Comment économiser de l’argent pour voyager ?

Milieu 2015, j’annonce la nouvelle à la DRH de mon entreprise : je pars. Mais je ne pars pas à la fin de mon contrat dans 6 mois, je pars tout de suite, dans quelques courtes semaines.

Elle est bouche bée, tente d’abord de me faire rester, puis, voyant que rien ne bougeait, elle fini par me questionner. « Pourquoi, bordel, veux-t-il partir tout de suite comme ça ? ».

J’avais mes raisons. Ça faisait plusieurs mois que je pensais à ce moment, j’avais prit le temps de me préparer. J’en avais parcouru du chemin, à changer de métier, à bouger en France. Puis, j’en suis venu à m’expatrier au Québec.

Il me restait 6 mois à mon contrat, et on me proposait de le prolonger de 2 ans. Mais maintenant, je voulais voyager. J’avais en tête le Canada, les USA, l’Australie… Pas pendant un mois, pendant le plus de temps possible.

Voilà le genre d’endroit dont je rêvais ! Les Rocheuses Canadiennes. Photo : Daniel Kordan. Son site : http://danielkordan.com/

 

Mais avant ça, il fallait que j’économise. Je veux dire, j’avais déjà des économies, mais il fallait que je change encore ma façon de procéder. Tous ces pays allaient me demander beaucoup de ressources, car ce sont des pays chers.

À l’époque où j’ai su que j’allais partir, c’était début 2015 et j’avais 6 mois devant moi pour réunir un maximum d’argent. J’avais alors environ 6.000$ sur mon compte.

Mon salaire canadien aidant, et en appliquant quelques techniques simples de « non-abus » et de logique m’ont aidées à réunir un total de 15.000$, soit 9.000$ d’économies en 6 mois.

Pendant ces 6 mois, je gagnais de 2.600 à 3.200$ par mois, selon le nombre d’heures supplémentaires que je faisais. Si je calcule avec une moyenne, j’ai donc économisé 1500$ par mois, soit environ la moitié du salaire mensuel à chaque fois !

Et attention, je me suis tout de même fait plaisir : je suis allé à New York pendant 5 jours (600$), 4 jours à Détroit (400$), je suis allé au Gand Prix de Formule 1 du Canada (150$), je suis allé du côté de Boston pour aller voir un autre sport mécanique (300$), je me suis payé un vol en hydravion (150$), et j’en passe. J’aurai peut être pu arriver à économiser bien plus si je l’avais vraiment voulu.

… Et aussi rencontrer des supers personnes. Ici, avec Antron Brown, champion de NHRA, le championnat de dragster américain.

 

J’en entend certain(e)s dire « oui, mais tu avais un gros salaire qu’on ne peux pas avoir en France ». Vous, je vous aime.

  • J’ai bossé, j’ai passé un entretien comme jamais je n’ai eu avec des tests écrits et tout le bazard en plus de l’entretien oral.
  • J’ai saisi l’opportunité d’aller au Québec loin de tout ce que je connais, de laisser ma famille et mes potes « en plan ».
  • Je bossais de 48 heures à 60 heures par semaine, en alternance jour/nuit, sans compter les heures supplémentaires.
  • J’ai montré ma motivation et je n’ai pas lâché.
  • Je n’ai pas pleuré au scandale, comme je l’ai connu en France, quand on me disait de faire des heures supplémentaires.

J’ai passé un an et demi comme ça. Et c’était en usine, en atelier de production, avec le bruit, les risques, etc.

C’était dur mentalement et physiquement.

Mais voilà ce que ça m’a payé : 14 mois de liberté à voyager.

Et aujourd’hui, ces 14 mois ont changé une fois de plus ma perception du monde dans lequel je vis. J’ai vu beaucoup de choses différentes, j’ai rencontré beaucoup de personnes différentes, et même très différentes. J’ai aussi construit mon avenir, ma propre vision de ce que je voulais dans ma vie, de qui je suis, et de ce que je veux faire de ma vie.

Tout est question de volonté. Tout est question de vous projeter dans le futur, et de vous imaginer réaliser votre rêve. Cela doit venir de soi-même.

Dites à un fumeur d’arrêter de fumer, il ne le fera jamais.

Il faut que ça vienne de son propre cerveau, de ses propres réflexions personnelles.

À bord d’un catamaran à l’exploration de l’archipel Whitsunday Islands, en Australie.

 

Nous avons tous des salaires, des vies personnelles et des vies professionnelles différentes. Mais si vous savez réfléchir, rester dans le droit chemin, vous projeter dans le futur, vous accrocher à vos rêves, vous y arriverez, quoiqu’il se passe !

Les plus grands sont ceux qui ont commencé dans la misère et qui n’ont jamais rien lâché pour arriver au « top ». Et arrivés là haut, ils inspirent les autres personnes qui sont en bas pour y arriver aussi.

Inspirez-vous de celles et ceux qui ont réussi dans leurs secteurs.

Je vais donc vous dire les quelques points que j’ai appliqué pour réussir à économiser.

 

Réfléchissez quand vous achetez

Les achats compulsifs ou non réfléchis peuvent vite vous « mettre dedans ». Quand vous achetez quelque chose, assurez-vous de sa réelle utilité. Assurez-vous de la valeur ajoutée de ce que vous achetez.

Posez-vous des questions : « Est-ce réellement important pour moi ? », « est-ce réellement ce que je veux ? », « est-ce que ça convient à ce que je veux en faire ? », « Est-ce que je vais mourir si je n’achètes pas ça ? »…

 

Payer avec ce que l’on a

Regardez autour de vous, posez-vous des questions, réfléchissez.

Quand je roule dans ma poubelle à 1.000 Euros payée en occasion avec du cash, presque tout ce que je vois autour de moi sont souvent des grosses autos toutes neuves et rutilantes, dans lesquelles se pavanent trop souvent leur conducteur. Ça, c’est que je vois.

Puis, je me pose des questions. Je me dit que ces voitures ça coûte une blinde, disons de 20.000 à 50.000 Euros, voire plus. Comment on peut se payer ça ? En prenant un crédit. Donc, dans la réalité, ce que je vois la plupart du temps, ce sont des gens qui sont fiers de s’endetter pour se montrer dans une voiture… ? Ce que je vois, ce sont des crédits devant, des crédits derrière, des crédits à gauche, des crédits à droite… Des crédits partout !

Tiens, dailleurs, en voilà un qui gare sa voiture devant sa belle maison. Ah oui, une belle maison. Mais encore un crédit sur plusieurs années. Encore un endettement. Encore des dépenses mensuelles. Encore des dépenses que l’on peut éviter ou au moins diminuer… !

Revenons au point d’avant : avez-vous réellement besoin de cette berline surdimensionnée à 30.000 Euros et plus ? Vous avez vraiment besoin du GPS, des sièges chauffants, des rétroviseurs électriques ? ».

On a un gros problème dans ce monde : on a perdu la valeur de l’argent.

On ne sait plus ce que c’est 20 Euros, ou même 100 Euros.

Clairement, on s’en fou !

On est gangréné par le système de consommation.

 

Revenez sur terre ! Par pitié !

  • Payez avec ce que vous avez.
  • Vivez avec ce que vous avez.

Vous avez 3.000 Euros et vous cherchez une voiture ? Prenez une voiture à 3.000 Euros, pas à 30.000. Vous avez 20 Euros de budget pour des habits ? Dépensez 20 Euros, et pas 100. Mieux encore, dépensez moins que ce que vous avez.

Dans mon expérience au Québec, j’avais une voiture d’occasion à 3.000$ que j’avais payée cash. Pour payer moins d’assurance et d’essence (et accessoirement de réparations), j’avais aussi un vélo d’occasion avec lequel je me rendais en ville et j’allais au boulot. La voiture ne me servait que pour faire mes courses et les plus longs trajets. Cela réduisait d’une belle manière mes frais de transport.

Ma voiture qui m’a emmenée jusque dans les Rocheuses Canadiennes. Et plus loin encore ! Il restait 10.000 kilomètres à faire pour revenir au point de départ !

 

Réduire les dépenses de son logement

Les américains en sont de plus en plus friand. Vivre dans les grandes villes américaines, c’est hors de prix, du genre Paris centre et parfois (souvent) pire. Ces gens, au lieu de s’endetter, revendent leur bien immobilier et achètent un van ou une voiture suffisamment spacieuse. Et ils vivent dedans ! Leur loyer passe alors de 1.000 et plus Dollar par mois à 100 à 500$ par mois, dépendant de comment ils bougent dans le mois.

C’est radical mais tout le monde n’y est pas prêt.

Il y a d’autres solutions : vivre en collocation, déménager dans plus petit, déménager dans des régions ou des zones moins chères…

Au Québec, je vivais en collocation. Le loyer était de 250$ par mois, tout compris. Un petit appartement pour moi seul aurait coûter 450 et plus, auquel il aurait fallut rajouter toutes les factures… Bon, je n’avais pas internet, c’était le seul défaut. J’allais donc squatter dans les fast food ou dans les bibliothèques pour avoir le Wifi.

Aussi, des choses simples de tous les jours mais qu’on ne dit jamais assez : éteignez la lumière et les appareils électriques quand vous ne vous en servez pas…

 

La coup de la tirelire

Tant qu’on est à la maison, mettez une tirelire chez vous. Dès que vous avez des petites pièces, mettez-les dedans. Vous pouvez aussi vous dire que vous allez mettre un billet de 50 Euros dedans tous les mois, ou toutes les semaines une somme quelconque que vous avez choisie. Mais attention, cette tirelire ne servira que pour vos voyages !

 

Dépensez moins en nourriture, sans mal manger

Ici, tout repose sur l’effet de partage qui joue un rôle énorme. Vous mangez ce soir ? Pourquoi ne pas inviter vos amis ? Chacun apporte un ou plusieurs ingrédients, et vous cuisinez tout ça ensemble chez vous avant de déguster le plat final autour d’une belle table.

Faites vos repas « maison ». Arrêtez les fast food, les restos, les plats tout prêts à mettre au micro-ondes… Testez ça un mois et vous verrez la différence, aussi bien sur vous que sur votre compte en banque.

 

Faites vos comptes régulièrement

Trop peu de gens le font.

Notez toutes vos dépenses et tous vos gains le plus régulièrement possible. Vous aurez ainsi tout ce que vous dépensez sous les yeux et pourrez le répartir en plusieurs postes de dépenses : le logement, le transport, la nourriture, etc. Vous pourrez alors vous rendre compte par vous même et de manière physique vos dépenses par rapport à vos besoins réels.

Pour certaines personnes, c’est ce qui fait le déclic dans leur tête, c’est ce qui les fait dire « stop » à leurs dépenses. Ce peut être un moyen de réaliser, de se rendre compte par soi-même de tous les billets qu’on peut balancer par la fenêtre.

Vous pourrez vous concentrer pour réduire les dépenses de chaque poste. Mieux encore, vous pourrez faire le tri pour supprimer ce qui ne compte pas et donc faire des économies.

Quand j’étais au Québec, je le faisais tous les mois. Ensuite, je comparais avec les autres mois pour voir si c’était trop ou pas. Si c’était le cas, je baissais alors les postes qui avaient augmentés pour le mois d’après, afin de revenir à la moyenne.

 

Ne pensez pas par jour ou par mois, mais par année

C’est un superbe effet, au même titre que faire ses comptes.

Imaginons que tous les mois vous dépensez 50 Euros dans un poste de dépense quelconque. Prenez ces 50 Euros et multipliez par les 12 mois de l’année. Cela donne 600 Euros. Donc à la fin de l’année, vous aurez « perdu » 600 Euros. Essayez de revoir cette dépense mensuelle à la baisse.

Quand j’étais en collocation, je n’avais pas internet. J’allais presque un jour sur deux au fast food du quartier ou à la bibliothèque pour avoir le Wifi. Je me suis alors renseigné pour avoir internet à la maison. Résultat : 80$ par mois, soit 960/an. J’ai donc calculé combien je dépensais en prenant un petit beignet dans mon fast food tous les 2 ou 3 jours : exactement 17.95$, soit 215/an, pour le même service, en un micro poil plus contraignant. Le calcul a très vite été fait !

 

Vivez simplement

Ce serait la conclusion de cet article.

Il faut vivre simplement.

Ne vous embrouillez pas avec 36 objets chez vous, sur vous, autour de vous. Plus vous aurez de biens, et plus vous allez galérer à économiser. Limitez-vous, mais limitez-vous comme si vous faisiez un régime alimentaire : de temps en temps, vous avez le droit de dépasser un peu, comme je le faisais au Québec en m’offrant un petit voyage de temps en temps.

 

Donc, pour résumer, j’ai pu économiser la moitié de mon salaire par mois pendant les 6 mois impartis en faisant des choses simples pour limiter mes dépenses :

  • je vivais en collocation,
  • je me déplaçais la plupart du temps en vélo,
  • je profitais des prix soldés pour acheter des choses qui me servaient réellement,
  • je comparais les prix en faisant mes courses,
  • je sortais assez peu,
  • je ne faisais pas mon shopping toutes les semaines,
  • je réfléchissais avant d’acheter,
  • je faisais mes comptes tous les mois pour voir où j’en étais dans mes dépenses…

 

Je vous suggère donc de commencer par faire vos comptes et d’analyser vos dépenses. Puis, trier ce dont vous avez réellement besoin et ce dont vous n’avez pas besoin. Supprimez ce dont vous n’avez pas besoin. Soyez critique avec vous-même.

 

Milieu 2015, je suis parti réaliser mes rêves de l’époque.

J’ai pris ma voiture, j’ai fait un road trip de 16.000 kilomètres en traversant tout le Canada, puis en descendant la cote Ouest américaine et en faisant la liaison Los Angeles – New York en passant par Chicago et Washington DC. Puis je suis retourné en France avant de repartir en Indonésie et en Australie pour plusieurs mois. J’en ai profité pour aller à Singapour aussi.

J’en ai profité d’être libre, d’aller où je voulais quand je voulais, de ne plus me lever pour aller m’enfermer au boulot mais pour réaliser mes rêves et rencontrer les autres. Pour être avec moi-même et pour être moi-même. Pour me comprendre, pour comprendre les autres. Pour avoir l’expérience de la vraie vie, pas celle que tout le monde nous dicte !

Et vous savez le pire ? C’est qu’en revenant à nouveau en France après ces voyages, il me restait encore 2.000 Euros sur les 10.500 économisés (les 15.000$ avec le taux de change de l’époque). 8.500 Euros de dépensés en 14 mois de voyage ? Oui, c’est possible, mais c’est une autre histoire. Il est aussi possible d’économiser et de travailler un peu (légalement) tout en voyageant !

Certes, c’était un peu juste, pas mal tendu de se réinstaller avec si peu. C’est une autre histoire aussi, mais j’ai tout de même réussi. J’ai trouvé du boulot alors qu’il me restait 400 Euros ! C’est ça qui me motivait : ne pas descendre sous le zéro !

Mais si vous partez longtemps pour vous réinstaller, je vous conseille de ne pas faire comme moi ! Gardez un petit 4 ou 5.000 sous le pied 😉

 

Une autre façon d’économiser plus : gagner plus

Si vous êtes motivés, vous pouvez aussi cumuler des boulots, demander des augmentations ou des avantages sociaux, faire des heures supplémentaires… C’est une autre façon de faire des économies : gagner plus au lieu de dépenser moins. C’est un peu plus fatiguant…

Quand j’étais en Australie, j’ai connu une fille qui cumulait 3 boulots pour ensuite acheter un van et faire le tour du pays. Elle était serveuse dans un fast food le jour, serveuse dans un bar en soirée, et la nuit elle faisait la plonge pendant 2 heures à la fermeture d’un restaurant. En gros, elle bossait de 8h30 à 2 heures du matin, avec une pause de 30 minutes le midi, et pareil entre chaque boulot.

Quand je bossais au Québec, je faisais des heures supplémentaire dès que je le pouvais. ça allait de 5 heures répartis dans la semaine, à bien plus… Quand vous avez bossé 8 jours d’affilée pour 96 heures, je peux vous dire que vous le sentez passer, aussi bien physiquement que dans le portefeuille quand vos 4.000$ tombent à la fin du mois.

Et encore, un collègue à même fait 14 jours d’affilée pour 120 heures. Impossible à faire en France. Au QC, c’est encore légal dans certains corps de métier.

Il faut de temps en temps se sacrifier pour atteindre ses objectifs !

Travailler dur fini toujours par payer. Ne lâchez rien.

C’est des cas un peu extrêmes, certes. Mais :

  • si vous faites régulièrement quelques heures supplémentaires, c’est déjà un très grand pas,
  • si vous trouvez un autre petit boulot qui vous prend 5/10 heures par semaine, c’est super.
  • si vous développez une petite entreprise à coté de votre travail, c’est génial !

Si vous arrivez à cumuler les deux façons de faire des économies, vous avez touché le gros lot !

Il ne reste plus qu’à vous y mettre et de constater par vous-même à quel point c’est simple, au final.

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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