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Australie #4 : Un paradis nommé Fraser Island

Là où la plage s’étend sur 120 kilomètres de long. Là où les lacs sont de l’eau de pluie et les rivières sont de l’eau potable. Là où la forêt pousse depuis 2 millions d’années, dans le calme le plus total, sans jamais avoir été touchée par l’homme. Là où la nature est maître et où l’on s’incline devant elle !

Je ne reviens encore pas de ce que j’ai vu ! C’est un véritable paradis, où les baleines passent tranquillement le long de la plage. Et oui, le paradis existe ! Le paradis, c’est Fraser Island.

Accessible par bateau depuis la ville de Hervey Bay, le fait de simplement s’approcher de l’île donne déjà une impression de rentrer en pleine immersion dans un film comme « Jurassic Park« .

C’est l’île sablonneuse la plus grande du monde et elle possède aussi le plus grand lac sur île sablonneuse du monde. C’est la seule île sablonneuse du monde où une forêt pousse sur le sable ! Aller, en option, c’est aussi un des 2 seuls endroits au monde où l’on peut décoller un avion depuis la plage… activité que j’ai faite 🙂

75 Mile Beach, vue du ciell

L’île fait 120 kilomètres de long et jusqu’à 24 kilomètres de large. Les « routes » sont quelques chemins de sable « aménagés ». Le 4×4 est obligatoire, sinon vous passerez vos journées à pelleter le sable sous vos roues… Ces chemins et deux hôtels, se fondant à merveille dans la forêt, sont les seules traces humaines sur toute l’île. Tout le reste a été laissé comme tel !

Avec 2 des meilleurs guides que j’ai jamais eu, Waren et Dave, nous allons parcourir l’île pendant 2 jours et 1 nuit, avec ses spots les plus impressionnants. Je n’ai pas vu un seul déchet quelque part et nous apprenons des leçons d’écologie par les guides ! Un exemple à suivre.

Waren et Dave posant fièrement devant le bus. De supers guides qui adorent leur travail et partager leurs connaissances !

Fraser Island, c’est une formation géologique datant d’il y a plus de 2 millions d’années ! Cachées par la forêt, ses dunes font jusqu’à 200 mètres de haut ! Les lacs sont de l’eau de pluie et les rivières sont de l’eau potable. On entend uniquement les oiseaux tropicaux chanter, le vent et les vagues. Pas de WiFi, pas de téléphone, pas de magasins, pas de béton… Je m’attendais à plein de monde partout mais on ne rencontre pas tant de gens que ça ! Une merveille ! Un paradis.

Wanggoolba Creek. En plein milieu de l’île, la nature est maître ! Poser le pied à coté du chemin, c’est marcher sur des millions d’années d’évolution.

Pour citer mon guide Lonely Planet: « Les locaux l’appellent « K’Gari » ou « Paradis », et ce n’est pas sans raison. Sculptée par le vent et les marées, les incroyables lacs d’eau douce, les criques cristallines, les dunes géantes et la forêt tropicale luxuriante forment une énigmatique île paradisiaque, comme nulle part ailleurs dans le monde« .

Voilà qui résume parfaitement cet endroit ! Et c’est aussi ce que vous allez voir dans les photos et la vidéo, plus bas… Eau plus que transparente, forêt dense où rien n’a été touché, formations géologiques millénaires, levé de soleil seul sur la plage, survol de l’île en petit avion, marche sur les dunes, criques et plages où les baleines adorent se promener pour le plus grand plaisir de nos yeux….

Et la liste continue !

5h30 du matin… C’est seul sur la 75 Mile Beach que je vais admirer le levé de soleil absolument magique. Parfait pour démarrer la journée !

Lake McKenzie

Ce lac est en réalité rempli d’eau de pluie, d’où la variation de couleurs impressionnante selon la profondeur. Une pureté et une clarté incroyable ! Quand je suis arrivé sur cette plage de sable blanc, je n’y ai pas cru ! Il a été difficile de n’y rester qu’une petite heure…

J’ai rencontré un autre voyageur qui revenait des îles Fidji. Voici son avis : « C’est simple, c’est plus beau que les Fidji !! ». Eh oui, carrément !

Le lac McKenzie

Wanggoolba Creek

Au beau milieu de la forêt humide, une rivière d’eau pure aussi pure que de l’eau en bouteille, mais sans aucun traitement chimique comme on le fait ! J’en ai bu et elle est effectivement très bonne !

Une randonnée longe la rivière. Le calme est incroyable et les lianes qui descendent des arbres donnent envie de jouer à tarzan. En dehors du petit sentier, rien n’a été toucher depuis des millions d’années… Un endroit fascinant.

Wanggoolba Creek. Une rivière tellement pure qu’il est difficile d’en voir l’eau !!

75 Mile Beach

75 Miles, c’est 121 kilomètres. C’est aussi la longueur de la plage ! Impressionnant ! C’est aussi un endroit malheureusement transformé en « autoroute ». Avec plus de 360.000 visiteurs par an, il y a ici parfois des embouteillages de 4×4 ! Lors de mon passage, c’était la fin de la haute saison, donc nous étions quelque fois le seul groupe de personnes sur les lieux. En été, il doit en être malheureusement tout autre chose…

4×4 passant sur la 75 Mile Beach.

Lake Wabby

Entouré d’une forêt d’Eucalyptus et de dunes de sables qui se déplacent à une vitesse de 3 mètres par an ! C’est un des lacs les plus facile d’accès, après une marche de 30 minutes depuis la plage. Puis, il faut marcher sur les dunes pour atteindre l’eau. Après être sortit de la forêt tropicale, on a ici plus l’impression d’être dans le désert !

Une randonnées de 15 minutes monte en arrière du lac et permet une vue panoramique superbe !

15 minutes de randonnée depuis le pied du lac vous amèneront à ce point de vue absolument superbe ! La forêt tropicale, le lac, les dunes de sable et la mer !

Eurong Resort

C’est dans un des deux hôtels présents sur l’île que nous avons dormi. À cette époque, cela faisait presque 3 mois que je ne logeais que dans des Auberges. J’ai eu l’impression d’être dans un hôtel 5 étoiles, même si c’est encore loin du grand standing !

De même pour la nourriture servie à la cantine qui était super bonne ! En mode « Backpacker », je ne me nourrissait pas vraiment bien, pour économiser un peu plus de sous (la bonne nourriture en Australie est très chère). Là, je me suis bien rattrapé !

Le Eurong Resort, un des 2 hôtels de l’île.

Survol en avion

75 Mile Beach, lac Boomanjin, lac Jennings, lac Benaroon, lac McKenzie, Valley of the Giants… Vue du ciel, l’île est toute aussi magnifique !

Le lac Mckenzie, vu depuis l’avion.

 

Le paradis vu du ciel… Jusqu’à l’horizon !

Red Valley

Formation géologique de sable oxydé par l’air marin, le rendant orange.

Red Valley, une formation géologique assez intéressante.

Maheno Wreck

C’est un épave de bateau qui a servit pour la propagande de guerre australienne. Au départ, ce bateau de passager s’est échoué ici suite à un cyclone, en 1935. Lors de la seconde guerre mondiale, le gouvernement australien a ensuite fait bombarder l’épave à des fins de propagande de guerre.

L’épave du Maheno. Toute rouillée, elle se fait malmener par les marées…

Champagne Pools

Une magnifique piscine sans fin naturelle, dans laquelle viennent s’écraser les superbes vagues venues de la mer !

Champagne Pools.

 

Les vagues s’abattent avec force sur les Champagne Pools

Indian Head

Une falaise de 100 mètres de haut, depuis laquelle on peut observer les plages environnantes. Lors de la saison des migrations, on peut y observer de nombreuses baleines mais aussi des requins ou des raies Manta.

Pendant la saison des baleines, il est très facile d’en voir passer le long de l’île. En l’espace de 30 minutes, nous en avons observé 12 !

Waddy Point

C’est tout simplement le paradis des campeurs !

Waddy Point. Au Nord de l’île, l’endroit rêvé pour camper sur la plage et se réveiller au paradis ! Cependant, attention aux marées… C’est aussi un endroit difficilement accessible (grande montée de sable très « mou »…)

 

Eli Creek

Une rivière rapide à l’eau cristalline qui débouche sur la mer. Vous pouvez la descendre sur une bouée prêtée par la compagnie avec laquelle vous visitez l’île. Le fond est faible, vous permettant même de la descendre les pieds dans l’eau. Elle poursuit son court jusque sur le sable de la plage qu’elle traverse pour se jeter dans la mer !

Eli Creek.

La vidéo !

Alors, c’est pas le paradis ??

 

Si vous souhaitez la visiter, je vous recommande de louer votre propre 4×4 et d’y rester environ 1 semaine en y faisant du camping ou en logeant dans un des 2 hôtels. Cependant, cela demande un budget bien plus important. Il y a une multitude de loueurs à Hervey Bay, vous trouverez sans problème.

Si votre budget est limité et/ou que vous êtes restreints dans votre emploi du temps, prenez la formule de 2 jours/1 nuit comme je l’ai fait. La formule 3 jours/2 nuits propose quasiment les mêmes activités. Vous prolongerez simplement le bonheur de visiter cette île unique d’environ une journée.

Pour les formules, tout est compris dans le prix ! Vous n’aurez rien a dépenser, si ce n’est le petit souvenir que vous pouvez acheter sur place avant de rembarquez sur la barge ou à un des hôtels.

 

Je serais curieux de savoir si vous avez déjà mis les pieds sur cette île !

Sinon, vous aimeriez y aller ?

Dites moi tout dans les commentaires 🙂

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je ?

Australie #5 : La magie du Red Center australien

Voilà une étape que je n’avais pas vraiment prévue à mon planning en Australie !

Alors que j’étais encore à Cairns, au Nord de la Cote Est, je vois de la publicité pour un tour guidé de 3 jours dans le Red Center traîner dans la cuisine de l’auberge où je dors. Visite des sites Aborigènes sacrés, nuits en camping à la belle étoile et trekking, le tout dans un groupe au nombre relativement limité, évitant le côté « bus de touriste qui débarque ».

En prime, le tarif est très abordable, parfait pour mon budget limité ! Pour 375$ au départ de Alice Springs, tout était inclus, il n’y avait qu’a prendre son sac à dos et embarquer dans le mini bus ! En plus de ça, ça à l’air d’être vraiment une grosse aventure avec des activités sympas. J’ai donc foncé sur l’occasion.

De l’aventure, il y’en aura !

Vous allez le voir, c’est une occasion à ne surtout pas rater !

Bon, je les ai quand même voulus ces 3 jours dans le désert ! Il a fallu que je rejoigne Cairns à Alice Springs, soit 2.400 kilomètres, par la voie terrestre !!

Pourquoi je n’ai pas pris pas l’avion ? C’est pourtant plus simple !

Laissez moi vous expliquer…

Il y’a tout d’abord le coût

Se rendre à Alice Springs en avion coûte très cher, et ce, depuis n’importe quelle autre ville australienne. Le vol Cairns-Alice Springs coûtait alors 350$, le prix minimum moyen trouvé sur les comparateurs de vol. La compagnie de bus Greyhound Australia faisait le même trajet pour 220$… Mon petit budget a aimer !
Si vous voulez vous rapprocher au maximum des endroits phares du Red Center et éviter 5 heures de route depuis Alice Springs, atterrissez à Yulara. Mais comptez 100$ de plus, soit 450 !

Mon bus, lors d’une pause près de Tennant Creek.

Puis, il y a les rencontres, les échanges

En 2 heures dans l’avion, serré comme une sardine dans un vol Low Cost qui coûte pourtant une blinde, ça donne pas franchement le sourire… En bus, le trajet dure 36 heures, arrêts compris !!

Infernal ??
Pas vraiment !!

Tout d’abord, les bus ne sont que rarement pleins pour ce genre de destination en Australie, surtout en basse saison. Nous étions alors 10 personnes pour 50 places ! Mode « première classe » activé, à dormir en travers sur les sièges libres. Cela permet aussi d’échanger très facilement dans la journée, lors des arrêts pour manger ou des pauses dans les fameuses Road House australiennes, perdu au milieu de nul part. Ça faisait un peu la petite famille qui part en vacances !

Tout cela transforme ce qui paraît un calvaire, en un voyage atypique et agréable !

Source : Wikipedia

 

Pour finir, il y a le paysage !

En avion, vous ne verrez que le ciel et les nuages… Et c’est trop rapide pour apprécier le vrai décor et la vraie ambiance du désert ! Dans le désert, les routes sont rares… Et on est souvent seul sur cette même route ! Le décor se répète : c’est plat jusqu’à l’horizon et ce ne sont que de petits arbres dénudés et tous ces petits buissons qui font le charme du « bush australien ». De temps en temps, de hautes termitières bordent la longue bande de bitume toute droite.

En avion, vous ne pouvez pas non plus vous arrêter dans les Road House, ces grandes aires d’autoroute aux forts accents de Far West ! Vous ne pourrez pas voir les levés et couchés de soleil fantastiques que l’on observe dans le désert, ni respirer cet air si frai et propre, ni fouler le sable rouge. Vous ne pourrez pas voir les Road Trains, ces énormes camions tirants au moins 3 remorques derrière eux ! Très impressionnant !

 

Je pense qu’avec tout ça, vous avez compris où je veux en venir !

Prendre l’avion pour ce genre de trajet, c’est passer à coté d’une expérience atypique et presque unique.

 

Pour en savoir plus les moyens de transport en Australie : Se déplacer en Australie !

 

Alice Springs

Me voilà donc arrivé à Alice Springs, la seule « grande ville » du coin. Quand je dis « grande ville », comptez 30.000 habitants et quand je dis « du coin », comprenez qu’il n’y en a pas d’autre de même taille à plus de 1.000 kilomètres à la ronde ! Enfin, je veux dire vers le Sud. Le reste, n’en parlons pas !

Alice Springs est un peu la capitale du désert en Australie ! Voici les distances qu’il faut parcourir (par la route) si l’on veut rejoindre une autre ville de plus de 30.000 habitants !!

 

Même si c’était agréable, c’est tout de même fatigué du voyage que j’arrive. Comme n’importe quel long voyage, vous me direz ! Mon trip de 3 jours démarre demain matin à 5h30 ! Ça va faire mal. Mais je suis extrêmement impatient.

Je débarque au YHA, mon auberge de la nuit, déjà tard le soir. Pas le temps de visiter ou d’apprécier quoi que ce soit des commodités. Je mange et je me couche ! Du coup, je ne peux donner mon avis sur cette auberge, mis à part un accueil super agréable et des locaux très bien entretenus. Proche du centre ville et de la rue piétonne.

 

Jour 1 : Uluru

Mon réveil à 4h30 a réveillé toute la chambre. Les joies des dortoirs ! Bon, je suis sympa, je les avait prévenu la veille. C’est Toby qui passera me prendre avec le mini bus rempli de zombies tellement on est tous encore dans nos lits ! Si on savait ce qui allait nous attendre… !

Nous prenons la route pour Uluru, le fameux rocher rouge du désert. Après les 36 heures des 2 derniers jours, me revoilà parti pour 5 heures de route en plus !

J’ai eu la chance de me retrouver assis à côté de notre guide et chauffeur. Aussi crevé que tout le monde dans le bus par le réveil matinal, je dois le tenir éveillé en lui parlant ! Une sacrée mission ! En fait, on se tenait plutôt éveillés mutuellement, les fenêtres ouvertes histoire d’avoir le vent frai du matin au visage pour aider encore un peu plus.

Toby est un aventurier dans l’âme. C’est un dingue de camping sauvage et de nature. Il en connaît un sacré rayon ! Son grand chapeau en cuir, sa grosse barbe et ses grosses chaussures de rando toutes usées peuvent en témoigner. Il me fait penser au gars de l’émission Man Versus Wild. Rien que le peu d’histoires qu’il m’a partagé, on pourrait déjà en faire un livre ! Il vient de San Francisco et à 28 ans, il est ici en PVT, tout comme moi. Il a eu la chance de trouver ce métier de guide pour financer son voyage dans le pays, qu’il entamera dans 2 mois.

Sur la route, nous faisons un arrêt pour observer au loin le Mount Conner mais aussi rejoindre à pied un lac salé asséché vieux de 350 millions d’années !

Lac salé

 

Mount Conner

Il fait frai dehors ! Nous sommes bien dans le désert et son climat si particulier… En cette période de l’année (début Septembre), il faut attendre 11 heures du matin pour avoir un peu chaud. Passé midi, vous brûlerez litéralement au soleil et transpirerez à grosses gouttes. Chapeau large, crème solaire aussi souvent que vous le pouvez ! Puis, après 17 heures, vous pourrez remettre votre pull ! Avant de passer au manteau la nuit… Lors de ces 3 jours nous avons eu de 7 degrés le matin à 36 l’après-midi.

C’est lors de notre deuxième arrêt que j’ai compris dans quel type d’aventure notre ami Toby nous emmenait… Un arrêt pour ramasser du bois mort afin de faire le feu au campement ce soir ! Ça va être géant. Nous nous affairons a sélectionner les grosses branches puis nous nous les passons afin de les installer au dessus de la remorque, contenant les affaires pour le camping sauvage. Un vrai travail d’équipe, réalisé comme des pros !

Note : La zone dans laquelle nous avons ramassé le bois est dédiée spécifiquement à cet effet. Elle est désignée par les autorités. Il est interdit de ramasser du bois ou quoique ce soit d’autre ailleurs que dans ces zones ! Protégeons la nature, respectons ce qu’elle nous donne !

 

Après 5h30 de route, nous arrivons à Yulara, petite ville servant presque uniquement à recevoir les visiteurs du rocher rouge et ses cousines, les monts Olgas. En réalité, le camping sauvage est interdit dans la zone. Nous nous installons dans une sorte de camping rudimentaire ou nous aurons un grand espace pour installer tout le monde.

Heureusement, l’esprit qui y règne est bien différent d’un camping normal. En grosse partie grâce à son organisation : les emplacements sont suffisement espacés pour qu’on ne voie pas trop ses voisins. Si on ne fait pas attention, c’est comme si on était seuls ! Cela enlève tout de même un petit point au coté sauvage de l’aventure.

Peu importe, le décor est lui a couper le souffle ! Pourtant, c’est le désert, le bush australien, il n’y a pas grand chose à voir… Mais c’est superbe de simplicité. Je m’émerveillais devant ce paysage où il n’y a rien à voir, de la même manière qu’un artiste peintre sera ému par la beauté d’une toile pourtant blanche.

Nous allons maintenant avoir un aperçut de notre après-midi, en allant au point de vue sur le rocher de Uluru. Quelle beauté ! Ce caillou que l’on voit partout en photo, le symbole de l’Australie, ça y’est je l’ai devant mes yeux. C’est encore plus beau en vrai !

Le rocher Uluru

Nous reprenons la route pour se rendre à la base du rocher et en faire la randonnée qui fait le tour complet. Nous avons quartier libre pour faire les 10 kilomètres de marche (Base Walk), sous un soleil de plomb et une chaleur étouffante… Prévoir les bouteilles d’eau dans son sac. J’avais 2 litres, c’était un peu juste. C’est accompagné d’une galloise super sympa que je ferai le tour.

Le rocher est protégé par les Aborigènes. En réalité, aucun étranger à la tribu n’a le droit d’accéder ici. C’est juste un accord signé entre la tribu et le gouvernement australien qui nous permet de venir ici. Cela permet pour une partie de partager la culture Aborigène et de faire vivre le tourisme dans le pays pour l’autre partie.

Les termes sont clairs : interdiction formelle de tout, sauf marcher sur le sentier. Interdit aux photos, vidéos (sauf rares endroits indiqués), interdit de toucher quoi que ce soit. Et, oh mon dieu, ne surtout pas toucher le rocher !! Selon les croyances Aborigènes, c’est un des péchés les pires qu’un touriste pourra commettre. C’est un lieu pire que l’Enfer qui vous attendra si vous vous amusez à ça !

Note : Suivez ces interdictions à la lettre ! Respectez les Aborigènes ! Respectez leurs croyances, leurs traditions, leur histoire ! N’oubliez pas qu’ils sont sur ces terres depuis plus de 40.000 ans et que vous êtes chez eux !

Ni trop près, ni trop loin !

 

Le rocher vu de près : une texture intéressante !

 

Des formes souples et complexes à la fois. Un régal à regarder !

 

Nous passons au Centre des Aborigènes, permettant d’en savoir plus sur leur culture, leur histoire et leurs croyances. Un musée très intéressant ! Peut être un peu trop court même, il y’en a tellement a raconter. Il y a aussi la galerie d’art Aborigène où vous êtes acceuilli par les artistes Aborigènes de la tribu. Les toiles sont vraiment superbes, très colorées et aux très nombreux détails. Chaque dessin a une signification très particulière. L’art Aborigène rupestre est aussi très passionnant.

Aussi, profitez d’avoir des Aborigènes aussi près de vous pour essayer d’engager une conversation avec eux. Autrement dit, ne faites pas comme moi en disant juste bonjour ! Ahlàlà je m’en veux de ne pas avoir discuter plus avec ces personnes…

C’est donc réellement passionné par les Aborigènes que je quitterais le rocher de Uluru et son musée.

Exemple d’art Aborigène

Nous reprenons la route pour rejoindre un autre point de vue sur le rocher rouge pour y observer le coucher de soleil. Avec la lumière tombante, le froid revient vite. Le coucher de soleil sera absolument magique, illuminant le rocher qui passera de ocre à orange puis rouge, avant de devenir brun et de sombrer dans la nuit. Totalement sensationnel. Certaines couches du ciel totalement dégagé prennaient des couleurs violettes, rose, mauve, ou encore pourpre. J’avais jamais vu ça de ma vie !

Coucher de soleil sur Uluru… Magique !!

Je suis complètement sonné par cette journée décidément très riche, impressioné par toute l’histoire qui entoure le lieu et fasciné par la culture Aborigène.

Il est temps de retourner en mode aventurier et d’installer le camp pour la nuit. Toby est vraiment super, prévoyant, organisé, très passionné et heureux de partager ce qu’il sait. Il tombe à égalité avec les 2 guides que j’ai eu à Fraser Island !

Dans la nuit froide, éclairés par nos lampes frontales, nous avons fait un superbe feu et avons fait cuire notre repas du soir dessus à l’aide de grilles et de rochers placés judicieusement. Nous allons passer une soirée à la bonne franquette, pleine de rigolade, de bonne humeur, et où les histoires de voyage seront le sujet principal. Plus tard, Toby sortira son Ukulélé et nous jouera quelques chansons (super bien executées !) au bord du feu.

Quelle superbe soirée, remplie de simplicité…

Nous dormirons en cercle autour du feu maintenant transformé en braises, dans nos « Swag », un sac de couchage à la matière hermétique très épaisse dans lequel on installe notre propre sac de couchage en tissu. C’est un genre d’isolant au sol/froid/pluie. De plus, il y’a comme un petit matelas en mousse dedans, rendant le tout bien confortable pour dormir sur le sol.

Les discussions cessent peu à peu, la fatigue reprend le dessus, le silence aussi.

Il ne reste plus que nous et le désert… Le ciel est absolument magnifique, avec sa demi-lune et la Voie Lactée d’une netteté incroyable.

Il n’y a aucun mot pour décrire cette journée… Je m’endors en espérant que ce trip ne finira jamais !!!

La vue depuis mon couchage… Si, si !!

 

Jour 2 : Kata Tjuta

Debout à 5 heures du matin, réveillé par Toby qui s’affaire à mettre en place le matériel pour le petit déjeuner. Personne ne bronche par le réveil ultra matinal. Tout le monde est motivé à attaquer une nouvelle journée au paradis du désert, quoiqu’il en soit, coûte que coûte, et moi le premier. Je suis dailleurs le premier à avoir ranger mon matériel de camping dans la remorque. Notre guide est étonné de notre réaction. Il nous explique que d’habitude les gens font un peu la tête ! Mais nous sommes prêts à mourir pour en voir et faire le maximum !

Motivés comme jamais, nous repartons au point de vue de la veille au soir pour admirer le levé de soleil… Dans un froid dantesque ! Quand on à l’habitude de 30 degrés humide et que là il faisait 7 degrés très sec et surtout très venteux, on se les gèle !! Mais le spectacle qui se présente est à couper le souffle (!!). Nous avons vite oublier le froid.

Ce rocher, ce lieu, ce désert, ces couleurs… C’est extraordinaire et je comprends les Aborigènes qui font tout pour protéger cet endroit. Leurs croyances ont beau être du type mythologique et donc dénuées de sens, il n’y a rien à faire : en restant debout face au vent à observer ce rocher qui change de couleur heure par heure de manière extraterrestre, toutes ces histoires loufoques me paraissent pourtant si réelles !!

Levé de soleil sur Uluru… A laisser sans voix…

Nous reprenons à nouveau la route pour aller faire une bonne randonnée aux rochers de Kata Tjuta, à une heure de route. Cette formation géologique porte plusieurs noms : Kata Tjuta, Mont Olgas, Valley of the Winds… Bon, ce jour là, c’était plutôt Valley of the Winds (Vallée des Vents). Sérieusement, par moment, on s’envolait presque. La disposition des rochers forme un grand courant d’air.

On se les gèle toujours autant. Mais le décor, mes amis, le décor bordel ! Encore plus incroyable que Uluru. Du style planète Mars, bien vallonné voire montagneux, avec des champs de fleurs sauvages aux couleur pastel sortis de nul part. Le ciel est d’un bleu que j’ai jamais vu, tout est éclatant. On est les seules personnes présentent. On croirait une expédition au bout du Monde ! Le décor est sortit d’un film de Science Fiction. Je cherche mes mots, au beau milieu de ces rochers en forme de dômes, mesurant plus de 1.000 mètres pour certains.

De splendides vues sur les Monts Olgas.

Nous nous arrêtons en haut d’une très forte montée entre deux rochers, permettant d’avoir un point de vue imprenable sur une autre partie de Kata Tjuta. C’est fou. Je perds mes mots. Je ne sais plus où je suis. La plupart d’entre nous était assis sur les petits rochers au sol, à contempler le paysage dans un silence de mort. « Est-ce bien réel ? ».

Pause au milieu de la randonnée avec une vue fantastique !

Nous retournons au campement de la veille à Yulara pour reprendre les affaires que l’on avait laissées. Puis 3 heures de route nous attendent. Nous faisons à nouveau le stock de bois, et nous voilà à un autre « camping », encore mieux fait que celui de Yulara. Là, on a vraiment l’impression de faire du camping sauvage. Certes, on est toujours dans un camping. Mais c’est vraiment bluffant !

Nous sommes maintenant proche de Kings Canyon, où nous irons faire notre dernière randonnée demain matin. Il faudra encore se lever tôt. Car Toby veut nous faire profiter au maximum du lieu. Pour le moment, c’est son endroit préféré en Australie et il tient à ce qu’on y soit pour le levé du soleil. Il nous promet un spectacle fantastique. Avec tout ce qu’on a déjà prit dans la tête, je ne veux pas savoir ce que je vais voir…

Rebelotte, nous faisons le feu qui nous sert à la fois de plaque de cuisson et de chauffage, on se partage nos histoires, nos impressions sur la journée. Mais cette fois-ci, au lieu de prolonger la soirée, on décide de se coucher plus tôt pour être en forme demain, sous les conseils de Toby. La rando de demain sera plus sportive que les autres…

Le silence s’est fait plus tôt mais l’ambiance fût la même que la veille. Un silence incomparable. Nous, le désert, le ciel étoilé… Tout ce que l’on ressent, c’est une paix inébranlable.

Le feu de camp commence à faiblir…

 

Jour 3 : Kings Canyon

Cette fois, c’est à 4 heures qu’on se lève. Une fois de plus, je suis le premier à avoir ranger mes affaires dans la remorque. Mais la concurrence a été rude ! On est plus qu’un groupe de voyageurs qui ne se connaissent pas. On est carrément une équipe soudée et prête à tout faire sans chigner. C’est vraiment super !

Dans la nuit, nous allons au point de départ de la rando, à une heure de route. Il fait un peu plus chaud que la veille, à moins que ça soit le fait que le vent soit absent. Toby nous indique les chemins à suivre et nous donne à nouveau quartier libre !  Nous entamons la rando en groupe, mais nous allons nous éparpiller rapidement. On attaque des montées en escalier assez dures pour les non sportifs, ou les non-matinaux. Du coup, je fini par me retrouver seul devant, au milieu de cette roche aux formes vraiment sublimes : des strates de roche rouge orangée fissurées à intervalle assez réguliers. C’est une véritable œuvre d’art !

J’arrive donc seul au point de rendez-vous. Je suis tout seul dans un paysages magique, un soleil rouge sang qui se lève à ma gauche et à ma droite le sol qui se sépare en une immense vallée qui s’élargit à perte de vue. J’en ai presque versé une larme tellement c’était beau !! Toby avait raison. C’est indescriptible…

À ma gauche…

 

…Et à ma droite !

Le reste du groupe arrive par grappe, petit à petit. Tout le monde est bouche bée devant le décor… Tout le monde a le sourire aux lèvres. Personne ne croît à ce qu’il voit…

Seul dans l’immensité…

Toby nous explique qu’en fait on est en train de marcher sur du sable fossilisé ! Et pour exemple, il nous montre certaines partie du sol qui est incrusté de toutes petites dunes de sable fossilisé. Vous savez, en eau très peu profonde, en bord de mer, les vaguelettes font bouger le sol sablonneux qui forme des petites dunes. C’est ce qu’on voyait là. Seulement, avec les millions d’années, les mouvements de terrains, les tremblements de terre, le soleil, l’érosion… voilà ce que ça en a fait ! Ça explique aussi ce décor surprenant.

Certaines parties du sol sur lequel nous marchons contient encore les traces du sable travaillé par les vaguelettes… Il y a des millions d’années !

Nous continuons la randonnée en descendant dans une toute petite vallée en bas de laquelle un ruisseau coule. En le suivant, nous arrivons à un lac à l’eau noire au fond d’une grande crevasse, le Garden of Eden (le Jardin d’Eden) Ça porte bien son nom ! C’est superbe et ressourçant après le début sportif de la rando.

Eden Garden

On remonte ensuite au-dessus de la petit vallée afin de contourner le départ de la grande crevasse qui s’ouvre en une grande vallée. Nous finissons par redescendre de l’autre coté de la vallée puis rejoindre le bus pour une collation. Nous voilà prêt à repartir pour Alice Springs.

Prêts ? En réalité, tout le monde croyait qu’il y avait encore une jour ! Bon, oui, on essayait de pousser un peu Toby ! C’est de bonne guerre. Comment quitter des endroits pareils ?? Et puis le groupe était super ! Comment quitter des gens pareils ? Comment casser une si bonne chimie, un si bon esprit d’équipe ? C’est dur…

 

On se force à repartir pour Alice Spring. Cette fois-ci, on fait tous la gueule ! Ouais, pendant 5 heures on aurait pu faire la gueule… Mais Toby il aimait pas. Alors il nous a sortit une compilation de Disco 70/80 !!! Bref, au final, c’était ambiance de feu quand même ! Merci de nous avoir remonter le moral. Bon, ça a quand même été dur de se quitter pour tout le monde, même pour Toby qui nous a dit qu’en 4 mois on avait été le meilleur groupe.

 

 

Me revoilà à Alice Springs, complètement usé par ces 5 derniers jours où je n’ai pas beaucoup dormi.

Mais alors, les amis… !! J’aurais crevé pour faire ce que j’ai fait !!

 

 

Conclusion

Je vous le dit en toute sincérité…

Ce trip de 3 jours vaut à lui seul un voyage en Australie

Point final…

 

C’est simple. Ces 3 jours dans le désert et dans la culture Aborigène ont été plus fructueux et m’ont plus appris que 3 semaines à longer la cote Est entre Brisbane et Cairns. Et pourtant j’en ai fait des choses ici aussi !

Je rajouterais que malgré le climat désertique assez éprouvant et enchaîner les randos pour les gens pas trop sportifs, tout le monde peut le faire !

Je prendrais en exemple cette dame allemande de 80 ans (oui, 80 ans, vous avez bien lu), qui était avec nous ! Elle a tout fait comme tout le monde, avec sa canne, sauf la dernière randonnée à cause des montées en escalier. Elle a aussi dormi une nuit sur les deux dans le bus à cause du froid dans la nuit. Il y avait aussi des ados de 15 ans avec leurs parents et des gens qui ne font pas de sport. Personne n’a eu de problème et je ne voit personnellement pas où il y en aurait.

Aussi, si vous êtes bloqués avec le camping sauvage, le manque de confort (manque relativement léger au final), que vous avez une crainte de vous lancer dans ce genre d’aventure… Je vous dit en toute franchise de ne pas vous poser de question ! Tout est encadré, vous n’avez aucune crainte. Les campings sont équipés de toilettes et douches, si vous vous posez la question.

Vous n’avez aucune excuse ! (sauf maladie vraiment grave bien sûr)

Et je ne veux pas que vous ratiez une expérience pareille. Ça me ferait trop de mal pour vous !

S’éloigner de quelques dizaines de mètres du campement vous propulsera sur une autre planète.

J’aurais aimer vous présenter un petit récapulatif, un tableau avec le postif et le négatif et tout ça. Mais vraiment, tout était parfait ! Même le fait que le camping sauvage n’en soit au final qu’un aperçut, je le trouve très bien comme ça. L’expérience n’est pas poussée au maximum mais d’un autre coté c’est plus rassurant pour les gens qui n’ont pas l’habitude, tout comme moi dailleurs !

Tout est compris dans le prix. Tout ce que vous avez à faire est de prendre un peu de monnaie pour acheter des petites collations ou souvenirs dans les Road House pendant les arrêts, ou peut être votre CB si vous voulez acheter de l’Art Aborigène (les prix vont de 10$ à 300$ et plus)

 

En conclusion , je dirais que ces 3 jours m’ont marqués, certainement à vie.

Car, plus que ce que je vous raconte ici, il y a aussi toutes les anecdotes, les petits détails, des ressentis indescriptibles, de atmosphère, et aussi des gens avec qui j’ai partagé ces 3 jours qui ont des histoires. Il y a les liens que l’on a tissés au fur et à mesure des heures.

Je ne peux pas tout raconter ici, car ce serait trop long (et c’est déjà long, hein ?). Mais ce qu’il faut retenir, c’est que au-delà des paysages, il y a toutes ces choses qui rendent des moments et même des voyages entiers vraiment indescriptible et qui restent en nous à vie.

 

Voilà ce qu’est la magie du voyage.

Voilà ce qu’est la magie de Uluru, de Kata Tjuta, de Kings Canyon.

Voilà ce qu’est la magie du Red Center !

Un immense merci et une grosse pensée au guide qui était vraiment au top !!!

 

Si vous voulez réaliser le même genre d’aventure, je vous conseille cette entreprise ! http://therocktour.com.au/tours

 

Voici une petite vidéo lors de la matinée au Kings Canyon, a ne rater sous aucun prétexte !

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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