Peur en avion ? Ceci est pour vous !

Prendre l’avion, ce n’est pas seulement rejoindre la destination de ses rêves. C’est aussi vivre cette expérience unique : s’envoler comme un oiseau, assis bien confortablement dans son siège.

En somme, ce n’est que du bonheur !

Cependant, les statistiques montrent qu’environ 10% des personnes ont peur en avion et 30% sont anxieuses ou terrorisées pendant un voyage en avion. La peur d’un crash, des turbulences, d’un orage, d’une panne moteur sont les mots qui reviennent le plus souvent lorsque l’on interroge ces personnes.

Pourtant, l’avion est le moyen de transport le plus sûr jamais construit !

Selon beaucoup de spécialistes, le problème vient surtout du fait que l’on est pas maître de l’avion et que l’on a trop de méconnaissances sur les avions.

Savoir, c’est se rassurer soi-même.

J’ai écris cet article spécialement pour ces personnes qui ont peur de l’avion.

Un Airbus A380 en vol

Je suis passionné de ces oiseaux volants depuis tout petit.

Quand j’étais ado, je voulais devenir motoriste à l’Armée de l’Air (mécanicien moteur), me menant à faire un petit stage à la base militaire aérienne de ma ville. J’ai eu également l’opportunité dans ma carrière professionnelle de fabriquer des pièces de réacteur pour l’Airbus A380 ou encore pour des jets privés ou des hélicoptères de secours.

J’ai aussi eu l’occasion de me rendre à des salons aéronautiques, à des meetings aériens et de visiter de nombreux musées aéronautiques, permettant parfois de voir de ses propres yeux et d’apprendre de nombreux détails techniques.

Dessin montrant ce qui compose un avion dans la généralité.

La voiture, on la connaît, on la maîtrise, on est au sol, on voit et on ressent tout ce qui se passe autour de nous.

Je connais ma voiture, je suis maître de la situation.

L’avion, ce n’est pas nous qui le pilotons, on est au-dessus du sol et l’air, ça ne se voit pas ! Je ne connais pas l’avion, je ne suis pas maître de la situation ! Il suffit de renverser la vapeur. Apprenons plein de choses sur l’avion pour en être maître.

 

Comment ça vole ?

C’est forcément l’une des premières questions qui vient à l’esprit !

Regardons cette photo d’un Airbus A380 :

Airbus A380 de la compagnie Lufthansa.

L’A380, c’est 73 mètres de long, 80 mètres d’envergure, 24 mètres de haut, des ailes d’une surface de 850 mètres carrés, 525 places, 500 tonnes au décollage.

Il peut sérieusement s’envoler ?

La première fois que je l’ai vu de mes yeux lors du Salon du Bourget en 2012, je suis resté scotché plusieurs minutes lorsque je l’ai vu effectivement s’envoler et faire des manoeuvres à la limite de l’accrobatie ! Si, si !

Bien sûr, il n’y avait aucun passager. Mais cela montrait déjà la solidité de l’appareil.

Si un avion vole, c’est grâce à deux choses indissociables :

  • Les ailes (et leur flexibilité)
  • La vitesse

Il y a une manière très simple d’expliquer cela sans entrer dans des explications scientifiques de surpression, de dépression d’air, de portance et tout ça (voir schéma simplifié en-dessous).

Prenez simplement une feuille de papier, pincez la de chaque coté entre vos pouces et vos indexs, approchez la feuille de votre menton et soufflez sur le dessus du papier.

Vous verrez que le bout de la feuille qui tombait vers le sol s’est mise à remonter en l’air. Votre feuille de papier était l’aile et l’action de souffler a créer la vitesse.

Il se passe exactement la même chose sur un avion.

Schéma expliquant rapidement l’effet de portance sur l’aile d’un avion

 

Analysons les différentes phases que l’on rencontre lors d’un vol en avion.

 

Le décollage

L’avion est face à la piste, puis le pilote met les gazs à fond pour accélérer le plus fort possible, jusqu’à atteindre la vitesse de décollage et de montez le nez de l’avion pour s’envoler.

Les ailes sont souples, légèrement « tombantes » au bout, la vitesse est nulle. Les becs (à l’avant de l’aile) et les volets (à l’arrière de l’aile) sont sortis au maximum afin de maximiser la surface de l’aile pour pouvoir décoller encore plus rapidement.

On accélère l’avion pour faire « souffler » l’air sur les ailes, jusqu’à une vitesse où l’on sait que l’avion aura assez de vitesse pour s’envoler (calculée à l’avance par les ingénieurs, un petit peu plus de 300 km/h pour l’A380). Le pilote fait alors monter l’avion dans les air.

  • Saviez-vous que si l’on inversait la forme des éléments aérodynamiques d’une Formule 1, elle pourrait voler comme un avion ? En effet, si une Formule 1 reste plaquée au sol, c’est en grande partie grâce à ses ailerons !

Un Airbus A380 qui vient tout juste de décoller.

 

Monter en altitude

Afin de consommer moins de carburant et d’aller plus vite, l’avion doit voler dans un air moins dense. Cet air moins dense, on le trouve en haute altitude.

Et pour réaliser ces économies le plus efficacement possible, on doit monter vite en altitude. Seulement, pour monter vite en altitude, il faut accélérer et supprimer tous les éléments « freinants » de l’avion, à commencer par les trains d’atterrissage.

Roulez sur l’autoroute et sortez votre bras par la fenêtre. Vous comprendrez de quoi je parle par « élément freinant ».

Les trains d’atterrissage d’un A380

 

Comment ça se passe ?

Le pilote appuie sur une commande qui active une pompe hydraulique située à proximité des trains d’atterrissages, qui active à son tour les commandes hydrauliques des trains d’atterrissages pour les faire rentrer. Les volets s’ouvrent, les trains rentrent, puis les volets se referment.

  • Si vous vous situez près des pompes hydrauliques et des trains d’atterrissage, vous entendrez alors tous ces bruits mécaniques, et des claquements sous le sol. Ce sont simplement les trains d’atterrissages qui rentrent dans leur compartiment !

Pendant cette phase, l’avion prend aussi la direction optimale pour sa destination. Il peut alors aussi faire des virages.

Maintenant que l’avion n’a plus besoin de décoller, le pilote va aussi remettre en place les becs et les volets. Le système est le même : le pilote active la commande pour rentrer ces éléments qui active des pompes hydrauliques afin de réaliser l’opération.

  • Si vous vous situez près des ailes, vous entendrez alors tout ce bruit mécanique qui peut faire peur.

Schéma montrant les principaux d’une aile d’avion

Vos problèmes principaux seront alors le bruit de tous ces éléments mécaniques et hydrauliques.

Il est très simple d’éviter ces problèmes en choisissant un siège loin des ailes et des trains d’atterrissages.

Pour être sûr, placez-vous tout au bout de l’avion.

 

Baisser la puissance des moteurs

La pleine puissance des moteurs ne sert que pour faire accélérer l’avion, de la même manière que lorsque vous êtes sur une bretelle d’entrée d’autoroute : vous accélérez pour vous insérer. Ensuite, rien ne sert de rouler à fond tout le long du trajet. De plus, les économies de carburant sont de plus en plus d’actualité, avec des normes drastiques, que ce soit en avion aussi bien qu’en voiture.

Le pilote va donc réduire la puissance des moteurs afin de stabiliser la vitesse aux environs de 900 km/h, ou tout du moins, à une vitesse de croisière propre à l’appareil, durant tout le trajet que doit accomplir l’avion.

Non, les moteurs ne sont pas en panne, on ne perd pas d’altitude. L’avion ne fait que ralentir sa poussée, de la même manière que vous relâcher un peu votre pédale d’accélérateur en voiture.

La manette des gaz, permettant au pilote de gérer la puissance des moteurs. C’est un peu la pédale d’accélérateur de l’avion !

 

Pendant le vol

Les turbulences

Vous regardez tranquillement votre film sur l’écran lorsque le commandant de bord vous annonce l’approche de turbulences. Vous paniquez !

Mais c’est quoi les turbulences, au juste ?

C’est ce qu’on appel un « trou d’air » en français, ou « air pocket », pour poche d’air, en anglais.

Je vous suggère d’oublier le terme « trou d’air », qui fait penser que effectivement, on tombe en piquée…

C’est donc la rencontre de perturbation atmosphérique, comme du vent ou des changements soudains de condition atmosphérique, comme la température de l’air.

Dessin expliquant l’effet de turbulences en vol

Comme dans un bateau sur les vagues, comme dans une voiture sur une rue pavée, l’avion se met alors a bouger et a vibrer. La seule différence, c’est que l’on ne voit pas comment ça bouge !

C’est ce qui créé la peur, car on n’a aucun repère sur lequel se baser. On ne peut pas voir ce qui se passe. En plus, on vous demande de mettre la ceinture, alors ça ajoute une pression supplémentaire. C’est juste pour que vous restiez bien assis, au cas ou une grosse turbulence vous blesse en vous malmenant dans votre siège.

Parce que oui, vous pouvez vous taper la tête dans le plafond.

Comment expliquer ça simplement, avec une petite expérience ?

Reprenez votre feuille. Pliez la en 4. Faites une petite boule de papier et posez la sur le bord de la feuille pliée que vous maintenez d’une main. Le papier plié, c’est l’avion. La boule de papier, c’est vous.

Tapez avec le dessus de votre ongle sous la feuille de papier pliée (c’est la turbulence). Vous verrez que la boule de papier vole dans les airs, alors que la feuille n’a bougé que d’un petit centimètre.

  • Savez-vous de quelle distance bouge un avion lors de turbulences ?

De 1 à 20 centimètres pour les très, très fortes turbulences. Vous avez peur parce que vous bougez de quelques centimètres. En réalité, c’est comme si vous rouliez en voiture sur une route pavée, rien de plus !

Si vous regardez les registres d’accident d’avion, vous découvrirez que depuis le début de l’aviation civile, aucun avion n’est tombé à cause de turbulences !

  • Saviez-vous qu’en plus de faire voler un avion, les ailes agissaient aussi comme des amortisseurs ?

Comme dit plus haut, les ailes sont construites de manière à être flexibles. Et même très flexible. Tout au bout de l’aile, le débattement est de 5 à 10 mètres, suivant l’appareil ! Lorsque l’avion bouge dans les turbulences, les ailes agissent comme des ressorts.

 

Les cyclones, les orages, les ouragans…

Des outils situées dans le poste de pilotage de l’avion permettent de prévenir et de visualiser en temps réel les conditions atmosphériques de vol.

Les avions sont équipées de tout un tas de radars qui repèrent les perturbations atmosphériques. C’est dailleurs pour cette raison que l’on prévient des turbulences avant qu’elles n’arrivent avec ce fameux bip sonore.

Si jamais un gros orage ou autre perturbation climatique arrive, le pilote a le temps de communiquer avec le sol afin d’établir une nouvelle route pour éviter ces perturbations.

 

 

 

 

Et les  pannes, et les crash ?

Tant que l’avion a de la vitesse et ses ailes, aucun crash n’est possible !

  • Saviez-vous que si l’on coupe tous les moteurs d’un avion, il peut planer pendant environ 45 minutes ? De plus, il reste manoeuvrable. L’avion se transforme juste en un planeur.

Il y a largement le temps d’exécuter une manoeuvre d’atterrissage ou d’amérissage d’urgence ! Les pilotes sont formés spécifiquement pour parer à toutes les éventualités.

Les normes de sécurité sont drastiques ! Et je peux en témoigner…

  • Saviez-vous que tous les instruments de commande de l’appareil sont doublés, voire même triplés ? Si un tombe en panne, l’autre prend le relais.

À chaque atterrissage, l’avion est contrôlé au sol. Au bout d’un certain nombre d’heures de vol, il suit un programme de réfection. C’est comme votre voiture, lorsque vous l’emmener faire une révision a garage, ou que vous contrôlez le fonctionnement des phares et le niveau des fluides avant de prendre la route.

L’élément le plus important dans un avion, ce n’est même pas le moteur. Le plus important, c’est les ailes de l’avion.

Pourquoi ? Parce que, contrairement à un moteur, si l’une d’elle casse, l’autre ne pourra pas prendre le relais. L’avion tombera au sol comme une pierre.

C’est pour cette raison que l’aile est l’élément le plus sécuritaire dans un avion. Il n’est dailleurs jamais arrivé qu’une aile casse !

 

Descendre l’avion et atterrir

Une fois le trajet effectué, on répète ces procédures mais à l’inverse.

On descend l’avion en le freinant grâce aux becs et aux volets de l’appareil que l’on fait alors progressivement ressortir. Il est possible qu’il y ai des virages a réaliser aussi pour se mettre face à la piste.

Lorsque l’on est suffisamment près de la piste d’atterrisage, on sort les trains. Le pilote stabilise la vitesse de l’avion, puis ralenti les moteurs pour atterrir (environ 270 km/h pour l’A380).

Le pilote active alors les freins magnétiques hyper puissants, et sort les volets aérofreins, situés sur le dessus des ailes.

Il y a aussi un système de rétro-poussée, qui « inverse » le sens de poussée des réacteurs, faisant office de frein supplémentaire. Vous entendrez alors les moteurs se remettre à pleine puissance pendant quelques secondes.

Les éléments freinant sur une aile d’avion.

 

De quoi avoir réellement peur ? …

… De rien !

Personnellement, je ne suis jamais tombé sur des voisins qui avaient peur de l’avion. Mais il est vrai que quand des amis me racontent leurs expériences avec les voisins agrippés à leur siège, on a le rire en coin car vos peurs ne sont pas fondées !

On l’a vu, les peurs en avion ne sont pas réellement fondées. La plupart du temps, on a peur de ce qu’on ne sait pas, de ce qu’on ne voit pas, ou de ce qu’on ne connais pas. Et c’est pour cette raison que la plupart du temps, ces peurs disparaissent quand on explique les choses.

Bien sûr, le mieux est de voir de ses propres yeux le fonctionnement d’un avion et de discuter avec des professionnels.

Et pour se faire, je vous invite à vous rendre à des meetings aériens ou des salons aéronautiques, de vous intéresser un peu aux avions, de vous rendre a des musées aéronautiques.

Vous pourrez voir de vous même le fonctionnement des avions, et discuter avec des professionnels de l’aviation qui répondront à toutes vos questions.

Il est vrai que tout ce qui est un peu technique est plus simple a expliquer et a comprendre avec les pièces dans les mains.

En tout cas, j’espère avoir expliqué le plus clairement possible !

Si il y a des choses a expliquer plus précisément, faites-le moi savoir en écrivant un commentaire !

Le Salon du Bourget, à Paris, est un excellent moyen pour s’intéresser et apprendre sur l’aéronautique !

La technique ultime !

La technique la plus efficace, c’est celle de regarder les hôtesses et stewards. Si ils restent calmes, c’est que tout va bien ! Si vous commencez à les voir courir (pour de vrai) et stresser, posez-vous des questions.

 

Pour finir

Pour finir, voici un livre qui va très loin dans la peur en avion et comment y remédier efficacement : « Je n’ai plus peur de l’avion« , aux éditions Dunod écrit par Velina Negovanska (psychologue) et Xavier Titelman (spécialiste de la sécurité aérienne).

http://livre.fnac.com/a9576133/Velina-Negovanska-Je-n-ai-plus-peur-de-l-avion

 

En espérant que ça vous a aider !!

Des questions, des remarques, écrivez-moi un commentaire ! Ou contactez-moi par mail à ce lien : Contact

 

Maintenant, je suis curieux ! Ce serait sympa si vous pouviez répondre aux 2-3 questions de ce petit sondage ci-dessous !

Cela servira uniquement à des fins personnels, qui me permettront plus tard de ressortir ces statistiques pour avoir une idée de quelle manière vous voyagez et d’encore mieux vous aider !

Merci d’avance ! 🙂

Note : Nous respectons votre vie privée. Vos informations ne seront en aucun cas partagées avec un tiers

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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Note sur l’affiliation :

Cet article n’est aucunement sponsorisé ! Ce n’est pas un placement de produit pour Airbus, pour le livre de madame Negovaanska et monsieur Titelman, ou n’importe quoi d’autre que vous pourriez penser. Je ne touche absolument rien pour publier cet article ! Je donne ici juste mon avis, mon partage d’expérience. Je ne fais que partager une de mes passions et mon travail de recherche sur le sujet de la peur en avion. J’ai a cœur de vous proposer un contenu de qualité et je ne veux en aucun cas vous trahir pour gagner quelques Euros !
Merci de votre attention 🙂

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