailleurs dire que je suis loin de faire comme tout le monde, en tout cas le monde que je connais. À mon âge, c’est maison, voiture, boulot stable, mariage… Je n’ai rien de tout ça. Même pas une copine. Loin d’être comme tout le monde aussi, par la même occasion.

Avoir des sources d’inspiration pour s’aider dans son voyage en solo

Dans mes voyages, je m’aide et m’inspire avec mes deux mentors aux ressources infinies : André Brugiroux et Mike Horn. Deux hommes totalement à part.

Le premier a voyagé en solo dans tous les pays du monde en faisant du stop et en se faisant héberger, pendant 35 ans. Comme il le dit, il n’a pas fait le tour du monde, mais le tour des gens. L’autre est un aventurier de l’extrême qui a le chic de s’embarquer dans les expéditions et les conditions les plus extrêmes possible. Il fait ses expéditions seul, supporté par une équipe.

Le premier est un humain qui va à la rencontre des humains, l’autre une machine de guerre qui se surpasse jusqu’à frôler, réellement, la mort.

J’en ai tellement appris dans leurs livres et leurs conférences que chaque jour, je retrouve un semblant d’une de leurs situations. Ou alors, quand je galère, je me dit que eux on galéré bien plus que ça. Je me sent moins seul, dans mon voyage en solo, et plus motivé à surpasser tous les obstacles qui peuvent se trouver sur ma route. Il y en a bien plus que l’on croit ou qu’on peut le penser.

Ça m’a aussi donné des ailes, des idées. Si il y sont arrivé, pourquoi pas moi? Bien sûr, je reste à un niveau bien inférieur à ces pointures, car mes limites sont beaucoup plus restreintes.

André Brugiroux, à gauche. Mike Horn en pleine expédition sur la banquise Arctique à droite.

Voyager en sac à dos est un choix

Toujours est-il que pour en arriver là, à mettre toute sa vie dans un pauvre sac à dos, c’est un choix. Une maison à 40 Euros, tout le monde en rêverait. Eh bien la voilà : pas de toit, pas d’eau courante, pas d’électricité, et on ne peut même pas rentrer dedans. On a ce pour quoi on paie.

Un des premiers choix est là : seriez-vous capable de tout rentrer là dedans? Pour les novices, je suis sûr que non. Pour les experts, j’ai déjà rencontré une voyageuse qui avait un sac de 18 Litres. Bon, c’est extrême, mais voyez que c’est faisable. C’est une gymnastique du cerveau qui fini par devenir une habitude.

Comment vais-je tout mettre dans un sac à dos ?

La peur de perdre est aussi énorme pour beaucoup. C’est accepter de se débarrasser de l’inutile, c’est savoir faire des concessions. Tout va pour le pratique, le léger, le petit. Moi-même, j’ai passé des heures et des heures de recherches sur le minimalisme pour y arriver. Au début je croyais impossible! J’étais curieux de savoir comment on faisait.

C’est une bagarre sans merci pour l’équipement le plus complet, le plus versatile, mais aussi le plus réduit possible, que ce soit en terme de place ou de poids. Toutes les astuces sont permises. Je peux vous dire qu’une fois qu’on y est arrivé, on se sens léger, c’est le cas de le dire. Et en plus, on se rend compte que, effectivement, on en avait pas besoin !

Une fois dans le moule, on regarde les autres voyageurs d’un autre œil, surtout ceux avec les grosses valises. Il suffit de regarder. Pourquoi prendre dix t-shirts quand tu ne t’en sers que de deux? J’ai même déjà vu une fille se balader avec un jeux de Monopoly complet dans sa valise… Qui bien sûr n’a pas servit pendant les deux semaines de son séjour.

Dans les dédales volcaniques de l’île de Rangitoto, golfe d’Auckland. Il y’a tout ce dont j’ai besoin pour vivre dans le sac à dos que j’ai sur cette photo.

Peur d’être seul ? …

Voyager seul est aussi un énorme frein. C’est pourtant la meilleure façon d’apprendre sur soi et sur les autres, comme vous êtes plus enclin à aller vers les autres. Les forums de voyage regorgent de gens en recherche d’équipier. La peur d’être seul. Ça me fait toujours sourire car nous sommes plusieurs milliards sur cette planète tout de même. Et figurez-vous que ces milliards de personnes, ils ne mordent pas tous! Si on veut vraiment être seul, il faut le chercher, il faut le vouloir.

…Au contraire !

Je suis de celui qui veut être seul, et qui ferait presque tout pour être seul au moins une fois par jour. Je suis un introverti, timide, solitaire. Par définition, j’ai besoin d’être seul. Trop d’interaction me fait péter un plomb. Une soirée dans un bar animé est un de ces bons choix pour me mettre mal à l’aise. J’aime le silence, la nature, et me retrouver tout seul au milieu de rien.

J’aime réfléchir, comprendre le monde et le refaire. Mais seul. Le comble. On a toujours besoin de quelqu’un, on ne peut pas toujours faire tout tout seul. Mais planter ma tente en pleine forêt vierge sans internet et sans téléphone pendant un mois, je serai le premier à lever la main.

Voyager en solo

Quand on est seul, on est avec soi. On s’écoute. On se dirige soi-même. C’est une sensation extraordinaire. C’est là qu’on est le plus libre et que le plus d’options se présentent devant soi. On est le héros de sa vie, pour de vrai. C’est ce qui m’intéresse le plus. Il faut juste assumer les mauvaises décisions.

Et c’est là le revers de la médaille : vous ne pourrez blâmer personne sauf vous. Tout ce qu’il se passera de mauvais, ce sera à cause de vous, parce que vous l’avez choisi vous-même. Mais vous faites aussi beaucoup plus attention à vous et à votre corps. Vous êtes beaucoup plus fin dans vos choix, vous calculez plus, vous êtes plus organisé. Parce que justement, vous n’avez personne sur qui vous reposer, et la décision que vous allez prendre, comme toutes les autres durant votre voyage, doit être la bonne, rien que pour votre bien.

C’est pour ça que j’évite le plus possible de m’embarquer dans des plans foireux. J’écoute énormément mon instinct. Et si vous me dites que ça n’existe pas, je vous répondrai que si. Le flair, apprendre à s’écouter et à analyser des situations, ça se travaille. Ne jamais oublier les plans de sortie au cas où, c’est très important. Car vous êtes seul. C’est donc à vous de vous assurer vous-même de tout.

3142 mètrs d’altitude. Sommet du Gunung Agung, à Bali, Indonésie.
Pour arriver là au petit matin, il aura fallu grimper pendant 5 heures une pente à 30 degrés de moyenne, à la lampe frontale.
Sans guide, jamais je n’aurais pu le faire.

Qui n’a jamais eu le trac ?

Si vous avez peur avant de partir seul ou pendant votre voyage, si vous avez peur de tout quitter pour l’inconnu, c’est normal. Avoir peur est un très bon signe. Car ce qui vous maintient « en vie », c’est justement cette peur. Cette peur qui vous crie de faire attention à ce que vous faites. Pour aller dans l’extrême, Mike Horn en connaît des centaines de fois où c’est la peur qui l’a sauvé de la mort.

De mon côté, cela fait plusieurs fois que je pars en voyage en solo, vers un inconnu plus ou moins préparé. Je dis toujours que ça va, que je commence à avoir l’habitude. Mais c’est pour me cacher, pour ne pas stresser mon entourage.

Je me souvient de mon patron avant mon départ pour la Nouvelle-Zélande qui me disait « vous, vous êtes la force tranquille ». Disons que j’essaie de rester calme le plus possible. Bien sûr que j’ai peur ! Bien sûr que dans ma tête je me pose des milliers de questions. Bien sûr que je stresse. Si vous n’avez pas ces symptômes, c’est là qu’il faut se poser des questions!

Et puis vous mettez les pieds dans l’avion. Et là, en tout cas pour moi, tout le stress, l’angoisse et les questions disparaissent net. Car ça y est, vous y êtes. Le pas est déjà franchi. L’avion, il part, et il ne fait pas demi-tour pour vous. Vous êtes parti pour l’aventure. C’est à ce moment que la seule direction dans laquelle vous pouvez regarder, c’est le futur.

C’est toutes ces découvertes, toutes ces aventures, toutes ces rencontres, tous ces souvenirs, tous ces paysages, toutes ces cultures, toutes ces anecdotes, tous ce que vous pourrez apprendre de vous et des autres. Votre curiosité ne saura plus où donner de la tête pour longtemps.

L’école du voyage

Le voyage est une école extraordinaire : c’est l’école de la vie. Une fois qu’on y est entré, on a du mal à en sortir. Elle vous donne une vision du monde tel qu’il est réellement. Elle vous fera vivre tout ce que ne vous pourrez pas vivre en restant chez vous. Elle peut choquer, tout comme elle peut réconforter. Elle changera votre façon de penser, d’être et d’agir. Elle ne pardonne pas, mais si on sait l’apprivoiser un peu, elle peut nous faire des cadeaux de la vie incroyables, des spectacles inoubliables.

Dans un voyage en sac à dos en solo, tout peut arriver, mais surtout l’extraordinaire. Car on peut aussi s’émerveiller des situations les plus extrêmes. L’école de la vie, tout comme celle du voyage, est aussi là pour ça : même au fond du trou, vous apprendrez.

L’école du voyage, il faut surtout la vivre. Car tous ces mots, c’est bien beau, mais ça ne peut pas avoir autant d’impact que de le vivre de soi-même. Alors que ça soit pour une semaine ou une vie, faites-le au moins une fois, histoire de voir et comprendre à quoi ça ressemble.

Quand je repense à mes voyages, je revois tous ces visages souriants, fatigués, durcis, calmes, heureux. Je me souvient de toutes ces situations hilarantes ou non, de ce type qui m’a aidé, de cette personne qui m’a rendu ma confiance. Je suis encore émerveillé des paysages féeriques que j’ai pu voir, de ces levés et couchés de soleil partout dans le monde. Je suis comme en plein rêve. Des fois, j’en ai les larmes aux yeux, ou alors je me mets à rire tout seul dans mon coin.

Je suis heureux.

Car ce rêve, je l’ai bel et bien vécu.

Je vous propose de prendre un billet d’avion, de faire votre sac, et de vous envoler vers l’inconnu dès que possible!

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je?

Quelle est votre mission ?

8 Octobre 2016.

Cela fait un an jour pour jour que je suis revenu d’un pays qui m’était totalement inconnu : l’Australie. Un trip de 4 mois, ce qui peut paraître court en apparence. Mais ce que j’ai appris, c’est que 4 mois de voyage en sac à dos, c’est l’équivalent de 4 années d’une vie normale et du double pour une vie métro-boulot-dodo.

Je repense à ces pays que j’ai visité, auxquels je me suis familiarisé, et parfois auxquels je m’étais intégré si rapidement et fortement que c’était comme si j’y vivais depuis des années.

J’ai rencontré, côtoyé et partagé avec d’autres voyageurs du monde entier, d’horizons totalement différents. Non seulement de nouveaux endroits, de nouvelles cultures, de nouvelles habitudes m’ont changé, mais ces rencontres successives ont littéralement explosé les barrières mentales que j’avais. Elles m’ont donné une autre vision. Elles m’ont fait comprendre que si les autres peuvent le faire, c’est que je peux le faire aussi.

Aujourd’hui, je suis la personne qui pense que tout est possible. Je n’ai plus de barrière. Je suis maître de ma vie. J’ai fait des choix pour ça, parfois durs aussi bien pour moi que pour les autres. J’en subi encore certaines conséquences aujourd’hui, mais je l’ai choisi et malgré tout, je suis heureux comme ça parce que j’ai plus de libertés.

La magie de la nature, au Middle Joffre Lake, Colombie-Birtannique, Canada.

J’ai commencé doucement par partir bosser à 400 kilomètres de chez moi, sans savoir où ça allait me mener. Puis, j’ai carrément traversé l’Atlantique pour passer près de 2 ans au Québec. Ceci a produit un changement dans ma vie comme jamais je ne l’aurais pensé.

Vivre et évoluer à plus de 7000 kilomètres de tout ce que je connaissais et de toutes mes habitudes a totalement bouleversé ma vision sur le monde et sur ma personne. Il s’est produit un genre de « reset ». C’était le départ de ma nouvelle vie, de la vraie vie, selon moi. Une vie qui correspondait à mes valeurs que j’avais enfin trouvées, qui répondait à ma propre définition de ce qu’est la « liberté ».

J’ai salué mes collègues, j’ai pris ma voiture, j’ai traversé le Canada d’Est en Ouest. Puis, alors que ce n’était pas prévu, j’ai descendu toute la côte Ouest américaine et traversé d’une diagonale Ouest-Est les Etats-Unis. C’est la première fois que je me sentais aussi libre, où pour la première fois je pouvais décider absolument de tout ce que je voulais faire à tout instant de la journée ou même de la nuit.

Cette liberté qui me laissait aller où je voulais n’importe quand est le meilleur sentiment que je n’ai jamais ressenti. J’étais le héro de ma vie, et personne ne pouvais me dire quoi que ce soit.

Aussi cette immensité qu’il y a au Canada, surtout dans les Rocheuses. Quand vous êtes tout seul sur 200 kilomètres à la ronde, au milieu de montagnes tellement impressionnantes qu’elles semblent vous tomber dessus, mais aux décors tellement beaux que vous ne savez plus quoi penser ni quoi dire… C’est vous avec vous-même, et rien d’autre. Inévitablement, vous vous mettez a réfléchir… Des sensations incroyables.

Le lac Moraine, le moment le plus superlatif de tout le roadtrip !

Après cette expatriation et ce voyage très enrichissant humainement et époustouflant visuellement, retour en France.

Choc des cultures. Horrible.

C’est là que j’ai compris, et surtout appris, que ce fameux « choc des cultures » n’existe pas que dans un seul sens.

Revenir dans son pays et ne plus s’y sentir chez soi, c’est dur. Et c’est encore plus dur quand on ne s’y attends pas, mais alors vraiment pas. J’ai vraiment pris une grosse claque en revenant. Je redécouvrais simplement mon propre pays avec une autre vision. Je n’avais pas oublié les images, les paysages, ce à quoi ressemble la France visuellement. J’avais juste oublié la mentalité et le comportement des gens.

« Mais comment font les gens pour vivre ici ??? ». C’est la première question que je me suis posée. La seconde : « Comment j’ai fait pour vivre ici pendant 25 ans ??? ». J’avais sous mes yeux un bordel sans nom. Autour de moi, plein de monde qui ne me semblait pas humain tellement c’était rempli de morosité et d’agressivité.

Je n’ai pas mis longtemps à ne plus me sentir à l’aise chez moi. Dès la douane à l’aéroport, ça commençait. Pas un sourire, pas un bonjour, pas un regard, pas un bienvenue chez vous. Au lieu de ça, j’ai eu droit à un « enlevez votre casquette !! », sur un ton hautain, grave, nerveux, froid, irrespectueux, et tout ce que vous voulez.

Puis ça n’a pas arrêté. Tout m’a sauté aux yeux d’un seul coup, en quelques minutes. Un enchaînement fou. « Quel peuple froid, distant, et stressé », je me disais dans la gare de train, à peine 30 minutes après mes premières observations.

Sorti de la gare de TGV, il fallait que je prenne une navette de bus pour rejoindre ma ville. Il y’avait une file pour mettre les bagages dans la soute. « Mais quel peuple irrespectueux et incivilisé ! », me disais-je. Ici, on ne fait pas la queue tranquillement, on pousse tout le monde, on passe devant tout le monde, on insulte !

Il y’avait une dame africaine qui avait du mal à mettre sa valise seule dans la soute. J’étais tout au bout de la file. Qu’ont fait les gens derrière elle ? « Allez, là !! Dépêchez-vous !! On a pas que ça à faire !! ». Et la nana était là toujours a galérer avec sa valise. « Bon, alors ? ça y’est ?? Vous avez fini ?? ».

IL N’Y A PAS UN CON QUI PEUT BOUGER SON CUL POUR L’AIDER A METTRE SA VALISE AU LIEU DE LUI GUEULER DESSUS BORDEL ???

Voilà. Je vous ai résumé mon retour au pays… Et ce n’était que le début !

Où sont les sourires, la bonne humeur, la communication ? Bref, je vais m’arrêter là, car le portrait que je fais de mon pays n’est pas rose du tout, tout comme bon nombre d’expatriés qui reviennent, malheureusement. Il suffit d’aller voir leurs témoignages sur les sites internet et forums dédiés à l’expatriation. Le nombre d’entre eux qui repartent à nouveau est sidérant. Et aujourd’hui, je peux dire que je les comprends !

Chalet de la Tonka, col de Vrsic, Slovénie

Depuis ce retour en Décembre 2015, ma vision d’horreur ne s’est pas arrangée.

Bien sûr, nous avons plein de supers trucs en France, j’en suis tout à fait conscient. Mais je le dit, malgré tout ça, j’ai honte de mon pays ! Et je comprends pleinement les remarques que l’on fait sur nous à l’étranger (par exemple, « les arrogants » pour les canadiens, « les voleurs » pour les australiens, « les radins » pour les américains…).

Je vous passe mes recherches d’emploi que j’ai du faire avec l’aide de gens jaloux, totalement désintéressés, à la zone de confort aussi riquiqui qu’un raisin sec, et à l’esprit aussi fermé qu’une porte de coffre fort…

Je me suis barré au bout de 5 mois. C’était bien plus simple a gérer ! Bon, heureusement, c’était un peu prévu tout de même.

Nouveau départ pour ma première expérience de PVT (Permis Vacances Travail), en Australie. Bien sûr, j’étais stressé, pas assez confiant. Je me rappel comme si c’était hier parcourir les hôtels, bars et restaurants avec mes CV à la main. Je n’avais jamais fait ça de ma vie. Même si j’avais de bonnes bases, je n’étais pas super à l’aise en anglais. Autant dire que la confiance en moi, on repérait à 3 kilomètres que je ne l’avais pas. Quand je pense que la première phrase que je disais était « je cherche du boulot »… Quel tact ! A ne pas refaire.

J’ai fait des erreurs malgré toute ma préparation en amont, et la plus grosse : ne pas croire en moi, ne pas aller jusqu’au bout. Je l’ai appris pour la prochaine fois !

Mais la première mission était tout de même remplie : trouver un emploi en Australie. Qui à ce jour, est le meilleur emploi de ma vie, malgré les conditions difficiles aussi bien physiques que psychiques. Car cet emploi, la routine, c’était pas sa définition ! Tout le temps en action, dans une ambiance fêtarde où il ne fallait pas avoir trop froid aux yeux, avec des collègues au top. Une vraie équipe de choc, toujours soudée, que je n’oublierai jamais.

Je me suis éclaté comme jamais, j’ai rencontré des gens extraordinaires, j’ai vécu des moments incroyables (dans tous les sens du terme) et j’ai pu visiter le pays avec les économies réalisées. Un rêve éveillé. Seulement, ça n’a duré que 3 mois au total, plus 1 mois en Indonésie et à Singapour. Mais le fait d’avoir réussi mon pari de trouver un job dans un pays où je ne maîtrisais pas forcément la langue m’a prouvé beaucoup de choses.

Les gens que j’ai rencontré pendant ces 4 mois m’ont apporté autant de richesse, de connaissance et d’ouverture d’esprit que jamais je n’aurais pu avoir en si peu de temps.

4 mois à l’étranger m’ont plus changé que 4 ans enfermé dans un bureau !

Whitehaven Beach, vue depuis le Hill Inlet Loukout. L’archipel des Withsundays a été un des innombrables souvenirs magique en Australie !

Avec mes erreurs, j’ai dû rentrer en France bien plus tôt que prévu. Famille et amis, qui me croyaient parti un an, étaient quelque peu surpris. Et moi, en grand introverti, je n’ai pas raconté les détails ni vraiment expliqué les raisons qui ont menés à ce retour si précoce.

Pour le reste, rebelote, choc des cultures. Horrible. Mais ça c’est un peu mieux passé car je savais, cette fois-ci, à quoi m’attendre ! Je m’étais préparé psychologiquement avant.

J’ai pu retrouver du travail en 3 semaines. Bon, j’ai pris ce qui me venait, donc c’était pour le coup ma pire expérience de travail. Mais là, j’ai tout de même travaillé avec des gens qui, en-dehors du travail, étaient des personnes vraiment simples, intéressantes et ouvertes. C’est grâce à ces personnes si j’ai pu tenir 1 mois et demi ! Les circonstances ont fait que j’ai trouvé un autre travail directement dans la foulée. Des fois, la vie est bien faite.

Octobre 2017, 1 an après, c’est à dire à peut près au jour où j’écris ces lignes (oui j’ai mis du temps à publier cet article !!), je suis au point mort. Enfin, je ne sais pas si je suis au point mort, ou si je suis mort tout simplement. C’est presque une catastrophe.

Vous savez, cette fleur magnifique qu’on a cessé d’arroser au fond du jardin. Voilà comment je me sens.

Je fais face à de nombreux problèmes difficiles a gérer, et ce depuis quelques mois.

  • Vous avez tellement changé que vos amis ne vous reconnaissent plus et que vous avez l’impression que vous-même vous ne les avez jamais connu. Croyez-moi, c’est une des sensations les plus étranges !
  • Vos autres amis sont partis eux aussi, soit l’exploration du monde, soit pour le boulot. Mais ça, je ne peux pas les en blâmer !
  • Votre famille ne comprend pas votre état d’esprit car vous voulez tout le temps partir à l’autre bout du monde et la retraite vous n’y pensez pas. En effet, de nombreux événements économiques et sociologiques ont démontrés qu’il ne faut rien attendre de l’Etat, mais se préparer soi-même.
  • Vous pétez un plomb car tout ce que vous faites et tout ce qu’il se passe ne correspond en rien à vos valeurs et à votre vision. En gros, vous perdez votre temps.

Ma conclusion est simple : ma vie actuelle est pourrie et j’arrive même à me sentir un peu seul alors que je suis quelqu’un de naturellement introverti. Ma question est simple mais primordiale : qu’est ce que je fais ici ? Pourquoi continuer dans cet environnement ?

Mes rares moments où je me ressource et me sors un peu la tête de tout ça, c’est en partant seul pour un weekend, dans la nature. C’est dans la nature que je me ressource le mieux, seul et le plus loin possible de toute personne. Je me déconnecte complètement. Je fais le point, je réfléchi, je me pose des questions, j’essaie de me projeter, je pense à mes projets… Tout en contemplant de beaux paysages qui aident à me libérer et stimulent ma créativité.

Le plus dur pour moi a été les amis. Sûrement parce que je ne m’y attendais pas, encore une fois. Quand vous partez en voyage pour une certaine durée, vous évoluez d’une manière totalement différente de si vous restiez dans votre zone de confort habituelle. Ce n’est pas contre eux, car bien sûr, chacun choisi ce qu’il veut faire de sa vie, a ses priorités et ses empêchements.

Quand je pense qu’avant je rêvais de rouler dans une rutilante voiture d’exception, d’avoir une belle maison en bord de plage, et encore tous ces autres trucs matérialistes qui aujourd’hui pour moi ne servent strictement à rien. C’est de l’argent dépensé dans des choses futiles, une sorte de château-fort pour cacher notre misère et notre mal-être. « Il faut être comme lui/elle ». Mais lui/elle, est-il/elle heureux(se)? Et par heureux, je veux dire pas par ce que l’on montre, mais par ce que l’on ressent et vit réellement.

J’ai compris que moins on avait de possession, moins on avait peur de perdre, et donc plus on était libre. Parce que ce qu’il faut acheter, c’est des expériences de vie, pas des objets ni des possessions.

Quand je pense qu’avant, j’avais un esprit aussi fermé qu’une huître, que je ne voyais pas plus loin que le bout de mon nez. Sincèrement, même à 25 ans, j’étais comme un ado. J’en connais qui peuvent le confirmer. Quand j’y repense aujourd’hui, je suis furieux contre moi. Il faut bien commencer quelque part. La réponse à mon moi d’avant, je l’ai aujourd’hui à 29 ans :

  1. Je ne savais pas qui j’étais.
  2. Je ne savais pas ce que je voulais.
  3. Je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie.

Et bien évidemment, si je n’avais pas eu les cou***es de partir m’expatrier au Québec puis de faire tous ces autres voyages, j’en serais certainement toujours là !!

La vue depuis le centre de saut à ski de Planica, Slovénie.

Parce que oui, il faut en avoir dans le sac.

Tous les gens qui me disent que je suis fou, qu’ils ont peur pour moi, qu’ils ne feraient jamais ce que je fais, qui sont sceptiques, et celles et ceux qui hésitent à se lancer… Je vous comprends ! Et même très bien, parce que je suis passé par là. Que ce soit une expatriation ou une année à l’étranger, je sais très bien que faire ce pas, c’est un peu sauter dans le vide avec un parachute « très légèrement » défectueux.

On démarre tous ignorants, c’est normal !

Je me suis lancé, j’ai testé, j’ai appris, maintenant je connais le sujet. Et j’encourage tout le monde à faire pareil ! Vivez vos rêves, saisissez les opportunités, foncez. Tuer un projet dans l’œuf c’est la pire des choses !

J’ai appris en voyageant que c’est quand on sort de sa zone de confort que l’on Vit et que l’on est la personne que l’on Est ! C’est là que je suis libre, parce que je suis le vrai Moi. Je ne me pose plus de question, je ne me demande plus si je parais bien, je ne réfléchi plus à ce que je vais dire ou à ce que je vais faire. Je ne suis plus ce quelqu’un qui fait semblant de, qui essaie de faire comme.

C’est ça qui est important. Il ne faut pas simplement exister, il faut VIVRE. Il ne faut pas se renfermer dans un faux-semblant, il faut être soi, tel que l’on est.

« On se créé des prisons où on se force à ne pas sortir. C’est ça la zone de confort, et c’est de ça qu’on a peur. Mais une fois qu’on en sort, on découvre qu’il y a un autre monde, celui de la liberté » – Mike Horn.

Plus on est loin de sa zone de confort, et plus c’est dur, surtout mentalement. Mais plus c’est dur, et plus on apprends, plus on se découvre, plus on se connaît et plus on sait ce que l’on veut.

Si la vie était facile, ça se saurait. Les claques, il faut apprendre a les chercher et à les maîtriser. Il faut sortir de chez soi, ouvrir ses yeux et ses oreilles. Il faut savoir tomber pour se relever. Arrêter de croire qu’on est le meilleur et commencer à écouter les autres, à s’ouvrir et à se faire ses propres opinions.

S’écouter, se comprendre, comprendre les autres. Laissez tomber l’égo et adoptez l’humilité et le respect. Un remède imparable qui vaut tous les médicaments du monde. Rester simple, être honnête avec soi et avec les autres.

Enfants courant sur la plage du village de pêcheurs de Amed, au Nord de Bali, Indonésie.
Afficher le bonheur sur son visage alors que l’on vit dans la pauvreté… C’est possible !

Aujourd’hui, je rêve de parcourir le monde à vie. Je rêve même de retourner aux sources de l’humanité : le bon vieux nomade qui fait des feux de bois et qui chasse pour se nourrir. Bon, je vais peut être un peu loin, là. Mais parcourir le monde à vie, ou plutôt le VDI (Voyage à Durée Indéterminée), est largement faisable, car quelques milliers de personnes à travers le monde le font déjà depuis des années !

Il a été rendu faisable notamment grâce au développement des métiers connectés, ces métiers en pleine expansion depuis environ 10 ans, où tout ce dont vous avez besoin est un ordinateur et une connexion à internet, sans oublier un peu d’électricité. Il y a aussi plein d’autres techniques pour faire en sorte de gagner un peu d’argent légalement à travers le monde (ou en dépenser moins !) pour continuer de financer ses déplacements. Car aujourd’hui, rien n’est gratuit.

  • Je ne veux plus être contraint. Car être contraint, c’est l’inverse d’être libre.
  • Je ne veux plus faire tout le temps la même chose car je fini par ne plus rien apprendre et donc m’ennuyer.
  • Je ne veux plus être enfermé entre quatre murs à longueur de journée car la vie elle se passe dehors.
  • Je ne veux plus faire l’acteur à dire que tout va bien et faire semblant de sourire.
  • Je ne veux plus perdre mon temps à faire des choses qui vont à l’inverse de mes valeurs.

Je veux être moi, je veux faire de mes rêves ma vie. Je veux que ce que je fasse corresponde à mes valeurs.

Si on fait tous les jours la même chose au même endroit avec les mêmes personnes, comment est-ce qu’on s’enrichit ? Comment est-ce qu’on apprend ? Comment est-ce qu’on évolue ?

Je n’en peut plus de ce mode de vie fermé où seul le profit et la gloire comptent. C’est malsain, c’est de l’esclavage où l’on a remplacé les fouets par des billets et des primes, plus quelques semaines de vacances.

Je n’en peut plus de cette course à l’argent, au plus fort. Les requins sont partout ! Je n’en peut plus de ce système de consommation qui pousse a acheter encore et toujours au détriment de notre lieu de vie (la planète) et de ces millions petites mains qui crèvent la dalle à longueur d’année et qui boivent de la boue pendant que nous on se fait des festins et on se la pète avec nos objets dernier cri inutiles. On perd notre temps à critiquer et à jalouser son voisin au lieu d’apprendre de lui.

Mais bordel, on est des être humains avec un cerveau ou on est des zombies bien dressés ??? Il faut se réveiller, les gars !

Voilà ce que j’ai envie de gueuler tous les jours par le premier haut-parleur venu.

Tous les matins, je me lève avec un goût amer. J’ai l’impression de perdre mon temps tous les jours. Je me demande ce que je fais là. Je me demande même pourquoi je me lève ? Pour passer mes journées à faire l’acteur, comme toutes ces personnes qui disent que ça va bien alors que c’est tout l’inverse ? Je passe mes journées à attendre que l’horloge sonne la fin et me permette de sortir.

Car c’est dehors que je suis libre.

Au sommet du Gunung Batur, un des volcans de Bali.

Quand je vois que mon ancienne entreprise au Québec embauche à tour de bras des gens comme moi, j’ai tout simplement envie de me barrer là-bas à nouveau. Pire encore, comme je n’ai plus de barrière, je suis capable de saisir la moindre opportunité dans n’importe quel pays du monde et claquer la porte de mon boulot actuel en quelques courtes semaines.

Quand je vois qu’une multitude de pays ont besoin de gens qui ont ma formation et mon expérience, j’ai envie de distribuer mes CV aux 4 coins du monde rien que pour tenter ma chance, juste pour voir. Alors ça en fait des plans B, surtout quand on a des contacts dans certains pays étrangers, en plus.

Mon plus grand rêve, c’est de vivre le plus loin de tout, être tranquille dans une petite cabane au bord d’un lac en haute montagne. Ce n’est pas pour rien. Non seulement j’ai honte de mon pays, mais en plus j’aimerais aller à l’inverse total du monde « moderne » actuel et de son système qui court à sa propre perte à la vitesse d’un TGV.

« Les chiffres n’ont jamais été aussi mauvais, c’est une vraie bombe à retardement. Tout va mal, on va tous dans le mur, mais tout le monde se réjoui« , dixit les économistes.

Mais est-ce la solution ? Faut-il rester dans son cocon tout rose ? Faut-il faire semblant de ne rien voir et continuer en direction de l’abîme?

Mieux vaut suivre ce plan : apprendre sur tout ce qui nous entoure, chercher des réponses à toutes nos questions. Partager avec chaque personne que l’on rencontre pour apprendre sur les autres, parcourir le monde pour explorer le moindre centimètre carré, vivre dans plusieurs pays pour s’imprégner des cultures, des religions, des visions. Puis, prendre tout ça et mixer bien fort pour se faire sa propre opinion. Empli de toutes ces connaissances, on pourra les transmettre, si possible à grande échelle, et devenir réellement utile à l’amélioration de ce monde.

C’est la mission que je me donne. C’est la mission de ma vie.

Car, à 80 ans, je ne veux pas être celui qui n’a rien fait de sa vie, qui est resté enfermé chez lui, qui n’a pas su se trouver, qui n’a fait que de travailler, qui a perdu son temps dans les embouteillages, stressé comme jamais, pour aller bosser.

Avoir des regrets c’est déjà lourd. Mais le pire sentiment que je puisse m’imaginer, c’est celui de me rendre compte que je n’ai rien fait de ma vie, ou que je n’ai pas fait ce que je voulais faire de ma vie.

Le rocher sacré de Uluru, en plein milieu du désert. Australie.

Tout le monde le sait, on en a qu’une seule de vie.

Mais le moment où j’ai réalisé que cette vie était courte, mais pour de vrai, c’est quand Mike Horn a dit dans une interview : « De la naissance à 82 ans, on a environ 30.000 jours à vivre. Si tu enlèves tout le temps qu’on passe à simplement dormir, il ne te reste pas beaucoup d’heures. Chaque jour doit être utile« . Là, il faut se bouger.

 

Et vous, quel est votre parcours ?

Que pensez-vous de notre mode de vie actuel ?

Quelle est votre mission ?

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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7 clés pour réaliser le voyage de ses rêves, selon Antoine de Maximy

Les personnes qui connaissent l’émission « J’irai dormir chez vous » connaissent forcément Antoine de Maximy. Le voyage de ses rêves, il le vit pleinement !

Dans les années 80, alors qu’il est Grand Reporter pour la télévision, il se rend compte que d’aller dans des pays sans les visiter ne lui convient pas. Il se dirige alors vers le journalisme scientifique et apprends tous les métiers de l’audiovisuel sur le tas. Entre films animaliers et expéditions scientifiques, il enchaîne 80 pays en 20 ans de métier.

Il devient ensuite présentateur d’émissions télévisées et invente l’émission « J’irai dormir chez vous ». Le principe : voyager seul à la rencontre des autochtones en leur demandant de l’héberger. Il se filme à l’aide d’un harnais portatif maintenant une caméra, ainsi que d’une petite caméra à main.

C’est aujourd’hui un des plus grands Globe-trotteur. Autant dire qu’en terme de voyage et d’expérience, il est difficile de lui arriver à la cheville.

Je vous partage 7 clés pour réaliser le voyage de sa vie avec succès, selon Antoine de Maximy ! Agrémenté de mes quelques expériences et point de vue.

Whiteheaven Beach, Australie

 

1 – Ne pas écouter les autres

« Je voulais faire de la prise de son au début, on me disait « l’oreille, tu l’as ou tu l’as pas ». C’est pas vrai, ça s’apprend ! Après, j’ai voulu passer à la caméra, on m’a dit : « mais t’es pas cameraman ! ». Eh bien, je le suis devenu ! La réalisation, c’était pareil. La présentation, on me disait « mais tu vas pas y arriver, tu ne peux pas le faire ». J’y suis arrivé ». Antoine de Maximy.

Ne pas écouter les autres, et surtout ceux qui veulent détruire votre projet alors que vous ne l’avez même pas encore expliqué. C’est simple, ce sont vos pires ennemis !

Par contre, penser à eux peut vous aider lors de moments difficiles pendant votre voyage. Ils peuvent dans certains cas vous aider à franchir les pires obstacles. Prouver à ses détracteurs les plus féroces que c’est possible !

Le pour, le contre, les passifs et les actifs. Voici comment les repérer :

  • Pour et Actif : les personnes qui seront à fond derrière vous.
  • Pour et Passif : les personnes qui comprennent ce que vous voulez faire mais qui attendent de voir les choses plus claires.
  • Contre et Passif : Les personnes qui vont critiquer, trouver des choses à dire pour tenter de démonter votre projet, qui veulent vous ramener « à la vie sur terre ». On peut les écouter car leur avis peut nous faire réfléchir quand à la faisabilité réelle. Aussi, elle peuvent mettre le doigt sur des sujets auxquels vous n’aviez pas pensé. Bonne nouvelle : on peut presque s’en nourrir !
  • Contre et Actif : Les personnes qui ne seront absolument pas touchées par votre projet de voyage, et qui feront absolument tout pour que vous ne le fassiez pas. C’est un peu les opposants, les irréductibles, les « rageux ». Pour ce dernier cas, laissez tomber, ne vous battez pas, ne perdez pas votre temps et votre énergie. Ces personnes ne changerons pas leur avis.

Le philosophe Confucius disait : « Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi, ceux qui voulaient faire la même chose, ceux qui voulaient le contraire, et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire ».

2 – Aller jusqu’au bout de ses envies

Ou quand les coups durs nous font douter ! Cela peut arriver à tout moment. Et c’est encore pire quand ils parviennent après un moment magique.

Vous tombez malade, vous vous blessez, vous vous faites voler votre argent ou votre sac, vous êtes en retard pour prendre votre bus, vous ne vous sentez plus à l’aise où vous dormez, vous ne vous sentez pas capable de faire telle ou telle chose, vous avez peur… C’est le lot des embêtements du voyage.

En effet, vous serez très souvent en dehors de votre zone de confort à faire ce que vous n’avez jamais fait et à vivre ce que vous n’avez jamais vécu. Enfin, je l’espère pour vous ! Vous allez devoir vous pousser vous-même. Vous allez augmenter votre courage, prendre de l’expérience, devenir une personne forte et mature comme jamais vous ne l’avez été auparavant, avec sa propre vision sur le monde.

C’est quelque chose que je recherche personnellement, et une des raisons pour lesquelles je voyage. Car c’est de cette manière que je me découvre sous mon vrai jour, que je me rend compte de qui je suis réellement.

Se pousser au-delà de ses retranchements, se battre contre soi, c’est primordial !

Malheureusement, on y arrive pas toujours, et c’est la réalité. On se désengage, on raccourci un trajet trop dur, on fait demi-tour, on arrête carrément tout et on rentre à la maison. ça, je ne vous le souhaite pas !

Mais ça arrive aux plus grands, même à Mike Horn qui a dû arrêter une de ses expéditions car il avait des doigts gelés qui commençaient à se gangrener.

« Il faut essayer. Parce que, si tu mets toutes tes chances de ton coté, tu as de bonnes chances d’y arriver. Bon, si tu n’y arrive pas, premièrement, tu n’auras pas de regret car tu auras au moins essayé. Deuxièmement, tu obtiendras quelque chose en retour, c’est sûr. Tu vas te faire remarque par ta combativité, par ta volonté, par ton enthousiasme… Au pire, tu n’arriveras pas à faire quelque chose, mais au moins tu auras fait quelque chose qui a été plus intéressant que si tu ne t’étais pas bougé le cul. Moi je dit : il faut y aller ! ». Antoine de Maximy.

 

3 – Même dans la plus grande galère, rester positif

« Une fois, j’étais en Ethiopie. La chaîne de ma moto a pété. Je dois pousser la moto, il fait 40 degrés, je suis limite dans la savane, et je ne sais pas où je vais finir… Mais mes caméras tournent ! Je suis dans une merde noire. Je vais peut être mettre 3 jours à revenir à la ville, mais je vais m’en sortir. J’avais une énergie positive par rapport à ça. Je me suis aperçu que je m’en sortait 10 fois mieux quand j’avais cet état d’esprit que quand je me disais que tout était fini. Cette énergie je la garde en tout temps, car je sais que tout va marcher 10 fois mieux ! ». Antoine de Maximy.

« J’appel ça « le mode content ». Tu pars du principe que tu veux l’être. Ce que tu émets, on te le renvoie. C’est très con, mais je peux vous dire que ça marche ! ». Antoine de Maximy.

Personnellement, j’appel ça « le mode québécois ». Je vous explique.

J’ai vécu près de 2 ans au Québec où je travaillais dans une très grand entreprise industrielle. Là où en France tout le monde s’énervait devant un problème, avait son venin à sortir et en profitait pour balancer sur ses collègues et ses chefs (j’ai vécu ça dans les 3 entreprises où j’ai travaillé en France), c’était tout l’inverse au Québec.

Je n’ai jamais vu un québécois s’énerver au travail ! Et figurez-vous que les problèmes étaient réglés bien plus vite de cette manière. Certes, c’est très déroutant au début.

Quand tu fais une connerie mais qu’on ne te fais aucune remarque mis à part « fait attention la prochaine fois », même si tu te retrouves dans le bureau du chef, ça fait bizarre. Quand un problème se pose et que tout le monde vient voir de quoi il en retourne et concocte sa petite solution dans son coin avant de la mettre en relation avec celles de ses collègues, dans le calme le plus total, ça fait bizarre aussi.

Mais voilà ce que ça m’a appris : la patience. Quand tu restes calme, tu peux mieux réfléchir, mieux te concentrer, c’est indéniable. Et depuis ce temps, je l’applique dès que je le peux, même si je garde mon côté « français » de temps en temps.

Imaginez-vous perdu en forêt. Vous vous énervez, vous ne pouvez plus rien faire et en plus, vous vous fatiguez pour rien. Restez calme et réfléchissez. Vous allez trouver des solutions et les mettre en action pour retrouver votre chemin.

Autre exemple plus concret : en voiture, vous croyez que coller quelqu’un, faire des zigzags ou klaxonner fera avancer les choses ?

Dans les galère, même les plus simples, rester calme vous sera de la plus grande utilité !

Levé de soleil en haut du Mont Batur, Bali, Indonésie.

 

4 – Fuir les addictions

Alcool, cigarette… Antoine nous parle même de café et de pain… ! De mon côté, je pense plus au niveau budget. Quand on cumule les dépenses en alcools ou en cigarettes ou les deux à l’année, c’est très souvent astronomique !

Je ne suis pas fumeur et je ne bois pas d’alcool. Quand je m’amuse à calculer ces dépenses que je n’ai pas, je compte le nombre de jours de voyage que je peux me payer avec ! Et je suis bien heureux de ne pas boire et de ne pas fumer, rien que pour ça !

Antoine pense plus au côté liberté quand il parle d’addiction.

« ça va à l’encontre de ma liberté. Parce que je sais que ça va me manquer le jour où je l’aurai pas, et ça, je ne supporte pas. Même à un moment le pain, je me rendais compte que quand je n’avais pas de pain, ça me dérangeait. Alors j’ai arrêté d’en manger. Donc maintenant, je m’en fiche du pain ». Antoine de Maximy.

5h30 du matin… C’est seul sur la 75 Mile Beach que je vais admirer le levé de soleil absolument magique. Parfait pour démarrer la journée !

 

5 – Se servir d’un moment difficile comme tremplin

« Un bon moment n’a jamais autant de valeur que si il est précédé d’un moment difficile. Ce qu’il faut, c’est le contraste. Vouloir avoir que des bons moments, c’est une erreur ! ». Antoine de Maximy.

Quoi de plus vrai ? Je le dit tout le temps : il faut en chier, sinon c’est pas drôle. Tous les efforts que vous ferez vous seront rendus au centuple.

Arriver au sommet d’une montagne en téléphérique, c’est fade. Se taper toute la montée à pied avec l’effort physique et mental, c’est le top ! Pour admirer un panorama à sa juste valeur, il faut l’avoir vaincu.

Forcément, dans votre voyage, tout ne sera pas rose. Qui n’a jamais eu de galère en voyage ? Le plan que vous vous êtes préparé à l’avance ne se passera jamais comme prévu. Sinon, ce serait trop beau !

Il faudra vous adapter, vous désorganiser et vous réorganiser. Et c’est là qu’on vit souvent les plus beaux moments : quand ce n’est pas prévu.

Au sommet du Gunung Agung et ses 3142 mètres d’altitude ! C’est la montagne (volcan) la plus haute et la plus sacrée de l’île de Bali., en Indonésie.

 

6 – Fuir la routine

La routine est un grand ennemi pour tout grand voyageur. Rester tout le temps au même endroit, faire tout le temps le mêmes choses, voir tout le temps les mêmes personnes… Ce n’est pas vraiment ça le but d’un voyage. Ni même le but d’une vie ?

« La vie est courte », dit-ont souvent. Certes, nous avons tous nos propres désirs, nos propres rêves, nos propres ambitions et nos propres point de vue.

Quand certains vont économiser pour une maison ou une voiture, d’autres économiseront pour voyager ou pour réaliser leur plus grand projet comme par exemple créer une entreprise. Tout est question de priorités.

La routine des uns n’est pas forcément la routine des autres.

Quoiqu’il en soit, la routine est pour moi mon pire ennemi. J’ai un grand besoin de tout le temps apprendre et découvrir de nouvelles choses et de nouveaux endroits. C’est aussi une autre raison pour laquelle je voyage.

L’exercice est en soi très simple. Les questions sont les suivantes :

  • Que veux-tu faire de ta vie ?
  • Quelles sont tes valeurs ?
  • Est-ce que ta vie actuelle te plaît et correspond à tes valeurs ?

Vous avez 4 heures 😉 🙂

« La routine, elle a cette particularité : à un moment donné, tu te retournes, tu t’aperçois que tu as fait la même chose pendant un grand moment, et que le temps est passé. Il y a un truc qu’il faut bien se mettre dans la tête : la vie on ne sait pas combien de temps ça va durer, mais ce qui est sûr, c’est que ça ne dure pas longtemps« . Antoine de Maximy.

Il donne aussi une bonne image de la routine et de la perte de temps en utilisant l’exemple des séries télévisées :

« J’ai commencé à regarder, et puis j’étais captivé. Alors je regarde 10 épisodes. Et à la fin des 10, y’a pas de fin. Alors je dis « C’est quoi, ça ? Y’a pas de fin ? ». Donc je regarde la 2ème saison, en allant à la fin. Mais y’a toujours pas de fin ! Effectivement, je passais du bon temps. Mais je ne suis pas prêt à donner tant de temps de ma vie pour faire un truc stérile qui consiste à regarder le travail d’un autre où il n’y a pas de fin ! ». Antoine de Maximy.

Posant fièrement avec mon Pédicab, en Australie. C’est un moyen de transport très efficace et rapide dans les petits centre-ville. Pedicab Driver, un métier où la monotonie est rare.

 

7 – Ne pas trop se préparer

« Quand tu ne prépares pas, tu n’as pas d’objectif ou de contrainte. Tu es donc totalement disponible. Si tu pars en vacances en été et que tu dis « Je vais voir Pierre, Paul et Jacques », eh bien tu t’es fixé toi-même une contrainte ! Et quand tu vas être sur la route entre Pierre et Paul, si tu vois quelque chose de super où tu dois t’arrêter, eh bien tu n’iras pas. Parce qu’il faut que tu ailles voir Paul et que Paul t’attends ». Antoine de Maximy.

C’est encore un excellent point de ne pas se limiter en se préparant de trop. Mais ne pas se préparer du tout peut aussi faire l’effet inverse. En disant cela, je repense à mon roadtrip aux Etats-Unis en 2015.

Ce n’était absolument pas du tout prévu. J’étais à Vancouver et je venais de finir ma traversée du Canada. Je pensais passer 5 jours dans cette ville, mais mon expérience spéciale avec mon hôte Couchsurfer et ma proximité avec la frontière m’ont fait changer tous mes plans. En l’espace de quelques heures, j’ai pris la direction de Seattle !

Et arrivé aux Etats-Unis, j’ai raté plein de merveilles ! Je ne suis même pas allé dans les parcs nationaux de Californie, ni même de l’Utah ou de l’Arizona. Une véritable honte. Je m’en veux encore aujourd’hui, c’est pour dire. Il va falloir que j’y retourne pour récupérer mes bêtises !

Bref, il faut tout de même trouver un juste milieu. En savoir un minimum permet de se sécuriser justement un minimum. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est se dire « à 11 heures du matin dans 5 jours, je suis précisément ici ». Car ça n’arrivera que si vous faites un tour organisé par une agence de voyage (et encore) !

Vue sur Jasper, depuis le mont Old Fort (1170 mètres), dans les Rocheuses Canadiennes.

 

Maintenant, vous savez tout pour voyager avec succès !

Ecoutez-vous, persévérez, restez positifs, croyez en vous, foncez !

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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Les avantages et inconvénients du voyage au long court

Le voyage au long court, le « niveau intermédiaire » entre le petit weekend ou les 2 ou 3 semaines de vacances et la vie entièrement nomade. Un rêve pour beaucoup, pour moi y compris. Rêve que j’ai dailleurs presque pu toucher du bout des doigts lors de mes 4 mois de voyage d’affilée en 2016, entre l’Indonésie, l’Australie et Singapour.

J’appelle voyage au long court un voyage d’une durée d’au moins 6 mois à 1 an. Bien sûr, cela est différent pour tout le monde car tout le monde est différent. Je vous laisse me dire en commentaire ce qu’est pour vous la durée normale pour un voyage « au long court » 🙂

J’ai donc eu une courte expérience du voyage au long court et j’ai pu en vivre et connaître quelques aspects négatifs, mais aussi positifs, que je vous partage ici. Je dis bien « négatifs ». Parce que c’est beau de vendre du rêve, mais il faut aussi être réaliste et se dire qu’il y a bien sûr des inconvénients dont on parle peu, pour ne pas trop casser la magie.

Certes, voyager est extraordinaire, et peut changer une vie. Mais il est pourtant important de connaître la réalité, et c’est ce que je vise à faire ici en parlant à la fois des points positifs et négatifs.

Si vous planifiez un voyage au long court, ou que vous vous demandez simplement comment ça se passe, lisez bien la suite 😉

Cape Tribulation, Australie

 

Le futur est toujours incertain… Très incertain.

Tout comme dans la vie de tous les jours. Mais ici, on parle d’incertitude à très court terme, c’est à dire parfois au lendemain, ou encore plus court.

Par exemple, quand j’étais à San Francisco, il m’est arrivé de ne pas savoir où j’allais dormir le soir, alors qu’il était déjà 16h l’après-midi. à l’inverse, quand je suis arrivé en PVT en Australie, je savais où j’allais dormir ma première semaine, mais tout le reste était dans l’inconnu le plus total.

Comme vous avez le temps sur place, vous ne prévoyez vraiment pas grand chose avant votre départ. C’est souvent du dernier moment, sans être « à l’arrache » non plus. Paradoxalement, vous avez vraiment peu de visibilité, et vous ne savez pas souvent ce qui arrivera dans 2 heures, où qui vous allez rencontrer au prochain coin de rue…

C’est donc stressant la plupart du temps. Mais c’est à la fois excitant. C’est ça l’aventure !

C’est parti pour aller à la rencontre des dauphins, à Bali !

 

Il faut malheureusement souvent penser argent.

Ce n’est pas non plus une obsession. à moins que vous partiez avec plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’Euros sur votre compte, il faut savoir en tout temps ce que l’on a à disposition. Si l’on veut voyager longtemps, il faut être économe, et bien penser aux conséquences de nos dépenses, et au rapport prix/prestation, afin de ne pas dépenser toutes ses économies en moins de temps qu’il ne faut pour dire « ouf ».

Il faut y faire très attention et toujours en avoir en avance, car sans lui, il serait très difficile de continuer le voyage. Pour certains voyageurs, il est même difficile de simplement pouvoir rentrer chez eux ! Il faut parfois se creuser la tête, faire des comparaisons, bien se renseigner.

C’est un peu comme si on plaçait notre argent en bourse ! C’est aussi pour ça que souvent, on ne dort pas dans un hôtel 5 étoiles, mais plutôt en Auberge de Jeunesse, ou autre logement à bas prix, voire gratuit.

Comme vous bougerez souvent pour partir à la découverte du monde qui vous entoure, votre logement sera dailleurs jamais vraiment fixe… Un jour par ci, 3 jours par là, 1 semaine ailleurs et encore 2 jours par là bas… Il ne faut pas avoir peur de devoir reprendre ses repères et s’adapter à nouveau très régulièrement.

Maison le long de la Sûre, au Luxembourg.

 

La famille et les amis… Qui sont loin.

En voyage, on rencontre un nombre phénoménal de gens. Mais malheureusement, dans 99.9% des cas, ce sont des rencontres éphémères.

Tous les échanges sont accélérés à la vitesse de la lumière. Rien n’est fixe, comme nous ne sommes nous-même pas fixe. Il est très difficile de nouer une relation durable, car tout le monde bouge régulièrement pour continuer sa propre route.

ça va, ça vient. On dit bonjour et adieu à des personnes en une même journée, voire même en l’espace d’une heure…

J’ai vécu ça en Australie, et je l’ai prit de plein fouet. Il m’a été impossible de nouer une relation amicale avec une personne pendant plus de 3 jours (sauf collègues de travail où ça durait maximum 3 semaines…). Même en rencontrant des tonnes de personnes, la solitude me guettait à tout instant.

Je trouve primordial dans le cas du voyage au long court de ne jamais s’attacher aux gens, histoire d’éviter les regrets, les cœurs brisés et les coups de déprime. Il faut se dire que tout est éphémère. La vie affective est complexe. Mais ce n’est pas pour ça qu’il ne faut pas aller vers les autres !

Le groupe avec lequel j’ai partagé la découverte des îles Whitsunday pendant 3 jours en catamaran (Australie).

On aimerait aussi partager ce que l’on vit, ce que l’on voit, un instant présent avec sa famille ou avec ses amis. Cela m’est arrivé un nombre incalculable de fois.

Juste le fait qu’ils soient là pour partager un moment avec vous, parce que vous savez que c’est quelque chose d’unique, quelque chose de fou, que eux ne pourraient peut être jamais voir ou vivre. J’ai eu souvent ce petit pincement au cœur : « quel dommage qu’ils ne soient pas là… ».

Il faut se rattraper avec nos moyens de communication actuels : partager des photos et vidéos sur les réseaux sociaux, échanger des mails, utiliser Skype…

Il est aussi primordial de communiquer avec vos amis restés en France pour ne pas effriter votre relation avec eux. Bon, personnellement, j’en ai profité pour faire un petit tri ni vu ni connu. Mais si vous ne voulez pas perdre tout le monde à cause de la distance, ne les oubliez pas pour ne pas qu’ils vous oublie.

 

Le WiFi capricieux…

En parlant de communiquer… Le réseau sera parfois très lent, limité, voire inaccessible selon la région où l’on se situe… Donc si vous faites un travail où vous avez absolument besoin d’une connexion, choisissez bien votre destination.

C’est déjà pas très marrant quand on tient un blog amateur, une page Facebook ou Instagram, ou quand on veut simplement utiliser Skype ou envoyer un mail. Cela peut être une énorme source de stress pour les voyageurs nomades.

 

Le mal du pays

On apprend une chose en voyageant : le monde n’est pas rose partout. Et l’herbe n’est pas verte partout non plus (je suis désolé pour le spoil !).

Chaque pays a ses défauts et ses avantages. Et parfois, on se prend à faire des comparaisons avec notre pays. Surtout sur la nourriture, personnellement. Dans certains pays, quand vous mangez « chimique » du matin au soir, vous rêvez des repas que vous mangiez chez vous, par exemple. Et pourtant, je sous loin d’être un cuistot.

  • Un sentiment d’insécurité qui peut parfois peser vous déstabilise et vous donne envie de rentrer chez vous au calme.
  • Vous rêvez de retrouver votre confort.
  • La mentalité ne vous plaît pas.
  • Vous avez une envie soudaine et persistante de revoir vos proches.
  • C’est votre anniversaire ou les fêtes de fin d’année, et les passer sans les gens que vous aimez vous donne le cafard.
  • Vous vous rappelez parfois les bons moments de votre vie dans votre pays de naissance…

Autant de choses qui font le mal du pays un casse-tête. Vous voulez rentrer tout de suite, mais vous voulez continuer. Mais vous voulez rentrer tout de suite. Alors, souvent, vous ne savez plus trop quoi faire…

Dans le voyage au long court, il faut aussi savoir gérer ses émotions et ses sentiments.

Ground Zero, New York

 

Vous êtes le héros de votre vie

Vous êtes le patron. Encore plus si vous voyagez en solo. Il faut tout gérer de A à Z, tous les jours, toute l’année.

C’est un point à la fois positif et négatif.

Positif car vous faites ce que vous voulez, où vous voulez, avec qui vous voulez. Une liberté presque totale dans vos désirs et dans votre futur.

Mais attention au revers de la médaille : une erreur de jugement ou de choix peut vite vous rappeler à l’ordre d’une façon parfois douloureuse.

Vous dépensez trop, vous choisissez le mauvais pays à la mauvaise saison, vous enchaînez les activités sportives sans vous reposer ou sans faire attention à vous, vous dormez dans une auberge de jeunesse miteuse…

Vous prenez des risques… Et c’est normal car c’est le voyage qui le veut en lui-même. Si ne voulez pas prendre de risque, restez chez vous 😉 Sachez mesurer ces risques et prendre pleine conscience de ce que vous faites et choisissez.

Informez-vous et apprenez un maximum avant de vous lancer.

Vue sur Jasper, depuis le mont Old Fort (1170 mètres), dans les Rocheuses Canadiennes.

 

Voila donc tous les points négatifs que j’ai pu trouver au voyage au long court.

Bien sûr, les points positifs contrent très bien tout cela. Un court voyage est déjà magique, alors imaginez un long voyage !

Pour les points positifs, j’en ai déjà parlé sur ce blog dans 2 autres articles. Je vous laisse en savoir plus en cliquant sur les liens de ces 2 articles :

Si j’en fais un résumé, voici les points positifs :

  • Liberté et flexibilité;
  • S’améliorer et se découvrir autrement;
  • Remettre les pieds sur terre;
  • Sortir de sa bulle;
  • Supprimer les clichés et les « on dit »;
  • Changer en une meilleure personne;
  • Rencontrer des tonnes de personnes de tous les pays du monde et de tous les univers;
  • On a pas le temps de tomber dans la routine;
  • On apprend à se débrouiller seul et à être responsable.

Vous voyez, ça fait pas mal de choses positives ! Et encore, j’en oublie certainement !

 

Et vous, vous avez déjà voyagé à long terme ?

Vous êtes voyageur nomade ?

Quelle est votre définition du voyage à long terme ?

Quels sont pour vous les points négatifs du voyage à long terme ?

Quel(s) problème(s) avez-vous peur de rencontrer ?

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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