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7 clés pour réaliser le voyage de ses rêves, selon Antoine de Maximy

Les personnes qui connaissent l’émission « J’irai dormir chez vous » connaissent forcément Antoine de Maximy.

Dans les années 80, alors qu’il est Grand Reporter pour la télévision, il se rend compte que d’aller dans des pays sans les visiter ne lui convient pas. Il se dirige alors vers le journalisme scientifique et apprends tous les métiers de l’audiovisuel sur le tas. Entre films animaliers et expéditions scientifiques, il enchaîne 80 pays en 20 ans de métier.

Il devient ensuite présentateur d’émissions télévisées et invente l’émission « J’irai dormir chez vous ». Le principe : voyager seul à la rencontre des autochtones en leur demandant de l’héberger. Il se filme à l’aide d’un harnais portatif maintenant une caméra, ainsi que d’une petite caméra à main.

C’est aujourd’hui un des plus grands Globe-trotteur. Autant dire qu’en terme de voyage et d’expérience, il est difficile de lui arriver à la cheville.

Je vous partage 7 clés pour réaliser le voyage de sa vie avec succès, selon Antoine de Maximy ! Agrémenté de mes quelques expériences et point de vue.

Whiteheaven Beach, Australie

 

1 – Ne pas écouter les autres

« Je voulais faire de la prise de son au début, on me disait « l’oreille, tu l’as ou tu l’as pas ». C’est pas vrai, ça s’apprend ! Après, j’ai voulu passer à la caméra, on m’a dit : « mais t’es pas cameraman ! ». Eh bien, je le suis devenu ! La réalisation, c’était pareil. La présentation, on me disait « mais tu vas pas y arriver, tu ne peux pas le faire ». J’y suis arrivé ». Antoine de Maximy.

Ne pas écouter les autres, et surtout ceux qui veulent détruire votre projet alors que vous ne l’avez même pas encore expliqué. C’est simple, ce sont vos pires ennemis !

Par contre, penser à eux peut vous aider lors de moments difficiles pendant votre voyage. Ils peuvent dans certains cas vous aider à franchir les pires obstacles. Prouver à ses détracteurs les plus féroces que c’est possible !

Le pour, le contre, les passifs et les actifs. Voici comment les repérer :

  • Pour et Actif : les personnes qui seront à fond derrière vous.
  • Pour et Passif : les personnes qui comprennent ce que vous voulez faire mais qui attendent de voir les choses plus claires.
  • Contre et Passif : Les personnes qui vont critiquer, trouver des choses à dire pour tenter de démonter votre projet, qui veulent vous ramener « à la vie sur terre ». On peut les écouter car leur avis peut nous faire réfléchir quand à la faisabilité réelle. Aussi, elle peuvent mettre le doigt sur des sujets auxquels vous n’aviez pas pensé. Bonne nouvelle : on peut presque s’en nourrir !
  • Contre et Actif : Les personnes qui ne seront absolument pas touchées par votre projet de voyage, et qui feront absolument tout pour que vous ne le fassiez pas. C’est un peu les opposants, les irréductibles, les « rageux ». Pour ce dernier cas, laissez tomber, ne vous battez pas, ne perdez pas votre temps et votre énergie. Ces personnes ne changerons pas leur avis.

Le philosophe Confucius disait : « Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi, ceux qui voulaient faire la même chose, ceux qui voulaient le contraire, et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire ».

2 – Aller jusqu’au bout de ses envies

Ou quand les coups durs nous font douter ! Cela peut arriver à tout moment. Et c’est encore pire quand ils parviennent après un moment magique.

Vous tombez malade, vous vous blessez, vous vous faites voler votre argent ou votre sac, vous êtes en retard pour prendre votre bus, vous ne vous sentez plus à l’aise où vous dormez, vous ne vous sentez pas capable de faire telle ou telle chose, vous avez peur… C’est le lot des embêtements du voyage.

En effet, vous serez très souvent en dehors de votre zone de confort à faire ce que vous n’avez jamais fait et à vivre ce que vous n’avez jamais vécu. Enfin, je l’espère pour vous ! Vous allez devoir vous pousser vous-même. Vous allez augmenter votre courage, prendre de l’expérience, devenir une personne forte et mature comme jamais vous ne l’avez été auparavant, avec sa propre vision sur le monde.

C’est quelque chose que je recherche personnellement, et une des raisons pour lesquelles je voyage. Car c’est de cette manière que je me découvre sous mon vrai jour, que je me rend compte de qui je suis réellement.

Se pousser au-delà de ses retranchements, se battre contre soi, c’est primordial !

Malheureusement, on y arrive pas toujours, et c’est la réalité. On se désengage, on raccourci un trajet trop dur, on fait demi-tour, on arrête carrément tout et on rentre à la maison. ça, je ne vous le souhaite pas !

Mais ça arrive aux plus grands, même à Mike Horn qui a dû arrêter une de ses expéditions car il avait des doigts gelés qui commençaient à se gangrener.

« Il faut essayer. Parce que, si tu mets toutes tes chances de ton coté, tu as de bonnes chances d’y arriver. Bon, si tu n’y arrive pas, premièrement, tu n’auras pas de regret car tu auras au moins essayé. Deuxièmement, tu obtiendras quelque chose en retour, c’est sûr. Tu vas te faire remarque par ta combativité, par ta volonté, par ton enthousiasme… Au pire, tu n’arriveras pas à faire quelque chose, mais au moins tu auras fait quelque chose qui a été plus intéressant que si tu ne t’étais pas bougé le cul. Moi je dit : il faut y aller ! ». Antoine de Maximy.

 

3 – Même dans la plus grande galère, rester positif

« Une fois, j’étais en Ethiopie. La chaîne de ma moto a pété. Je dois pousser la moto, il fait 40 degrés, je suis limite dans la savane, et je ne sais pas où je vais finir… Mais mes caméras tournent ! Je suis dans une merde noire. Je vais peut être mettre 3 jours à revenir à la ville, mais je vais m’en sortir. J’avais une énergie positive par rapport à ça. Je me suis aperçu que je m’en sortait 10 fois mieux quand j’avais cet état d’esprit que quand je me disais que tout était fini. Cette énergie je la garde en tout temps, car je sais que tout va marcher 10 fois mieux ! ». Antoine de Maximy.

« J’appel ça « le mode content ». Tu pars du principe que tu veux l’être. Ce que tu émets, on te le renvoie. C’est très con, mais je peux vous dire que ça marche ! ». Antoine de Maximy.

Personnellement, j’appel ça « le mode québécois ». Je vous explique.

J’ai vécu près de 2 ans au Québec où je travaillais dans une très grand entreprise industrielle. Là où en France tout le monde s’énervait devant un problème, avait son venin à sortir et en profitait pour balancer sur ses collègues et ses chefs (j’ai vécu ça dans les 3 entreprises où j’ai travaillé en France), c’était tout l’inverse au Québec.

Je n’ai jamais vu un québécois s’énerver au travail ! Et figurez-vous que les problèmes étaient réglés bien plus vite de cette manière. Certes, c’est très déroutant au début.

Quand tu fais une connerie mais qu’on ne te fais aucune remarque mis à part « fait attention la prochaine fois », même si tu te retrouves dans le bureau du chef, ça fait bizarre. Quand un problème se pose et que tout le monde vient voir de quoi il en retourne et concocte sa petite solution dans son coin avant de la mettre en relation avec celles de ses collègues, dans le calme le plus total, ça fait bizarre aussi.

Mais voilà ce que ça m’a appris : la patience. Quand tu restes calme, tu peux mieux réfléchir, mieux te concentrer, c’est indéniable. Et depuis ce temps, je l’applique dès que je le peux, même si je garde mon côté « français » de temps en temps.

Imaginez-vous perdu en forêt. Vous vous énervez, vous ne pouvez plus rien faire et en plus, vous vous fatiguez pour rien. Restez calme et réfléchissez. Vous allez trouver des solutions et les mettre en action pour retrouver votre chemin.

Autre exemple plus concret : en voiture, vous croyez que coller quelqu’un, faire des zigzags ou klaxonner fera avancer les choses ?

Dans les galère, même les plus simples, rester calme vous sera de la plus grande utilité !

Levé de soleil en haut du Mont Batur, Bali, Indonésie.

 

4 – Fuir les addictions

Alcool, cigarette… Antoine nous parle même de café et de pain… ! De mon côté, je pense plus au niveau budget. Quand on cumule les dépenses en alcools ou en cigarettes ou les deux à l’année, c’est très souvent astronomique !

Je ne suis pas fumeur et je ne bois pas d’alcool. Quand je m’amuse à calculer ces dépenses que je n’ai pas, je compte le nombre de jours de voyage que je peux me payer avec ! Et je suis bien heureux de ne pas boire et de ne pas fumer, rien que pour ça !

Antoine pense plus au côté liberté quand il parle d’addiction.

« ça va à l’encontre de ma liberté. Parce que je sais que ça va me manquer le jour où je l’aurai pas, et ça, je ne supporte pas. Même à un moment le pain, je me rendais compte que quand je n’avais pas de pain, ça me dérangeait. Alors j’ai arrêté d’en manger. Donc maintenant, je m’en fiche du pain ». Antoine de Maximy.

5h30 du matin… C’est seul sur la 75 Mile Beach que je vais admirer le levé de soleil absolument magique. Parfait pour démarrer la journée !

 

5 – Se servir d’un moment difficile comme tremplin

« Un bon moment n’a jamais autant de valeur que si il est précédé d’un moment difficile. Ce qu’il faut, c’est le contraste. Vouloir avoir que des bons moments, c’est une erreur ! ». Antoine de Maximy.

Quoi de plus vrai ? Je le dit tout le temps : il faut en chier, sinon c’est pas drôle. Tous les efforts que vous ferez vous seront rendus au centuple.

Arriver au sommet d’une montagne en téléphérique, c’est fade. Se taper toute la montée à pied avec l’effort physique et mental, c’est le top ! Pour admirer un panorama à sa juste valeur, il faut l’avoir vaincu.

Forcément, dans votre voyage, tout ne sera pas rose. Qui n’a jamais eu de galère en voyage ? Le plan que vous vous êtes préparé à l’avance ne se passera jamais comme prévu. Sinon, ce serait trop beau !

Il faudra vous adapter, vous désorganiser et vous réorganiser. Et c’est là qu’on vit souvent les plus beaux moments : quand ce n’est pas prévu.

Au sommet du Gunung Agung et ses 3142 mètres d’altitude ! C’est la montagne (volcan) la plus haute et la plus sacrée de l’île de Bali., en Indonésie.

 

6 – Fuir la routine

La routine est un grand ennemi pour tout grand voyageur. Rester tout le temps au même endroit, faire tout le temps le mêmes choses, voir tout le temps les mêmes personnes… Ce n’est pas vraiment ça le but d’un voyage. Ni même le but d’une vie ?

« La vie est courte », dit-ont souvent. Certes, nous avons tous nos propres désirs, nos propres rêves, nos propres ambitions et nos propres point de vue.

Quand certains vont économiser pour une maison ou une voiture, d’autres économiseront pour voyager ou pour réaliser leur plus grand projet comme par exemple créer une entreprise. Tout est question de priorités.

La routine des uns n’est pas forcément la routine des autres.

Quoiqu’il en soit, la routine est pour moi mon pire ennemi. J’ai un grand besoin de tout le temps apprendre et découvrir de nouvelles choses et de nouveaux endroits. C’est aussi une autre raison pour laquelle je voyage.

L’exercice est en soi très simple. Les questions sont les suivantes :

  • Que veux-tu faire de ta vie ?
  • Quelles sont tes valeurs ?
  • Est-ce que ta vie actuelle te plaît et correspond à tes valeurs ?

Vous avez 4 heures 😉 🙂

« La routine, elle a cette particularité : à un moment donné, tu te retournes, tu t’aperçois que tu as fait la même chose pendant un grand moment, et que le temps est passé. Il y a un truc qu’il faut bien se mettre dans la tête : la vie on ne sait pas combien de temps ça va durer, mais ce qui est sûr, c’est que ça ne dure pas longtemps« . Antoine de Maximy.

Il donne aussi une bonne image de la routine et de la perte de temps en utilisant l’exemple des séries télévisées :

« J’ai commencé à regarder, et puis j’étais captivé. Alors je regarde 10 épisodes. Et à la fin des 10, y’a pas de fin. Alors je dis « C’est quoi, ça ? Y’a pas de fin ? ». Donc je regarde la 2ème saison, en allant à la fin. Mais y’a toujours pas de fin ! Effectivement, je passais du bon temps. Mais je ne suis pas prêt à donner tant de temps de ma vie pour faire un truc stérile qui consiste à regarder le travail d’un autre où il n’y a pas de fin ! ». Antoine de Maximy.

Posant fièrement avec mon Pédicab, en Australie. C’est un moyen de transport très efficace et rapide dans les petits centre-ville. Pedicab Driver, un métier où la monotonie est rare.

 

7 – Ne pas trop se préparer

« Quand tu ne prépares pas, tu n’as pas d’objectif ou de contrainte. Tu es donc totalement disponible. Si tu pars en vacances en été et que tu dis « Je vais voir Pierre, Paul et Jacques », eh bien tu t’es fixé toi-même une contrainte ! Et quand tu vas être sur la route entre Pierre et Paul, si tu vois quelque chose de super où tu dois t’arrêter, eh bien tu n’iras pas. Parce qu’il faut que tu ailles voir Paul et que Paul t’attends ». Antoine de Maximy.

C’est encore un excellent point de ne pas se limiter en se préparant de trop. Mais ne pas se préparer du tout peut aussi faire l’effet inverse. En disant cela, je repense à mon roadtrip aux Etats-Unis en 2015.

Ce n’était absolument pas du tout prévu. J’étais à Vancouver et je venais de finir ma traversée du Canada. Je pensais passer 5 jours dans cette ville, mais mon expérience spéciale avec mon hôte Couchsurfer et ma proximité avec la frontière m’ont fait changer tous mes plans. En l’espace de quelques heures, j’ai pris la direction de Seattle !

Et arrivé aux Etats-Unis, j’ai raté plein de merveilles ! Je ne suis même pas allé dans les parcs nationaux de Californie, ni même de l’Utah ou de l’Arizona. Une véritable honte. Je m’en veux encore aujourd’hui, c’est pour dire. Il va falloir que j’y retourne pour récupérer mes bêtises !

Bref, il faut tout de même trouver un juste milieu. En savoir un minimum permet de se sécuriser justement un minimum. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est se dire « à 11 heures du matin dans 5 jours, je suis précisément ici ». Car ça n’arrivera que si vous faites un tour organisé par une agence de voyage (et encore) !

Vue sur Jasper, depuis le mont Old Fort (1170 mètres), dans les Rocheuses Canadiennes.

 

Maintenant, vous savez tout pour voyager avec succès !

Ecoutez-vous, persévérez, restez positifs, croyez en vous, foncez !

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je ?

Chaque voyage est-il un test pour un autre ?

Vous avez déjà voyagé plusieurs fois, que ce soit quelques weekend, quelques semaines, quelques mois, voire même un tour du monde organisé sur un an.

Avez-vous un jour déjà pris un peu de recul par rapport à vos voyages passés ? Vous êtes-vous déjà demandé si, au fond, il n’y avait pas une histoire qui liait tous ces voyages entre eux ? Avez-vous déjà remarqué que chaque voyage a en fait été une étape de plus pour le prochain ?

À l’heure où j’écris ces lignes, cela fait 9 mois que je n’ai pas repris la route, la vraie route, pas celle où je pars 2 jours de weekend au Luxembourg comme j’ai pu le faire. Et je commence à prendre pas mal de recul sur mes autres voyages. Avec le temps, je remarque les véritables raisons qui m’ont poussées à faire ces voyages.

Il y a quelques mois, j’ai remarqué une chose qui m’a intriguée : il y a une histoire dans mes voyages, un cheminement logique, alors même que je ne m’en était pas vraiment rendu compte et que donc je ne l’avait pas forcément voulu. Une sorte de destin invisible et insondable, mais pourtant tout tracé.

Voici une bonne citation de l’explorateur Mike Horn : « C’est en dehors de sa zone de confort que l’on vit ». Je me reconnais tellement dans cette phrase !

Mike Horn

 

L’expérience québécoise

Tout commence avec mon expatriation au Québec.

Je me souviens encore la manière dont ça c’est passé. J’ai bien sûr réfléchi beaucoup aux conséquences aussi bien positives que négatives. Mais dans la réalité, le choix s’est fait en l’espace de 10 secondes, le temps de tourner la langue 7 fois dans la bouche et de dire un simple mot : « oui ».

Quand vous avez fini votre entretien, que vous avez passé tous les tests, qu’on vous explique tout le fonctionnement, les avantages sur place, que vous avez un bon feeling avec ce qu’on vous présente, et que votre futur employeur vous sort de sa mallette directement le contrat de travail, vous ne réfléchissez plus de trop. C’est trop alléchant.

Alors, vous dites oui, et vous signez, tout en espérant que vous n’avez pas fait la plus grosse connerie de votre vie. Vous croisez les doigts comme jamais auparavant pour que tout se passe bien. Vous faites confiance à votre instinct. Maintenant, c’est fait. Soit vous passez pour un gros c*n et un lâche et vous vous retirez, soit vous allez de l’avant en ayant des plans B.

Je ne savais pas trop ce que je faisais, je ne comprenais pas tous les enjeux. C’est ça, faire des choix. C’est se mouiller. C’est prendre des risques. C’est avancer dans l’inconnu avec les yeux bandés.

Bien sûr, je n’ai rien regretté. Jusqu’à aujourd’hui, c’est le meilleur choix de ma vie. Et c’est ça le pire. C’est qu’on a peur comme jamais, mais au final, on se rend compte qu’on est des poules mouillées et on se demande pourquoi on a pas fait ce choix avant !

Soleil couchant sur la Rue Des Forges, la rue principale du centre-ville de Trois-Rivières, la ville que j’habitais.

 

Ressentir la plus grande sensation de liberté que l’on a jamais eue… Et ses conséquences

À peine 2 ans plus tard, j’ai eu un autre choix à faire : rester au Québec pour 2 années supplémentaires, ou rentrer en France. Rentrer en France, après tout ce temps à me libérer l’esprit et à comprendre tellement de choses par l’action de m’être déraciné à l’étranger : impossible. Le retour en arrière serait trop grand. J’ai pensé à cette option pendant 30 secondes avant de l’écarter définitivement.

Non, j’avais un grand besoin d’aventure. Je vivais alors dans un espace tellement grand, qui proposait tellement d’endroits où la vie humaine n’existait pas, que ça m’attirait suffisamment pour me dire de faire quelque chose avec ça.

En m’expatriant, j’avais comme découvert un autre monde, et je ne pouvais pas le lâcher comme ça. Aussi, au Québec, j’étais proche de plein de pays considérés comme lointains depuis la France. Pourquoi ne pas en profiter pour aller visiter l’amérique centrale, par exemple ?

J’avais aussi déjà réalisé mon premier roadtrip en solo, 3 jours le long du Saint-Laurent, entre Trois-Rivières et Kégaska, dernier village côtier relié par une route. C’était une première expérience qui m’avait plu, et où j’avais déjà appris pas mal de choses, même si c’était court.

Alors j’ai eu une idée.

Pourquoi ne pas faire un roadtrip en traversant le Canada d’Est en Ouest, puis de revenir vers l’Est par une autre route, histoire d’éviter la monotonie du retour et d’en voir encore plus ? Bingo.

Sans vraiment m’en rendre compte, j’allais me servir de mes premières expériences de roadtrip pour réaliser un des plus beau voyages de ma vie à ce jour, pour ses paysages, pour son atmosphère, pour ces rencontres via le réseau CoushSurfing que j’utilisais alors pour la toute première fois.

Pire encore ! Mes expériences journalières ont même modifié le trajet, puisque je ne suis pas revenu par le Canada, mais par les USA, en faisant toute la côte Ouest, puis en faisant la diagonale Los Angeles-New York, en passant par Chicago, et par Washington DC. Quel périple !

Le Temple Mormon de Salt Lake City, Utah. Cette ville paisible, un peu perdue entre Las Vegas et Denver, est trop souvent oubliée par les voyageurs. Elle vaut réellement le détour !

 

En traversant les étendues sauvages du Canada, comme les fantastiques Rocheuses, et même les champs à perte de vue de la Saskatchewan et du Manitoba, je ne me suis jamais senti aussi libre.

Quand vous êtes tout seul au milieu de paysages tout droit sortis de comptes de fées, et que la première vie humaine ou petit village se trouve à plus de 150 kilomètres, là, vous vous demandez si ce que vous voyez et ce que vous vivez à cet instant « T » est bien réel. Vous êtes complètement émerveillé, abasourdit par la beauté et le silence qui vous entoure à 360 degrés.

Mais vous commencez aussi à réfléchir au sens de la vie. Vous commencez à réfléchir à qui vous êtes, à pourquoi vous êtes là, à pourquoi vous avez fait ça, à quelle est votre mission, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? Et surtout, comment allez-vous y arriver ? Tant de questions philosophiques que malheureusement trop peu de personnes arrivent à répondre.

Le lac Moraine, au Canada le moment le plus superlatif de tout le roadtrip !

 

Ce que j’ai aimé, c’est que mon passage aux USA, même si cela faisait partie du même voyage, a été totalement différent. Car j’ai fait beaucoup de villes, et trop peu de nature. Mais j’en suis content car, sans le savoir, cela m’a permis de comparer facilement deux types de façon de vivre : l’aventurier qui vit libre dans une cabane au fond des bois, et le citadin qui passe sa vie enfermé dans le béton et la pollution de sa ville.

Malgré la différence, j’y ai aussi vécu des expériences tout aussi extraordinaires. En tant que français, se promener à Venice Beach, arpenter les rues de San Francisco, être au pied de la Statue de la Liberté, marcher sur le Brooklyn Bridge… Peu de monde n’en a jamais rêvé.

Mais j’ai aussi découvert un visage différent des USA : celui de la pauvreté, dont on parle très peu. Car la disparité entre riches et pauvres dans ce pays est carrément énorme. Je n’aurai jamais pensé à ce point là. Il faut le voir pour le croire.

 

De retour au Québec, je n’étais pas super heureux. J’avais vécu 2 mois absolument formidables, comme jamais je n’aurais pensé ou espéré. Encore aujourd’hui, c’est les 2 plus beaux mois de ma vie.

J’avais mon billet de retour pour Paris. Je faisais la moue !

Mais voilà, il fallait passer par là, ça faisait partie du plan.

Mais de quel plan, au juste ?

 

Le plan de l’Australie

Je pense que dans le cheminement de mes voyages, tout réside en une phrase : savoir si je suis capable.

Bien sûr, il n’y a pas que ce point, mais c’est le principal. N’oublions pas les autres bienfaits du voyage : liberté, flexibilité, se découvrir autrement, découvrir le monde tel qu’il est et non tel qu’on nous le décrit, remettre les pieds sur terre, sortir de sa zone de confort, …

Ce sont des tests. Je me lance des challenge à moi-même. C’est comme si je me créais des obstacle pour savoir si j’allais m’en sortir. À chaque fois que je repars en voyage, j’augmente les difficultés. Mais je ne sais pour quelle raison, je ne m’en rend compte que après.

Le plan de l’Australie, il était en réalité très simple : faire la même chose qu’au Québec (certes avec un type de Visa différent), mais en encore plus dur.

Je savais déjà que j’étais capable de m’adapter à un pays que je ne connaissais pas. Mais en arrivant au QC, je n’avais rien eu à faire : on m’attendais, on allait m’aider à faire les démarches sur place, j’avais déjà mon contrat de travail, je savais déjà où j’allais loger, où j’allais travailler, etc. Clairement, je n’ai pas trop stressé.

Le matin du départ, le hasard faisant bien les choses, je rencontrais Joh et Max du blog « Joh&Max autour du monde » à l’aéroport. Ils partaient au Canada, à l’assaut de Vancouver et ses nombreuses merveilles. En même temps de parler de nos voyages respectifs, ils m’ont bien aidé ! Penser à autre chose, ça fait passer un peu le stress.

Le stress a un peu disparut, je n’avais plus qu’a récupérer une mauvaise nuit !

 

Quand j’allais débarquer en Australie : rien, nada, niet, que dalle. Moi, mon CV et… On verra bien ! Les risques étaient bien plus grands. Là, j’ai stressé !

Je prenais des risques de partir vers l’inconnu, comme quand je suis parti au Québec. Des risques encore et toujours plus grands. Mais il y avait tout de même une différence de taille : les risques étaient maintenant mesurés.

Il y a un nombre considérable de monde qui part en Australie en PVT, comme je le faisais. Alors je me suis renseigné auprès de gens qui ont déjà eu l’expérience là bas, voire même auprès de spécialiste comme Damien Delemarle, de l’Océanie pour les Zéros, de plus en plus connu sur les sujets des PVT en Australie et en Nouvelle Zélande. L’aide de tous ces gens m’a été plus que précieuse, et a enlevé pas mal de mon stress.

Mais arrivé sur place, je n’avais bien sûr pas de travail. Je n’avais pas un gros budget non plus, et ça peut de monde le savait : à peine 3.500 Euros, en me gardant en plus 2.000 Euros bien au chaud, au cas où je doive repartir en urgence. Et avec 3.500 Euros, dans un pays comme l’Australie, vous êtes plutôt pauvre !

Il fallait que me démerde. J’ai dû faire plein de choses que je n’avais jamais faites auparavant. Je suis sorti de ma zone de confort.

J’ai même finalement exercé un métier où le contact était primordial alors que je suis de nature assez timide et introvertie. En plus, c’était dans un environnement de fête assez débridé auquel j’adhère assez peu.

Et pourtant, ça a peut être été la plus belle expérience de travail de ma vie ! Pourquoi ? Parce que j’étais à des années-lumière de ma zone de confort… CQFD.

Bref, c’était ça le deal : où tu trouves du boulot et ton voyage sera de la bombe, où tu ne trouves pas de boulot et l’aventure est finie. Voyons comment tu t’en sors.

Coucher de soleil dans le Red Center. Au loin, le rocher sacré de Uluru, un haut lieu de la culture Aborigène.

 

Le prochain test

C’est donc comme ça que je me suis dit qu’il y avait une évolution dans mes voyages. Ils sont de plus en plus remplis d’obstacles, mais des obstacles mesurés. Ils sont aussi de plus en plus excitants !

Je ne sais pas pour vous, mais essayez de chercher de votre côté aussi, ça peut être intéressent de voir la façon avec laquelle vos voyages évoluent.

J’ai tout d’abord prit le risque de m’expatrier dans un pays que je ne connaissais pas, mais en ayant pas beaucoup de stress par rapport à mon arrivée car j’avais déjà du travail et un logement.

Puis, j’ai pris le risque de démissionner. Je suis alors parti en roadtrip au Canada et aux USA, me montrant qu’une autre vie était possible : celle de l’aventure et de la liberté. J’ai aussi beaucoup évolué dans ma tête et sur ma vision du monde, déjà au Québec, mais encore plus durant ce voyage.

En Australie, je me suis lancé le défi de trouver du travail dans un pays que je ne connaissais pas, et où on ne parlais pas ma langue maternelle (encore plus dur !).

J’ai même eu un autre test auquel je ne pensais pas trop : celui de me réinstaller en France. Parce qu’une fois revenu en France, il a bien fallut trouver du travail à nouveau. L’argent ne tombe pas du ciel ! Il m’en restait dailleurs peu. Il fallait que je fasse très vite. Et là, personnellement, je ne sais pas quelle expérience a été la plus dure : s’installer en Australie ou se réinstaller en France ?

 

Alors, quel est le prochain test ?

Il est encore secret… Eh oui, désolé ! Mais j’y pense depuis environ Septembre 2016.

En fait, je m’étais déjà posé la question de la faisabilité quand j’étais dans les Rocheuses Canadiennes en 2015, mais j’ai pris ce projet pour un truc de fou que personne n’avait jamais réussi.

Mais avec le temps, les rencontres et les recherches, je me suis rendu compte qu’en fait c’était possible, et que quelques personnes le font déjà.

Je travaille dessus depuis Octobre 2016. Je dirai qu’aujourd’hui (Juin 2017), je suis prêt à 80% pour la suite de mes aventures.

En fait, j’ai prit tous les tests précédents, j’ai enlevé quelques petites choses, et j’en ai rajouté d’autres choses, plein d’autres choses qui vont me mettre plein de bâtons dans les roues. Mais c’est voulu. Et surtout, c’est faisable.

Plus spécialement, ce prochain voyage, ce sera le voyage de ma vie. Ce ne sera pas réellement le but de ma vie, mais ce sera l’étape la plus importante dans mon but.

Quand ce projet sera lancé, je vous en ferait part, et il y aura une partie spécialement dédiée sur le blog !

Coucher de soleil à Kuta, Bali, Indonésie

 

Et vous, est-ce que vous vous lancez des objectifs et des défis dans vos voyages ? Est-ce que vos voyages ont une histoire, un point commun ? Est-ce que vous voyagez pour voyager ou pour vous prouvez quelque chose ?

Je serai heureux de voir tout ça dans les commentaires et d’en discuter avec vous !

À bientôt !

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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