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Mon expérience avec les Aborigènes en Australie

Voilà un sujet que je trouve délicat et complexe. Je n’ai jamais réellement osé l’aborder. Parce que les Aborigènes, ils ont une sacrée histoire. Disons-le clairement : une histoire pleine de haine, pleine de sang. La faute aux « hommes blancs », venus coloniser le pays à la fin du 18ème siècle.

J’ai vu un reportage à la télévision, la veille où j’écris cet article. Un reportage sur une tribu du Nord-Ouest australien, un peuple à l’avenir très incertain mais au sein duquel certaines personnes réalisent que la fin du règne de leur tribu approche à grands pas. En cause numéro une : l’homme blanc qui a apporté l’alcool et qui a massacré les Aborigènes jusque dans les années 70 (!), moment où le gouvernement australien s’est « excusé » de ce génocide certain.

Cette famille Aborigène dont le documentaire s’attardait cherchait à fuir ce passé, à fuir ces violences. Elle passait son temps à revenir en arrière, à revenir sur les traces de leurs ancêtres. Ils étaient redevenus de véritables nomades chasseurs-cueilleurs, loin de toute violence. Ils prenaient à nouveau le plaisir d’être libre, de faire ce que bon leur semble.

Il partageaient face caméra, avec très grande difficulté, leur passé, leur histoire en tant que personne. Les abus complètement fous des hommes blancs qui venaient voler leurs enfants, qui venaient abuser physiquement et sous toutes les formes des femmes et des hommes qui n’avaient rien demandé, si ce n’est qu’on les laisse tranquille…

Le tout dans le but de supprimer les Aborigènes…

C’est ce reportage précis qui m’a finalement poussé à lever mes peurs et mes craintes, et de raconter mon histoire et mon expérience avec eux.

Aller, j’avoue, c’était un reportage de « Rendez-vous en Terre Inconnue ».

 

Pourquoi craindre et avoir peur d’en parler ?

Tout d’abord car quand un Aborigène dit « homme blanc », je me sens visé. Car ils parlent des Européens en disant cela (et notamment des anglais et des hollandais). Même si ce n’était pas à mon époque, même si je ne leur ai rien fait de mal directement, je me sens visé. Car c’est mon peuple qui est visé.

Ensuite, car leur culture et leur histoire est tellement fascinante, complexe, riche et variée, et à la fois pleine de déboires et de massacre, qu’il faut du temps pour s’en remettre. Il faut du temps pour mettre tous les éléments que l’on a appris sur eux à leur place. Il faut du recul pour réaliser ce qu’il s’est réellement passé. Il faut se perdre aussi un peu pour rentrer dans leur univers et dans leurs croyances.

 

Mon histoire et mon expérience

Ce reportage m’a rappelé absolument tous mes souvenirs avec les Aborigènes que j’ai pu voir, côtoyer, rencontrer, et même aidé, lorsque j’étais à Darwin, au Nord du pays. Darwin est une des grandes villes australienne où la population Aborigène est la plus grande.

J’y suis resté 2 mois, car j’y travaillais. Et si je les ai vu, côtoyé, rencontré et même aidé, c’est parce que je faisais le taxi dans la ville, le taxi à vélo (Pedicab Driver). Comme ça, pas besoin de baisser sa fenêtre pour discuter, c’est bien plus simple.

Quand vous êtes Pedicab Driver, vous êtes au contact des gens tous les temps. Vous tournez dans la ville des heures durant, tous les jours. Vous voyez tout, vous êtes témoin ou même acteur sans cesse d’une multitude de choses plus ou moins roses. Et vous faites parfois des rencontres qui valent de l’or !

Posant fièrement avec mon Pédicab, en Australie. C’est un moyen de transport écologique très efficace et rapide dans les petits centre-ville. Cependant, il faudra être prêt physiquement ! Et mentalement aussi…

 

Parmi les plusieurs milliers de personnes avec qui j’ai eu contact, parmi les plusieurs centaines de clients que j’ai eu, il y a eu quelques Aborigènes.

Avant de commencer le job, le patron m’avait prévenu : « Si tu prends des Aborigènes, demande leur bien de payer avant que tu les embarques. Si ils ne veulent pas, ne les prend pas ». J’ai trouvé ça déjà bien bizarre !

Puis, de fil en aiguille, on rencontre d’autres personnes. Et ce qui revient le plus est ceci : à Darwin, on ne parle généralement pas d' »Aborigènes », mais de « Noirs ».

J’étais choqué !!!

Ma curiosité cherchait à savoir pourquoi ? Comment ? Comment est-ce possible tant de haine et de discrimination dans ses propos ??

J’étais super heureux quand j’ai eu la chance d’embarquer mes premiers Aborigènes sur le vélo ! C’était des parents qui voulaient faire plaisir à leurs 3 enfants. Ils ont payé à l’avance, avant que je ne le demande, et les jeunes s’étaient éclatés comme des fous pendant que je faisais le tour du pâté de maison avant de les ramener aux parents, très heureux aussi.

 

Alors, il est où le problème ??

 

Le problème ? C’est celui de l’expérience. Pas une expérience, mais plusieurs expériences. Afin de se donner une vue d’ensemble et de partir sur des bases plus réelles pour s’en faire une opinion la plus juste possible.

Car les Aborigènes, je vais peut être vous choquer, mais je les ai de moins en moins aimé…

J’ai eu de nombreux mauvais payeur (c’est à dire des non-payeurs), j’ai failli me faire voler ma sacoche (avec plus de 400$ dedans… Heureusement, elle était bien sécurisée sur moi), et j’ai aussi eu des petits problèmes…

J’étais en pause, garé le long de la rue principale du centre-ville. Je discutais avec un collègue. J’étais à 20 mètres de mon vélo. Un Aborigène approche mon Pedicab, puis commence à le triturer. Règle formelle : ne jamais laisser toucher quiconque au vélo. Je vais donc le voir pour simplement lui dire de ne pas toucher le vélo. Il fait semblant de ne pas m’entendre et continue bien allègrement avec les manettes de frein, et essaye enfin de s’asseoir sur la selle. Alors je me met à lever un peu le ton, qu’il comprenne qu’il faut qu’il arrête là tout de suite.

Il s’arrête net, me regarde quelque secondes sans bouger, et me met un grand coup de point au visage en m’insultant. Heureusement pour moi, il a raté son coup, donc je n’ai pas eu bien mal, même si mon oreille gauche s’est souvenue de la frappe toute la nuit…

 

Depuis cette histoire, les Aborigènes, je les ai définitivement détestés. S’en était de trop avec tous ces problèmes. J’ai oublié tout leur passé, toutes leurs histoires… Je n’en avait plus rien à faire. J’étais trop énervé. Je ne les ai plus jamais pris sur le vélo, je ne leur ai plus jamais adressé la parole. Plus de contact, plus de problème.

En roulant en ville, je les voyait faire n’importe quoi, se comporter n’importe comment, éclater des bouteilles par terre, s’énerver, provoquer, se battre,…

J’ai alors aussi compris en partie pourquoi les gens les détestaient à ce point : ce sont les alcooliques, les drogués, les sans domicile fixe, les fauteurs de trouble ne s’empêchant en rien pour casser.

Un beau soir, le même Aborigène qui m’avait frappé revient vers moi. Je l’ai tout de suite reconnu. Alors je me suis poussé en disant « Eh, je te connais toi, me remet pas un coup ! ». Mais il venait pour s’excuser de ce qu’il avait fait. Je lui ai dit que j’appréciais son geste, mais que je ne l’excusais pas car ça n’avait aucun sens ce qu’il avait fait. C’est la dernière fois que je leur parlerai.

 

Le temps passant un peu, les choses se calmant avec le temps, j’ai un peu « oublié » tous ces détails.

 

Puis, à force de me balader dans les rues et de les voir, mes pensées ont repris une direction totalement différente. Je me suis rappelé leur histoire. Et je les voyais, là, sous mes yeux, assis sur les trottoirs à jouer de la musique pour espérer gagner quelques centimes…

Je me souviens de tout, de tous les détails.

Je me souviens de ce groupe de jeunes, bien alcoolisé, qui dansaient comme des fous sur la musique jouée par un Aborigène. Je me souviens aussi de ce groupe de personne qui prenait des selfies avec eux. Je me souviens de cette très vieille dame Aborigène, dormant avachie dans son fauteuil roulant sur le trottoir. Je me souviens de ceux qui faisaient des piles avec leur bouteilles de bière, de ceux qui les fracassaient contre les voitures qui passaient ou qui étaient garées. Je me souviens de celles et de ceux qui s’engueulaient, voire se battaient. Je me souviens de celles et ceux qui titubaient à s’en taper les poteaux et les poubelles…

En allant bosser, je passais devant des résidences où ils étaient placés, parfois totalement insalubres et où ils vivaient les uns sur les autres…

Bref, j’en aurait encore pour des heures à ressortir tous les détails, et mieux encore les gestes, les sons et les odeurs (d’alcool)…

Logements Aborigènes à Darwin. L’extérieur à l’air correct, mais ne regardez pas l’intérieur !

 

Les Aborigènes des villes, c’est très dur. C’est dur de voir comment ils vivent, comment ils sont… C’est tellement moche qu’on a parfois du mal à le regarder, à accepter ce que l’on voit.

Dès le début de soirée, ils sont déjà presque tous alcoolisés, tous les jours. Dans la nuit, la plupart sont complètement bourrés, parfois complètement drogués. Parfois, ils se font embarquer au commissariat. Et le lendemain matin, on les voit dormir au milieu des pelouses dans des positions reconnaissables entre toutes : celles des personnes qui ont vraiment trop bu…

J’avais tout ça sous les yeux, tous les soirs, toutes les nuits, toute la semaine. Et j’avais pitié. Je trouvais leurs conditions de vie totalement inacceptables. C’était inadmissible. Incompréhensible que l’on puisse laisser ces personnes dans ces conditions alors que nous sommes dans une grande ville, dans un pays développé et riche.

Alors j’ai repris contact, si je puis dire, avec les Aborigènes. J’ai tout remis à zéro, comme rien ne s’était passé. J’ai commencé à les faire remonter sur mon vélo.

 

Le changement

Au début, c’était pas simple. Le premier que j’ai repris, il ne m’a pas payé. Il m’avait laissé en plan dehors, en prétextant qu’il avait l’argent chez lui. Bien sûr, quand il m’a dit ça, je savais déjà qu’il n’allait pas revenir…

Mais j’ai persévéré.

Il y a eu cet Aborigène complètement bourré, les bras en l’air, une bière dans chaque main, qui zigzaguait en plein milieu de la grande avenue du centre-ville. J’ai dû m’arrêter sur le coté et vite le ramener sur le trottoir tant bien que mal avant qu’il ne se fasse écraser !

Et en parlant de se faire écraser, j’ai bien cru que j’allais être le témoin d’un suicide lorsque j’en ai vu un essayer de se jeter sous les roues d’une voiture qui passait !! C’était moins une.

J’ai à nouveau eu des tours de pâté de maison avec des jeunes, mais aussi des adultes… Qui allaient chercher leur alcool alors qu’ils avaient déjà au moins 3 grammes dans le sang à 19 heures… Je me sentais coupable. J’espérais qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour tout prendre. C’est à dire tellement d’alcool qu’il faudrait être 4 pour tout porter… Je me sentais participer à leur malheur quand je les y amenais.

Un liquor shop, ou encore bottle shop. En Australie, on achète les alcools dans des boutiques spécialisées, comme au Canada.

 

L’Aborigène artiste

Un jour, en début d’après-midi, j’allais à la banque déposer mon argent de la semaine. En ressortant de la banque, j’entends une guitare qui commence à jouer. C’était un vieil Aborigène, assis sur le trottoir les jambes croisées sur une serviette. Il enchaînait des accords que je connaissais bien. Des accords que tout le monde connaît :

« Imagine » de John Lennon.

Je me suis arrêté direct quand il a commencé à chanter. Sa voix très rauque et très usée, sans être trop grave, m’a directement emporté. Il la chantait tellement bien qu’on aurait dit que c’était lui qui l’avait composée. On aurait dit que les paroles faisaient partie intégrante de sa vie. Il y croyait dur comme fer, balançant légèrement son buste de gauche à droite au rythme doux de la chanson.

John Lennon était littéralement balayé par cet Aborigène croisé dans la rue.

Incroyable. Mémorable. J’étais scotché.

J’étais planté devant lui tout le long. Tout le monde passait devant, en regardant par terre… Ce mec est un génie. Il interprète une chanson à la perfection, et tout le monde s’en fou. Lorsqu’il en a eu fini, je lui ai donné une pièce de 2$. (en espérant qu’il n’allait pas la dépenser le soir même dans l’alcool…).

 

Le soir, reprise du boulot. Et comme par magie, on aurait dit que mon « pardon » avait été fait. Mon « pardon » pour toutes les fois où je me suis énervé contre eux, et où je les ai parfois même insulté !

Jusqu’à la fin de mon job, ils m’ont tous payés et ils ont tous été très sympas. C’était le jour et la nuit. Même si ça ne les empêchait pas d’être toujours autant alcoolisés et/ou drogués. À chaque fois que c’était le cas, je faisais bien attention à ne pas les amener chercher de l’alcool, ce que bien sûr ils détestaient ! Mais au moins, je ne me sentais pas mal de faire ce geste « participatif ».

Le comble du comble fût mon dernier client en Pedicab… Parmi les 150.000 habitants de la ville, c’était une Aborigène. Je ne suis pas du tout croyant, mais des fois j’ai vraiment l’impression qu’il y a des coïncidences…

 

Le dernier client

Il était 4 heures du matin.

Je retournais au garage où l’on entrepose les vélos. C’est un peu en dehors du centre-ville, loin du « zoo » qui se passe presque tous les soirs (sauf le lundi !) dans cette ville très jeune et très fêtarde. Une dame m’interpelle depuis le trottoir. Vu l’heure qu’il est, je me demande bien ce qu’elle fait là.

Elle me demande si je ne connais pas un endroit où dormir. À Darwin, il y a des tonnes d’hôtels, mais surtout des hôtels à plus de 200$ la nuit… Donc je lui propose une auberge de jeunesse, mais vu l’heure qu’il est, on ne va pas la recevoir. Elle me dit qu’elle s’en fiche. Bon.

Par chance, je dors dans le lieu le moins cher de la ville, à 25$ la nuit en dortoir. Mieux encore, il y a un gardien de nuit que je connais bien maintenant, étant donné mes horaires.

Un type vraiment sympa, et qui sait ce que c’est de chercher où dormir convenablement étant donné son passé. C’est sa prothèse à la jambe gauche qui l’a mis dans la plus belle mouise de sa vie… Bref, il pourrait peut être la laisser dormir quelques heures sur un canapé dans la grande pièce commune.

Cette dame est calme, et a un comportement tout à fait normal. On dirait qu’elle vient de se réveiller ! Alors je commence à discuter avec elle, surtout qu’elle à l’air un peu perplexe.

Elle fini par me dire qu’elle habite dans un de ces fameux « HLM » pour Aborigènes, et qu’une baston a éclatée dans la nuit, à cause de l’alcool. Ils étaient une bonne quinzaine dehors à se battre. La bagarre s’est finie il y a quelques temps et elle ne veut pas dormir chez elle, car elle a peur que ça recommence à nouveau dans la nuit. Elle cherche a dormir en sécurité.

J’espère l’aider, en tout cas j’y met tout ce que je peux, pour qu’elle puisse effectivement dormir normalement, même si je sais que ce sera très dur à cette heure, et vu comment dans cette ville les gens sont racistes et peu tolérants envers les Aborigènes…

Je la dépose donc à mon auberge, et lui dit d’aller expliquer son cas au gardien de nuit, tout en disant qu’elle vient de ma part pour augmenter ses chances. Je l’attends dehors sur le vélo, pour m’assurer.

Quelques minutes plus tard, elle ressors, l’air dépitée. Ça n’a pas marché.

Je lui propose alors qu’elle dorme dans le parc en face de l’auberge, que je n’ai rien d’autre à lui proposer. Elle accepte, déçue. Je lui donne le reste de ma bouteille d’eau, c’est tout ce que j’ai pour elle. Elle veut me payer. Je lui dit que non, que demain je ne travaille plus et que c’est la dernière personne que j’ai emmenée. J’avais déjà passé la nuit à faire des prix au rabais.

Elle me remercie très chaleureusement pour mon aide, en me serrant dans ses bras…

 

Quelques semaines plus tard, mon voyage en Australie m’emmenait dans le Red Center, un désert en plein cœur de l’Australie, où l’on trouve le fameux rocher « Uluru », et les fameuses montagnes « Mount Olgas ». Un haut lieux de la culture et de l’histoire Aborigène.

J’ai pris une claque monstrueuse, impensable, à cet endroit.

J’ai pu apprendre quelques histoires sur les croyances Aborigènes, j’ai pu m’immiscer un peu dans leur vraie vie : pas celle en ville, mais celle de chasseur-cueilleur. Après ces 3 jours dans le désert, au beau milieu de leur véritable lieu de vie, j’ai détesté l’humanité, j’ai détesté la planète entière, j’ai perdu toute foi en toute vie humaine.

Le rocher sacré de Uluru, en plein milieu du désert.

 

Comment a-t-on pu faire ça. C’est horrible. C’est un cauchemar qu’on ne peut même pas faire ni imaginer tellement il est violent.

Je pensais alors aussi aux indiens quand on a découvert l’Amérique du Nord. J’ai aussi pensé aux africains lors des nombreuses colonisations. Et tant d’autres encore. Comment peut-on faire ça, alors que ce sont des gens de notre propre espèce.

Je ne le comprenais déjà pas, mais je comprends encore de moins en moins pourquoi une différence de couleur de peau, de culture ou de quoi que ce soit d’autre est rejetée de cette façon ?

Les réponses sont très difficiles à trouver.

En attendant, je les ai aussi détestés, à ma façon, avec mon expérience. Mais j’ai été suffisamment curieux et ouvert pour changer la donne. J’ai voulu me prouver le contraire, j’ai essayer d’aller vers eux. Je suis repassé du bon côté. Même si il est très difficile de les comprendre et de comprendre leur histoire dans son entièreté.

 

Aujourd’hui, ce sont des personnes que je respecte avec un grand « R », et que j’admire avec un grand « A ». Pour ce qu’ils ont vécu, et pour leur courage.

Et je demande bien sûr à quiconque croisera un Aborigène de le saluer et de le respecter autant qu’il le pourra !

 

Aymeric LECOSSOIS
Qui suis-je ?

Comment réduire le poids de son sac à dos ?

On a tous déjà vu ces voyageurs avec leurs valises immenses et leurs sacs multiples se promener en ville vers leur hôtel. On a tous connu ce moment ou cette personne dire : « finalement, je n’ai pas eu besoin de ça ! », ou encore « ah, si j’avais su, je ne l’aurais pas pris ! ».

On a tous connu cet autre voyageur au dos plié en deux sous le poids de son sac, et c’était peut être nous-même ! Plus rarement, on entendra cette personne dire que son bagage a été perdu à l’aéroport…

Comment remédier à tous ces problèmes ? Comment ne plus regretter d’avoir pris avec nous des affaires dont on ne se sert jamais une fois sur place ? Comment éviter les pertes, les vols, les casses dans les aéroports ?

 

Allégez votre sac au maximum possible !!

Je vous explique dans les lignes qui suivent comment procéder !

Ne partez pas « chargé comme un militaire » ! Regrets assurés !!

 

Depuis que je suis parti en Australie en sac à dos, voyager léger est pour moi tellement logique que je ne sais même plus ce que le mot « valise » signifie.

Tout était tellement simple et facile avec mon sac à dos. D’autant plus que son poids était sous la barre des 7 kilos ! Du coup, je promenais ma maison partout où j’allais, en toute facilité.

Avec ce poids léger, j’étais loin de me déplacer à la vitesse d’un bigorneau ou un escargot !

Le saviez-vous ?
Certains voyageurs (tout de même rares) partent plusieurs semaines avec un sac de 18 ou 20 litres sous le bras, autrement dit une grosse sacoche. Certains autres voyages avec de vrais sacs à dos mais limitent le poids très méticuleusement. Un exemple ? : ils coupent un bout du manche de la brosse à dent, pour gagner à peine 10 grammes ! Mais cette méthode répétée à chaque élément fait gagner plusieurs centaines de grammes.

 

Comment faire pour avoir le bagage le plus léger que l’on a jamais porté sur le dos ?

 

C’est quelle saison à votre destination ?

C’est la première question à se poser… N’espérez pas partir avec un sac de 7 kilos si vous allez au Groenland, ou si vous partez au Canada en plein mois de Janvier… Non seulement les affaires d’hiver prennent beaucoup de place, mais en plus, elles sont bien plus lourdes.

Choisissez des pays chauds ou partez lorsque c’est l’été (ou la saison sèche) à destination. De cette manière, vos affaires seront moins nombreuses et plus légères.

Les différences de climat jouerons grandement sur la taille et le poids de votre sac !

 

Quel est le poids de votre sac à dos à vide ?

C’est la base de tout. Sans lui, vous partirez sans rien, mis à part ce que vous avez sur vous. Je suis sûr que pour les plus motivés et les plus minimalistes, c’est encore faisable ! Mais tout de même, préférons y aller un peu plus mollo.

Le poids et la contenance de votre sac sont important. Il faut trouver le bon compromis. Il faut surtout ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre !

En effet, plus vous aurez un sac petit, plus il sera léger, et moins vous pourrez emmener de choses. C’est en quelque sorte une limite à tous les excès possibles. Mais comment savoir la contenance parfaite ? En faisant confiance aux professionnels du voyage léger.

Tous les voyageurs légers sont unanimes…

Ne prenez pas plus gros que 50 Litres !

La première fois que je suis parti en sac à dos, j’avais pris un 50 Litres, comme préconisé. Devinez quoi ? Il n’était jamais plein… Même avec de la nourriture, un chapeau et une paire de chaussures dedans ! Alors je regrettais un peu d’avoir pris un 50 Litres alors que 40 suffisaient largement.

Je peux donc confirmer : ne dépassez pas 50 Litres.

Connaissez-vous l’autre avantage d’un sac de moins de 50 Litres ?

Lorsque vous prenez l’avion, il passe en bagage à main !! Fini les vols, fini les pertes !! Fini le « merde ! J’ai oublié un truc dans mon sac ! » lorsque vous êtres à votre siège mais votre sac en soute. Vous l’aurez toujours sur vous, à portée de main ! À moins que son poids dépasse les préconisations de la compagnie aérienne…

Une fois que vous avez la taille de votre sac, reste à trouver celui qui sera le plus léger, tout en correspondant aux critères de budget, de confort, de rangement et de solidité que vous vous serez fixé. Parce que c’est bien beau un sac léger, mais ça peut être très fragile ! En effet, certains sacs descendent sous les 1 kilo !

Pour la solidité et le confort, je conseillerais plutôt un poids de 1 à 2 kilos, selon la contenance.

Pour mon premier sac à dos, j’ai opté pour le Quechua Forclaz 50. Je l’ai payé seulement 40 Euros !

Il pèse environ 1.5 kilos vide, dos rembourré, ceinture à la taille, ceinture pectorale, les bretelles sont réglables. Il a des poches latérales extérieures sympas et l’intérieur peut se diviser en 2 compartiments. Il y a aussi une poche de fond. Le dos est rigidifié par une barre en aluminium à mémoire de forme qui fait toute la hauteur du sac. Il est très bien pour un premier voyage léger !

Il y a aussi des marques spécialisées dans le sac à dos, comme Osprey. Allez voir sur le site Backcountry pour comparer les sacs des marques spécialisées.

Ce sont des sac techniques, garantis de fabrication à vie pour certains. Ils sont un peu plus fragiles pour certains, mais aussi plus légers et aux nombreux réglages qui assurent un confort parfait. Le hic : ils sont chers…

 

Privilégiez les vêtements à double emploi ! Mais aussi légers.

Essayer d’acheter des vêtements qui servent à de multiples activités, tout en restant passe-partout. Par exemple, une chemise de randonnée ira très bien dans un bar en ville, tout comme sur un sentier en pleine montagne. Prenez un pantalon qui se transforme en short avec un système de fermeture-éclair.

Vous l’avez compris avec la première question posée plus haut, nous partirons plutôt dans une destination où il fera chaud. Un t-shirt et un short, c’est déjà léger. Mais vous pouvez les rendre encore plus légers en choisissant des matériaux spécifiques, ou plutôt techniques.

Pour passer partout, être à utilisation multiple et vous suivre plusieurs mois, vous devez avoir des vêtements esthétiques mais de couleur neutre, résistants et à double ou triple emploi.

Quand j’étais en Australie, j’avais un short de plage et celui-ci me servait aussi bien à aller faire mes courses, que travailler, me baigner, faire du snorkeling, etc… Le pied !

Le short en question !!

 

Si vous arrivez à faire en sorte que tous vos vêtements soient au minimum à double emploi, vous verrez que votre checklist de valise se verra extrêmement diminuée ! Tout ce que vous avez prévu en double ou en triple se verra transformé en une pièce unique.

Miraculeusement, vous vous retrouverez a voyager avec très peu d’affaires.

Pour les rendre le plus léger possible, une marque souvent conseillée est Outlier. Design, simplicité, polyvalence, ultra léger, confortable, durable… Que du bon ! Mais malheureusement : on ne peut se les procurer que par internet, et il faut mettre le prix…

Pour les chaussures, une paire suffira ! Les plus polyvalentes possibles, avec lesquelles vous êtes capable de marcher plusieurs heures sans avoir mal au pied. Donc sûrement une paire de basket classique.

Si vous avez toujours peur de manquer de quelque chose, une astuce imparable pour en prendre le moins possible : Faites comme si vous partiez un simple weekend !

 

La trousse de toilette

Peu de temps avant que j’écrive cet article, j’ai vu la vidéo d’une demoiselle qui présentait la trousse de toilette de son sac qu’elle disait minimaliste. Sur 14 minutes, 9 minutes étaient consacrées au maquillage… Qui, bien sûr n’avait rien, mais alors rien, de minimaliste. J’ai franchement rigolé. Mais je vous comprends les filles, vous voulez être belles tout le temps.

Seulement, pour vraiment voyager léger et passer votre sac partout, il faudra impérativement oublier la moitié de vos produits ! Prenez en le minimum. Et surtout, si vous voulez passer en bagage à main pour l’avion, limitez les contenants à moins de 100 mL ! (c’est même 50 selon le pays où vous allez…).

Tout d’abord, oubliez le flacon de shampoing et le flacon de gel douche. Remplacez tout ça par un savon Dr Bronner. Il est facilement trouvable sur internet ! Il est bio, biodégradable, et non agressif pour la peau. Je m’en suis servi pendant 4 mois en Indonésie et Australie sans problème pour le cuir chevelu, les cheveux, ou la peau.

Sous forme solide, il ne pèse que 140 grammes ! Il peut durer jusqu’à un mois. Le petit plus ? Vous pourrez nettoyer vos vêtements à la main avec !

Oubliez également la grosse serviette de bain. Prenez une serviette microfribre ! Elle est très légère, ultra compacte une fois pliée et sèche super vite !!

Pour le reste, prenez le basique : dentifrice, brosse à dent, déodorant, peigne, tondeuse à barbe ou rasoir… Et les filles, minimum de matériel maquillage 😉 Si, si ! Vous le pouvez !

Ah oui, n’oubliez la petite trousse de survie avec les médicaments classiques, et les médicaments préconisés dans le pays où vous allez, du style antipaludique.

Ah ! J’oubliais ! Le savon du Dr Bronner est disponible à ces liens (dans les parfums les plus courants: amande, menthe, nature, orange) :

Le matériel connecté…

Je mets « … » car tout ça, c’est souvent lourd… Et encombrant ! Mais on en prend aussi souvent de trop ! Quand vous regardez vos appareils électroniques et la pile de vêtements que vous avez maintenant réussi à diminuer au maximum, vous comprendrez toute la difficulté…

Pas de panique. Tout est possible, tout est faisable ! Tout n’est que choix et compromis.

 

L’ordinateur

Si vous voulez partir avec un ordinateur, oubliez tout de suite votre 17″… Premièrement, vous allez en ***** pour le rentrer dans votre « petit » sac, mais en plus il sera impossible un fois terminé d’être sous la barre des 7 ou 8 kilos. Il ne faut pas oublier que dans l’histoire, chaque centaine de gramme est important.

Dirigez-vous vers les ordinateurs ultra-portables !

De mon coté, j’ai pris un ASUS X205T. Il pèse 1 kilo tout rond avec son câble de charge ! Son autonomie est de 12 heures en moyenne. J’ai déjà tenu une charge pendant 16 heures !! Le pied… En plus, il est très peu cher (je l’ai payé 220 Euros neuf en magasin).

Bien sûr, si vous faites du montage vidéo, ou de la retouche photo, ça va ramer un peu… Et prévoyez une Micro SD pour augmenter la mémoire qui n’est que de 32 Go de base.

Il a été très récemment remplacé par le E200HA, mais vaut toujours le même prix !

 

N’oubliez pas non plus un disque dur externe pour faire des sauvegardes multiples ! Je l’ai appris à mes dépends en arrivant à Bali : cela arrive rarement, mais la carte SD de ma GoPro avait cramé après le passage aux rayons X à l’aéroport…

 

La photo, les vidéos

Vous prendrez forcément de quoi capturer les meilleurs moments de votre voyage. Le mieux mais le moins performant : le Smartphone.

Vous pouvez aussi prendre un appareil photo compact qui est toujours très léger et très peu encombrant. Les amateurs de belles photos prendront sûrement un hybride ou un réflex qui ont tout deux des objectifs interchangeables. Évitez d’avoir 40 objectifs ! Pour le poids, privilégiez les systèmes Mirrorless, bien plus légers !

J’ai depuis 2013 un hybride Sony Alpha 3000 qui est très léger et suffisamment solide (malgré un boîtier en plastique) pour être promené dans un sac à dos. Je pars avec un objectif 16mm et un 18-55.

Pour mes prochains voyages, ce devrait être un 10-18 et un 18-105, qui seront plus adaptés aux style de photo que j’aime faire. Mon appareil et le 18-55, pèse seulement environ 700 grammes, avec batterie et carte SD montée !

J’ai toujours plaind les possesseurs de Nikon ou de Canon qui pèsent une tonne ! J’en connais pas mal aussi qui se mettent à prendre des appareils compact experts, un mélange de hybride, de reflex, et de compact dans le même appareil.

Si vous allez faire de la plongée ou autre activité nautique, une petite GoPro (ou concurrent 😉 ) sera un bon complément. C’est petit et léger de base !

Un ordinateur portable et de quoi capturer les souvenirs, c’est tout ce qu’il vous faut !

 

A faire exprès d’oublier !

En numéro un, oubliez vos guides de voyage !! Lourds et encombrants… Oubliez tout ce qui est carte routière aussi. En plus, vous avez moyen parfois de les télécharger au format PDF sur internet. Sur place, vous pouvez aussi utiliser la connexion WiFi pour revoir vos trajets, activités, hôtels etc.

Mon astuce : avant de partir, notez sur un traitement de texte tout ce que vous avez vu d’important et d’intéressent dans vos guides. Puis envoyez-vous le fichier par mail en PDF. Encore mieux, car ne nécessitant pas de connexion internet : prenez les pages importantes et ce qui vous intéresse dans votre guide en photo !

Oubliez tout ce qui est lourd, tout ce qui est encombrant, tout ce qui fait emploi double !

 

Mon sac à la fin de mon périple Australie/Singapour/Indonésie

Pourquoi à la fin ? Parce que, en tant que première expérience en voyage sac à dos léger, j’avais tout de même pris des choses en trop, alors que je n’avais pourtant pas grand chose. Eh oui…! Voici donc ma liste après tout le tri de fait :

Le sac à dos :

  • Le Quechua Forclaz dont je parlais

Les vêtements :

  • 2 t-shirt
  • 2 chemises
  • 1 k-way fin en cas de pluie (surtout en randonnée)
  • 1 pantalon de randonnée qui se transforme en short
  • 1 short de plage
  • 2 sous-vêtements
  • 1 paire de chaussettes (que je lavais tous les jours à la main)
  • 1 paire de tong
  • 1 paire de basket

Trousse de toilette :

  • 1 savon solide Dr Bronner
  • 1 serviette microfibre
  • 1 petite trousse de survie (mals de tête, maux de ventre, coupures, etc…)
  • 1 dentifrice 50mL
  • 1 brosse à dent
  • 1 déodorant 50mL
  • 1 tondeuse à barbe
  • 1 coupe-ongle
  • 1 crème solaire 50 mL
  • 1 sac plastique pour tout mettre dedans (bien plus léger qu’une trousse)

Appareils électriques :

  • 1 smartphone
  • 1 ordinateur ultra-portable
  • 1 hybride Sony
  • 1 GoPro
  • 1 disque dur externe pour ne rien perdre au cas ou !
  • 1 adaptateur secteur
  • Des batteries de rechange
  • Les câble pour recharger le tout

Accessoires :

  • 1 paire de lunettes de soleil
  • 1 casquette
  • 1 paire de bouchons d’oreilles pour dormir tranquillement (vive les dortoirs 😉 )
  • 1 lampe de poche et ses piles (la nuit dans les rues en Indonésie… 😉 )
  • 1 lampe frontale et ses piles (randonnée)
  • 1 protection pluie pour le sac à dos
  • Mes papiers et leurs photocopies !

 

J’ai tenu 4 mois avec ça sans un seul soucis ! J’aurais même pu tenir un an, c’est pour dire.

Le seul et unique défaut du sac à dos léger est pour moi le fait qu’il faudra souvent laver vos affaires, étant donné que vous aurez peu de rechange. Cela induit aussi d’en prendre soin et de faire attention par exemple quand vous mangez (tâches de sauce… 😉 ).

Pour tout le reste, c’est que du bonheur ! Cela augmente encore plus votre liberté en voyage !

Si votre sac pèse plus que le poids impartis pour le passer en bagage à main dans l’avion, voici l’astuce : empilez un maximum de couches de vêtements sur vous ! Si vous le pouvez, mettez les batteries de rechange de vos appareils électriques, votre téléphone dans vos poches. Mettez votre casquette ou chapeau et vos lunettes de soleil sur votre tête…

Vous pouvez économisez 1 à 2 kilos avec cette technique, juste pour le temps de la pesée !

 

J’espère que cet article vous aura aidé !

Et vous ? Vous avez déjà voyagé en sac à dos ?

Quelle a été votre expérience ?

Quelles sont vos astuces ?

 

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Aymeric LECOSSOIS
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