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Comment quitter son travail pour voyager ?

En surfant sur le net, je vis une question d’un internaute à l’apparence bête mais complexe : «Comment quitter son travail pour voyager à long terme?».

Cela m’a d’abord fait sourire. Car cette question je me la suis posée pour la première fois il y a quelques années. Mais aussi car j’ai dû me la poser différemment une seconde fois, puis encore une troisième fois et même une quatrième en l’espace de 4 ans! Je me sentais expert en la matière. C’était presque devenu une habitude, une formalité.

Tu es en intérim ? Attends la fin de la mission et ne la renouvelle pas. Tu es en CDD ? Pareil, attends la fin du contrat et ne renouvelle pas. Tu es en CDI ? Explique à ton patron/service RH et envoie ta lettre de démission en recommandé, ou trouve un arrangement à l’amiable/prend une année sabbatique.

Puis, je me suis souvenu de cette première fois et je me suis rappelé comment je stressais et toute la loyauté que j’avais envers cette entreprise pour laquelle je travaillais à l’époque.

Il faut dire, c’était ma première boîte, le début de ma carrière. Et comme pour toutes les premières fois, eh bien on tourne sept fois sa langue avant de faire une connerie, surtout pour quelqu’un comme moi qui aime mesurer en long et en large la prise de risque qui s’en suit.

On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne.

Certes, parmi toutes ces fois, toutes n’étaient pas pour voyager. Mais dans le fond, est-ce que son employeur doit savoir toute la vérité? Est-ce qu’il faut forcément lui raconter sa vie? Au début, je me disais que oui, que c’était somme toute normal, et c’est ce que j’avais fait. J’avais préparé presque toutes mes phrases à l’avance, et j’avais tout récité en appuyant bien sur les points les plus importants, quitte à devoir répéter deux fois!

Aujourd’hui, je me dis que j’étais un grand fou.

 

Pourquoi se prendre la tête quand il faut faire simple?

Il suffit de se mettre à la place de l’employeur pour comprendre. Parce que oui, au final, qu’est-ce qu’il en a à faire l’employeur? Parce que voilà ce qu’il va se passer : quelques semaines plus tard, vous serrez remplacé par un autre, votre dossier sera rangé au fond d’un placard, et quelques mois plus tard, ce sera comme si vous n’aviez jamais existé! Et plus l’entreprise sera grande, et plus ce sera vrai.

Alors pourquoi se prendre la tête à réfléchir en long et en large à comment amener le sujet, à comment négocier ou comment faire et dire je ne sais quoi? Mes amis, restez calme et soyez vous-même. Poussez la porte de ce foutu bureau, arborez votre plus grand sourire et dites ce que vous avez à dire.

Vous voyez, la solution est typiquement celle qui est facile à dire mais pas à faire, celle qui paraît couler de source et aussi simple que de dire un simple bonjour, mais où le moment venu vous bafouillez et vous mélangez tout. Vous vous retrouvez comme quand vous étiez au collège et que vous essayiez d’aborder la plus belle fille ou le plus beau mec du bahut. C’est là que toute la question prend son sens.

 

Confronté quatre fois à la question

Tout ça, je ne l’ai pas connu que la première fois, mais aussi toutes les autres fois où j’y étais confronté.

Il faut dire, je suis un timide introverti. Je suis un zéro pointé en terme de communication. Autre défaut, j’ai une mémoire aussi développée qu’un poisson rouge et j’en oublierais les mensonges que j’ai raconté deux jours plus tôt. Ah, misère!

Du coup, je fini toujours par raconter longuement le pourquoi du comment, à bien dire plusieurs fois que ce n’est pas l’entreprise mais mon projet qui fait que je m’en vais – histoire de partir bien. Avec tout le stress et la réflexion pour arriver à sortir un monologue d’une simple minute, ajouté au fait que vous avez absolument voulu en parler au meilleur moment, il se trouve que vous partez, au mieux, dans deux semaines, au pire, dans deux jours.

Du coup, votre patron vous regarde les yeux écarquillés de surprise. Vous venez de lui transmettre tout votre stress précédent. Ce virus lui monterait au cerveau bien avant de finir ce que vous avez à dire. Il tomberait de sa chaise en pensant à comment vous remplacer aussi vite. Il vous dira qu’il doit battre un record olympique pour y arriver.

C’est ce qui est arrivé les quatre fois. Et à chaque fois, je me suis dit « bordel, pourquoi je ne l’ai pas fait plus tôt », surtout dans le cas où on vous rallonge votre contrat le temps de vous trouver un remplaçant.

La première, j’étais en CDI, donc ça allait bien pour tout le monde, il y avait trois mois de préavis.

La seconde, j’étais en intérim et les missions, qui se succédaient, duraient un mois. Cette fois, ça ne posait pas non plus trop de soucis, car c’était une grande entreprise qui travaillait avec beaucoup d’intérimaires. Il y avait du stock derrière moi.

La troisième, l’entreprise était en baisse d’activité. C’était presque une aubaine pour eux! Même si ils voulaient sincèrement que je reste. Je le sais car cette fois là, j’étais au Québec : mentalité totalement différente.

La quatrième fois, c’était tout l’inverse. On croulait sous le boulot et on avait pas assez de moyens pour assurer derrière. En plus, on était une toute petite PME de trois employés, patron compris! Alors là, forcément, quand un gars se barre dans ces conditions, vous avez toutes les chances de vous alarmer si vous êtes le patron.

Et cette fois était bien sûr celle où j’aurais dû l’ouvrir dès le départ.

Enfin, tout le monde était content de parler au final. Mais tout au fond de moi, je me consolais quand même avec de la mauvaise fois.

Vue depuis le Forest Walk, Singapour.

Sur ces quatre fois, deux étaient pour partir voyager, les deux dernières. Les quatre situations étaient très différentes. Mais quelle était la véritable différence au final, puisque de toute façon vous partez!

Que ce soit pour tout et n’importe quoi, pour n’importe qu’elle excuse que vous pourriez inventer, vraie ou fausse, vous partez! La finalité est la même.

Mais malgré tout, je suis de ceux qui n’arrivent pas à s’en foutre. Et je pense que la personne qui a posé cette question sur ce forum est aussi de ce genre. Sinon, pourquoi lui traverserait-elle l’esprit? Pourquoi lui faudrait-il l’avis de personnes extérieures, et pire encore, l’avis de personnes inconnues?

Le magnifique Mont Rinjani, sur l’île voisine de Lombok. Bali, Indonésie

 

 »S’en battre les couilles »

Un jour, je traînais sur Youtube lorsque je vis une vidéo intitulée comme suit : « Comment s’en battre les couilles? ».

Le type était un bodybuilder qui ne se prenait pas du tout au sérieux et qui racontait avec un langage de jeune légèrement amélioré comment il faisait pour justement s’en battre les couilles. Il était plutôt drôle avec toutes ses expressions complètement tordues qu’il saupoudrait judicieusement au milieu d’un beau français qu’il parlait lentement. Avec son air détendu, ses grands gestes avec ses bras musclés faisaient contraste.

On aurait dit Maître Yoda dans un corps de Hulk affamé. Un spectacle à lui tout seul.

Il racontait qu’il allait à la salle de musculation habillé en « moule-bite », comme il le disait pour désigner un collant, et en maillot, le tout de couleur archi fluo, assis sur un vélo hollandais pour femme – « de tapette », avec le petit panier à l’avant. Il se coiffait rarement, « parce que c’est chiant », et ses cheveux mi-longs partaient dans tous les sens et faisaient comme une multitude de couettes nouées entre elles, pointant le ciel.

Ça, c’était pour la musculation. Mais il en racontait encore plein d’autres dans pleins de situations différentes. Je préfère vous épargner les détails.

Bref, c’était simple : il savait parfaitement qui il était, ce qu’il valait, et où il allait. Le regard et les pensées des autres ne l’atteignaient donc aucunement.

J’aimerais être comme toutes ces personnes qui s’en foutent, parfois. Parce que oui, c’est une vraie torture du cerveau! Il ne faut pas non plus avoir un cœur de pierre et envoyer chier tout le monde, mais trouver le juste milieu.

Si un jour j’arrivais juste à entrer dans le bureau comme si je rentrais chez moi, à balancer ma lettre de démission en disant plein de joie et à haute voix que je me barre en me marrant puis refermer la porte, à la manière de la fameuse publicité pour le Lotto, je serais heureux!

Ce bodybuilder complètement délirant, je suis sûr que c’est ce qu’il aurait fait à ma place!

Voilà donc mon expérience personnelle et tout ce que je peux vous donner comme motivation. Tout ceci a marché pour moi. Mais pour vous qui lisez cet article ?

Comment faire pour quitter son travail pour une longue durée ?

Eh bien je pense que la réponse à cette question ne peut venir que de soi-même. Toute situation est différente et chaque cas est différent. C’est pour ça que je n’ai que parlé de mon expérience propre. Il faut simplement se lancer. Il n’y a pas de réponse exacte, ni de truc magique. Et j’en suis désolé.

On peut s’inspirer de gens qui l’ont déjà fait, et c’est pour ça que je vous ai parlé de mes expériences. On peut demander l’avis de proches ou d’inconnus, pour nous guider. Mais la décision finale, c’est nous qui la prenons, et c’est nous qui l’appliquons, pas les autres.

Sachez juste que si vous voulez réellement quitter votre travail, pour quelque raison que ce soit, vous le ferez. Et quoiqu’il en soit, la finalité sera la même : vous partirez.

 

Toujours penser au retour !

Mais que faire du « après », que faire du retour? Allez-vous vous réinstaller dans votre pays? Allez-vous galérer pour retrouver du travail? Nul ne le sait. Personne n’a de boule de cristal fiable.

Comme pour le départ, si vous voulez du travail, vous en trouverez. Vous pourriez même avoir l’idée de faire des formations, d’en profiter pour changer de corps de métier, de vous mettre à votre compte, de postuler à nouveau pour le même type de travail. Vous serez totalement maître de votre choix.

Ce sera stressant, à peu près exactement comme au moment où vous débuterez votre voyage dans un pays inconnu.

J’ai personnellement eu la chance de retrouver du travail en 2 semaines lors de mon retour d’Australie. J’ai pris le premier job qui venait, dans ma branche. Il faut savoir « reculer » sur « l’échelle », et accepter des boulots « sales », ne pas être trop regardant. C’était de l’intérim avec des contrats à la semaine, le temps de dépanner une entreprise.

Je suis parti au bout d’un mois et demi. Je travaillais en horaires postées (3×8), dans une vieille usine mal éclairée et non chauffée si ce n’est des chauffage d’appoint (c’était en plein hiver!), et où je respirais de la poussière de fonte à longueur de journée… En plus, ça collait à la peau. Je vous laisse imaginer.

Parenthèse à part, lors de votre retour mettez toutes vos chances de votre côté. Mettez en avant le fait que votre long voyage vous a appris de nouvelles compétences comme une langue étrangère, l’organisation, la débrouillardise etc. Inscrivez-vous dans plusieurs agences d’intérim et allez-y et/ou appelez régulièrement, montrez votre motivation. Faites des candidatures spontanées, présentez-vous directement dans les entreprises, faites marcher vos contacts, etc.

Je ne vous ai sûrement rien appris là-dessus et vous vous en doutiez sûrement. Ne vous prenez pas la tête, ça ne fera pas avancer les choses. Concentrez-vous et soyez sûr de vous. Faites comme si vous cherchiez le boulot de votre vie.

En attendant cette période de retour au travail, profitez de vos mois ou années de voyage à fond!

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je ?

Quelle est votre mission ?

8 Octobre 2016.

Cela fait un an jour pour jour que je suis revenu d’un pays qui m’était totalement inconnu : l’Australie. Un trip de 4 mois, ce qui peut paraître court en apparence. Mais ce que j’ai appris, c’est que 4 mois de voyage en sac à dos, c’est l’équivalent de 4 années d’une vie normale et du double pour une vie métro-boulot-dodo.

Je repense à ces pays que j’ai visité, auxquels je me suis familiarisé, et parfois auxquels je m’étais intégré si rapidement et fortement que c’était comme si j’y vivais depuis des années.

J’ai rencontré, côtoyé et partagé avec d’autres voyageurs du monde entier, d’horizons totalement différents. Non seulement de nouveaux endroits, de nouvelles cultures, de nouvelles habitudes m’ont changé, mais ces rencontres successives ont littéralement explosé les barrières mentales que j’avais. Elles m’ont donné une autre vision. Elles m’ont fait comprendre que si les autres peuvent le faire, c’est que je peux le faire aussi.

Aujourd’hui, je suis la personne qui pense que tout est possible. Je n’ai plus de barrière. Je suis maître de ma vie. J’ai fait des choix pour ça, parfois durs aussi bien pour moi que pour les autres. J’en subi encore certaines conséquences aujourd’hui, mais je l’ai choisi et malgré tout, je suis heureux comme ça parce que j’ai plus de libertés.

La magie de la nature, au Middle Joffre Lake, Colombie-Birtannique, Canada.

J’ai commencé doucement par partir bosser à 400 kilomètres de chez moi, sans savoir où ça allait me mener. Puis, j’ai carrément traversé l’Atlantique pour passer près de 2 ans au Québec. Ceci a produit un changement dans ma vie comme jamais je ne l’aurais pensé.

Vivre et évoluer à plus de 7000 kilomètres de tout ce que je connaissais et de toutes mes habitudes a totalement bouleversé ma vision sur le monde et sur ma personne. Il s’est produit un genre de « reset ». C’était le départ de ma nouvelle vie, de la vraie vie, selon moi. Une vie qui correspondait à mes valeurs que j’avais enfin trouvées, qui répondait à ma propre définition de ce qu’est la « liberté ».

J’ai salué mes collègues, j’ai pris ma voiture, j’ai traversé le Canada d’Est en Ouest. Puis, alors que ce n’était pas prévu, j’ai descendu toute la côte Ouest américaine et traversé d’une diagonale Ouest-Est les Etats-Unis. C’est la première fois que je me sentais aussi libre, où pour la première fois je pouvais décider absolument de tout ce que je voulais faire à tout instant de la journée ou même de la nuit.

Cette liberté qui me laissait aller où je voulais n’importe quand est le meilleur sentiment que je n’ai jamais ressenti. J’étais le héro de ma vie, et personne ne pouvais me dire quoi que ce soit.

Aussi cette immensité qu’il y a au Canada, surtout dans les Rocheuses. Quand vous êtes tout seul sur 200 kilomètres à la ronde, au milieu de montagnes tellement impressionnantes qu’elles semblent vous tomber dessus, mais aux décors tellement beaux que vous ne savez plus quoi penser ni quoi dire… C’est vous avec vous-même, et rien d’autre. Inévitablement, vous vous mettez a réfléchir… Des sensations incroyables.

Le lac Moraine, le moment le plus superlatif de tout le roadtrip !

Après cette expatriation et ce voyage très enrichissant humainement et époustouflant visuellement, retour en France.

Choc des cultures. Horrible.

C’est là que j’ai compris, et surtout appris, que ce fameux « choc des cultures » n’existe pas que dans un seul sens.

Revenir dans son pays et ne plus s’y sentir chez soi, c’est dur. Et c’est encore plus dur quand on ne s’y attends pas, mais alors vraiment pas. J’ai vraiment pris une grosse claque en revenant. Je redécouvrais simplement mon propre pays avec une autre vision. Je n’avais pas oublié les images, les paysages, ce à quoi ressemble la France visuellement. J’avais juste oublié la mentalité et le comportement des gens.

« Mais comment font les gens pour vivre ici ??? ». C’est la première question que je me suis posée. La seconde : « Comment j’ai fait pour vivre ici pendant 25 ans ??? ». J’avais sous mes yeux un bordel sans nom. Autour de moi, plein de monde qui ne me semblait pas humain tellement c’était rempli de morosité et d’agressivité.

Je n’ai pas mis longtemps à ne plus me sentir à l’aise chez moi. Dès la douane à l’aéroport, ça commençait. Pas un sourire, pas un bonjour, pas un regard, pas un bienvenue chez vous. Au lieu de ça, j’ai eu droit à un « enlevez votre casquette !! », sur un ton hautain, grave, nerveux, froid, irrespectueux, et tout ce que vous voulez.

Puis ça n’a pas arrêté. Tout m’a sauté aux yeux d’un seul coup, en quelques minutes. Un enchaînement fou. « Quel peuple froid, distant, et stressé », je me disais dans la gare de train, à peine 30 minutes après mes premières observations.

Sorti de la gare de TGV, il fallait que je prenne une navette de bus pour rejoindre ma ville. Il y’avait une file pour mettre les bagages dans la soute. « Mais quel peuple irrespectueux et incivilisé ! », me disais-je. Ici, on ne fait pas la queue tranquillement, on pousse tout le monde, on passe devant tout le monde, on insulte !

Il y’avait une dame africaine qui avait du mal à mettre sa valise seule dans la soute. J’étais tout au bout de la file. Qu’ont fait les gens derrière elle ? « Allez, là !! Dépêchez-vous !! On a pas que ça à faire !! ». Et la nana était là toujours a galérer avec sa valise. « Bon, alors ? ça y’est ?? Vous avez fini ?? ».

IL N’Y A PAS UN CON QUI PEUT BOUGER SON CUL POUR L’AIDER A METTRE SA VALISE AU LIEU DE LUI GUEULER DESSUS BORDEL ???

Voilà. Je vous ai résumé mon retour au pays… Et ce n’était que le début !

Où sont les sourires, la bonne humeur, la communication ? Bref, je vais m’arrêter là, car le portrait que je fais de mon pays n’est pas rose du tout, tout comme bon nombre d’expatriés qui reviennent, malheureusement. Il suffit d’aller voir leurs témoignages sur les sites internet et forums dédiés à l’expatriation. Le nombre d’entre eux qui repartent à nouveau est sidérant. Et aujourd’hui, je peux dire que je les comprends !

Chalet de la Tonka, col de Vrsic, Slovénie

Depuis ce retour en Décembre 2015, ma vision d’horreur ne s’est pas arrangée.

Bien sûr, nous avons plein de supers trucs en France, j’en suis tout à fait conscient. Mais je le dit, malgré tout ça, j’ai honte de mon pays ! Et je comprends pleinement les remarques que l’on fait sur nous à l’étranger (par exemple, « les arrogants » pour les canadiens, « les voleurs » pour les australiens, « les radins » pour les américains…).

Je vous passe mes recherches d’emploi que j’ai du faire avec l’aide de gens jaloux, totalement désintéressés, à la zone de confort aussi riquiqui qu’un raisin sec, et à l’esprit aussi fermé qu’une porte de coffre fort…

Je me suis barré au bout de 5 mois. C’était bien plus simple a gérer ! Bon, heureusement, c’était un peu prévu tout de même.

Nouveau départ pour ma première expérience de PVT (Permis Vacances Travail), en Australie. Bien sûr, j’étais stressé, pas assez confiant. Je me rappel comme si c’était hier parcourir les hôtels, bars et restaurants avec mes CV à la main. Je n’avais jamais fait ça de ma vie. Même si j’avais de bonnes bases, je n’étais pas super à l’aise en anglais. Autant dire que la confiance en moi, on repérait à 3 kilomètres que je ne l’avais pas. Quand je pense que la première phrase que je disais était « je cherche du boulot »… Quel tact ! A ne pas refaire.

J’ai fait des erreurs malgré toute ma préparation en amont, et la plus grosse : ne pas croire en moi, ne pas aller jusqu’au bout. Je l’ai appris pour la prochaine fois !

Mais la première mission était tout de même remplie : trouver un emploi en Australie. Qui à ce jour, est le meilleur emploi de ma vie, malgré les conditions difficiles aussi bien physiques que psychiques. Car cet emploi, la routine, c’était pas sa définition ! Tout le temps en action, dans une ambiance fêtarde où il ne fallait pas avoir trop froid aux yeux, avec des collègues au top. Une vraie équipe de choc, toujours soudée, que je n’oublierai jamais.

Je me suis éclaté comme jamais, j’ai rencontré des gens extraordinaires, j’ai vécu des moments incroyables (dans tous les sens du terme) et j’ai pu visiter le pays avec les économies réalisées. Un rêve éveillé. Seulement, ça n’a duré que 3 mois au total, plus 1 mois en Indonésie et à Singapour. Mais le fait d’avoir réussi mon pari de trouver un job dans un pays où je ne maîtrisais pas forcément la langue m’a prouvé beaucoup de choses.

Les gens que j’ai rencontré pendant ces 4 mois m’ont apporté autant de richesse, de connaissance et d’ouverture d’esprit que jamais je n’aurais pu avoir en si peu de temps.

4 mois à l’étranger m’ont plus changé que 4 ans enfermé dans un bureau !

Whitehaven Beach, vue depuis le Hill Inlet Loukout. L’archipel des Withsundays a été un des innombrables souvenirs magique en Australie !

Avec mes erreurs, j’ai dû rentrer en France bien plus tôt que prévu. Famille et amis, qui me croyaient parti un an, étaient quelque peu surpris. Et moi, en grand introverti, je n’ai pas raconté les détails ni vraiment expliqué les raisons qui ont menés à ce retour si précoce.

Pour le reste, rebelote, choc des cultures. Horrible. Mais ça c’est un peu mieux passé car je savais, cette fois-ci, à quoi m’attendre ! Je m’étais préparé psychologiquement avant.

J’ai pu retrouver du travail en 3 semaines. Bon, j’ai pris ce qui me venait, donc c’était pour le coup ma pire expérience de travail. Mais là, j’ai tout de même travaillé avec des gens qui, en-dehors du travail, étaient des personnes vraiment simples, intéressantes et ouvertes. C’est grâce à ces personnes si j’ai pu tenir 1 mois et demi ! Les circonstances ont fait que j’ai trouvé un autre travail directement dans la foulée. Des fois, la vie est bien faite.

Octobre 2017, 1 an après, c’est à dire à peut près au jour où j’écris ces lignes (oui j’ai mis du temps à publier cet article !!), je suis au point mort. Enfin, je ne sais pas si je suis au point mort, ou si je suis mort tout simplement. C’est presque une catastrophe.

Vous savez, cette fleur magnifique qu’on a cessé d’arroser au fond du jardin. Voilà comment je me sens.

Je fais face à de nombreux problèmes difficiles a gérer, et ce depuis quelques mois.

  • Vous avez tellement changé que vos amis ne vous reconnaissent plus et que vous avez l’impression que vous-même vous ne les avez jamais connu. Croyez-moi, c’est une des sensations les plus étranges !
  • Vos autres amis sont partis eux aussi, soit l’exploration du monde, soit pour le boulot. Mais ça, je ne peux pas les en blâmer !
  • Votre famille ne comprend pas votre état d’esprit car vous voulez tout le temps partir à l’autre bout du monde et la retraite vous n’y pensez pas. En effet, de nombreux événements économiques et sociologiques ont démontrés qu’il ne faut rien attendre de l’Etat, mais se préparer soi-même.
  • Vous pétez un plomb car tout ce que vous faites et tout ce qu’il se passe ne correspond en rien à vos valeurs et à votre vision. En gros, vous perdez votre temps.

Ma conclusion est simple : ma vie actuelle est pourrie et j’arrive même à me sentir un peu seul alors que je suis quelqu’un de naturellement introverti. Ma question est simple mais primordiale : qu’est ce que je fais ici ? Pourquoi continuer dans cet environnement ?

Mes rares moments où je me ressource et me sors un peu la tête de tout ça, c’est en partant seul pour un weekend, dans la nature. C’est dans la nature que je me ressource le mieux, seul et le plus loin possible de toute personne. Je me déconnecte complètement. Je fais le point, je réfléchi, je me pose des questions, j’essaie de me projeter, je pense à mes projets… Tout en contemplant de beaux paysages qui aident à me libérer et stimulent ma créativité.

Le plus dur pour moi a été les amis. Sûrement parce que je ne m’y attendais pas, encore une fois. Quand vous partez en voyage pour une certaine durée, vous évoluez d’une manière totalement différente de si vous restiez dans votre zone de confort habituelle. Ce n’est pas contre eux, car bien sûr, chacun choisi ce qu’il veut faire de sa vie, a ses priorités et ses empêchements.

Quand je pense qu’avant je rêvais de rouler dans une rutilante voiture d’exception, d’avoir une belle maison en bord de plage, et encore tous ces autres trucs matérialistes qui aujourd’hui pour moi ne servent strictement à rien. C’est de l’argent dépensé dans des choses futiles, une sorte de château-fort pour cacher notre misère et notre mal-être. « Il faut être comme lui/elle ». Mais lui/elle, est-il/elle heureux(se)? Et par heureux, je veux dire pas par ce que l’on montre, mais par ce que l’on ressent et vit réellement.

J’ai compris que moins on avait de possession, moins on avait peur de perdre, et donc plus on était libre. Parce que ce qu’il faut acheter, c’est des expériences de vie, pas des objets ni des possessions.

Quand je pense qu’avant, j’avais un esprit aussi fermé qu’une huître, que je ne voyais pas plus loin que le bout de mon nez. Sincèrement, même à 25 ans, j’étais comme un ado. J’en connais qui peuvent le confirmer. Quand j’y repense aujourd’hui, je suis furieux contre moi. Il faut bien commencer quelque part. La réponse à mon moi d’avant, je l’ai aujourd’hui à 29 ans :

  1. Je ne savais pas qui j’étais.
  2. Je ne savais pas ce que je voulais.
  3. Je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie.

Et bien évidemment, si je n’avais pas eu les cou***es de partir m’expatrier au Québec puis de faire tous ces autres voyages, j’en serais certainement toujours là !!

La vue depuis le centre de saut à ski de Planica, Slovénie.

Parce que oui, il faut en avoir dans le sac.

Tous les gens qui me disent que je suis fou, qu’ils ont peur pour moi, qu’ils ne feraient jamais ce que je fais, qui sont sceptiques, et celles et ceux qui hésitent à se lancer… Je vous comprends ! Et même très bien, parce que je suis passé par là. Que ce soit une expatriation ou une année à l’étranger, je sais très bien que faire ce pas, c’est un peu sauter dans le vide avec un parachute « très légèrement » défectueux.

On démarre tous ignorants, c’est normal !

Je me suis lancé, j’ai testé, j’ai appris, maintenant je connais le sujet. Et j’encourage tout le monde à faire pareil ! Vivez vos rêves, saisissez les opportunités, foncez. Tuer un projet dans l’œuf c’est la pire des choses !

J’ai appris en voyageant que c’est quand on sort de sa zone de confort que l’on Vit et que l’on est la personne que l’on Est ! C’est là que je suis libre, parce que je suis le vrai Moi. Je ne me pose plus de question, je ne me demande plus si je parais bien, je ne réfléchi plus à ce que je vais dire ou à ce que je vais faire. Je ne suis plus ce quelqu’un qui fait semblant de, qui essaie de faire comme.

C’est ça qui est important. Il ne faut pas simplement exister, il faut VIVRE. Il ne faut pas se renfermer dans un faux-semblant, il faut être soi, tel que l’on est.

« On se créé des prisons où on se force à ne pas sortir. C’est ça la zone de confort, et c’est de ça qu’on a peur. Mais une fois qu’on en sort, on découvre qu’il y a un autre monde, celui de la liberté » – Mike Horn.

Plus on est loin de sa zone de confort, et plus c’est dur, surtout mentalement. Mais plus c’est dur, et plus on apprends, plus on se découvre, plus on se connaît et plus on sait ce que l’on veut.

Si la vie était facile, ça se saurait. Les claques, il faut apprendre a les chercher et à les maîtriser. Il faut sortir de chez soi, ouvrir ses yeux et ses oreilles. Il faut savoir tomber pour se relever. Arrêter de croire qu’on est le meilleur et commencer à écouter les autres, à s’ouvrir et à se faire ses propres opinions.

S’écouter, se comprendre, comprendre les autres. Laissez tomber l’égo et adoptez l’humilité et le respect. Un remède imparable qui vaut tous les médicaments du monde. Rester simple, être honnête avec soi et avec les autres.

Enfants courant sur la plage du village de pêcheurs de Amed, au Nord de Bali, Indonésie.
Afficher le bonheur sur son visage alors que l’on vit dans la pauvreté… C’est possible !

Aujourd’hui, je rêve de parcourir le monde à vie. Je rêve même de retourner aux sources de l’humanité : le bon vieux nomade qui fait des feux de bois et qui chasse pour se nourrir. Bon, je vais peut être un peu loin, là. Mais parcourir le monde à vie, ou plutôt le VDI (Voyage à Durée Indéterminée), est largement faisable, car quelques milliers de personnes à travers le monde le font déjà depuis des années !

Il a été rendu faisable notamment grâce au développement des métiers connectés, ces métiers en pleine expansion depuis environ 10 ans, où tout ce dont vous avez besoin est un ordinateur et une connexion à internet, sans oublier un peu d’électricité. Il y a aussi plein d’autres techniques pour faire en sorte de gagner un peu d’argent légalement à travers le monde (ou en dépenser moins !) pour continuer de financer ses déplacements. Car aujourd’hui, rien n’est gratuit.

  • Je ne veux plus être contraint. Car être contraint, c’est l’inverse d’être libre.
  • Je ne veux plus faire tout le temps la même chose car je fini par ne plus rien apprendre et donc m’ennuyer.
  • Je ne veux plus être enfermé entre quatre murs à longueur de journée car la vie elle se passe dehors.
  • Je ne veux plus faire l’acteur à dire que tout va bien et faire semblant de sourire.
  • Je ne veux plus perdre mon temps à faire des choses qui vont à l’inverse de mes valeurs.

Je veux être moi, je veux faire de mes rêves ma vie. Je veux que ce que je fasse corresponde à mes valeurs.

Si on fait tous les jours la même chose au même endroit avec les mêmes personnes, comment est-ce qu’on s’enrichit ? Comment est-ce qu’on apprend ? Comment est-ce qu’on évolue ?

Je n’en peut plus de ce mode de vie fermé où seul le profit et la gloire comptent. C’est malsain, c’est de l’esclavage où l’on a remplacé les fouets par des billets et des primes, plus quelques semaines de vacances.

Je n’en peut plus de cette course à l’argent, au plus fort. Les requins sont partout ! Je n’en peut plus de ce système de consommation qui pousse a acheter encore et toujours au détriment de notre lieu de vie (la planète) et de ces millions petites mains qui crèvent la dalle à longueur d’année et qui boivent de la boue pendant que nous on se fait des festins et on se la pète avec nos objets dernier cri inutiles. On perd notre temps à critiquer et à jalouser son voisin au lieu d’apprendre de lui.

Mais bordel, on est des être humains avec un cerveau ou on est des zombies bien dressés ??? Il faut se réveiller, les gars !

Voilà ce que j’ai envie de gueuler tous les jours par le premier haut-parleur venu.

Tous les matins, je me lève avec un goût amer. J’ai l’impression de perdre mon temps tous les jours. Je me demande ce que je fais là. Je me demande même pourquoi je me lève ? Pour passer mes journées à faire l’acteur, comme toutes ces personnes qui disent que ça va bien alors que c’est tout l’inverse ? Je passe mes journées à attendre que l’horloge sonne la fin et me permette de sortir.

Car c’est dehors que je suis libre.

Au sommet du Gunung Batur, un des volcans de Bali.

Quand je vois que mon ancienne entreprise au Québec embauche à tour de bras des gens comme moi, j’ai tout simplement envie de me barrer là-bas à nouveau. Pire encore, comme je n’ai plus de barrière, je suis capable de saisir la moindre opportunité dans n’importe quel pays du monde et claquer la porte de mon boulot actuel en quelques courtes semaines.

Quand je vois qu’une multitude de pays ont besoin de gens qui ont ma formation et mon expérience, j’ai envie de distribuer mes CV aux 4 coins du monde rien que pour tenter ma chance, juste pour voir. Alors ça en fait des plans B, surtout quand on a des contacts dans certains pays étrangers, en plus.

Mon plus grand rêve, c’est de vivre le plus loin de tout, être tranquille dans une petite cabane au bord d’un lac en haute montagne. Ce n’est pas pour rien. Non seulement j’ai honte de mon pays, mais en plus j’aimerais aller à l’inverse total du monde « moderne » actuel et de son système qui court à sa propre perte à la vitesse d’un TGV.

« Les chiffres n’ont jamais été aussi mauvais, c’est une vraie bombe à retardement. Tout va mal, on va tous dans le mur, mais tout le monde se réjoui« , dixit les économistes.

Mais est-ce la solution ? Faut-il rester dans son cocon tout rose ? Faut-il faire semblant de ne rien voir et continuer en direction de l’abîme?

Mieux vaut suivre ce plan : apprendre sur tout ce qui nous entoure, chercher des réponses à toutes nos questions. Partager avec chaque personne que l’on rencontre pour apprendre sur les autres, parcourir le monde pour explorer le moindre centimètre carré, vivre dans plusieurs pays pour s’imprégner des cultures, des religions, des visions. Puis, prendre tout ça et mixer bien fort pour se faire sa propre opinion. Empli de toutes ces connaissances, on pourra les transmettre, si possible à grande échelle, et devenir réellement utile à l’amélioration de ce monde.

C’est la mission que je me donne. C’est la mission de ma vie.

Car, à 80 ans, je ne veux pas être celui qui n’a rien fait de sa vie, qui est resté enfermé chez lui, qui n’a pas su se trouver, qui n’a fait que de travailler, qui a perdu son temps dans les embouteillages, stressé comme jamais, pour aller bosser.

Avoir des regrets c’est déjà lourd. Mais le pire sentiment que je puisse m’imaginer, c’est celui de me rendre compte que je n’ai rien fait de ma vie, ou que je n’ai pas fait ce que je voulais faire de ma vie.

Le rocher sacré de Uluru, en plein milieu du désert. Australie.

Tout le monde le sait, on en a qu’une seule de vie.

Mais le moment où j’ai réalisé que cette vie était courte, mais pour de vrai, c’est quand Mike Horn a dit dans une interview : « De la naissance à 82 ans, on a environ 30.000 jours à vivre. Si tu enlèves tout le temps qu’on passe à simplement dormir, il ne te reste pas beaucoup d’heures. Chaque jour doit être utile« . Là, il faut se bouger.

 

Et vous, quel est votre parcours ?

Que pensez-vous de notre mode de vie actuel ?

Quelle est votre mission ?

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je ?

Mon expérience avec les Aborigènes en Australie

Voilà un sujet que je trouve délicat et complexe. Je n’ai jamais réellement osé l’aborder. Parce que les Aborigènes, ils ont une sacrée histoire. Disons-le clairement : une histoire pleine de haine, pleine de sang. La faute aux « hommes blancs », venus coloniser le pays à la fin du 18ème siècle.

J’ai vu un reportage à la télévision, la veille où j’écris cet article. Un reportage sur une tribu du Nord-Ouest australien, un peuple à l’avenir très incertain mais au sein duquel certaines personnes réalisent que la fin du règne de leur tribu approche à grands pas. En cause numéro une : l’homme blanc qui a apporté l’alcool et qui a massacré les Aborigènes jusque dans les années 70 (!), moment où le gouvernement australien s’est « excusé » de ce génocide certain.

Cette famille Aborigène dont le documentaire s’attardait cherchait à fuir ce passé, à fuir ces violences. Elle passait son temps à revenir en arrière, à revenir sur les traces de leurs ancêtres. Ils étaient redevenus de véritables nomades chasseurs-cueilleurs, loin de toute violence. Ils prenaient à nouveau le plaisir d’être libre, de faire ce que bon leur semble.

Il partageaient face caméra, avec très grande difficulté, leur passé, leur histoire en tant que personne. Les abus complètement fous des hommes blancs qui venaient voler leurs enfants, qui venaient abuser physiquement et sous toutes les formes des femmes et des hommes qui n’avaient rien demandé, si ce n’est qu’on les laisse tranquille…

Le tout dans le but de supprimer les Aborigènes…

C’est ce reportage précis qui m’a finalement poussé à lever mes peurs et mes craintes, et de raconter mon histoire et mon expérience avec eux.

Aller, j’avoue, c’était un reportage de « Rendez-vous en Terre Inconnue ».

 

Pourquoi craindre et avoir peur d’en parler ?

Tout d’abord car quand un Aborigène dit « homme blanc », je me sens visé. Car ils parlent des Européens en disant cela (et notamment des anglais et des hollandais). Même si ce n’était pas à mon époque, même si je ne leur ai rien fait de mal directement, je me sens visé. Car c’est mon peuple qui est visé.

Ensuite, car leur culture et leur histoire est tellement fascinante, complexe, riche et variée, et à la fois pleine de déboires et de massacre, qu’il faut du temps pour s’en remettre. Il faut du temps pour mettre tous les éléments que l’on a appris sur eux à leur place. Il faut du recul pour réaliser ce qu’il s’est réellement passé. Il faut se perdre aussi un peu pour rentrer dans leur univers et dans leurs croyances.

 

Mon histoire et mon expérience

Ce reportage m’a rappelé absolument tous mes souvenirs avec les Aborigènes que j’ai pu voir, côtoyer, rencontrer, et même aidé, lorsque j’étais à Darwin, au Nord du pays. Darwin est une des grandes villes australienne où la population Aborigène est la plus grande.

J’y suis resté 2 mois, car j’y travaillais. Et si je les ai vu, côtoyé, rencontré et même aidé, c’est parce que je faisais le taxi dans la ville, le taxi à vélo (Pedicab Driver). Comme ça, pas besoin de baisser sa fenêtre pour discuter, c’est bien plus simple.

Quand vous êtes Pedicab Driver, vous êtes au contact des gens tous les temps. Vous tournez dans la ville des heures durant, tous les jours. Vous voyez tout, vous êtes témoin ou même acteur sans cesse d’une multitude de choses plus ou moins roses. Et vous faites parfois des rencontres qui valent de l’or !

Posant fièrement avec mon Pédicab, en Australie. C’est un moyen de transport écologique très efficace et rapide dans les petits centre-ville. Cependant, il faudra être prêt physiquement ! Et mentalement aussi…

 

Parmi les plusieurs milliers de personnes avec qui j’ai eu contact, parmi les plusieurs centaines de clients que j’ai eu, il y a eu quelques Aborigènes.

Avant de commencer le job, le patron m’avait prévenu : « Si tu prends des Aborigènes, demande leur bien de payer avant que tu les embarques. Si ils ne veulent pas, ne les prend pas ». J’ai trouvé ça déjà bien bizarre !

Puis, de fil en aiguille, on rencontre d’autres personnes. Et ce qui revient le plus est ceci : à Darwin, on ne parle généralement pas d' »Aborigènes », mais de « Noirs ».

J’étais choqué !!!

Ma curiosité cherchait à savoir pourquoi ? Comment ? Comment est-ce possible tant de haine et de discrimination dans ses propos ??

J’étais super heureux quand j’ai eu la chance d’embarquer mes premiers Aborigènes sur le vélo ! C’était des parents qui voulaient faire plaisir à leurs 3 enfants. Ils ont payé à l’avance, avant que je ne le demande, et les jeunes s’étaient éclatés comme des fous pendant que je faisais le tour du pâté de maison avant de les ramener aux parents, très heureux aussi.

 

Alors, il est où le problème ??

 

Le problème ? C’est celui de l’expérience. Pas une expérience, mais plusieurs expériences. Afin de se donner une vue d’ensemble et de partir sur des bases plus réelles pour s’en faire une opinion la plus juste possible.

Car les Aborigènes, je vais peut être vous choquer, mais je les ai de moins en moins aimé…

J’ai eu de nombreux mauvais payeur (c’est à dire des non-payeurs), j’ai failli me faire voler ma sacoche (avec plus de 400$ dedans… Heureusement, elle était bien sécurisée sur moi), et j’ai aussi eu des petits problèmes…

J’étais en pause, garé le long de la rue principale du centre-ville. Je discutais avec un collègue. J’étais à 20 mètres de mon vélo. Un Aborigène approche mon Pedicab, puis commence à le triturer. Règle formelle : ne jamais laisser toucher quiconque au vélo. Je vais donc le voir pour simplement lui dire de ne pas toucher le vélo. Il fait semblant de ne pas m’entendre et continue bien allègrement avec les manettes de frein, et essaye enfin de s’asseoir sur la selle. Alors je me met à lever un peu le ton, qu’il comprenne qu’il faut qu’il arrête là tout de suite.

Il s’arrête net, me regarde quelque secondes sans bouger, et me met un grand coup de point au visage en m’insultant. Heureusement pour moi, il a raté son coup, donc je n’ai pas eu bien mal, même si mon oreille gauche s’est souvenue de la frappe toute la nuit…

 

Depuis cette histoire, les Aborigènes, je les ai définitivement détestés. S’en était de trop avec tous ces problèmes. J’ai oublié tout leur passé, toutes leurs histoires… Je n’en avait plus rien à faire. J’étais trop énervé. Je ne les ai plus jamais pris sur le vélo, je ne leur ai plus jamais adressé la parole. Plus de contact, plus de problème.

En roulant en ville, je les voyait faire n’importe quoi, se comporter n’importe comment, éclater des bouteilles par terre, s’énerver, provoquer, se battre,…

J’ai alors aussi compris en partie pourquoi les gens les détestaient à ce point : ce sont les alcooliques, les drogués, les sans domicile fixe, les fauteurs de trouble ne s’empêchant en rien pour casser.

Un beau soir, le même Aborigène qui m’avait frappé revient vers moi. Je l’ai tout de suite reconnu. Alors je me suis poussé en disant « Eh, je te connais toi, me remet pas un coup ! ». Mais il venait pour s’excuser de ce qu’il avait fait. Je lui ai dit que j’appréciais son geste, mais que je ne l’excusais pas car ça n’avait aucun sens ce qu’il avait fait. C’est la dernière fois que je leur parlerai.

 

Le temps passant un peu, les choses se calmant avec le temps, j’ai un peu « oublié » tous ces détails.

 

Puis, à force de me balader dans les rues et de les voir, mes pensées ont repris une direction totalement différente. Je me suis rappelé leur histoire. Et je les voyais, là, sous mes yeux, assis sur les trottoirs à jouer de la musique pour espérer gagner quelques centimes…

Je me souviens de tout, de tous les détails.

Je me souviens de ce groupe de jeunes, bien alcoolisé, qui dansaient comme des fous sur la musique jouée par un Aborigène. Je me souviens aussi de ce groupe de personne qui prenait des selfies avec eux. Je me souviens de cette très vieille dame Aborigène, dormant avachie dans son fauteuil roulant sur le trottoir. Je me souviens de ceux qui faisaient des piles avec leur bouteilles de bière, de ceux qui les fracassaient contre les voitures qui passaient ou qui étaient garées. Je me souviens de celles et de ceux qui s’engueulaient, voire se battaient. Je me souviens de celles et ceux qui titubaient à s’en taper les poteaux et les poubelles…

En allant bosser, je passais devant des résidences où ils étaient placés, parfois totalement insalubres et où ils vivaient les uns sur les autres…

Bref, j’en aurait encore pour des heures à ressortir tous les détails, et mieux encore les gestes, les sons et les odeurs (d’alcool)…

Logements Aborigènes à Darwin. L’extérieur à l’air correct, mais ne regardez pas l’intérieur !

 

Les Aborigènes des villes, c’est très dur. C’est dur de voir comment ils vivent, comment ils sont… C’est tellement moche qu’on a parfois du mal à le regarder, à accepter ce que l’on voit.

Dès le début de soirée, ils sont déjà presque tous alcoolisés, tous les jours. Dans la nuit, la plupart sont complètement bourrés, parfois complètement drogués. Parfois, ils se font embarquer au commissariat. Et le lendemain matin, on les voit dormir au milieu des pelouses dans des positions reconnaissables entre toutes : celles des personnes qui ont vraiment trop bu…

J’avais tout ça sous les yeux, tous les soirs, toutes les nuits, toute la semaine. Et j’avais pitié. Je trouvais leurs conditions de vie totalement inacceptables. C’était inadmissible. Incompréhensible que l’on puisse laisser ces personnes dans ces conditions alors que nous sommes dans une grande ville, dans un pays développé et riche.

Alors j’ai repris contact, si je puis dire, avec les Aborigènes. J’ai tout remis à zéro, comme rien ne s’était passé. J’ai commencé à les faire remonter sur mon vélo.

 

Le changement

Au début, c’était pas simple. Le premier que j’ai repris, il ne m’a pas payé. Il m’avait laissé en plan dehors, en prétextant qu’il avait l’argent chez lui. Bien sûr, quand il m’a dit ça, je savais déjà qu’il n’allait pas revenir…

Mais j’ai persévéré.

Il y a eu cet Aborigène complètement bourré, les bras en l’air, une bière dans chaque main, qui zigzaguait en plein milieu de la grande avenue du centre-ville. J’ai dû m’arrêter sur le coté et vite le ramener sur le trottoir tant bien que mal avant qu’il ne se fasse écraser !

Et en parlant de se faire écraser, j’ai bien cru que j’allais être le témoin d’un suicide lorsque j’en ai vu un essayer de se jeter sous les roues d’une voiture qui passait !! C’était moins une.

J’ai à nouveau eu des tours de pâté de maison avec des jeunes, mais aussi des adultes… Qui allaient chercher leur alcool alors qu’ils avaient déjà au moins 3 grammes dans le sang à 19 heures… Je me sentais coupable. J’espérais qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour tout prendre. C’est à dire tellement d’alcool qu’il faudrait être 4 pour tout porter… Je me sentais participer à leur malheur quand je les y amenais.

Un liquor shop, ou encore bottle shop. En Australie, on achète les alcools dans des boutiques spécialisées, comme au Canada.

 

L’Aborigène artiste

Un jour, en début d’après-midi, j’allais à la banque déposer mon argent de la semaine. En ressortant de la banque, j’entends une guitare qui commence à jouer. C’était un vieil Aborigène, assis sur le trottoir les jambes croisées sur une serviette. Il enchaînait des accords que je connaissais bien. Des accords que tout le monde connaît :

« Imagine » de John Lennon.

Je me suis arrêté direct quand il a commencé à chanter. Sa voix très rauque et très usée, sans être trop grave, m’a directement emporté. Il la chantait tellement bien qu’on aurait dit que c’était lui qui l’avait composée. On aurait dit que les paroles faisaient partie intégrante de sa vie. Il y croyait dur comme fer, balançant légèrement son buste de gauche à droite au rythme doux de la chanson.

John Lennon était littéralement balayé par cet Aborigène croisé dans la rue.

Incroyable. Mémorable. J’étais scotché.

J’étais planté devant lui tout le long. Tout le monde passait devant, en regardant par terre… Ce mec est un génie. Il interprète une chanson à la perfection, et tout le monde s’en fou. Lorsqu’il en a eu fini, je lui ai donné une pièce de 2$. (en espérant qu’il n’allait pas la dépenser le soir même dans l’alcool…).

 

Le soir, reprise du boulot. Et comme par magie, on aurait dit que mon « pardon » avait été fait. Mon « pardon » pour toutes les fois où je me suis énervé contre eux, et où je les ai parfois même insulté !

Jusqu’à la fin de mon job, ils m’ont tous payés et ils ont tous été très sympas. C’était le jour et la nuit. Même si ça ne les empêchait pas d’être toujours autant alcoolisés et/ou drogués. À chaque fois que c’était le cas, je faisais bien attention à ne pas les amener chercher de l’alcool, ce que bien sûr ils détestaient ! Mais au moins, je ne me sentais pas mal de faire ce geste « participatif ».

Le comble du comble fût mon dernier client en Pedicab… Parmi les 150.000 habitants de la ville, c’était une Aborigène. Je ne suis pas du tout croyant, mais des fois j’ai vraiment l’impression qu’il y a des coïncidences…

 

Le dernier client

Il était 4 heures du matin.

Je retournais au garage où l’on entrepose les vélos. C’est un peu en dehors du centre-ville, loin du « zoo » qui se passe presque tous les soirs (sauf le lundi !) dans cette ville très jeune et très fêtarde. Une dame m’interpelle depuis le trottoir. Vu l’heure qu’il est, je me demande bien ce qu’elle fait là.

Elle me demande si je ne connais pas un endroit où dormir. À Darwin, il y a des tonnes d’hôtels, mais surtout des hôtels à plus de 200$ la nuit… Donc je lui propose une auberge de jeunesse, mais vu l’heure qu’il est, on ne va pas la recevoir. Elle me dit qu’elle s’en fiche. Bon.

Par chance, je dors dans le lieu le moins cher de la ville, à 25$ la nuit en dortoir. Mieux encore, il y a un gardien de nuit que je connais bien maintenant, étant donné mes horaires.

Un type vraiment sympa, et qui sait ce que c’est de chercher où dormir convenablement étant donné son passé. C’est sa prothèse à la jambe gauche qui l’a mis dans la plus belle mouise de sa vie… Bref, il pourrait peut être la laisser dormir quelques heures sur un canapé dans la grande pièce commune.

Cette dame est calme, et a un comportement tout à fait normal. On dirait qu’elle vient de se réveiller ! Alors je commence à discuter avec elle, surtout qu’elle à l’air un peu perplexe.

Elle fini par me dire qu’elle habite dans un de ces fameux « HLM » pour Aborigènes, et qu’une baston a éclatée dans la nuit, à cause de l’alcool. Ils étaient une bonne quinzaine dehors à se battre. La bagarre s’est finie il y a quelques temps et elle ne veut pas dormir chez elle, car elle a peur que ça recommence à nouveau dans la nuit. Elle cherche a dormir en sécurité.

J’espère l’aider, en tout cas j’y met tout ce que je peux, pour qu’elle puisse effectivement dormir normalement, même si je sais que ce sera très dur à cette heure, et vu comment dans cette ville les gens sont racistes et peu tolérants envers les Aborigènes…

Je la dépose donc à mon auberge, et lui dit d’aller expliquer son cas au gardien de nuit, tout en disant qu’elle vient de ma part pour augmenter ses chances. Je l’attends dehors sur le vélo, pour m’assurer.

Quelques minutes plus tard, elle ressors, l’air dépitée. Ça n’a pas marché.

Je lui propose alors qu’elle dorme dans le parc en face de l’auberge, que je n’ai rien d’autre à lui proposer. Elle accepte, déçue. Je lui donne le reste de ma bouteille d’eau, c’est tout ce que j’ai pour elle. Elle veut me payer. Je lui dit que non, que demain je ne travaille plus et que c’est la dernière personne que j’ai emmenée. J’avais déjà passé la nuit à faire des prix au rabais.

Elle me remercie très chaleureusement pour mon aide, en me serrant dans ses bras…

 

Quelques semaines plus tard, mon voyage en Australie m’emmenait dans le Red Center, un désert en plein cœur de l’Australie, où l’on trouve le fameux rocher « Uluru », et les fameuses montagnes « Mount Olgas ». Un haut lieux de la culture et de l’histoire Aborigène.

J’ai pris une claque monstrueuse, impensable, à cet endroit.

J’ai pu apprendre quelques histoires sur les croyances Aborigènes, j’ai pu m’immiscer un peu dans leur vraie vie : pas celle en ville, mais celle de chasseur-cueilleur. Après ces 3 jours dans le désert, au beau milieu de leur véritable lieu de vie, j’ai détesté l’humanité, j’ai détesté la planète entière, j’ai perdu toute foi en toute vie humaine.

Le rocher sacré de Uluru, en plein milieu du désert.

 

Comment a-t-on pu faire ça. C’est horrible. C’est un cauchemar qu’on ne peut même pas faire ni imaginer tellement il est violent.

Je pensais alors aussi aux indiens quand on a découvert l’Amérique du Nord. J’ai aussi pensé aux africains lors des nombreuses colonisations. Et tant d’autres encore. Comment peut-on faire ça, alors que ce sont des gens de notre propre espèce.

Je ne le comprenais déjà pas, mais je comprends encore de moins en moins pourquoi une différence de couleur de peau, de culture ou de quoi que ce soit d’autre est rejetée de cette façon ?

Les réponses sont très difficiles à trouver.

En attendant, je les ai aussi détestés, à ma façon, avec mon expérience. Mais j’ai été suffisamment curieux et ouvert pour changer la donne. J’ai voulu me prouver le contraire, j’ai essayer d’aller vers eux. Je suis repassé du bon côté. Même si il est très difficile de les comprendre et de comprendre leur histoire dans son entièreté.

 

Aujourd’hui, ce sont des personnes que je respecte avec un grand « R », et que j’admire avec un grand « A ». Pour ce qu’ils ont vécu, et pour leur courage.

Et je demande bien sûr à quiconque croisera un Aborigène de le saluer et de le respecter autant qu’il le pourra !

 

Aymeric LECOSSOIS
Qui suis-je ?

Comment réduire le poids de son sac à dos ?

On a tous déjà vu ces voyageurs avec leurs valises immenses et leurs sacs multiples se promener en ville vers leur hôtel. On a tous connu ce moment ou cette personne dire : « finalement, je n’ai pas eu besoin de ça ! », ou encore « ah, si j’avais su, je ne l’aurais pas pris ! ».

On a tous connu cet autre voyageur au dos plié en deux sous le poids de son sac, et c’était peut être nous-même ! Plus rarement, on entendra cette personne dire que son bagage a été perdu à l’aéroport…

Comment remédier à tous ces problèmes ? Comment ne plus regretter d’avoir pris avec nous des affaires dont on ne se sert jamais une fois sur place ? Comment éviter les pertes, les vols, les casses dans les aéroports ?

 

Allégez votre sac au maximum possible !!

Je vous explique dans les lignes qui suivent comment procéder !

Ne partez pas « chargé comme un militaire » ! Regrets assurés !!

 

Depuis que je suis parti en Australie en sac à dos, voyager léger est pour moi tellement logique que je ne sais même plus ce que le mot « valise » signifie.

Tout était tellement simple et facile avec mon sac à dos. D’autant plus que son poids était sous la barre des 7 kilos ! Du coup, je promenais ma maison partout où j’allais, en toute facilité.

Avec ce poids léger, j’étais loin de me déplacer à la vitesse d’un bigorneau ou un escargot !

Le saviez-vous ?
Certains voyageurs (tout de même rares) partent plusieurs semaines avec un sac de 18 ou 20 litres sous le bras, autrement dit une grosse sacoche. Certains autres voyages avec de vrais sacs à dos mais limitent le poids très méticuleusement. Un exemple ? : ils coupent un bout du manche de la brosse à dent, pour gagner à peine 10 grammes ! Mais cette méthode répétée à chaque élément fait gagner plusieurs centaines de grammes.

 

Comment faire pour avoir le bagage le plus léger que l’on a jamais porté sur le dos ?

 

C’est quelle saison à votre destination ?

C’est la première question à se poser… N’espérez pas partir avec un sac de 7 kilos si vous allez au Groenland, ou si vous partez au Canada en plein mois de Janvier… Non seulement les affaires d’hiver prennent beaucoup de place, mais en plus, elles sont bien plus lourdes.

Choisissez des pays chauds ou partez lorsque c’est l’été (ou la saison sèche) à destination. De cette manière, vos affaires seront moins nombreuses et plus légères.

Les différences de climat jouerons grandement sur la taille et le poids de votre sac !

 

Quel est le poids de votre sac à dos à vide ?

C’est la base de tout. Sans lui, vous partirez sans rien, mis à part ce que vous avez sur vous. Je suis sûr que pour les plus motivés et les plus minimalistes, c’est encore faisable ! Mais tout de même, préférons y aller un peu plus mollo.

Le poids et la contenance de votre sac sont important. Il faut trouver le bon compromis. Il faut surtout ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre !

En effet, plus vous aurez un sac petit, plus il sera léger, et moins vous pourrez emmener de choses. C’est en quelque sorte une limite à tous les excès possibles. Mais comment savoir la contenance parfaite ? En faisant confiance aux professionnels du voyage léger.

Tous les voyageurs légers sont unanimes…

Ne prenez pas plus gros que 50 Litres !

La première fois que je suis parti en sac à dos, j’avais pris un 50 Litres, comme préconisé. Devinez quoi ? Il n’était jamais plein… Même avec de la nourriture, un chapeau et une paire de chaussures dedans ! Alors je regrettais un peu d’avoir pris un 50 Litres alors que 40 suffisaient largement.

Je peux donc confirmer : ne dépassez pas 50 Litres.

Connaissez-vous l’autre avantage d’un sac de moins de 50 Litres ?

Lorsque vous prenez l’avion, il passe en bagage à main !! Fini les vols, fini les pertes !! Fini le « merde ! J’ai oublié un truc dans mon sac ! » lorsque vous êtres à votre siège mais votre sac en soute. Vous l’aurez toujours sur vous, à portée de main ! À moins que son poids dépasse les préconisations de la compagnie aérienne…

Une fois que vous avez la taille de votre sac, reste à trouver celui qui sera le plus léger, tout en correspondant aux critères de budget, de confort, de rangement et de solidité que vous vous serez fixé. Parce que c’est bien beau un sac léger, mais ça peut être très fragile ! En effet, certains sacs descendent sous les 1 kilo !

Pour la solidité et le confort, je conseillerais plutôt un poids de 1 à 2 kilos, selon la contenance.

Pour mon premier sac à dos, j’ai opté pour le Quechua Forclaz 50. Je l’ai payé seulement 40 Euros !

Il pèse environ 1.5 kilos vide, dos rembourré, ceinture à la taille, ceinture pectorale, les bretelles sont réglables. Il a des poches latérales extérieures sympas et l’intérieur peut se diviser en 2 compartiments. Il y a aussi une poche de fond. Le dos est rigidifié par une barre en aluminium à mémoire de forme qui fait toute la hauteur du sac. Il est très bien pour un premier voyage léger !

Il y a aussi des marques spécialisées dans le sac à dos, comme Osprey. Allez voir sur le site Backcountry pour comparer les sacs des marques spécialisées.

Ce sont des sac techniques, garantis de fabrication à vie pour certains. Ils sont un peu plus fragiles pour certains, mais aussi plus légers et aux nombreux réglages qui assurent un confort parfait. Le hic : ils sont chers…

 

Privilégiez les vêtements à double emploi ! Mais aussi légers.

Essayer d’acheter des vêtements qui servent à de multiples activités, tout en restant passe-partout. Par exemple, une chemise de randonnée ira très bien dans un bar en ville, tout comme sur un sentier en pleine montagne. Prenez un pantalon qui se transforme en short avec un système de fermeture-éclair.

Vous l’avez compris avec la première question posée plus haut, nous partirons plutôt dans une destination où il fera chaud. Un t-shirt et un short, c’est déjà léger. Mais vous pouvez les rendre encore plus légers en choisissant des matériaux spécifiques, ou plutôt techniques.

Pour passer partout, être à utilisation multiple et vous suivre plusieurs mois, vous devez avoir des vêtements esthétiques mais de couleur neutre, résistants et à double ou triple emploi.

Quand j’étais en Australie, j’avais un short de plage et celui-ci me servait aussi bien à aller faire mes courses, que travailler, me baigner, faire du snorkeling, etc… Le pied !

Le short en question !!

 

Si vous arrivez à faire en sorte que tous vos vêtements soient au minimum à double emploi, vous verrez que votre checklist de valise se verra extrêmement diminuée ! Tout ce que vous avez prévu en double ou en triple se verra transformé en une pièce unique.

Miraculeusement, vous vous retrouverez a voyager avec très peu d’affaires.

Pour les rendre le plus léger possible, une marque souvent conseillée est Outlier. Design, simplicité, polyvalence, ultra léger, confortable, durable… Que du bon ! Mais malheureusement : on ne peut se les procurer que par internet, et il faut mettre le prix…

Pour les chaussures, une paire suffira ! Les plus polyvalentes possibles, avec lesquelles vous êtes capable de marcher plusieurs heures sans avoir mal au pied. Donc sûrement une paire de basket classique.

Si vous avez toujours peur de manquer de quelque chose, une astuce imparable pour en prendre le moins possible : Faites comme si vous partiez un simple weekend !

 

La trousse de toilette

Peu de temps avant que j’écrive cet article, j’ai vu la vidéo d’une demoiselle qui présentait la trousse de toilette de son sac qu’elle disait minimaliste. Sur 14 minutes, 9 minutes étaient consacrées au maquillage… Qui, bien sûr n’avait rien, mais alors rien, de minimaliste. J’ai franchement rigolé. Mais je vous comprends les filles, vous voulez être belles tout le temps.

Seulement, pour vraiment voyager léger et passer votre sac partout, il faudra impérativement oublier la moitié de vos produits ! Prenez en le minimum. Et surtout, si vous voulez passer en bagage à main pour l’avion, limitez les contenants à moins de 100 mL ! (c’est même 50 selon le pays où vous allez…).

Tout d’abord, oubliez le flacon de shampoing et le flacon de gel douche. Remplacez tout ça par un savon Dr Bronner. Il est facilement trouvable sur internet ! Il est bio, biodégradable, et non agressif pour la peau. Je m’en suis servi pendant 4 mois en Indonésie et Australie sans problème pour le cuir chevelu, les cheveux, ou la peau.

Sous forme solide, il ne pèse que 140 grammes ! Il peut durer jusqu’à un mois. Le petit plus ? Vous pourrez nettoyer vos vêtements à la main avec !

Oubliez également la grosse serviette de bain. Prenez une serviette microfribre ! Elle est très légère, ultra compacte une fois pliée et sèche super vite !!

Pour le reste, prenez le basique : dentifrice, brosse à dent, déodorant, peigne, tondeuse à barbe ou rasoir… Et les filles, minimum de matériel maquillage 😉 Si, si ! Vous le pouvez !

Ah oui, n’oubliez la petite trousse de survie avec les médicaments classiques, et les médicaments préconisés dans le pays où vous allez, du style antipaludique.

Ah ! J’oubliais ! Le savon du Dr Bronner est disponible à ces liens (dans les parfums les plus courants: amande, menthe, nature, orange) :

Le matériel connecté…

Je mets « … » car tout ça, c’est souvent lourd… Et encombrant ! Mais on en prend aussi souvent de trop ! Quand vous regardez vos appareils électroniques et la pile de vêtements que vous avez maintenant réussi à diminuer au maximum, vous comprendrez toute la difficulté…

Pas de panique. Tout est possible, tout est faisable ! Tout n’est que choix et compromis.

 

L’ordinateur

Si vous voulez partir avec un ordinateur, oubliez tout de suite votre 17″… Premièrement, vous allez en ***** pour le rentrer dans votre « petit » sac, mais en plus il sera impossible un fois terminé d’être sous la barre des 7 ou 8 kilos. Il ne faut pas oublier que dans l’histoire, chaque centaine de gramme est important.

Dirigez-vous vers les ordinateurs ultra-portables !

De mon coté, j’ai pris un ASUS X205T. Il pèse 1 kilo tout rond avec son câble de charge ! Son autonomie est de 12 heures en moyenne. J’ai déjà tenu une charge pendant 16 heures !! Le pied… En plus, il est très peu cher (je l’ai payé 220 Euros neuf en magasin).

Bien sûr, si vous faites du montage vidéo, ou de la retouche photo, ça va ramer un peu… Et prévoyez une Micro SD pour augmenter la mémoire qui n’est que de 32 Go de base.

Il a été très récemment remplacé par le E200HA, mais vaut toujours le même prix !

 

N’oubliez pas non plus un disque dur externe pour faire des sauvegardes multiples ! Je l’ai appris à mes dépends en arrivant à Bali : cela arrive rarement, mais la carte SD de ma GoPro avait cramé après le passage aux rayons X à l’aéroport…

 

La photo, les vidéos

Vous prendrez forcément de quoi capturer les meilleurs moments de votre voyage. Le mieux mais le moins performant : le Smartphone.

Vous pouvez aussi prendre un appareil photo compact qui est toujours très léger et très peu encombrant. Les amateurs de belles photos prendront sûrement un hybride ou un réflex qui ont tout deux des objectifs interchangeables. Évitez d’avoir 40 objectifs ! Pour le poids, privilégiez les systèmes Mirrorless, bien plus légers !

J’ai depuis 2013 un hybride Sony Alpha 3000 qui est très léger et suffisamment solide (malgré un boîtier en plastique) pour être promené dans un sac à dos. Je pars avec un objectif 16mm et un 18-55.

Pour mes prochains voyages, ce devrait être un 10-18 et un 18-105, qui seront plus adaptés aux style de photo que j’aime faire. Mon appareil et le 18-55, pèse seulement environ 700 grammes, avec batterie et carte SD montée !

J’ai toujours plaind les possesseurs de Nikon ou de Canon qui pèsent une tonne ! J’en connais pas mal aussi qui se mettent à prendre des appareils compact experts, un mélange de hybride, de reflex, et de compact dans le même appareil.

Si vous allez faire de la plongée ou autre activité nautique, une petite GoPro (ou concurrent 😉 ) sera un bon complément. C’est petit et léger de base !

Un ordinateur portable et de quoi capturer les souvenirs, c’est tout ce qu’il vous faut !

 

A faire exprès d’oublier !

En numéro un, oubliez vos guides de voyage !! Lourds et encombrants… Oubliez tout ce qui est carte routière aussi. En plus, vous avez moyen parfois de les télécharger au format PDF sur internet. Sur place, vous pouvez aussi utiliser la connexion WiFi pour revoir vos trajets, activités, hôtels etc.

Mon astuce : avant de partir, notez sur un traitement de texte tout ce que vous avez vu d’important et d’intéressent dans vos guides. Puis envoyez-vous le fichier par mail en PDF. Encore mieux, car ne nécessitant pas de connexion internet : prenez les pages importantes et ce qui vous intéresse dans votre guide en photo !

Oubliez tout ce qui est lourd, tout ce qui est encombrant, tout ce qui fait emploi double !

 

Mon sac à la fin de mon périple Australie/Singapour/Indonésie

Pourquoi à la fin ? Parce que, en tant que première expérience en voyage sac à dos léger, j’avais tout de même pris des choses en trop, alors que je n’avais pourtant pas grand chose. Eh oui…! Voici donc ma liste après tout le tri de fait :

Le sac à dos :

  • Le Quechua Forclaz dont je parlais

Les vêtements :

  • 2 t-shirt
  • 2 chemises
  • 1 k-way fin en cas de pluie (surtout en randonnée)
  • 1 pantalon de randonnée qui se transforme en short
  • 1 short de plage
  • 2 sous-vêtements
  • 1 paire de chaussettes (que je lavais tous les jours à la main)
  • 1 paire de tong
  • 1 paire de basket

Trousse de toilette :

  • 1 savon solide Dr Bronner
  • 1 serviette microfibre
  • 1 petite trousse de survie (mals de tête, maux de ventre, coupures, etc…)
  • 1 dentifrice 50mL
  • 1 brosse à dent
  • 1 déodorant 50mL
  • 1 tondeuse à barbe
  • 1 coupe-ongle
  • 1 crème solaire 50 mL
  • 1 sac plastique pour tout mettre dedans (bien plus léger qu’une trousse)

Appareils électriques :

  • 1 smartphone
  • 1 ordinateur ultra-portable
  • 1 hybride Sony
  • 1 GoPro
  • 1 disque dur externe pour ne rien perdre au cas ou !
  • 1 adaptateur secteur
  • Des batteries de rechange
  • Les câble pour recharger le tout

Accessoires :

  • 1 paire de lunettes de soleil
  • 1 casquette
  • 1 paire de bouchons d’oreilles pour dormir tranquillement (vive les dortoirs 😉 )
  • 1 lampe de poche et ses piles (la nuit dans les rues en Indonésie… 😉 )
  • 1 lampe frontale et ses piles (randonnée)
  • 1 protection pluie pour le sac à dos
  • Mes papiers et leurs photocopies !

 

J’ai tenu 4 mois avec ça sans un seul soucis ! J’aurais même pu tenir un an, c’est pour dire.

Le seul et unique défaut du sac à dos léger est pour moi le fait qu’il faudra souvent laver vos affaires, étant donné que vous aurez peu de rechange. Cela induit aussi d’en prendre soin et de faire attention par exemple quand vous mangez (tâches de sauce… 😉 ).

Pour tout le reste, c’est que du bonheur ! Cela augmente encore plus votre liberté en voyage !

Si votre sac pèse plus que le poids impartis pour le passer en bagage à main dans l’avion, voici l’astuce : empilez un maximum de couches de vêtements sur vous ! Si vous le pouvez, mettez les batteries de rechange de vos appareils électriques, votre téléphone dans vos poches. Mettez votre casquette ou chapeau et vos lunettes de soleil sur votre tête…

Vous pouvez économisez 1 à 2 kilos avec cette technique, juste pour le temps de la pesée !

 

J’espère que cet article vous aura aidé !

Et vous ? Vous avez déjà voyagé en sac à dos ?

Quelle a été votre expérience ?

Quelles sont vos astuces ?

 

(NOTE : les liens sont affiliés avec Amazon.fr. Je touche une petite commission si vous achetez ces produits depuis mon blog. Cela permet de m’aider à faire vivre le blog et de vous apporter toujours plus de contenu de qualité ! Je vous en remercie 🙂 ).

Aymeric LECOSSOIS
Qui suis-je ?

Pourquoi voyager ne coûte pas cher ? Définir son budget voyage et le réduire !

Beaucoup de personnes pensent que voyager coûte très cher.

Un des soucis premiers, c’est le manque d’argent.

J’ai traversé le Canada, traversé les USA. J’ai passé 3 mois en Australie, 1 mois à Bali… Et j’ai souvent entendu cette remarque ou vu ce malaise ou ce regard qui disait clairement : « Tu dois être riche pour faire tout ça », ou encore « Je ne peux pas me le permettre, je n’ai pas d’argent ».

Dans la réalité, il est possible de voyager, que l’on ait un budget de 50 Euros par jour, tout comme 5.000 Euros par jour.

Dans mes voyages, j’ai pu rencontrer des dizaines de personnes qui partent pendant des semaines, des mois, même des années, et qui n’ont pas tant d’argent que ça. Certains et certaines ont même encore moins que moi qui me considère déjà comme un voyageur plutôt économe. On ne se rend pas compte à quel point ces voyageurs sont nombreux !

 

Voyager ne coûte pas cher !

La différence entre ces 2 budgets (50 ou 5.000 Euros par jour, par exemple), ce sera la manière avec laquelle la personne voyagera. Il faut impérativement adapter sa vie en voyage à son budget.

Il faut connaître les manières de dépenser moins d’argent en voyageant et les appliquer.

Il faut connaître les manières de mieux économiser ses sous avant de partir et les appliquer.

Cela se fait en échangeant avec des personnes qui sont dans ce cas de figure, tout comme en faisant des recherches sur l’Internet. Ces techniques et connaissances sont incroyablement nombreuses !

Après près de 2 ans à me renseigner et a appliquer, j’en connais déjà plein. Mais je ne sais pas encore tout !

J’aime prendre l’exemple des personnes qui font un tour du Monde sur un an. C’est l’exemple parfait car il y a absolument tous les budgets ! Ça va de 5.000 Euros à 25.000 Euros et plus encore ! La différence est tout simplement les pays que ces gens ont choisi de visiter mais aussi la façon dont ils ont vécu pendant leur voyage.

Quand on est dans sa routine, dans sa vie de tous les jours, on ne s’en rend pas compte. Mais il est définitivement possible de voyager pas cher. Il est aussi possible de faire un tour du Monde encore moins cher que cité au-dessus.

Il faut s’attarder sur 3 points pour les dépenses en voyage : le transport, le logement et la nourriture. Ce sont les 3 dépenses les plus grosses que vous aurez à faire. Si vous arrivez à réduire chacune de ces dépenses, c’est le jackpot !

Aussi, remettons-nous dans le contexte ! Imaginez-vous au début de l’explosion de l’aviation civile, quand les billets d’avions coûtaient tellement chers que seules les classes riches pouvaient se le permettre…

Hommes d’affaire devant un avion civil, années 60.

 

De nos jours, il est de plus en plus facile et peu cher de voyager, même si le coût de la vie augmente partout dans le monde. Les moyens de transport sont de plus en plus nombreux, sécuritaires et efficaces. Il en est de même pour les hébergements qui augmentent en quantité à mesure que le tourisme se développe. La concurrence entres les compagnies et entreprises baisse les prix.

Internet a rendu le Monde accessible en un clic !

Il suffit de chercher, et toutes les réponses vous tomberont sous le nez.

Oui, j’ai bien dit « tomberons sous le nez » !

Vive internet.

Donc renseignez-vous, notez toutes ces techniques et essayez-les, testez-les, en commençant par faire de petits voyages pas trop loin de chez vous ou tout du moins facilement accessible, histoire de vous rassurer. De cette manière, vous pourrez vous rendre compte par vous-même que c’est aussi simple, peu cher et efficace qu’on le dit !

 

Deux techniques pour définir le budget de votre voyage

#1 Vous avez déjà un voyage prédéfini dans votre tête.

Vous savez où vous voulez aller, ce que vous voulez faire, de quelle manière vous allez vous déplacer, dans quel type de logement vous allez dormir… Vous allez donc pouvoir détailler le budget complet que vous allez avoir besoin pour réaliser votre voyage.

Pour vous rapprocher encore plus de la réalité, vous pouvez mettre une marge de 10 à 20% sur vos dépenses totales estimées. C’est ce que je fais tout le temps, et il est assez vrai que pour parer aux imprévus, ces chiffres sont relativement corrects.

Vous verrez que si vous intégrez toutes les techniques et recherches que vous avez faites pour économiser de l’argent en voyage, l’addition se verra grandement diminuée !

Car vous pouvez loger gratuitement de pleins de manières différentes. Vous pouvez réduire vos frais d’avion de pleins de manières différentes. Vous pouvez manger moins cher sur place avec la street food ou en faisant vous-même à manger plutôt que d’aller dans les restos et j’en passe et des meilleures.

Un exemple de street food à Singapour. Voilà ce que vous aurez à manger pour 10$SGP, soit 6.60E ! (taux de change Octobre 2016).

 

Bien sûr, ce sont des choix à faire.

Il est largement possible de voyager pas cher, mais vous devrez vous adapter. Encore une fois, faites des recherches, testez, apprenez, appliquez.

On ne peut pas voyager moins cher en continuant de manger dans des restaurants deux fois par jour ou en continuant de prendre la compagnie Air France parce que vous l’aimez bien. Il faudra aussi réduire un peu vos conforts. Mais cela vous apportera une expérience différente et des souvenirs biens meilleurs.

 

#2 Se fixer une somme dès le départ.

Il peut aussi y avoir une autre manière de penser, tout à fait à l’inverse. C’est à dire que vous partez directement avec une somme que vous vous mettez à disposition.

Par exemple, vous vous donnez un maximum de 1.000 Euros. Regardez ce qu’il est possible de faire avec ces 1.000 Euros. Vous pouvez aussi vous définir une somme inférieure à votre budget total que vous vous fixez.

C’est ce que j’ai fait quand j’ai traversé le Canada en roadtrip en solo lorsque j’étais expatrié au Québec. Je me suis simplement fixé un but.

J’avais plus d’un an d’économies à disposition (d’un salaire québécois en plus !) mais je ne voulais pas tout dépenser d’un coup. Je voulais au contraire voyager le plus loin possible, le plus longtemps possible, avec une somme d’argent que je m’étais moi-même déterminé. Je me suis dit: « Voyage le moins cher que tu le peux, mais n’oublie pas les plaisirs de temps en temps ».

Cela m’a obligé à voyager moins cher et a tester des techniques que je ne connaissais pas pour économiser de l’argent en voyage.

J’ai par exemple utilisé le réseau Couchsurfing pour me loger. J’ai aussi dormi dans ma voiture, avec un simple sac de couchage. Ce fût « rustique » mais l’expérience est tellement géniale que je la reproduis dès que je le peux ! Sur la route, j’ai ménagé ma voiture en roulant d’une manière économique, sans à-coups et sans brusqueries, ceci permettant de consommer moins d’essence.

Résultat ?

J’ai fait un peu plus de 8.000 kilomètres en 3 semaines, de Montréal à Vancouver, pour un total d’environ 1.400$CAD (environ 1.000 Euros), tout compris. Et pourtant, je me suis fait plaisir !

Pour le logement, j’ai économisé 21 nuits d’hôtel… Soit environ 1700$CAD si je prends une moyenne de 80$CAD la nuit en hôtel ou motel !!

Je répète que le coût total de ce voyage a été de 1.400$CAD…

Vous voyez ce que je veux dire…

Garé devant le lac Wawa, Ontario, Canada. Il est l’heure d’aller se mettre dans le sac de couchage après un somptueux couché de soleil !

 

En plus, j’ai pu ensuite traverser les USA, revenir en France, repartir 1 mois en Indonésie, 3 mois en Australie, 1 semaine à Singapour et encore revenir en France…

…Avec ces mêmes économies !!

Cela m’a finalement prouvé que OUI, il est possible de voyager pas cher.

Se le prouver soi-même est la meilleure des façons de le comprendre et de l’intégrer !

J’aurais dailleurs pu en faire encore plus et encore plus longtemps. Car en rencontrant les autres voyageurs et en échangeant avec eux, on apprend encore d’autres techniques que l’on ne savait encore pas !

Alors, je me disais « merde »… Mais ce sera pour la prochaine fois !

 

Attention aux destinations que vous choisissez !

Voyager au Canada ou au Cambodge ne vous coûtera pas le même prix journalier ou mensuel !

Si vous voulez voyager longtemps ou si vous avez un petit budget, privilégiez les pays où le coût de la vie est plus bas que dans le votre. Bon nombre des voyageurs au long court se fixent une somme mensuelle à ne pas dépasser. À moins que vous puissiez travailler dans le pays que vous visez.

Par exemple, 7 jours à Singapour, en faisant des visites, en prenant le métro, en logeant dans une petit auberge de jeunesse dans le quartier chinois et en mangeant de la street food : cela m’a coûté 260 Euros. Soit environ 1.000 Euros pour 1 mois. C’est un pays cher. Mais j’ai eu un bon plan logement avec la semaine d’hébergement à 95 Euros seulement !

Bon, c’était spécial, les murs des chambres étaient des rideaux!! Mais au moins, cela satisfaisait mon petit budget et me permettait de visiter la ville pendant une semaine au lieu de carrément ne pas y mettre les pieds !

Sur la photo à gauche, on voit le couloir de l’auberge et 2 des 4 chambres de 6 lits séparées par des rideaux. Derrière moi, une petite cuisine juste assez grande pour 2 et 2 salles de bain et toilettes.

Original et forçant le rapprochement entre les voyageurs !

Bref, je ne l’ai aucunement regretté.

Comparons avec un de mes séjours à Bali : 18 jours en logeant chez l’habitant, en me déplaçant tous les 2 jours en bus et en faisant des activités comme le Mont Batur ou un chauffeur à la journée pour visiter le centre de l’île et en mangeant soit dans de petits restos ou en allant au supermarché ou superette : 420 Euros. Soit 700 Euros par mois, en bougeant tout le temps et en faisant des activités assez chères pour un pays pauvre.

Si je ne m’étais pas déplacé tant que ça, si je n’avais pas fait certaines activités, bref si j’avais pris le même rythme qu’à Singapour cela m’aurait coûté moitié moins cher !

Donc ne vous arrêtez pas au prix du billet d’avion ! Intéressez-vous surtout aux dépenses sur place.

 

Il est possible de voyager avec n’importe quel budget !

De toutes les manières, que vous ayez 200 Euros, 2.000 Euros ou 20.000 Euros, il est possible de voyager.

Il faut d’abord avoir l’envie, le projet. Il faut aussi s’adapter à cette somme que vous possédez. C’est la clé.

Vous pouvez faire du stop pour ne pas payer de transport, vous pouvez vous loger chez l’habitant via Couchsurfing pour ne pas payer de logement, vous pouvez faire à manger vous-même pour réduire vos frais de nourriture drastiquement…

Vous pouvez aussi faire du HelpX, du Woofing, du WorkAway, utiliser Couchsurfing. Ce sont autant de moyens de se loger, voire même aussi de se nourrir gratuitement en l’échange d’un peu de travail pour certain, d’un simple sourire et conversation pour d’autres.

Vous pouvez même travailler à l’étranger avec certains visas disponibles dans certains pays ! Si vous avez moins de 31 ans, pensez aux PVT (Permis Vacances Travail) qui sont disponible dans bon nombre de pays !

Ce ne sont que des exemples qui font que vous n’êtes pas obligé d’être riche pour voyager, mais que pour le faire, vous devrez faire quelques sacrifices.

 

Conclusion

En conclusion, il ne faut jamais oublier que tout est possible !

Les seules limites que vous avez sont celles que vous vous fixez !

Renseignez-vous, testez, apprenez, faites-vous votre propre avis par vous-même, appliquez.

Il y’a des gens qui partent en voyage avec 100 Euros. Il y’a des gens qui arrivent à voyager des mois et des mois avec un tout petit budget.

Comment font-ils ?

Ils ont les connaissances, ils les appliquent, et ils sont débrouillards !

Je tends moi-même de plus en plus à voyager sur le mode « minimaliste ». Minimaliste dans les affaires que j’emmène avec moi. Minimaliste dans mon budget. Cela est très intéressant car ça vous oblige à retourner aux sources, à vous éloigner du monde de la consommation.

Quand vous revenez à votre vie normale, vous comprendrez alors ce que l’argent est réellement. Vous comprendrez sa valeur réelle. Parce que vous aurez souvent galéré sans.

Donc je dis stop aux préjugés et aux réactions non fondées !

Voyager, c’est simple et ça ne coûte pas cher !

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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