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Le bilan de mon PVT Nouvelle-Zélande!

15 mois sont passés depuis mon arrivée en Nouvelle-Zélande. 15 mois qui sont passés à la vitesse de la lumière. C’est maintenant le temps de faire le bilan de mon PVT Nouvelle-Zélande.

Des projets, j’en avait la tête pleine à craquer. Ce qui est bien quand on quitte son travail (et accessoirement qu’on est célibataire), c’est la liberté folle qu’on a. On se rend tout de suite compte à quel point le travail pèse et prend une place parfois surdimensionnée dans notre vie. Je l’ai fait par choix, et comme toutes les autres fois, je n’ai jamais (encore) regretté.

Je suis à nouveau passé de l’autre côté de la Force, libre à moi même de faire ce que je veux où je veux et quand je veux, avec qui je veux. Les options se comptent par centaines, les projets par milliers. Si l’argent n’existait pas, ce serait le véritable monde des bisounours.

Sur les pentes de roches pendant l’ascension du Foggy Peak, Arthur’s Pass, île du Sud.

Avant le départ, une inspiration sans faille

Après mes nombreuses lectures et vidéos visionnées de mes grands voyageurs et aventuriers préférés tels que André Brugiroux ou Mike Horn, je me sentais capable de tout. Après tout, les seules choses dont on a réellement besoin pour voyager de nos jours, ce sont un passeport, un smartphone avec les bonnes applications et « un peu » d’argent. Le reste se fait avec les rencontres et le culot.

Malgré tout, j’ai laissé tombé mon idée du Tour de France à pied en semi-autonomie par les sentiers de Grande Randonnée, mon idée de voyager où bon va le vent « sans argent », aussi de faire un roadtrip de tous les pays d’Europe en voiture aménagée et camping, ou la même chose mais à vélo.

Bon, j’ai fini en PVT en Nouvelle-Zélande. C’est moins le « rêve », mais c’est toujours mieux, selon moi, que de rester planté à la baraque et ne rien faire.

Au bord de la falaise, vue majestueuse sur l’Océan Pacifique, Akaroa, Péninsule de Banks.

Le rêve et la réalité du terrain

Pour ce PVT d’un an, j’en avait aussi des projets. Avec la nostalgie de mon boulot fou lors de mon PVT en Australie, mon premier plan était de refaire ce boulot, mais cette fois à Auckland. Manque de pot, une fois sur place, je me suis vite aperçut que Auckland ce n’est pas Darwin. Ce n’est pas le « zoo » complètement débridé après 23 heures, et en plus le relief n’est absolument pas plat et n’aide pas du tout au côté physique de ce travail. Tout cela diminue également le revenu espéré.

Pas grave, en attendant je vais chercher un autre travail pour gonfler mon compte en banque néo-zélandais, et ça ne va pas m’empêcher de réaliser mes autres projets. Je voulais faire un maximum de Great Walks, traverser une des deux îles en vélo, faire du kayak de mer en longeant les côtes maritimes du pays, faire du Woofing ou du HelpX, prendre le train TranzAlpine, faire un saut en parachute, du parapente, du ski, …

15 mois après, eh bien, rien de tout ça n’est arrivé ! Enfin si, seulement le travail et les $$$. Si vous me dites que finalement j’ai fait pareil que chez moi, je vous donne raison. Cependant, ce n’est pas chez moi car c’est en Nouvelle-Zélande (impressionné par ma défense, hein?).

Depuis le sommet de Sealy Tarn, vue imprenable sur le Mount Cook et ses 3724 mètres.

Un monde à part

Un autre pays, une autre culture. Tout ici est différent, absolument tout. Il y a des choses frappantes, des choses qu’on ne comprends pas, des choses qu’on intègre de suite en se demandant pourquoi on le faisait pas avant, des choses étonnantes. La NZ est vraiment un pays à part.

C’est un pays où on se sent bien tout de suite : pas de stress, pas d’énervement, pas de bruit à proprement parler, pas de criminalité, pas de dégradation, pas de saletés, pas de haine. Mais comment font-ils ? Réponse : mentalité et éducation. Le jour et la nuit par rapport à en France, c’est totalement frappant. Bien évidemment chaque pays a ses propres points positifs mais aussi négatifs : tout n’est pas rose. Pour citer le point qui saute le plus aux yeux : le coût de la vie est cher. Mais la balance va ici largement au positif.

Bref, ceci n’est pas un article expliquant comment c’est de vivre en Nouvelle-Zélande, mais une conclusion à mes 15 mois de PVT. Revenons à nos moutons…

Centre-ville d’Auckland : pas un mégot, pas un chewing gum, pas une poussière. Les espaces verts et parcs sont tondus toutes les 2 semaines…

4 travails, 5 colocations, 11.000 kilomètres

La « Timeline » est assez folle, surtout au début : en 1 semaine, j’ai réussi à trouver du travail et je passais d’une auberge de jeunesse à une colocation. C’était la toute première colocation de ma vie, et c’était la pire ! En l’espace de 3 mois, j’ai eu assez de $$$ pour m’acheter une voiture (un break dans lequel je peux dormir pour les roadtrips), et j’avais changé de colocation.

Côté travail, j’en ai fait au total 4 : ouvreur de moules, employé de serre (orchidées) qui m’a permis d’obtenir les 3 mois d’extension du PVT, assembleur, et finalement opérateur de presse plieuse à commande numérique qui m’a permis d’appliquer à un Work Visa.

J’ai fait une vidéo de 28 minutes sur les orchidées en serre. J’explique tout le fonctionnement, arrosage, organisation, classement des tiges, je parle aussi des pesticides et des protections utilisées. C’est aussi ma première vidéo où je parle et où on me voit, soyez indulgent, haha. https://www.youtube.com/watch?v=zumnFmg8G6U

Côté logement, je n’ai fait que 2 semaines en Auberge de Jeunesse. J’ai été dans 5 colocations différentes, de 4 à 8 personnes. J’ai vraiment eu de tout : des enfants, des fêtards, des fumeurs de joint, des personnes âgées… Seule 1 de ces 5 colocations était vraiment bien. Je suis aujourd’hui dans mon propre appartement et je peux vous dire que ça change tout !

Côté location, je suis resté 9 mois à Auckland, et 6 mois à Christchurch où je suis toujours.

Côté roadtrip, j’ai roulé environ 11,000 kilomètres dont 60 % pour aller bosser, 25% en roadtrip et 15% pour passer des weekend en dehors de la ville.

Ma Nissan Primera Break, Gordon pour les intimes, devant le Pukake Lake, île du Sud.

Du coup, j’ai plutôt bonne connaissance de Auckland et ses environs. J’ai fait un roadtrip dans le Northland et toute la traversée entre Auckland et Christchurch.

Pas de Great Walks, pas de traversée à vélo, pas de kayak, pas de saut en parachute, pas de Woofing, pas de TranzAlpine, pas de parapente, pas de ski… Mais de nombreuses randonnées et de nombreux petits weekend par-ci par-là qui ont été tout aussi bien !

Des Vacances-Travail devenuent Travail avec des Vacances

La Nouvelle-Zélande, c’est le genre de pays que tu aimes ou que tu n’aimes pas. Je n’ai encore jamais vu un avis partagé sur la question.

  • La vie est chère, on paie pour tout. J’appelle ça « le tarif NZ ».
  • En dehors de Auckland qui n’est déjà pas follement animée, c’est le vide, le néant.
  • Si on aime pas être dans la nature et faire beaucoup de sport, on s’ennuie très vite.
  • Pour la culture, même si il y a les Maoris et toutes les explorations des colons etc, on repassera : ce n’est pas vieux de plus de 300 ans !
  • Oui il n’y a dans la plupart du pays pas vraiment d’été et pas vraiment d’hiver.
  • Oui, la bouffe c’est autre chose…

Mais la qualité de vie et la facilité d’y vivre, la sécurité, la mentalité, la nature follement sauvage, les grands espaces, la diversité aussi bien ethnique que visuelle font, pour moi, le meilleur pays dans lequel j’ai vécu ou voyagé de ces 5 dernières années.

C’est pour ça que j’ai graduellement « oublié » mes objectifs premiers et me suis consacré à l’obtention d’un Work Visa pour rester dans ce pays encore un an de plus, et peut être ne jamais revenir en France.

Lyttelton, banlieue de Christchurch

Pour immigrer en NZ, il faut tout donner, y compris son temps et son argent…

Cela n’a pas été facile du tout : c’est long et coûteux. J’ai entamé ma première démarche en Octobre 2018, et aujourd’hui en Juillet 2019, mon Visa sera seulement délivré. C’est presque 10 mois ! J’ai surtout appris que le temps comptait plus que l’argent.

L’extension de mon PVT seule a pris 3 mois de travail et 1 mois de démarches soit 4 mois pour 285$ de frais totaux.

Pour mon Work Visa, il a fallut que je trouve un travail correspondant à mes diplômes et expériences professionnelles passées, il a aussi fallut que je fasse une période d’essai et que l’entreprise veuille bien me garder sur le long terme ensuite. Cela m’a prit au total 6 mois car le premier essai n’avait pas été fructueux après 3 mois (pas assez d’expérience et conjecture de l’entreprise).

Il a fallut traduire mes diplômes, faire appel à un organisme pour la reconnaissance des diplômes en NZ, passer un test d’anglais international, demander et traduire plein de documents, passer une visite médicale, faire des radios, payer les frais de dossier et de traitement du Visa, passer des entretiens, faire ses preuves, s’intégrer rapidement, etc. Chaque démarche peut mener directement à l’échec.

En dehors de ça, il a fallut que je change mon passeport à l’Ambassade de France à Wellington, que je demande un permis de conduire néo-zélandais car le permis international ne fonctionne plus après 12 mois.

Bref, 10 mois de démarches et de paperasses, 3,000$ (1,800E) dépensés au total pour un Work Visa de 1 an. Ça fait cher la journée, mais croyez moi que ça vaut le coût.

C’est aussi un excellent moyen de tester sa motivation à rester ! Jusque là, je ne me suis jamais posé de question, ce qui est bon signe.

Ça n’a été que du stress et de l’angoisse de ne pas réussir. Mon dossier est en ce moment dans les mains du Ministère de l’Immigration de Nouvelle-Zélande. Même si rien ne justifie le refus à ce stade là, je suis toujours en attente de mon Visa. Car comme pour tout le reste, cela prend du temps !

Vue sur le Mount Hutt, depuis le Rakaia Gorge Track.

Alors que dire en conclusion ?

La vie est faite de choix. Et je pense que le meilleur choix est celui de réaliser ses rêves dès que l’on peut le faire. Il ne faut pas attendre. Cela fait de nombreuses années que mon pays n’est plus dans mon cœur et que je n’ai plus envie d’y vivre.

Je suis parti en mode voyage et découverte avec un sac à dos de 8 kilos. Je suis passé d’un backpacker sans emploi, sans logement et ne pouvant utiliser que les transports en commun, à un employé d’entreprise internationale, avec une voiture et dans mon propre appartement.

Aujourd’hui j’ai trouvé mon nouveau chez moi et je fais tout pour y rester.

Après un PVT Australie vraiment moyen, je considère mon PVT comme réussi haut la main car je n’ai jamais été bloqué et je n’ai jamais eu de soucis financiers.

Malgré tout, j’ai travaillé plus que je n’ai eu de « vacances ». Le scénario du PVT, c’est tout simplement de travailler pour faire des économies qui serviront ensuite à voyager à la découverte du-dit pays ( d’où le nom Vacances Travail). Je crois que je peux compter 4 mois de vacances sur 15 mois. Je suis toujours mieux loti que beaucoup de monde alors je ne vais pas me plaindre.

Si vous avez entre 18 et 30 ans et que vous partez en PVT, assurez-vous de 2 choses pour le PVT Nouvelle-Zélande : partez avec vraiment un maximum d’économies (je dirais 5,000 E grand minimum), et bossez votre anglais au maximum. Conseils d’ami.

Si vous voulez immigrer en Nouvelle-Zélande, vous serez le bienvenu mais seulement si vous avez de bons diplômes et de bonnes expériences de travail (immigration assez sélective, ou sur système de points). Préparez-vous le plus tôt possible, ainsi que votre Carte Bleue.

Mon aventure en Nouvelle-Zélande n’est pas finie, et j’en suis très heureux !

Virée à la montagne au Mount Cook National Park

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je?

Job PTV NZ : vous saurez tout sur les orchidées

Jamais un jour je n’aurais pensé travailler dans les fleurs. C’est pourtant chose faite ! Mon premier job en  PVT Nouvelle-Zélande dans l’ouverture de moules était déjà original, celui-ci l’est tout autant : que diriez-vous de cueillir des fleurs ?

À noter que cela ne m’a pas prit plus d’une heure pour être engagé. Cette fois, le bouche-à-oreille a fait ses merveilles. Toujours avoir un petit réseau sur place est la règle numéro une pour trouver du travail facilement à l’étranger, qu’on se le dise.

Le travail n’a rien de compliqué, en apparence. Oui, ce ne sont que des fleurs. Mais croyez-moi, un de mes collègue en parle comme un philosophe, avec ses 16 ans d’expérience dans le métier. Bien plus technique que l’on peut penser, donc.

La journée type

Ça démarre à 8 heures du matin. Le patron ou le superviseur nous indique quelle couleur et quelle variété d’orchidées cueillir. On prend son sécateur, on charge son chariot de cartons vides et on va se perdre dans une surface impressionnante de serres. On se promène dans les rangées de pots de fleur pour en sélectionner les plus beaux spécimens.

Pour sélectionner les bonnes fleurs, facile : les fleurs doivent être toutes complètement ouvertes, la tige pas trop tordue, les pétales pas abîmées et la capsule de pollen bien en place. On retire le crochet qui maintient la tête de la fleur, on coupe le fil élastique qui tient la tige droite, et on coupe au sécateur le plus bas possible.

On dépose ensuite la fleur sur les feuilles, où il y a de la place. Perso, je fais des petits bouquets de 4 maximum. Plus les abîmerait en les ramenant au chariot dans l’allée. Je mets les bouquets de fleurs dans les cartons prévus, réinstalle tout ça sur le chariot. Quand le chariot est complet, on le ramène au centre des serres où se situe l’atelier d’emballage. Je dépose les cartons pleins, reprends des cartons vides, et recommence.

À partir de 15 heures, il faut que j’aide à l’emballage, car certain(e)s partent plus tôt. Donc j’aide à classer les fleurs par taille et par qualité (il y a des standards!), et à les emballer une par une dans une manchette en plastique. Je fini à partir de 17 heures.

Zéro stress !

Particularités : tant que tu fais plus que 6 heures dans la journée, on se fou de quelle heure tu arrives et de quelle heure tu pars, tant que c’est entre 8 heures et 20 heures. Et en plus, on s’en fou aussi du nombre de jours travaillé. Si tu veux faire 2 jours, tu fais 2 jours. Si tu veux faire 7 jours, tu fais 7 jours.

La vitesse de travail, on s’en fou aussi. Il n’y a aucune performance à faire, aucun minimum requis. Ici, on veut 100% qualité. Alors on prend son temps, point barre. Il y a des pauses de 15 minutes toutes les 2 heures, 30 minutes pour manger. Toutes ces pauses sont payées. Si tu veux envoyer un message, passer un coup de fil, aller sur Facebook 2 minutes entre les fleurs, aucun soucis !

Le seul mot d’ordre, c’est de prendre son temps ! C’est obligatoire.

Si tu te déplaces trop vite dans les rangées, tu risques d’abîmer les fleurs. Le simple fait de secouer un peu une fleur ou d’entrechoquer deux fleurs les abîmes. Les capsules de pollen sont hyper fragiles ! Il faut aussi faire attention en enlevant le crochet qui peut se prendre dans les pétales et les arracher au passage.

Les copains des orchidées

Il faut aussi ouvrir l’œil, et repérer les parasites des orchidées. Une fleur, ou un pot de fleur atteint, et c’est la mise en quarantaine. Il est interdit d’exporter des fleurs « malades » à l’étranger. L’export représente plus de 90% de l’activité de l’entreprise. Petit tour des parasites que j’ai déjà vus.

Les cochenilles farineuses, qui ressemblent à des amas de poussière blanche, se trouvent sur les feuilles. Ce sont des insectes de 1 à 5 millimètres de long, quasiment immobiles, qui piquent les tissus afin de se nourrir de la sève.

Les araignées rouges, qui sont des acariens de moins de 1 millimètre, se voient uniquement car ils tissent de petites toiles, semblables à des voiles, entre les fleurs.

Les pucerons, de petits insectes vert pomme qui comme les cochenilles piquent pour se nourrir de la sève.

Botrytis est un champignon qui s’attaque aux fleurs, en laissant des tâches brunâtres sur les pétales.

Chaque type d’orchidée a ses particularités

Il n’y a que des orchidées, certes, mais chacune des variétés a des particularités. On a ici 37 variétés, rien que ça !

  • Les blanches et roses, par exemple, ont des tiges très courtes.
  • Les blanches et rouge ont les pétales qui s’ouvrent avec un très grand angle, donc elles sont très fragiles.
  • Les vertes et rouge sont celles qui ont les capsules de pollen les plus fragiles (rien que de poser le doigt doucement dessus les enlève!).
  • Les rouges orangées ont les pétales qui cassent comme un bout de verre.
  • Les jaunes pâles, par contre, tu peux leur faire ce que tu veux, tout restera en place, haha.

Donc on va tout doucement, et en marchant on essaie d’esquiver tout ce qu’on peut !

Nous avons aussi deux petites rangées d’orchidées « Mocca », de couleur café, très belles, aux pétales arrondies sur les bords, très grandes (plus grandes qu’un bras) et surtout très rares et très chères : comptez l’équivalent de 50 Euros pour une seule tige !

Mes préférées : la couleur « red wine », rouge-bordeaux-rose-foncé, et les oranges aux accents jaunes.

Ambiance de travail

Tous les collègues sont cool, et c’est multiculturel, une fois de plus : Inde, Corée, Japon, Chine, Samoa et moi le petit français. On est 10 personnes, mais que 2 à 3 pour cueillir les fleurs. C’est un business familial, donc la famille vient aider un peu de temps en temps. Le chien Dabo est là aussi, et nous suit dans les allées, tout content !

Il a la belle vie, passant ses journées sur un terrain de foot recouvert de fleurs, protégé du vent et de la pluie. Il est en surpoids, alors on essaie de le faire courir un peu quand il nous suit dans les allées de la serre. C’est un vrai pot de colle dès qu’on sort de la bouffe, à laquelle il n’a généralement pas droit. Si jamais il mange un truc sucré, il a droit à une crise de toux pendant des heures.

Et en prime, je suis polyvalent, ce qui évite le côté trop ennuyeux de juste cueillir. J’ai été initié au « nettoyage » : savoir reconnaître quand une fleur est morte ou non « vendable », et la couper pour la mettre à la benne. Mais attention, chaque type de fleur a sa particularité, encore une fois. Je me suis occupé des « snowflake », et des « pisicay ».

Pour les « snowflake », les bords des pétales deviennent marron quand la fleur a prit froid. Les pétales, de couleur naturelle jaune pâle, deviennent jaune clair. La tige, verte, devient brune-orangée. Elle perd également de sa rigidité, et se met à plier sous le poids de la « tête » de la tige avec ses fleurs.

Pour les « pisicay », les pétales vertes se blanchissent. La partie centrale de couleur blanche devient rougeâtre, et l’ergot de la capsule de pollen s’épaissit. Les pétales lissent deviennent gondolées. La tige perd également de sa rigidité.

Du boulot à l’année

En ce moment, les champs de vertes et de les champs de blanches sont remplis à craquer de fleurs mûres. Je ne vous raconte pas le boulot qu’il y a. Il y en a tellement que ça prend une bonne heure pour faire une seule rangée. J’estime le boulot à plus de 25 heures juste pour les vertes.

Mais une fois terminé, il y en a encore d’autres qui ont fini de pousser et mûrie à leur tour, alors il faut reprendre à nouveau. Un job incessant, tout le long de l’année. Car une fois que la dernière tige a enfin donné ses dernières fleurs, cela sonne la fin de la pleine saison, généralement autour de fin Septembre.

Il faut alors faire le nettoyage final (enlever les fleurs pas bonnes), et ensuite le pruning, qui consiste au rempotage, remplacement de pots, recoupe, et au réarrangement des allées. On fait aussi la maintenance de la serre (changer des bouts de bâche, maintenance des ventilateurs et évents de ventilation, nettoyage des sols, maintenir et réparer les systèmes d’irrigation, etc).

Pendant ce temps là, les nouvelles tiges poussent, et il faut les « enfiler » une par une pour les faire pousser droites.

Sur une surface de plus de 8800 mètres carrés (un terrain de foot en fait 7300, pour comparaison), il y en a du boulot…

Voilà donc un boulot de rêve

Certes répétitif, mais de rêve. Aucun bruit (ah si, les oiseaux dehors), aucun stress, aucune surveillance, hyper ultra flexible sur les horaires. En bossant 9 heures par jour, je suis aussi détendu et en forme que si je restais chez moi !

Sauf que j’ai un salaire un peu meilleur (50$ par semaine de plus environ), et que ça sent quand même un peu meilleur que des moules !

 

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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