Comment fonctionnent les compagnies aériennes Low Cost ?

RyanAir, Wizz, Easy Jet… Nous connaissons tous ces compagnies aériennes à bas prix que l’on trouve en Europe.

Mais n’oublions pas qu’il y a des compagnies low cost sur tous les continents. Cependant, c’est en Europe qu’elles se sont fait connaître le plus, et avant les autres.

Pourquoi?

Car ce sont les compagnies low cost européennes qui réussissent a proposer leurs vols le moins cher! Par expérience, je sais que les compagnies low cost aux Etats-Unis ou en Australie sont en moyenne environ 20 à 30% plus chères qu’en Europe, pour un même temps de vol.

Chez nous, nous pouvons rallier bon nombre de destinations européennes au départ de Paris pour des sommes dérisoires, parfois même pour moins de 20 Euros !

Mais comment font ces compagnies pour proposer des prix aussi bas ?

 

C’est très simple !

Elles prennent tous les coûts normaux d’opération et elles font en sorte de tous les baisser à leur maximum. Elles font exactement comme vous lorsque vous voulez faire des économies, ou lorsque vous ne voulez pas exploser votre budget en vacances : on prend les dépenses les plus grosses et on agit de manière à les réduire à leur maximum.

Faisons le tour des plus grandes techniques qu’appliquent les compagnies low cost pour réduire le coût de leurs billets !

 

Le prix de l’avion

Ce qui coûte le plus cher à la compagnie, c’est l’avion lui-même. Le moindre petit avion de ligne utilisé dépasse les 100 millions d’Euros chacun, la palme d’or revenant à l’Airbus A380 qui avoisine les 400 millions de dollars. Mais c’est possible de le payer moins cher, exactement comme si vous achetiez une voiture.

Par exemple, la compagnie RyanAir a profité d’un événement déterminant pour réduire le coût d’achat de ses avions.

Rappelez-vous les attentats du 11 Septembre. À cette période, le nombre de vols dans le monde a fortement diminué. Pour continuer de faire du chiffre, les fabricants d’avion ont alors diminué leurs prix de vente. C’est de cette façon que RyanAir a commandé et reçu 151 Boeing pour un prix totalement dérisoire !

RayanAir a en plus profité d’un prix « en gros ». Car acheter 151 avions, ce n’est pas rien. Plus vous en prenez, moins vous payerez cher à l’unité.

Pour payer encore moins cher, les compagnies low cost évitent tout accessoire luxueux. Par exemple, les sièges qui ne s’inclinent pas en arrière, car ces derniers coûtent moins cher à l’achat, mais aussi à entretenir.

Mais alors, comment est-ce possible de vendre des billets d’avion si peu chers, alors que la compagnie paie des avions flambants neufs ?

Cela devrait au contraire exploser les prix, car il faut bien rentabiliser le prix d’achat, non?

 

C’est tout à fait la question que je me suis posée lorsque je suis monté dans un Boeing à destination de Londres qui sentait encore le plastique neuf à l’intérieur. Tout était parfaitement neuf, de la moquette à la peinture de la carlingue, en passant par les sièges. J’avais payé quelque chose comme 29 Euros l’aller-retour, si mes souvenirs sont bon.

L’explication est simple : plus l’avion sera récent et plus il bénéficiera de technologies qui le feront consommer moins.

Car le carburant, c’est ce qui coûte le plus cher lorsque l’avion vole. De plus, il coûtera bien moins cher a entretenir car tout sera neuf. Comme je l’ai dit un peu plus haut, c’est encore exactement comme votre voiture.

C’est pour ces raisons que les compagnies low cost ont les avions les plus récents de toutes les compagnies comprises !

Par exemple, la compagnie EasyJet a des avions qui ont en moyenne 4 ans, et la compagnie RyanAir a des avions qui ont en moyenne 5 ans. En comparaison, la compagnie KLM a des avions qui ont en moyenne 9.5 ans, et 11.5 ans pour Air France.

Et les prochains seront équipés d’encore plus de technologies pour économiser le carburant.

 

La formation du personnel

Les compagnies low cost ont aussi un seul modèle d’avion dans leur flotte, contrairement aux grosses compagnies qui ont un peu de tout. RyanAir opère uniquement des Boeing 737, tandis que EasyJet opère uniquement des Airbus A320. Pourquoi?

Très simple: posséder un seul type d’avion réduit drastiquement les coûts et les temps de formation des pilotes, des hôtesses et stewards, des mécaniciens, des techniciens de piste… Ils ont besoin d’être entrainé que sur un seul type d’appareil, au lieu de 4 ou 5.

Le coût du personnel

Souvent, les hôtesses et stewards sont au début de leur carrière. De cette manière, la compagnie fait également moins de dépenses salariales. C’est le coté positif pour la compagnie. Mais ceci a un impact direct sur les employés.

Par exemple, ils doivent être multi-tâche. Il n’est pas rare de trouver le même employé lorsque vous enregistrez vos bagages, et encore lorsque vous sortez de votre porte d’embarquement pour aller dans l’avion. Dans l’avion, ce sera le même staff qui aura fait le nettoyage et le rangement entre 2 vols. Leur métier est donc plus fatiguant et plus stressant, pour un salaire mensuel inférieur à celui  d’une grosse compagnie, tandis que l’entreprise fait des économies en embauchant moins de personnel…

Les « options », ou comment rentabiliser au maximum

Si vous prenez un vol low cost, votre billet d’avion ne vous coûtera pas cher comparé à celui proposé par une grosse compagnie. Mais attention cependant à ce que j’appelle « les options ».

En effet, en dehors de votre siège, tout est payant!

  • Vous voulez avoir un repas? C’est payant.
  • Vous voulez choisir votre siège vous-même? C’est payant.
  • Vous voulez rentrer dans l’avion avant tout le monde? C’est payant…

Et la liste continue.

De plus, le poids alloué à vos bagages sera beaucoup plus restreint. Vous pouvez passer de 23kgs pour les grandes compagnies à parfois 7kgs pour les low cost, comme je l’ai connu avec AirAsia. Tout kilo supplémentaire est payant par un système de forfait. Il en est de même pour les bagages à main.

De ces manières, la compagnie peut augmenter un peu ses profits, car c’est sur ces « options » qu’elle se fait le plus de marge. Vous, de votre côté, vous pouvez vous retrouver avec un billet d’avion au prix toujours intéressent, mais cependant un peu moins que prévu! Tout dépend de ce que vous voulez.

Poids autorisé, coût des bagages, tarification supplémentaire…
Selon les compagnies, les prix diffèrent. Les façons de calculer aussi.

 

Les taxes d’aéroport

Après le prix de l’avion, le personnel, et les moyens que la compagnie emploie pour faire des recettes, parlons de l’aéroport.

En effet, à chaque fois qu’un avion décolle, atterri,ou s’arrête à une porte d’embarquement, la compagnie doit payer des taxes d’aéroport.

Les compagnies utilisent donc des aéroports où ces prix sont réduits. Les aéroports des grandes villes ou les aéroports internationaux sont les plus chers. De plus, ces aéroports étant souvent très encombrés en trafic, le nombre de portes d’embarquement est limité pour chaque compagnie, ce qui n’est pas arrangeant.

Souvent, elles prendront de petits aéroports régionaux, comme celui de Beauvais, à coté de Paris, pour citer un exemple en France. Je peux aussi personnellement citer l’aéroport de Baden-Baden, en Allemagne.

On gare la voiture sur un terrain vague, puis on entre dans ce qui ressemble à deux hangars dans lesquels il n’y a que deux portes d’embarquement. Dans la grande salle d’attente, juste des toilettes et un petit coin pour se restaurer! Le minimalisme le plus total, réduisant drastiquement les coûts de fonctionnement pour les compagnies.

Cependant, elles peuvent tout de même utiliser les grands aéroports. Elles le font lorsque le trafic est plus fluide, où à certaines heures de la journée, lorsque les coût d’opération sont réduits.

 

Les heures où les compagnies opèrent

Un point important est justement celui des heures de la journée pendant lesquelles les avions volent. C’est très simple: les avions des compagnies low cost volent tout le temps, tous les jours, à toutes les heures.

Car un avion qui ne vole pas est un avion qui coûte de l’argent, un avion qui n’est pas rentable.

Par exemple, un même avion de RyanAir en partance de Bruxelles fera le trajet suivant dans la même journée :

  • Bruxelles-Copenhague
  • Copenhague-Bruxelles
  • Bruxelles-Prague
  • Prague-Bruxelles
  • Bruxelles-Nîmes
  • Nîmes-Bruxelles
  • Bruxelles-Trevioso
  • Trevioso-Bruxelles !!

Oui, dans la même journée !

J’en profite pour vous rappeler de ce que je disais un peu plus haut par rapport au personnel…

La durée des escales

Pour les compagnies low cost, le temps c’est de l’argent. Ils réduisent donc au maximum le temps pendant lequel l’avion ne vole pas. En effet, tout le temps que l’avion ne vole pas, le passager ne le paie pas. De plus, ça coûte de l’argent à la compagnie à cause des taxes d’aéroport.

Ils prévoient donc des temps d’escale allant entre 30 et 45 minutes maximum. Et encore, c’est ce qu’ils disent… Car j’ai déjà été témoin d’un temps d’arrêt de 20 minutes à peine lorsque j’ai fait un vol intérieur australien en compagnie low cost, entre Darwin et Brisbane !

Pendant ce court laps de temps, il faut vérifier l’avion et ses éléments principaux, nettoyer et ranger à l’intérieur, préparer les nouvelles feuilles de route, changer parfois l’équipe de vol, charger et décharger les bagages, refaire le plein de carburant…

 

Le système « Point par Point »

Une autre technique utilisée par les compagnies low cost est le système « Point par Point » que je vais vous expliquer très simplement.

La plupart des compagnies traditionnelles utilisent ce que l’on appel des « hub ». Ce sont des routes prédéfinies qui passent par les plus gros aéroports ou les aéroports internationaux dans lesquelles sont installées les compagnies.

Air France est basé à Paris, donc Paris est le « hub » de Air France. Maintenant, imaginons que vous vouliez aller de Nice à Rennes avec la compagnie Air France. Vous serez alors obligé de faire une escale à Paris entre ces deux villes !

Les compagnies low cost sont beaucoup plus flexibles. Elles ont un nombre de destinations incomparables depuis presque n’importe quelle ville, et ne sont en aucun cas obligée de faire des escales dans des « hub », réduisant les frais d’aéroport et toutes les procédures qu’engendre une escale.

 

Les moyens de vente des billets

Les compagnies low cost font également des économies sur la manière dont elles vendent leurs billets. Souvent, il vous sera impossible d’acheter votre billet vous-même à un comptoir de la compagnie. Il faudra passer par une agence, ou le payer via internet. Certaines compagnies vous font même payer si vous voulez récupérer votre billet en main propre à l’aéroport.

À l’aéroport, vous remarquerez aussi que de plus en plus de comptoirs de compagnies sont remplacé par des machines qui vous délivrent vos tickets et cartes d’embarquement, réduisant encore plus le coût du personnel.

 

Avez-vous également remarqué que souvent vous devrez prendre une navette et monter dans l’avion par un escalier en métal installé à même la piste ? Eh oui, tout le matériel d’embarquement des passager a également un coût. La compagnie doit les louer à l’aéroport !

 

Nous comprenons donc maintenant comment font les compagnies pour réduire le prix de leurs billets.

 

Mais ne vous inquiétez pas pour la question de savoir si elles font des bénéfices, car elles en font énormément. Elles font même encore plus d’argent que les grandes compagnies, tout ça en utilisant de simples techniques pour faire des économies !

Mais il faut quand même que ça soit bien fait…

 

Certaines grandes compagnies ont elles aussi créées des compagnies low cost. Par exemple, Air France a créé Transavia, Lufthansa a créé Eurowings. Mais ces deux nouvelles compagnies citées perdent beaucoup d’argent.

Il y a des exemple concrets aux USA:

  • Delta Airlines a créé Song, qui a fait faillite.
  • US Airways a créé Metrojet, qui a fait faillite.
  • United Airlines a créé Shuttle, qui a fait faillite.

Et le pire dans tout ça, c’est que United Airlines a quand même persévéré en créant la compagnie Ted, qui a finalement elle aussi fait faillite ! À trop vouloir pousser le bouchon….

Tandis que toutes les compagnies low cost américaines s’effondrent, voici les chiffres moyens des marges de profit de certaines des nôtres:

  • EasyJet: +11.15%
  • RayanAir: +24.1%
  • Wizz: +10.2%

On peut aussi les comparer à nos grandes compagnies, pour bien se rendre compte de ce que peut faire gagner toutes ces économies que ne font pas les autres:

  • Lufthansa: +4.03%
  • Air France: +2.15%
  • British Airways: +7.09%

En gros, sur un billet à 1.000 Euros, RyanAir gagnera 240 Euros, tandis que Air France en gagnera 21…!

 

Encore une fois, ces compagnies à bas prix font exactement comme vous lorsque vous voulez économiser de l’argent ou éviter de brûler votre budget pendant que vous êtes en vacances. Ce sont des choix.

Elles tirent sur tout, pour le malheur de leur personnel.

Vous, vous tirerez sur tout, pour le malheur de votre confort.

 

Aymeric LECOSSOIS
Qui suis-je ?

 

 

 

 

Un grand merci à Wendover Productions pour les toutes ses précieuses informations !

4 commentaires

  1. Bien d’accord. Ex pilote professionnel moi-même je suis scandalisé par la facon dont les compagnies low-cost ont profité de la crise pour contraire le personnel navigant à s’endetter pour travailler au rabais ensuite….Heureusement, avec la demande qui augmente ces compagnies devront lâcher du lest comme Ryanair (la pire) qui connait ses premières grêves de navigants…On ne peut pas tirer sur la corde indéfiniment….

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