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Comment se préparer à un vol long-courrier ?

Le monde est grand. Mais il est aujourd’hui relativement simple et rapide de rejoindre n’importe quelle destination, même les plus reculées ou hostiles telle que l’Antarctique ou le Grand Nord canadien.

Le moyen le plus utilisé pour se rendre dans son pays de prédilection est l’avion. C’est économique par rapport à la distance parcourue, les billets sont faciles à se procurer, les procédures relativement simples.

Cependant, on entend souvent les gens dire que l’avion, c’est long. C’est sûr, si parcourir 15.000 kilomètres est si long, c’est parce que la distance est grande ! Imaginez 15.000 kilomètres en voiture ou en train, vous n’avez pas fini…

Sur les réseaux de voyageurs tels que les forums ou des groupes de voyageurs sur Facebook, on voit fréquemment des personnes demander si quelqu’un d’autre prend le même vol au même jour, histoire de partager et de faire passer le temps à discuter dans l’avion. C’est ce qui m’a donné l’idée d’écrire cet article.

Le plus long vol que j’ai effectué était de 12h30 (10h hors escale), entre Paris et Denpasar, à Bali.

7 heures, 10 heures, 15 heures… Le plus long vol sans escale actuel dure 18h30 ! Enfermé dans un tube volant, assis à son siège ! Un calvaire ! Et ça se comprend.

Je partage ici toutes les astuces afin de passer le vol le plus long de votre vie dans le confort le plus grand et dont le temps perçu ne sera que de quelques minutes !

 

Se préparer

C’est la base de tout. Si vous foncez tête baissée sans vous poser de question, vous passerez le pire vol de votre vie. Posez-vous des questions, essayez de vous mettre en situation, renseignez-vous sur ce que vous pourriez faire pour améliorer votre expérience de vol.

Si vous êtes en train de lire cet article, c’est que vous vous posez des questions, et c’est très bien !

 

Votre confort

Mal assis(e), mal au dos, jambes pliées en 4, température hivernale, impossible de fermer l’oeil… Ceci pourrait être pire que de simplement s’ennuyer !

Tout d’abord, pensez à vous habiller confortablement !
Oubliez la mode, votre jean préféré ou, pour les dames, les talons, et encore tous les vêtements serrant. Personnellement, je suis toujours en jogging dans un avion, avec un haut muni d’une capuche si possible. Aux pieds, une bonne paire de chaussettes et des baskets dont les lacets ne sont pas trop serrés. Empilez quelques couches pour éviter d’avoir froid. Mieux vaut avoir trop chaud et enlevez un pull que trop froid !

Souvent, dans les vols long-courrier, on vous donnera une petite couverture, un petit oreiller et même parfois un masque pour les yeux et des bouchons d’oreille. Mais prévoyez le coup au cas où ça ne soit pas le cas ! Il existe de petits coussins et plaids en vente dans les aéroports. Vous pouvez aussi prendre un cale-nuque qui évitera les raideurs au cou.

La chance peut vous aider !
Lors de mon vol Paris-Singapour, les 2 sièges voisins au mien n’étaient pas occupés. Du coup, j’ai pu m’allonger et utiliser 3 oreillers et 3 couvertures pour moi ! J’ai dormi comme un roi ! Pour améliorer vos chances, voyagez en hors-saison.

Le bruit en avion.
Le bruit en avion pendant 3 heures, ça va. Pendant 10 heures, c’est bien plus embêtant ! Votre meilleur ami sera votre paire de boules Quies ou bouchon d’oreille. On peut même faire mieux en combinant les bouchons d’oreille avec un casque anti-bruit. Là, vous êtes certain de ne plus rien entendre !

L’hygiène.
Emporter dans l’avion des lingettes hygiéniques vous permettra de vous laver les mains ou de nettoyer votre plateau ou votre table dépliante. Prenez également une brosse à dent et un petit tube de dentifrice (attention à la restriction des contenants dans l’avion !)

 

Passer le temps

Maintenant que vous êtes assis bien confortablement, vient le moment où vous allez vous ennuyer, c’est à dire très vite si votre passager est un mur.

Souvent, vous aurez les écrans VOD (Video On Demand / Vidéo à la Demande) devant votre siège. Super pratique pour passer le temps ! Des jeux, de la musique, des films, des podcasts… Parfois à n’en plus finir ! Vous êtes certain de trouver quelque chose à votre goût ! à ce propos, n’oubliez pas de prendre votre propre casque d’écoute ou écouteurs ! Certaines compagnies vous le font payer en supplément…

Si vous êtes plus difficile ou lassé, vous pourrez vous rabattre sur vos propres appareils ou jeu favori. Assurez-vous de recharger vos appareils électriques avant votre voyage.

Ecran VOD dans un avion

Emportez dans l’avion votre ordinateur de voyage, votre tablette ou votre téléphone est possible. Portez juste une attention particulière à les laisser éteints lors des phases de décollage et d’atterrissage pour ne pas brouiller les ondes radios sur lesquelles les pilotes communiquent avec les aéroports !

Emportez vos livres favoris ! Si le format papier est trop lourd ou trop gros, prenez une liseuse numérique ! Vous pouvez aussi vous procurer des magasines avant le vol dans les boutiques de l’aéroport. Certaines compagnies mettent à disposition des journaux dans l’avion.

Si vous avez des voisins, profitez-en pour faire connaissance !

 

Rester en forme pendant le voyage

Prenez avec vous des petites collations au cas où vous ayez une petite faim entre les repas. Surtout, buvez beaucoup d’eau ! Vous n’êtes pas obligé de prendre une bouteille avec vous, vous pouvez simplement demander régulièrement un verre d’eau à l’équipage. Voyager en avion est très déshydratant, car l’air pressurisé est très sec.

Pour celles et ceux qui ont les yeux qui s’assèchent vite et pour ces mêmes raisons d’air sec, prenez des gouttes pour les yeux ! Assurez-vous que le contenant est assez petit pour pouvoir l’emmener en bagage à main.

Rester actif est primordial !
Rester dans un position assise trop longtemps est néfaste car cela empêche le sang de circuler normalement. Les personnes les plus sensibles risquent de faire une thrombose. Il est convenable de se lever et de faire une longueur ou deux dans les allées pour se dégourdir les jambes, et ce régulièrement. Comme dit plus haut, portez des vêtement amples et confortables.

Marchez dans les allées pour vous dégourdir les jambes.

Vous pouvez aussi vous procurer des bas de contention. Évitez le café, le chocolat, les boissons gazeuses ou encore l’alcool car ce sont des déshydratants. Buvez de l’eau pour garder votre sang fluide. Essayez d’obtenir un siège côté couloir pour éviter d’embêter tout le monde avec vos allées et venues.

Ayez vos médicaments avec vous, au cas où.

 

Autres moyens d’améliorer son voyage long-courrier !

Choisissez votre place à l’avance.
Quand vous achetez votre billet, vous pouvez sélectionner votre siège dans l’avion. Souvent, c’est une option payante, mais de seulement quelques Euros (6 Euros avec Singapore Airlines en 2016). Profitez-en pour améliorer votre confort.

Quelques points à savoir :

  • Les places où il y’a de l’espace face à vous pour les jambes sont généralement utilisées pour les enfants en bas âge (attention au bruit / mouvements…).
  • Le fond de l’avion sera forcément plus bruyant à cause des réacteurs de l’avion.
  • Les places proches des sanitaires ne sont pas les meilleurs à cause des allées et venues et des odeurs éventuelles.
  • Certains sièges devant les issues de secours ne sont pas inclinables.

Vérifiez les options pour la nourriture.
Si vous avez des problèmes d’allergies ou un régime particulier, signalez-le à la compagnie suffisamment à l’avance pour ne pas être surpris ! Vérifiez à nouveau que les informations ont bien été prises en compte avant de prendre votre vol.

Dormez bien avant de partir. Prendre l’avion en étant fatigué ne vous mettra pas dans les bonnes conditions pour qu’il soit agréable.

Arrivez suffisamment tôt à l’aéroport. Mieux vaut attendre 2 heures que d’arriver stressé et énervé dans l’avion !

 

Voilà, je pense avoir répondu à pas mal des questions que les voyageurs se posent concernant les vols longs-courriers.

J’espère que cet article est assez complet. Sinon, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la section des commentaires, tout en bas de cette page !

En vous souhaitant un très bon voyage, et surtout un très bon vol !

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je ?

Comment se déplacer en Australie ?

L’Australie est un très grand pays.

En terme de superficie, il est en sixième position, derrière la Russie, le Canada, les États-Unis, la Chine et le Brésil.

Quand on regarde visuellement les différences de taille en superposant la carte de l’Australie à d’autres pays, voilà ce que ça donne :

Par rapport aux USA :

Par rapport à l’Europe :

 

Et par rapport à ce qu’on connaît le mieux : la France :

 

On se rend alors bien compte des distances phénoménales que l’on aura à parcourir pour rejoindre certaines villes ou autres endroit que l’on aimeratit absolument visiter !

Souvent, quand on prend le volant pour se déplacer, ce n’est pas pour faire 200 kilomètres comme chez nous, mais plutôt 500 ou 1.000 kilomètres… À chaque fois que vous vous déplacerez, c’est un peu comme si vous faisiez le trajet Strasbourg/Brest ou Lille/Marseille…

Faisons un peu le tour des moyens de transport en Australie !

Note : je ne parlerais ici que des moyens de transport classiques, pas d’autostop, covoiturage, vélo, marche, bateau, ou tout autre moyen possible et immaginable !

 

L’avion

Vous pouvez alors prendre l’avion, en utilisant les compagnies Low Cost australiennes ou asiatiques, comme TigerAir, AirAsia, Jetstar, Virgin Australia… J’ai déjà personellement utilisé les compagnies TigerAir et AirAsia sans avoir eu de problème. Pour un trajet Darwin-Brisbane, vous vous en tirerez pour un peu plus de 100$ le vol en aller simple.

Un avion de la compagnie JetStar.

Mais attention à la date que vous choississez ! Exemple : dans une même semaine, un vol sera présenté à 100$ le lundi, le même vol à 300 le mardi puis 150 le mercredi etc… Comparer les prix sur la semaine est primordial !

Des astuces pour trouver des vols le moins cher possible : je vous renvoie vers cet article du blog de Joh&Max, très détaillé et bien expliqué : Trouver des vols pas chers !

C’est bien sûr le moyen le plus rapide ! Seul point, qui peut être un défaut ou non : vous devrez payer une multitude de suppléments, selon ce que vous voulez. Les repas (en moyenne 10/15$), les bagages de plus de 7 kgs (de 15 à 50$), la sélection de sa place dans l’avion (environ 5$) etc… Tout est payant en plus du prix de base…

J’explique pourquoi et comment dans mon article « Comment fonctionnent les compagnies aériennes Low Cost« .

 

La voiture

Si vous avez le budget pour louer (ou acheter pour celles et ceux qui sont en PVT) une voiture, ou même mieux, un camping car ou un van, c’est super ! Vous allez adorer dormir au milieu de nulle part et profiter des commoditées offertes sur le bord de route, comme les campings, les Road House, ou les Homestead.

Vous vivrez une belle expérience, à coup sûr. De plus, c’est sans conteste le meilleur moyen de se déplacer en Australie : les infrastructures du pays s’y prêtent à merveille et cela vous permet un maximum de libertés.

Faites juste bien attention à prendre un véhicule en bon état !

Pour toutes les informations concernant le voyage en van ou comment acheter un van en Australie, je vous renvoie vers l’incontournable et très complet site internet « Océanie pour les Zéros », ainsi que la chaîne YouTube : Océanie pour les Zéros YT. Vous y trouverez toutes les infos !

 

Le train

Une autre solution atypique (pour les gros budgets !) est le train.

Vous pourrez relier chaque extrémité du pays en tout confort, en quelques heures, quelques jours, voire une semaine pour les plus longues distances. Les premiers prix vous donnerons un simple siège, tandis qu’avec les plus gros tarifs, vous aurez droit à la cabine privée avec couchette.

Le réseau est le plus développé (et donc le moins cher) sur la côte Est. Cependant, attention à la ponctualité médiocre, pour les longues et très longues distances.

Le train « The Ghan »

 

Les très longues distances sont faites par les trains The Ghan, Indian Pacific et The Overland. Sur ces trains, très chers, vous pourrez gagner quelques dollars en basse saison ou en achetant vos ticket très à l’avance.

Le site internet du train The Ghan, qui relie le pays du Nord au Sud, de Darwin à Adélaïde : http://www.greatsouthernrail.com.au/trains/the-ghan

Une idée de prix : le trajet Darwin/Adélaïde en basse saison se situe entre 2.000 et 3.300$ selon la classe et se fait en environ 3 jours.

 

Le bus

Le dernier moyen de transport dont je parlerai ici est le bus. C’est celui que j’ai utilisé pendant mes 3 mois dans le pays.

En effet, mon budget serré ne me permettait pas de prendre le train ou de m’acheter/louer un van ou une voiture. C’est le moyen de transport classique le moins coûteux en Australie. J’en profite pour vous partager mon expérience avec le bus !

Tout d’abord, il y a un choix assez important de compagnies. Tout dépend de ce que vous voulez faire et de vos attentes. Vous aurez la compagnie ultra haut de gamme, la compagnie qui travaille pour des agences de voyage, la compagnie qui se limite à une seule partie du pays, la compagnie bas de gamme etc…

Les deux compagnies principales et les plus usitées sont Premier Motor Service et Greyhound Australia,toutes les deux de gamme acceptable, de même niveau à ce que l’on peut trouver en France (Isilines, OuiBus, Flixbus etc…).

Rendez-vous dans toutes les gares de bus en Australie pour avoir un accès direct et physique avec les compagnies. Faites aussi vos recherches sur le net si vous le pouvez.

Attention cependant à bien savoir où vous êtes et où vous voulez aller !

Premier se limite à la côte Est entre Melbourne et Cairns. Greyhound Australia se limite en un rayon plus large, desservant les villes de Darwin, Cairns, Sydney, Melbourne, Adélaïde et proposant de nombreux arrêts aussi. En terme de tarif, les deux compagnies se valent, à quelques dollars près.

 

Premier Motor Service

J’ai utilisé cette compagnie pour me déplacer entre Brisbane et Cairns, pendant 1 mois.

Mon conseil : prenez un Pass Hop on Hop off !

Cela vous fera faire de supers économies et vous donnera une grande liberté !

Par exemple, si vous voyagez entre Sydney et Cairns, un Pass Sydney-Cairns vous permettra de vous arrêter à chacun des arrêts du bus et de le reprendre plus tard le temps de faire vos visites ! La vilidité du Pass est de 2 mois, extensible à 6 mois !! La seule condition est qu’il faut que vous vous déplaciez toujours dans le même sens (Nord-Sud ou Sud-Nord, selon d’où vous partez). Vous ne pouvez plus revenir en trajet inverse.

Exemple de prix : Pass Brisbane-Cairns : 250$ valable 6 mois.

Les bus de cette compagnie sont très ponctuels et les chauffeurs que j’ai eu ont tous été très sérieux dans leur travail, en plus d’être disponibles pour échanger quelques mots durant leurs pauses. Vous aurez le WiFi, les toilettes, diffusion de films, climatisation…

Le site internet : https://www.premierms.com.au/newhome/Home.asp

Un bus Premier Motor Service, en gare de Brisbane.

 

Greyhound Australia

J’ai utilisé cette compagnie pour rejoindre Cairns à Alice Springs, puis Alice Springs à Darwin, soit 3.900 kilomètres au total.

C’est la compagnie concurentielle de Premier, en tout cas sur la cote Est ! Ils font sensiblement les mêmes arrêts et proposent des prix et des Pass similaires comme le Hop on Hop off dont je parlais.

Par contre, ils ont aussi des destinations beaucoup plus lointaines dans le pays, agissants presque comme un intermédiare au coûteux trajets en trains.

Voyons ce qu’ils proposent de plus intéressent que Premier.

Le Pass kilométrique
Les pass qui peuvent être intéressents sont les pass kilométriques. Vous allez où vous voulez sur la carte de bus depuis où voulez, dans n’importe quel sens ou n’importe quel trajet, vous arrêter où vous voulez… Vous ne serez limité que par le nombre de kilomètres inscrit sur votre pass et sa date de péremption. Ils sont disponibles de 1.000 à 25.000 kms (190 à 2.700$) et valables 12 mois !

Les destinations
Ils font les mêmes arrêt que Premier sur la cote Est mais Greyhound Australia vont bien plus loin ! Tout en gardant des prix franchement attractifs. J’ai parlé de mon trajet de 36 heures entre Cairns et Alice Springs dans mon article sur le Red Center. Les 2.400 kilomètres se payent 220$ et le trajet passe bien plus vite que ce que l’on peut penser, grâce aux nombreux arrêts dans les Road House ou les quelques petites villes et villages du désert.

Un apercu des destinations proposées par Greyhoung Australia.

 

Les services à bord sont les mêmes que pour Premier : WiFi (sauf dans les désert bien évidemment !), toilettes, sièges inclinables etc…

Sur les longs trajets, vous aurez deux chauffeurs qui se relaient à chaque arrêt. Sur mon trajet de Cairns à Alice Springs, ce sont 3 équipes de 2 chauffeurs qui se sont relayées (Cairns-Mount Isa-Tennant Creek), assurant une grande sécurité !

Le site de Greyhound Australia : https://www.greyhound.com.au/

 

Ne reste plus qu’à choisir quel moyen de transport vous préférez et lequel vous pouvez vous offrir également !

 

Il y en a pour tous les goûts !

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je ?

Pourquoi les avions ne volent pas plus vite ?

Imaginez-vous à Paris ou à Montréal, embarquant dans votre avion à destination d’Auckland, en Nouvelle-Zélande. Vous êtes super heureux à l’idée de passer les vacances ou le voyage de votre rêve. Vous êtes confortablement installé derrière votre hublot, la tête pleine d’images de rêve. L’avion décolle et, 2 heures plus tard, au terme d’une petite sieste, vous vous retrouvez à l’autre bout de la planète et réalisez un de vos plus grand projet.

Si comme moi vous avez déjà fait ce rêve fou, ce n’est malheureusement pas encore possible…

Pourtant, les projets de transport supersonique et autres projets sont relativement nombreux. Certes, ces projets ne seront pas en mesure de faire une telle distance en 2 heures de temps. Mais comparé à un vol avec escale obligatoire, au vu des kilomètres, troquer 20 heures contre 10 ou 15 est déjà un très bon début !

Mais est-ce que les avions peuvent voler plus vite ? Est-ce qu’ils peuvent voler plus loin et donc plus longtemps pour éviter les escales ? Est-ce qu’il sera possible un jour de faire 18.000 kilomètres en 5 heures ?

 

Gain de temps de vol, où en sommes-nous aujourd’hui ?

Les compagnies publient souvent des catalogues avec toutes leurs destinations, les temps de vol et parfois même les tarifs moyens. C’est le genre de brochure que vous pouvez trouver dans la pochette en avant de votre siège dans l’avion.

Une brochure European British Airways, datant de 1950.

Savoir que l’on peut rallier Paris à Montréal en 7h30, c’est bien. Mais pour savoir où on en est réellement sur les gains de temps de vol, il faut pouvoir le comparer à ceux qui étaient en vigueur il y a quelques décennies.

Commençons le travail de recherche.

Si l’on regarde la brochure de la compagnie American Airlines éditée en 1967, on peut alors comparer des résultats intéressants.

À cette époque, le vol entre New York et Los Angeles, le vol AA Flight 3, durait 5h43. Tous les jours, ce vol en question partait de New York à midi, et arrivait à L.A. à 14h43 (oui, ça ne fait pas 5h43, c’est à cause du décalage horaire 😉 ).

Ce qui est assez fascinant, c’est que ce même vol AA Flight 3 existe toujours aujourd’hui ! Mieux encore, il part toujours à la même heure, midi. Seulement, il arrive aujourd’hui à L.A. à 15h27, soit 6h27 de vol au lieu de 5h43 !

Comment ? Pourquoi ? Pourtant la technologie a grandement évoluée, les moteurs sont plus puissants, les contraintes techniques bien mieux maîtrisées. Cela devrait aller beaucoup plus vite qu’en 1967, non ?

Rappelons-nous : en 1967 pour reprendre l’exemple, l’Homme n’avait pas encore marché sur la Lune, et un simple ordinateur prenait alors la taille de votre salon, pour une puissance 1.000 fois moindre ! Par contre, nous volions aussi vite voire plus vite que de nos jours entre les villes et les pays.

Un ordinateur dans les années 60… Oui, il n’y a bien qu’un seul ordinateur sur cette photo… !

 

Laissez-moi vous le dire : la majeure partie des vols de nos jours prennent plus de temps que dans les années 60 !!

Le temps de vol, c’est à dire le temps que l’avion est « dans les airs », est le même qu’à l’époque. Un point très important en comparaison avec les années 60 intervient cependant. Aujourd’hui, le trafic aérien est tellement dense qu’il y a des bouchons dans les aéroports comme il y a des bouchons sur la route ! Imaginez, rien qu’aux Etats-Unis, ce sont plus de 4.000 vols qui se déroulent à chaque jour qui passe !!

En conséquence, les « routes » aériennes que prennent les avions d’aujourd’hui sont différentes, et parfois donc rallongées par rapport à l’époque. Plus de distance égal plus de temps.

Mais cela n’explique pas tout…

 

Que c’est-il passé ?

Quels ont été les progrès faits en aéronautique depuis 50 ans ?

Pourquoi un avion ne vole pas plus vite de nos jours malgré toutes ces avancées ?

Voyons tout ça de manière simple.

 

La prochaine partie est un peu technique, mais pour répondre à la question, il faut passer par là ! Rassurez-vous, je vous traduit tout ça de manière simple 😉

 

La technique : les moyens de propulsion

Au tout début, il y a eu les avions à moteur à piston et hélice. De nos jours, on les voit équiper les petits avions de tourisme de 2 à 4 places que l’on trouve dans les aérodromes de nos villes, ou les avions d’acrobatie ou de ravitaillement, pour citer quelques exemples.

De nos jours, pour faire simple, il y’a 3 principaux types de moteurs d’avion : le turbopropulseur (avions à hélices), le turboréacteur à simple flux (avions de chasse), et le turboréacteur à double flux (avion à réaction).

Chacun de ces types de moteurs ont leurs propres technicités, performances, points forts et points faibles.

Le turbopropulseur
Il équipe les petits avions parcourant de faibles distances (en moyenne 1 heure de vol ou 400 kilomètres). Un équipement de ce type ne pourra emmener un avion à plus de 700km/h et 8.000 mètres d’altitude. C’est le mode de propulsion idéal pour le transport régional. Il coûte peu cher a acheter et à entretenir.

Le turboréacteur à simple flux
Il équipe les avions de chasse. Il sont très puissants, d’autant plus qu’on peut leur ajouter un système appelé « Post-Combustion » qui injecte un surplus de carburant, augmentant très fortement la puissance (150% de la puissance de départ !). Cependant, ils consomment énormément de carburant et sont excessivement bruyants ! Ils coûtent chers à l’achat et sont coûteux et complexes à entretenir.

Le turboréacteur à double flux
C’est celui que vous voyez partout sur les pistes des aéroports. C’est celui qui équipe tous les avions de lignes et la plupart des avions commerciaux. Comment fonctionnent-ils ?

 

Le fonctionnement d’un réacteur à double flux

Pour fonctionner, un réacteur a besoin d’air et de carburant. Tout d’abord, la vitesse de l’air entrant dans le réacteur est accéléré par la grosse hélice que l’on voit de l’extérieur. Puis, au lieu d’aller directement dans le réacteur, le flux d’air créé va se séparer et prendre 2 chemins différents.

Premier chemin :
Le flux d’air rentre dans le compresseur basse pression du réacteur. C’est une série d’hélices de grande taille qui vient comprimer l’air.

Puis il passe dans le compresseur haute pression. C’est une série d’hélices de petite taille qui va encore plus comprimer l’air.

La température de l’air est alors tellement haute à cet endroit que le carburant injecté s’enflamme automatiquement, libérant un phénomène de « puissance d’accélération » qui fait alors « accélérer » l’avion.

Puis le mélange passe à nouveau dans un autre compresseur basse pression avant d’être directement évacué par la tuyère à l’arrière du réacteur.

Deuxième chemin :
L’air passe à l’extérieur des compresseurs, mais reste au sein du réacteur. C’est un chemin de contournement. Le flux d’air est uniquement accéléré par la grosse hélice visible de l’extérieur, aussi appelée la « soufflante ».

Cette technique permet de réduire le bruit créé par le réacteur, mais aussi sa consommation de carburant, d’une manière très efficace. Plus l’air non compressé (qui passe par le deuxième chemin) est important, moins le réacteur consomme de carburant et moins il est bruyant, sans faire perdre trop de puissance.

Le turboréacteur double flux est donc le type de moteur qui réalise le meilleur compromis entre réacteur à hélice, trop lent, et le réacteur simple flux trop bruyant et trop consommateur.

 

Le cas du Concorde

Un bel oiseau, n’est ce pas ? C’est lui qui, le premier, nous a fait rêver de voyager toujours plus vite ! De Paris ou Londres à New York en 3h30 ! Dommage qu’il ne soit plus en service… Il représentait une avancée technologique extraordinaire pour l’époque !

Bon, il a eu de graves accidents, on le sait. Il y avait aussi beaucoup de plainte concernant le bruit assourdissant de l’avion. Mais au-delà de ça, il y avait aussi un coût de maintenance qui explosait de manière exponentielle avec son ancienneté et des normes anti-pollution qui ne pouvaient plus être respectées. Le dernier accident à Paris en 2000 a en fait juste été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase…

Pour voler à une vitesse comme celle du Concorde, on ne peut plus faire appel à un turboréacteur à double flux, qui est bien trop peu puissant pour cette application. Il faut revenir à des réacteurs à simple flux, comme ceux des avions de chasse. De plus, ceux du Concorde étaient équipés de Post-Combustion. De toutes les manières, le Concorde était voué à l’échec avec les normes d’aujourd’hui, rien qu’en terme de consommation et de pollution.

Il faut aussi avoir le porte-feuille sacrément rempli pour prendre ce genre d’avion. En effet, en prenant en compte l’inflation des monnaies, cela coûterait de nos jours entre 4.000 et 6.500 Euros le billet d’avion !!

Adieu Paris-New York en 3h30, revenons à 7h30…

Cette photo en noir et blanc de 1970 montre bien les dégâts écologiques dont le Concorde était capable… Rien à voir avec les « trainées blanches » que l’on peut voir aujourd’hui !

La vitesse de déplacement, est-ce si important ?

Soyons clair, pour les compagnies, la vitesse n’est pas importante.

La vitesse n’est qu’un argument de vente pour les compagnies. C’est comme la personne qui roule en Bugatti : c’est principalement parce que c’est la voiture de route la plus rapide qui existe, et c’est ça qui attire ses clients.

Pour une compagnie, voler plus vite, cela revient à faire plus de vols, donc à rembourser plus rapidement l’achat d’un avion de ligne.

Mais on l’a vu dans un autre article présent sur ce blog, « Pourquoi prendre l’avion coûte si cher ? », ou j’ai détaillé le plus précisément possible tous les coûts qu’une compagnie aérienne avait à couvrir.

Le coût d’un avion est ridicule face à toutes les autre charges. La conclusion est simple : rembourser plus vite le coût d’un avion ne sert à rien.

Ce sur quoi les compagnies regardent le plus, c’est la consommation de carburant. Ils s’arrangent toujours pour faire voler leurs avions en consommant le moins de carburant possible. Car les normes de pollution sont drastiques mais bienveillantes pour la planète. De plus, ça réduit un tout petit peu la facture, aussi bien pour eux que pour nous dailleurs.

Comment consommer et polluer moins avec un avion ?

La méthode est simple : les fabricants de réacteurs d’avion font des tests et éditent des tableaux qui indiquent à quelle vitesse l’avion va consommer le moins de carburant. Il suffit de suivre ces tableaux à la lettre. C’est pour cette raison que tous les avions de ligne équipés de turboréacteurs à double flux de nos jours volent entre 800 et 885 km/h.

C’est très « lent », comparé à ce que l’on a connu avec le Concorde, ou avec les projets à venir qui sont encore plus rapides que le Concorde.

Mais c’est ce qui est pour l’instant la moyenne qui permet de répondre aux normes fixées actuellement. Si on veut aller plus vite, cela consommera beaucoup trop de carburant.

Il y a quelques années ont été introduits ce que l’on appelle les « Winglets ». Aujourd’hui, elles sont sur presque la totalité des avions de ligne. Ce sont les rebords que l’on voit remonter au bout des ailes.

Ces petits appendices aérodynamiques servent a rediriger le flux d’air qui passe au bout des ailes. Résultat, le flux d’air est rendu constant et stable, ce qui permet une réduction de la consommation à vitesse égale (on parle de 5% de réduction de consommation). C’est un peu comme si sur votre voiture, vous enleviez votre galerie de toit avec les skis ou les vélos dessus.

 

La réalité et l’avenir

Résumons tout ça : il faut trouver le meilleur compromis entre vitesse maximale et consommation de carburant minimale.

De nos jours, on peut aller beaucoup plus vite, mais on consommera forcément de trop. On peut aussi consommer beaucoup moins de carburant, mais alors on sera forcément beaucoup trop lent.

Le compromis que l’on a aujourd’hui, entre 800 et 885 km/h, est le meilleur que l’on a jamais eu !

Réjouissons-nous quand même : avec les vitesses de déplacements actuelles, les avions sont capables de voler partout sur la planète en moins de 24 heures. C’est assez rapide pour tout le monde, non ? Il me semble que la barrière pour la plupart des personnes voyageant est le coût, et non la vitesse.

C’est pour ces raisons que les fabricants d’avions et les compagnies continuent de concentrer leurs efforts a baisser les coûts des billets qu’ils vendent, et non à aller plus vite pour plus cher.

Je pense qu’il est préférable pour tout le monde de garder les coûts au plus bas, plutôt que de revenir à l’époque où l’avion était réservé aux riches à cause des prix de vente.

En attendant de faire Paris-Auckland en 2 heures, soyons patients et attendons les avancées technologiques des prochaines décennies !

Le projet français ZEHST, une sorte d’avion-fusée, qui permettrait à terme de rejoindre Paris à Sydney en 3h30 ! Il pourrait acceuillir jusqu’à 100 personnes à son bord.

 

Aymeric LECOSSOIS
Qui suis-je ?

Pourquoi prendre l’avion coûte si cher ?

Prendre l’avion coûte cher, on l’entend souvent.

Quand on part en voyage en-dehors de l’Europe, c’est souvent le moyen de transport pour arriver sur place qui coûte le plus cher, après le logement et la nourriture.

Intéressons-nous à comprendre pourquoi on paie le prix que l’on paie, et quels sont les dépenses que font les compagnies. Un billet d’avion dans la réalité, cher ou pas cher ?

On pense en tout premier lieu au coût du carburant, ça va de soi. Mais nous oublions souvent tout le reste. Il y a aussi le coût de l’avion, le coût du personnel et de leurs formations, le coût de la maintenance, les taxes d’aéroports, et encore tout un tas de choses. Ce sont donc des amas de détails qui, mis bout à bout, représentent une somme conséquente.

Sortons nos calculettes ! Enfin, non, rangez-les. J’ai tout calculé pour vous ! Oui, je sais, je suis trop sympa 🙂

Le carburant a un coût. Mais il faut bien plus que du carburant pour faire voler un avion…

 

Le coût du carburant qui fait exploser le prix du billet…

 Vous êtes sûr ?

Un A320 peut transporter jusqu’à 24.000 litres de kérosène. C’est l’équivalent d’environ 400 réservoirs pleins de votre voiture de tous les jours !

Selon les données du fabriquant Airbus, chaque fois qu’un A320 parcours un kilomètre, il consomme environ 3 Litres de carburant. Si l’on rapporte ce résultat à la mesure de consommation que nous connaissons tous, cela donne précisément 303 litres aux 100 kilomètres (L/100).

C’est énorme !!

Imaginons un peu : pour faire le trajet aller Paris-Lyon, l’avion a besoin d’environ 1.400 litres de carburant ! Avec votre voiture de tous les jours, vous pourriez faire la même distance 49 fois !!

Seulement, ce n’est pas la consommation réelle de l’avion.

Pourquoi?

Car dans l’avion, il y a des passagers! Cette consommation de 303 L/100 est valable uniquement si il n’y avait qu’un seul passager dans l’avion ! Et j’espère que ce seul passager est le pilote 😉

Le billet d’avion, il est payé pour nous-même, pas pour tout l’avion (et heureusement d’ailleurs !). Il faut donc ramener le prix du carburant au nombre de passagers.

Pour votre voiture, imaginons qu’elle consomme 6 litres aux 100 et que vous êtes 3 personnes dedans. Cela fait donc une consommation de 2 L/100 par personne.

Continuons sur l’exemple de lA320. Il peut transporter jusque 154 passagers. De plus, les A320 sont souvent utilisés par les compagnies low cost et sont donc souvent remplis. Je me permet tout de même d’arrondir à 150 passager, pour faire une petite moyenne (n’oublions pas l’équipage en plus des passagers !).

Reprenons nos 303 L/100 et divisons-les par le nombre de passagers. Cela donne une consommation de 2L/100.

C’est exactement la même que si vous étiez 3 dans votre voiture qui consomme 6L/100 !

On pourrait alors presque dire que lorsque l’on prend l’avion, on fait du coavionage !

Alors?

Ça consomme ??

Apparemment pas plus qu’une voiture…

A noter que le transport terrestre est responsable de 10.5% des émissions de gaz à effet de serre, contre 6% pour le transport aérien (au niveau mondial).

En Février 2016, le litre de kérosène revenait à 1.24$. Sur la distance Paris-Lyon, cela coûte donc 9.54$, soit 8.46 Euros seulement ! (Taux de change Juillet 2019).

Aussi bizarre que ça puisse paraître, un avion est aussi « vert » qu’une voiture moyenne de tous les jours.

 

Bon, d’accord, c’est bien beau tout ça ! Mais mon aller pour Singapour, selon les compagnies, je le paie de 400 à plus de 1.500 Euros en classe économique ! Où est l’arnaque ??

Comme je l’ai dit au tout début, il n’y a pas que le coût du carburant.

Voyons les autres coûts, de manière générale, de façon à comprendre tous les chiffres à prendre en compte dans le calcul final.

 

Le coût de l’équipage

Un A320 a besoin de 2 pilotes et de 4 stewards et hôtesses (personnel de bord).

Il faut intégrer à notre calcul le coût horaire de l’équipage au complet. Bien sûr, les taux horaires varient énormément suivant l’expérience, la compagnie qui les emploie, le niveau hiérarchique, les études, etc.

La compagnie Air France a sortit un tableau des taux horaires moyens pour la compagnie principale et sa compagnie Low Cost Transavia (qui appartient à Air France).

Un pilote est payé en moyenne 64E (net)/heure de vol. Un copilote est lui payé en moyenne 28E (net)/heure de vol. Ce qui nous donne 92 Euros pour notre vol Paris-Lyon (1196 pour Paris-Singapour).

Les stewards et hôtesses sont eux à 18E (net)/heure de vol (source: salairemoyen.com), ce qui nous donne 72 Euros pour le vol Paris-Lyon (936 pour Paris-Singapour).

Divisons tout cela par notre nombre de passagers, ce qui donne 1.10Euros pour Paris-Lyon (14.20 pour Paris-Singapour).

 

Les taxes d’aéroport

J’en parlais déjà dans l’article « Comment fonctionnent les compagnies aériennes low cost ». À chaque fois qu’un avion atterrit, décolle ou se présente devant la porte d’embarquement, il faut payer des taxes. Ces taxes sont bien plus complexes qu’on ne le pense. Par exemple, les tarifs changent selon les horaires de la journée !

Je n’ai pas pu me procurer celles de Singapour, mais j’ai celles de New York (https://www.panynj.gov/airports/pdf/scheduleofcharges-jfk.pdf).

On y apprend donc que le coût pour décoller est de 6.77 Euros par tranche de 450 kilos. Si l’avion reste plus de 10 minutes stationné à la porte d’embarquement (ce qui est tout le temps le cas !), cela coûte 54 Euros les 15 premières minutes, puis 107 Euros à chaque 15 minutes suivantes. En gros, pour 30 minutes de stationnement à l’aéroport, cela coûte 161 Euros !

Aussi, chaque passager qui sort du terminal de l’aéroport coûte 4.80 Euros à la compagnie.

Il faut aussi prendre en compte la location du matériel pour acheminer les passagers dans l’avion. Cela peut comprendre un bus et son chauffeur, des échelles et les manutentionnaires, des galeries surélevées et les manutentionnaires, etc…

Un A320 au décollage pèse jusqu’à 78 tonnes. Prenons 70, pour arrondir comme avec le carburant.

Un simple décollage coûte donc 1053 Euros, auxquels nous ajouterons les 161 Euros pour 30 minutes de parking (plus cher qu’en voiture, hein?), et le droit de sortie du terminal des 150 passagers : 720 Euros.

Coût total, sans prendre en compte la location du matériel : 1934 Euros.

Cela donne 12.90Euros par personne pour opérer l’avion sur la piste.

L’aéroport d’Amsterdam

 

Les taxes que l’on paye nous pour l’aéroport

Par exemple, la taxe sur les billets domestiques, qui est de 7.50% du prix du billet que vous avez payé. Il y a aussi la taxe de transport internationale, qui s’élève à 18.90 Euros. Il y a même une taxe pour l’aviation civile française, qui est de 15 Euros !

On peut arrondir à environ 60 Euros de taxes supplémentaires par personne, pour un vol international, comme Paris-Singapour.

 

Le coût de l’avion

Les avions sont chers. Encore plus chers que nos billets. Un A320 de base (c’est à dire sans remise, ou achat « en gros ») se paie 104 millions d’Euros. Comment calculer le coût d’un avion par passager ? En divisant le prix de l’avion par sa durée de vie estimée, puis en ramenant le tout à un seul passager.

Tout d’abord, l’entretien d’un avion ne se défini pas par le temps de vol (le nombre d’heures), mais par des cycles de vol. Un cycle de vol équivaut à un vol, et ce, qu’il dure 30 minutes ou 18 heures.

Pour aller encore plus loin et satisfaire les esprits techniques, on compte juste le nombre de vols car ce qui importe, c’est le nombre de fois que l’avion est pressurisé (c’est à dire une fois par vol). En effet, la pressurisation donne une différence importante de pression entre l’intérieur et l’extérieur du fuselage, ce qui, avec le temps, peut causer des fissures dans la carlingue.

L’A320, et bien d’autres avions, est un avion très durable. Sa première mise en service à été faite en 1988, soit il y a 31 ans ! (2019). Ils sont prévus pour faire plus de 60.000 vols.

Donc si l’on divise le prix de l’avion par son nombre de cycles maximal estimé. Nous obtenons 1733 Euros par vol. Cela donne 11.55 E par personne.

Cela prend en compte uniquement le coût initial de l’avion, pas sa maintenance…

Un A380 en cours d’assemblage

 

La maintenance de l’avion

Pour garder l’avion sécuritaire, les opérations de maintenance sont courantes. En réalité, elles sont effectuées à chaque fois que l’avion atterrit. Vous verrez toutes ces personnes vêtus de vêtements fluo tourner autour de l’appareil pour faire des vérification de premier niveau.

L’avion suit aussi un cycle de maintenance similaire à celui de nos voitures, ponctué par des « révisions ». Parfois, on change juste certaines pièces, et d’autres, beaucoup plus rares, ont démonte presque tout l’avion pour le remettre à niveau.

Sur la vie totale de l’avion, soit 60.000 vols, les coûts moyens de maintenance par heure pour un A320 est le suivant:

  • 691 Euros pour le taux horaire des mécaniciens
  • 295 Euros pour les pièces
  • 645 Euros pour les inspections et les révisions
  • 637 Euros pour la maintenance et restauration des moteurs

Cela donne 2268 Euros de coûts de maintenance pour une heure.

Multiplions ce chiffre par le nombre d’heures de vol pour Paris-Singapour : 29484, que l’on divise ensuite par le nombre de passager. 196 Euros par personne.

Un réacteur d’avion de ligne en cours de maintenance.

 

Le temps de non-vol

Qu’est-ce que ça veut dire?

Derrière chaque avion, il y a une compagnie et ses employés de bureau. Le temps de non-vol, c’est ça. Ce sont les ingénieurs, le marketing, l’administration, les consultants, les relations publiques… Il faut aussi compter la location de tous les locaux et de tous les premiers besoin, comme des bureaux ou des ordinateurs…

Il est presque impossible de définir ces coûts. Mais il faut y penser quand même.

 

L’assurance

Eh oui, quand on a un avion, il faut l’assurer, tout comme notre voiture ou notre logement. Ce coût s’élève à 114.000 Euros par an pour un A320. Supposons qu’il vole 8 heures par jour, cela fait 38.50 Euros par heure de vol, soit 500.50 Euros pour un Paris-Singapour.

Ramené au nombre de passagers, cela donne 3.34 Euros par personne.

 

Les totaux

Additionnons toutes ces dépenses, pour un vol de 13 heures reliant Paris à Singapour (10.740 kilomètres)

  • Carburant : 285
  • Équipage : 14.20
  • Taxes aéroport compagnie : 12.90
  • Taxes aéroport passager : 60
  • Avion : 11.55
  • Maintenance : 196
  • Assurance : 3.34

Nous arrivons donc au total à 583 Euros pour un vol Paris-Singapour.

Je vous laisse calculer combien ça vous coûterais si vous voulez y aller en voiture, en train ou en bateau…

J’ai déjà payé un aller simple entre ces deux villes à 420 Euros. C’était avec Singapore Airlines.

Mais n’oublions pas que ces calculs ont été faits sur des moyennes, avec un coût d’équipage de Air France, et des frais de maintenance de Air France. Il faut aussi prendre en compte la différence entre les avions (coût initial, coûts de maintenance, coût d’assurance…), et les aéroports qui ont tous des taxes différentes. Tout ceci explique les écarts.

Le but n’était pas de tomber sur un chiffre exact, mais sur une estimation par rapport au réel.

Est-ce que ce que l’on paie vaut ce que ça coûte ?

Je pense que la réponse est positive.

 

Alors oui, prendre l’avion, ça coûte ce que ça coûte, et ça coûte cher. Maintenant, nous savons pourquoi. En réalité, la compagnie ne fait pas beaucoup de bénéfices sur un billet. Ce qui fait ses bénéfices, c’est surtout le nombre de billets qu’elle vend.

 

Mais revenons un peu en arrière dans le temps…

Le Douglas DC-6B, un des fleurons de l’aviation civile des années 50 et 60.
Il en reste encore 49 en service aujourd’hui, sur les 704 construits.

 

Prendre l’avion, ça coûte cher. Mais ça n’a jamais été aussi peu cher depuis le début de l’histoire de l’aviation civile !!

En exemple principal : les compagnies low cost, qui nous proposent des tarifs dérisoires, car elles arrivent pas tous les moyens a minimiser leurs dépenses.

Prenons aussi en compte la concurrence entre les compagnies d’un même pays. Pour cela, Singapour est justement un des meilleurs exemples. Imaginez 3 compagnies aériennes en concurrence dans un pays minuscule et 5.5 millions d’habitants seulement. Ça se « tire dessus » pour proposer le meilleur service au plus petit prix.

Aux USA, un vol aller-retour entre New York et Los Angeles coûte en moyenne 330$. Si vous faites le même trajet en voiture, cela vous coûtera exactement le même prix, mais seulement pour faire un aller, et uniquement en payant l’essence !!

En 30 ans, le prix d’un vol intérieur aux USA a été divisé par deux !

 

Une fois de plus, on ne peut pas dire que l’avion coûte si cher !

 

En résumé, la prochaine fois que vous achèterez un billet d’avion, vous saurez pour quoi vous payez !

Bon vol !

 

Un grand merci à Wendover Productions pour les informations !

Aymeric LECOSSOIS
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