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Comment économiser 10000 Euros en un an ?

C’est la question qui tue. Elle résonne maintenant dans votre tête : « Comment économiser 10000 Euros ? ». C’est beaucoup d’argent et en plus, cela paraît impossible.

Impossible ? Pas si sûr : je l’ai fait 2 fois ces 5 dernières années. La première fois en 2015 quand j’étais au Québec : 10,000$ Canadiens en 10 mois. La deuxième fois en France en 2017 : 10,000 Euros en 12 mois tout juste.

Il y a trois solutions : gagner plus, dépenser moins, ou les deux à la fois. Dans mes deux expériences, j’ai choisi l’option de dépenser moins.

Je ne parlerai pas ici de ma première expérience au Québec : salaires incomparables, et ma colocation me coûtait seulement 250$ par mois. Si je n’avais pas passé mes weekends un peu partout dans le pays ou aux USA, ce but des 10,000$ économisés aurait été atteint en moins de 6 mois.

En France, je gagnais 1,500 Euros par mois, je vivais chez mes parents mais leur versais 300 Euros mensuels pour toutes les dépenses (comme une colocation, mais chez les parents). J’avais également une voiture, et j’ai fait un roadtrip en Slovénie pendant 3 semaines qui m’a coûté 1000 Euros (dont 400 pour le garage car ma voiture était tombée en panne !).

J’ai quand même réussi à économiser 10000 Euros en un an.

Col de Vrsic, Slovénie

Quel est votre but ?

Alors, certes, ça n’a pas été simple. Il faut être économe, il faut tout traquer, tout étudier, se limiter parfois. Il faut surtout avoir un but, car c’est ce qui aide le plus. Le mien était de réunir un maximum d’argent sur mon compte pour pouvoir voyager sur le long terme. Justement, un tour du monde d’un an se fait avec 8,000 à 20,000 Euros. Encore une bonne idée pour réussir à économiser 10000 Euros!

Être économe est aussi un voyage, un voyage intérieur. Il n’est pas facile. Cela prend parfois des années. C’est une évolution personnelle et un changement de style de vie. Il faut le prendre en compte. C’est « mettre à la poubelle » les choses matérielles, stopper une consommation excessive d’un peu de tout. Faut-il encore savoir de quoi!

Faites vos comptes

Et pour cela, le mieux est de prendre une feuille de papier ou un tableur Excel et de noter toutes ses dépenses et revenus par semaine, ou par mois, classé par catégories. On peut y mettre par exemple le logement, la voiture et/ou le transport, la nourriture, le téléphone, les sorties, et le divers pour tout le reste.

Voici à quoi ressemblaient mes dépenses moyennes par mois sur un an, pour l’année 2017 :

  • Logement + nourriture + factures : 300E
  • Voiture : 250E (essence, assurance, garage, CT)
  • Téléphone : 10E
  • Sorties : 30E
  • Divers : 60E

Cela fait 650E de dépenses en moyenne par mois, pour 1,500 Euros de revenus, soit 850 Euros économisés par mois en moyenne.

Si c’est votre première fois, patience !

Les fameux « 1% les plus riches » peuvent économiser 10000 Euros en 1/10ème de seconde. Je doute que ces personnes là lisent mon article en ce moment. À notre niveau, arriver à ce résultat en un jour est un rêve. « Rome ne s’est pas construite en un jour », vous diront-ils. Pour être efficient, cela peut prendre des mois ou des années.

Voilà d’où je suis parti en 2014: j’avais un crédit pour ma voiture qui en plus me coûtait cher en entretien (au total 550E par mois crédit inclus), j’avais un appartement de 70 mètres carrés (dont je ne m’en servait que de 40) à 500 Euros par mois, mon téléphone me coûtait 25 Euros par mois et je ne regardais pas trop sur les sorties.

Résultat : 1750 Euros de gagnés (ce que je gagnais à cette époque précise en 2014), plus de 1600 de dépensés. C’est comme ces gens qui gagnent 15,000 Euros par mois mais qui n’ont pas un rond au final. Pire, 95% de mes dépenses étaient faites dans des choses matérielles. Tout ce qu’il ne faut pas faire.

Il faut dire, j’avais une énorme passion pour l’automobile à cette époque. Je pensais à vivre le rêve (très coûteux) jour et nuit.

La passion n’est pas totalement disparue pour autant. Certaines de ces photos ont été prises pendant mes voyages au USA. J’ai juste compris qu’il fallait être humble et profiter des expériences de la vie plutôt que des choses matérielles.

Je préfère mettre 1.000 Euros dans un voyage de 3 semaines en Slovénie, plutôt que 1.000 Euros dans des pneus de voiture !

Un déclic peut tout faire changer

Et puis j’ai commencé à faire des économies avant mon expatriation au Canada, car il le fallait bien pour me réinstaller ailleurs. J’ai fait un tableau Excel de mes dépenses, et j’ai regardé sur quoi je pouvais couper, en commençant par le plus gros.

J’ai alors vite compris qu’en coupant deux ou trois dépenses inutiles, on pouvait faire facilement, et sans trop mettre de côté le plaisir, des économies.

Les premiers 1,000 Euros ont été les plus difficiles : j’ai décidé de revendre ma coûteuse voiture pour rembourser le crédit que j’avais dessus.

Je me suis acheté une petite citadine à la place, me faisant économiser au total 300 Euros par mois (crédit + entretien). 300 Euros par mois économisés rien que pour une voiture, eh oui !

Ma voiture me coûtait aussi cher que mon loyer… La passion, le plaisir. Ou plutôt trop de plaisir ! Trop d’essence, trop d’assurance, location d’un garage pour la garer à l’abri, etc… Elle a été remplacée par une Twingo.

Et puis les 1,000 Euros suivant ont été un peu plus simples, car la machine se met en route. Aussi, voir que ça fonctionne est très motivant et aide à continuer dans ce sens.

Ça en devient comme un jeu, et puis on devient une machine à économiser. La plupart des décisions que je faisais étaient basées sur deux questions simples : est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Est-ce que ça vaut vraiment la peine de dépenser cet argent ?

1+1+1+…

Ayez un but (pourquoi je dois économiser de l’argent ?), sachez exactement combien vous gagnez et combien vous dépensez. Établissez un budget pour vos dépenses mensuelles en fonction de ce que vous devez économiser. Posez-vous la question : de tout ce que vous achetez tous les jours, toutes les semaines, tous les mois, quelles choses sont une nécessité pour vous ?

Si vous arrivez à économiser 10 Euros sur un poste et que vous en avez 5, cela fait 50 euros. Si vous ne prenez pas cette petite bière en plus dans votre bar favori, c’est peut être 5 Euros de plus sur votre compte. Et si vous cuisinez chez vous ce soir au lieu d’aller au restaurant, c’est peut être encore 40 Euros d’économisés.

En additionnant le tout, c’est déjà un bon petit paquet d’argent économisé dans votre projet. C’est ce que j’appelle le 1+1+1+… = beaucoup !

Si le chiffre 10,000 paraît trop gros et trop impossible pour vous, coupez-le par mois, par semaine ou par jour. Vous verrez que ce n’est pas si énorme que ça au final.

4000E/an = 333E/mois = 77E/semaine
6000E/an = 500E/mois = 115E/semaine
8000E/an = 666E/mois = 154E/semaine
10000E/an = 833E/mois = 192E/semaine

Dites-vous que si vous arrivez à économiser seulement 100 Euros par mois, c’est déjà 1,200 Euros de plus sur votre compte à la fin de l’année.

On a rien sans rien

Il peut arriver que votre but tombe court, qu’il vous manque encore un peu d’économies, que vous devez économiser un plus gros montant, ou que vous devez économiser sur une très courte période.

Dans ce cas, essayez de faire des heures supplémentaires au travail, comme je l’ai fait, ou de cumuler avec un autre travail à mi-temps ou le weekend. Cela peut être très compliqué, mais si votre but est suffisamment puissant et important pour vous, vous devriez arriver à relever le challenge.

Je l’ai fait au Québec où il m’est arrivé de travailler 8 jours d’affilée pour 86 heures de travail, je bossais 65 à 70 heures par semaine pendant 2 semaines par-ci par là. Quand je bossais dans l’aéronautique, je venais le samedi matin pour faire 3 ou 4 heures de plus.

C’est aussi parfois un autre prix à payer pour économiser 10000 Euros!

Le « Trou du Diable », à Shawinigan, près de Trois-Rivières. C’était en 2015. Si vous regardez mes yeux, vous ne pourrez pas rater mes cernes ! Pas facile de cumuler les semaines de 60 heures et les extras !

En Nouvelle-Zélande, j’ai rencontré une fille qui devait économiser 23,000$ pour payer son année d’études. Elle faisait 4 boulots : elle livrait des pâtisseries le matin, était libraire le jour, elle bossait dans une pizzeria le soir à mi-temps, et elle donnait des cours d’anglais à domicile en plus.

Il y a plein d’autres solutions, plus ou moins contraignantes :

  • Déménagez pour diminuer votre loyer et/ou vos factures
  • Prenez un forfait de téléphone ou d’internet moins cher
  • Comparez les assurances
  • Vendez votre voiture et prenez en une plus petite comme je l’ai fait
  • Achetez usagé (Leboncoin par exemple)
  • Vendez les objets dont vous ne vous servez pas
  • Utilisez les transports en commun ou un vélo
  • Cherchez et trouvez des activités gratuites
  • Évitez de prendre un crédit.
  • Etc…

Pour moi, le facteur le plus important pour faire des économies, c’est de ne pas avoir de crédit ! Et pour les fumeurs, arrêter de fumer (oui, je sais, facile à dire).

En tout cas, une chose est sûre, si vous restez là à ne rien faire, vos économies ne décollerons pas, à moins de gagner au Loto (1 chance sur 13 millions tout de même!).

Une fois l’objectif atteint…

…Tous les sacrifices que vous aurez fait vous seront rendus en quadruple ! Quand j’ai quitté mon travail au Québec, j’avais au total 14,000$, ce qui m’a permis de voyager pendant 12 mois d’affilée sans revenus !

J’ai traversé le Canada et les USA en voiture, je suis retourné en France, j’ai été en Indonésie, à Singapour. Puis j’ai fait mon premier PVT en Australie où j’ai travaillé 2 mois puis fait la Côte Est en 1 mois.

Chacune de ces 2 années passées à économiser pour réaliser mes projets n’a pas été facile ! J’ai du faire des sacrifices pour économiser autant en si peu de temps. Mais je ne me plain pas, loin de là. J’ai pu financer des voyages au long court, entre roadtrip et backpacking ! Que des souvenirs inoubliables !

Vue sur Jasper, depuis le mont Old Fort (1170 mètres), dans les Rocheuses Canadiennes.

Le lac Moraine, un moment incroyable lors de mon roadtrip au Canada !

Whitehaven Beach, vue depuis le Hill Inlet Loukout. L’archipel des Withsundays a été un des innombrables souvenirs magique en Australie !

Quand je suis parti de France en 2018, j’avais près de 14,000 Euros, économisés sur 15 mois. Je m’en suis servit pour partir en PVT en Nouvelle-Zélande. J’en ai dépensé 5,500 entre l’avion, les 2 premières semaines d’hébergement et de vie sur place, l’achat d’une voiture et de quelques vêtements.

Maintenant, je gagne ma vie en Nouvelle-Zélande et je ne touche plus à mes Euros depuis bientôt un an ! C’est en quelque sorte mon matelas de sauvetage, au cas où !

On ne se sent jamais plus décontracté que quand on sait qu’on a de quoi subvenir à ses besoins pour plusieurs mois sans revenus.

Lever de soleil à Opononi, dans le Northland, Nouvelle-Zélande.

En résumé

Tout ce que vous avez besoin, c’est une feuille de papier, un stylo et votre cerveau. Suivant vos revenus de départ ou votre train de vie de base, cela peut être très facile et très court tout comme très difficile et très long.

  1. Ayez un but, un projet.
  2. Sachez combien il vous faut économiser au total et par mois.
  3. Faites vos comptes en inscrivant vos dépenses mensuelles.
  4. Ne vous mentez pas et supprimez ou diminuez les dépenses trop importantes ou qui ne vous ne servent pas autant que vous le pensez.
  5. Suivez votre évolution et faites des ajustements en réitérant l’opération tous les mois.
  6. Regardez vos économies grandir et imaginez-vous en train de réaliser votre projet pour garder le cap.


J’espère que ces conseils et mon expérience personnelle vous auront aidé et que cela vous aidera à réaliser vos projet !

Et si vous devez rouler dans une vieille Citroën Saxo toute pourrie comme je l’ai fait pendant un an et demi, dites vous que vous aurez des moments bien plus agréables une fois que vous pourrez réaliser vos projets !

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je ?

Comment quitter son travail pour voyager ?

En surfant sur le net, je vis une question d’un internaute à l’apparence bête mais complexe : «Comment quitter son travail pour voyager à long terme?».

Cela m’a d’abord fait sourire. Car cette question je me la suis posée pour la première fois il y a quelques années. Mais aussi car j’ai dû me la poser différemment une seconde fois, puis encore une troisième fois et même une quatrième en l’espace de 4 ans! Je me sentais expert en la matière. C’était presque devenu une habitude, une formalité.

Tu es en intérim ? Attends la fin de la mission et ne la renouvelle pas. Tu es en CDD ? Pareil, attends la fin du contrat et ne renouvelle pas. Tu es en CDI ? Explique à ton patron/service RH et envoie ta lettre de démission en recommandé, ou trouve un arrangement à l’amiable/prend une année sabbatique.

Puis, je me suis souvenu de cette première fois et je me suis rappelé comment je stressais et toute la loyauté que j’avais envers cette entreprise pour laquelle je travaillais à l’époque.

Il faut dire, c’était ma première boîte, le début de ma carrière. Et comme pour toutes les premières fois, eh bien on tourne sept fois sa langue avant de faire une connerie, surtout pour quelqu’un comme moi qui aime mesurer en long et en large la prise de risque qui s’en suit.

On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne.

Certes, parmi toutes ces fois, toutes n’étaient pas pour voyager. Mais dans le fond, est-ce que son employeur doit savoir toute la vérité? Est-ce qu’il faut forcément lui raconter sa vie? Au début, je me disais que oui, que c’était somme toute normal, et c’est ce que j’avais fait. J’avais préparé presque toutes mes phrases à l’avance, et j’avais tout récité en appuyant bien sur les points les plus importants, quitte à devoir répéter deux fois!

Aujourd’hui, je me dis que j’étais un grand fou.

 

Pourquoi se prendre la tête quand il faut faire simple?

Il suffit de se mettre à la place de l’employeur pour comprendre. Parce que oui, au final, qu’est-ce qu’il en a à faire l’employeur? Parce que voilà ce qu’il va se passer : quelques semaines plus tard, vous serrez remplacé par un autre, votre dossier sera rangé au fond d’un placard, et quelques mois plus tard, ce sera comme si vous n’aviez jamais existé! Et plus l’entreprise sera grande, et plus ce sera vrai.

Alors pourquoi se prendre la tête à réfléchir en long et en large à comment amener le sujet, à comment négocier ou comment faire et dire je ne sais quoi? Mes amis, restez calme et soyez vous-même. Poussez la porte de ce foutu bureau, arborez votre plus grand sourire et dites ce que vous avez à dire.

Vous voyez, la solution est typiquement celle qui est facile à dire mais pas à faire, celle qui paraît couler de source et aussi simple que de dire un simple bonjour, mais où le moment venu vous bafouillez et vous mélangez tout. Vous vous retrouvez comme quand vous étiez au collège et que vous essayiez d’aborder la plus belle fille ou le plus beau mec du bahut. C’est là que toute la question prend son sens.

 

Confronté quatre fois à la question

Tout ça, je ne l’ai pas connu que la première fois, mais aussi toutes les autres fois où j’y étais confronté.

Il faut dire, je suis un timide introverti. Je suis un zéro pointé en terme de communication. Autre défaut, j’ai une mémoire aussi développée qu’un poisson rouge et j’en oublierais les mensonges que j’ai raconté deux jours plus tôt. Ah, misère!

Du coup, je fini toujours par raconter longuement le pourquoi du comment, à bien dire plusieurs fois que ce n’est pas l’entreprise mais mon projet qui fait que je m’en vais – histoire de partir bien. Avec tout le stress et la réflexion pour arriver à sortir un monologue d’une simple minute, ajouté au fait que vous avez absolument voulu en parler au meilleur moment, il se trouve que vous partez, au mieux, dans deux semaines, au pire, dans deux jours.

Du coup, votre patron vous regarde les yeux écarquillés de surprise. Vous venez de lui transmettre tout votre stress précédent. Ce virus lui monterait au cerveau bien avant de finir ce que vous avez à dire. Il tomberait de sa chaise en pensant à comment vous remplacer aussi vite. Il vous dira qu’il doit battre un record olympique pour y arriver.

C’est ce qui est arrivé les quatre fois. Et à chaque fois, je me suis dit « bordel, pourquoi je ne l’ai pas fait plus tôt », surtout dans le cas où on vous rallonge votre contrat le temps de vous trouver un remplaçant.

La première, j’étais en CDI, donc ça allait bien pour tout le monde, il y avait trois mois de préavis.

La seconde, j’étais en intérim et les missions, qui se succédaient, duraient un mois. Cette fois, ça ne posait pas non plus trop de soucis, car c’était une grande entreprise qui travaillait avec beaucoup d’intérimaires. Il y avait du stock derrière moi.

La troisième, l’entreprise était en baisse d’activité. C’était presque une aubaine pour eux! Même si ils voulaient sincèrement que je reste. Je le sais car cette fois là, j’étais au Québec : mentalité totalement différente.

La quatrième fois, c’était tout l’inverse. On croulait sous le boulot et on avait pas assez de moyens pour assurer derrière. En plus, on était une toute petite PME de trois employés, patron compris! Alors là, forcément, quand un gars se barre dans ces conditions, vous avez toutes les chances de vous alarmer si vous êtes le patron.

Et cette fois était bien sûr celle où j’aurais dû l’ouvrir dès le départ.

Enfin, tout le monde était content de parler au final. Mais tout au fond de moi, je me consolais quand même avec de la mauvaise fois.

Vue depuis le Forest Walk, Singapour.

Sur ces quatre fois, deux étaient pour partir voyager, les deux dernières. Les quatre situations étaient très différentes. Mais quelle était la véritable différence au final, puisque de toute façon vous partez!

Que ce soit pour tout et n’importe quoi, pour n’importe qu’elle excuse que vous pourriez inventer, vraie ou fausse, vous partez! La finalité est la même.

Mais malgré tout, je suis de ceux qui n’arrivent pas à s’en foutre. Et je pense que la personne qui a posé cette question sur ce forum est aussi de ce genre. Sinon, pourquoi lui traverserait-elle l’esprit? Pourquoi lui faudrait-il l’avis de personnes extérieures, et pire encore, l’avis de personnes inconnues?

Le magnifique Mont Rinjani, sur l’île voisine de Lombok. Bali, Indonésie

 

 »S’en battre les couilles »

Un jour, je traînais sur Youtube lorsque je vis une vidéo intitulée comme suit : « Comment s’en battre les couilles? ».

Le type était un bodybuilder qui ne se prenait pas du tout au sérieux et qui racontait avec un langage de jeune légèrement amélioré comment il faisait pour justement s’en battre les couilles. Il était plutôt drôle avec toutes ses expressions complètement tordues qu’il saupoudrait judicieusement au milieu d’un beau français qu’il parlait lentement. Avec son air détendu, ses grands gestes avec ses bras musclés faisaient contraste.

On aurait dit Maître Yoda dans un corps de Hulk affamé. Un spectacle à lui tout seul.

Il racontait qu’il allait à la salle de musculation habillé en « moule-bite », comme il le disait pour désigner un collant, et en maillot, le tout de couleur archi fluo, assis sur un vélo hollandais pour femme – « de tapette », avec le petit panier à l’avant. Il se coiffait rarement, « parce que c’est chiant », et ses cheveux mi-longs partaient dans tous les sens et faisaient comme une multitude de couettes nouées entre elles, pointant le ciel.

Ça, c’était pour la musculation. Mais il en racontait encore plein d’autres dans pleins de situations différentes. Je préfère vous épargner les détails.

Bref, c’était simple : il savait parfaitement qui il était, ce qu’il valait, et où il allait. Le regard et les pensées des autres ne l’atteignaient donc aucunement.

J’aimerais être comme toutes ces personnes qui s’en foutent, parfois. Parce que oui, c’est une vraie torture du cerveau! Il ne faut pas non plus avoir un cœur de pierre et envoyer chier tout le monde, mais trouver le juste milieu.

Si un jour j’arrivais juste à entrer dans le bureau comme si je rentrais chez moi, à balancer ma lettre de démission en disant plein de joie et à haute voix que je me barre en me marrant puis refermer la porte, à la manière de la fameuse publicité pour le Lotto, je serais heureux!

Ce bodybuilder complètement délirant, je suis sûr que c’est ce qu’il aurait fait à ma place!

Voilà donc mon expérience personnelle et tout ce que je peux vous donner comme motivation. Tout ceci a marché pour moi. Mais pour vous qui lisez cet article ?

Comment faire pour quitter son travail pour une longue durée ?

Eh bien je pense que la réponse à cette question ne peut venir que de soi-même. Toute situation est différente et chaque cas est différent. C’est pour ça que je n’ai que parlé de mon expérience propre. Il faut simplement se lancer. Il n’y a pas de réponse exacte, ni de truc magique. Et j’en suis désolé.

On peut s’inspirer de gens qui l’ont déjà fait, et c’est pour ça que je vous ai parlé de mes expériences. On peut demander l’avis de proches ou d’inconnus, pour nous guider. Mais la décision finale, c’est nous qui la prenons, et c’est nous qui l’appliquons, pas les autres.

Sachez juste que si vous voulez réellement quitter votre travail, pour quelque raison que ce soit, vous le ferez. Et quoiqu’il en soit, la finalité sera la même : vous partirez.

 

Toujours penser au retour !

Mais que faire du « après », que faire du retour? Allez-vous vous réinstaller dans votre pays? Allez-vous galérer pour retrouver du travail? Nul ne le sait. Personne n’a de boule de cristal fiable.

Comme pour le départ, si vous voulez du travail, vous en trouverez. Vous pourriez même avoir l’idée de faire des formations, d’en profiter pour changer de corps de métier, de vous mettre à votre compte, de postuler à nouveau pour le même type de travail. Vous serez totalement maître de votre choix.

Ce sera stressant, à peu près exactement comme au moment où vous débuterez votre voyage dans un pays inconnu.

J’ai personnellement eu la chance de retrouver du travail en 2 semaines lors de mon retour d’Australie. J’ai pris le premier job qui venait, dans ma branche. Il faut savoir « reculer » sur « l’échelle », et accepter des boulots « sales », ne pas être trop regardant. C’était de l’intérim avec des contrats à la semaine, le temps de dépanner une entreprise.

Je suis parti au bout d’un mois et demi. Je travaillais en horaires postées (3×8), dans une vieille usine mal éclairée et non chauffée si ce n’est des chauffage d’appoint (c’était en plein hiver!), et où je respirais de la poussière de fonte à longueur de journée… En plus, ça collait à la peau. Je vous laisse imaginer.

Parenthèse à part, lors de votre retour mettez toutes vos chances de votre côté. Mettez en avant le fait que votre long voyage vous a appris de nouvelles compétences comme une langue étrangère, l’organisation, la débrouillardise etc. Inscrivez-vous dans plusieurs agences d’intérim et allez-y et/ou appelez régulièrement, montrez votre motivation. Faites des candidatures spontanées, présentez-vous directement dans les entreprises, faites marcher vos contacts, etc.

Je ne vous ai sûrement rien appris là-dessus et vous vous en doutiez sûrement. Ne vous prenez pas la tête, ça ne fera pas avancer les choses. Concentrez-vous et soyez sûr de vous. Faites comme si vous cherchiez le boulot de votre vie.

En attendant cette période de retour au travail, profitez de vos mois ou années de voyage à fond!

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je ?