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NZ #1 : Roadtrip à Arthur’s Pass

Je prends la route pour mon roadtrip à Arthur’s Pass et je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. Je connais bien la première heure de route, car c’est la même que pour aller à Lyndon Lake, région où j’ai grimpé le Trig M et le Mount Lyndon, fait du kayak sur le lac et où j’ai grimpé le Foggy Peak. C’est ensuite l’inconnu.

La route est magnifique et slalome en une douce montagne russe dans des espaces gigantesques. C’est très sauvage. Je le répète encore et toujours mais prendre la route en Nouvelle-Zélande, ce n’est pas prendre une autoroute rectiligne, c’est entrer dans une véritable aventure.

Chaque grand virage passé amène sur un panorama différent qui à chaque fois me donne des frissons tellement c’est impressionnant.

Lake Pearson, sur la route du parc national de Arthur’s Pass.

La route rejoins la Waimakariri River et la fameuse ligne de chemin de fer historique TranzAlpine qui rejoins Christchurch à Greymouth sur la côte Ouest. La vallée est superbe et très large. La rivière fait presque toute la largeur de la vallée, soit presque 5 kilomètres. C’est un tapis de roches dans lequel l’eau glaciaire aux accents bleu turquoise ou bleu ciel selon la profondeur, se fraye un chemin.

Peu avant le village d’Arthur’s Pass, je m’arrête au village de Bealey pour faire un bout de la Bealey Spur Track. Cela fait un bon moment que je n’ai plus de réseau et je veux surtout rejoindre le premier point de vue afin d’avoir une meilleure vue sur les montagnes et la couverture nuageuse afin de savoir comment je vais organiser mes randonnées de la journée. Les sommets sont dans le brouillard mais le ciel semble se dégager et les nuages monter en altitude.

Je fonce au village d’Arthur’s Pass, mais avant une pause s’impose au très long pont qui traverse la Waimakariri River.

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Le pont de la Waimakariri River, Route 73.

Je démarre la Mount Bealey Route. Je vais passer de 754 mètres à 1836 mètres d’altitude. Cela fait une pente moyenne de 30% sur 3,6 kilomètres. Je suis heureux d’avoir fait un bout de la Bealey Spur Track car ça m’a servi aussi d’échauffement.

La rando démarre du parking du poste de police, c’est pas courant. Il faut grimper en forêt et c’est assez compliqué. Il faut faire de grandes enjambées entre les racines des arbres qui servent d’escaliers. Le décor est très beau : tout est recouvert de vert. Je sais que j’ai encore plein d’autres randos et plein de dénivelé à faire donc je prends mon temps pour ne pas me brûler.

À la sortie de la forêt, la vue est superbe. À ma droite se trouve Avalanche Peak dont la crête se poursuis sur Lyell Peak et enfin sur Mount Bealey, là où je vais. Avalanche Peak et recouvert d’une fine couche de neige. Je voulais aussi y grimper mais j’ai bien fait de démarrer par le Mount Bealey car du coup je ne suis pas sûr d’avoir l’équipement pour y aller.

Ça se corse vite : comme très souvent en montagne en NZ, les champs de pierre sont là pour tendre des pièges. Celui-ci est très piégeux, non pas parce qu’il est complexe ou technique, mais parce qu’il est dangereux. Il faut passer par la crête et tout ici est un champ de pierre : la crête et les 2 faces qui tombent presque à pic de chaque côté. La crête doit faire moins de 20 mètres de large.

Je me pause un bon 5 minutes pour regarder comment passer ça en analysant bien le tout. Tout est question de logique et d’équilibre. Le problème c’est que la moindre roche qui glisse ou le moindre pied mal placé peu faire tomber d’autres pierres et faire effet avalanche. Alors il faut faire gaffe et être sûr.

Je remarque tout de même très bien que le côté gauche est bien plus dangereux que le côté droit qui paraît beaucoup plus solide avec plein de très grosses roches et un peu moins pentu. Je fais donc mon chemin en me positionnant plus sur ce coté que l’autre. Tout se passe très bien.

Je fais 300 mètres et me voilà à un autre niveau de difficulté : il y a une petite pointe de 10 mètres de haut et la crête devient plus fine. C’est là que je m’arrête. Je décide de ne pas continuer. En effet, j’ai maintenant une bonne vue sur la suite de la montée qui se corse de plus en plus. La fin est presque une lame de couteau et le Mount Bealey est superbe mais très dangereux et semble instable. La face qui se présente devant moi est une cascade de pierre qui tombe presque à pic.

C’est pas grave. Je ne suis pas alpiniste, je ne suis pas un professionnel de la montagne. Mais je sais tout de même voir le danger et rester les pieds sur terre. C’est là qu’il faut remballer son égo et savoir écouter à la fois son propre corps et raisonnement ainsi que ce qui nous entoure. Il ne faut pas oublier que la Nature est imprévisible et que nous ne sommes rien face à elle. Un accident est si vite arrivé. Je suis déjà très content d’être arrivé à cet endroit. C’était déjà bien coriace !

Il faut que j’aille tout là haut à droite ! Trop dangereux pour moi !

Il n y a tout de même pas à se plaindre : voilà la vue depuis mon petit bout de crête de pierres !

À droite dans le nuage : Avalanche Peak / milieu : Lyell Peak / À gauche en dehors du cadre : Mount Bealey

J’ai donc un peu plus de temps que prévu pour cette journée, alors je décide d’aller voir la cascade Devil’s Punchbowl. C’est un petit chemin de 30 minutes facile, mais après le Mount Bealey, ça paraît difficile : les cuisses brûlent un peu (beaucoup).

La cascade fait 130 mètres de haut et tombe à pic. Le débit est énorme et le petit vent pousse toutes les éclaboussures en plein sur moi. Je suis resté 1 minute et j’étais trempé comme si je sortais de la piscine.

 

C’était le moment humainement intéressant de la journée. Arthur’s Pass est un lieu touristique, nous sommes en début de haute saison touristique (j’y étais en Décembre).

En montagne c’est facile d’esquiver les gens. Mount Bealey, 1086 mètres de dénivelé pour 3 heures de montée : difficile et demande quand même un peu d’expérience = personne. Devils Punchbowl : 30 minutes facile = blindé de monde.

Quand il n’y a personne il n’y a jamais de problème. Quand c’est blindé de monde il y a toujours des problèmes. C’est incroyable. Sentier interdit aux chiens. Qu’est ce que je vois ? Une nana avec son chien. En NZ, on est très à cheval sur la protection de la nature : on ne sort pas des sentiers. Qu’est ce que je vois ? Un jeune grimper à un arbre près de la rivière à 30 mètres du sentier. Sur la plate-forme devant la cascade, tout le monde passe son temps à faire 40 photos qui prennent trois siècles avec des pauses tout le temps différentes pour avoir des likes sur Instagram…

Du coup ça crée une file pour pouvoir accéder au point de vue. Aaaaaah le 21ème Siècle… Aaaaaaaahh, le respect, la jugeote, le je-m’en-foutisme… Ne jamais regarder plus loin que le bout de son nez. C’est terrible et une fois de plus je perds foi en l’humanité. Même un piaf est moins con que ça.

 

À 5 kilomètres de là, je rejoins mon petit camping pour la nuit. Début de la haute saison touristique = premier arrivé premier servi. Je suis là dès 18 heures et nous sommes déjà 5. Nous ne serons au final que 15 sur un très grand terrain. Là pareil, il y a 2 écoles : l’aventure et le confort. Je suis sûr que tout est rempli au village…

À savoir que le camping en NZ est différent de chez nous ou de l’Europe. On appelle ça des Campsites ou des Campground. Ce ne sont pas des campings mais des terrains dédiés et aménagés pour le camping. Pas de réservation, pas de réception, pas de piscine, pas de lavabo, généralement pas de douche. Pour ça, il faut aller dans ce que l’on appelle un Holiday Park.

Un camping ici en gros c’est un champ avec une toilette sèche. Terminé.

Ces sites sont généralement des sites gérés par le DOC (Department Of Conservation) et il faut payer 8$ par personne par nuit. C’est un genre de petite taxe pour l’entretien du terrain et des toilettes, mais aussi pour les sentiers de randonnées gérés par le DOC.

Je glisse toujours un billet de 10$ car toutes les randos gérées par le DOC que j’ai faite, c’est impeccable et très bien fait, très bien repéré. Là, encore une fois, les toilettes sèches sont aussi propres qu’ à la maison et ça ne pue pas. Ils font vraiment un boulot au top du top.

Le Klondyke Campsite est très venteux. Il se situe à côté de la Waimakariri River et au croisement de 3 vallées ! Le lieu est superbe et sauvage. Par contre, mon gas cooker rechigne à faire bouillir mon eau… Malgré toute la protection que je lui donne (planqué derrière la porte de la voiture, entouré avec mon bidon de 10 Litres d’eau et mon sac à dos), le vent pousse la flamme. Je n’aurai que de l’eau bien chaude… C’est la première fois que je mets 30 minutes pour faire des pâtes, haha.

On annonce une nuit à 4 degrés. Il n’avait déjà pas fait plus de 10 dans la journée alors que je ne suis « que » à 750 mètres d’altitude. Vive la montagne. Même si il a fait beau ce jour là, l’été, on ne sait pas ce que c’est dans les Alpes néo-zélandaises…

Enfin, j’ai prévu le coup. J’ai 4 couches qui me servent de couverture et mon matelas en mousse est bien confortable. J’étais bien au chaud dans le coffre de mon Gordon qui, une fois de plus, montre sa polyvalence exceptionnelle. Je fais tout avec : déménagements, kayak, vélo, lit, maison… Je l’ai sûrement déjà dit mais je peux allonger mon 1m80 sans toucher le hayon.

Juste derrière moi voiture, au Klondyke Corner Campsite. Le paradis !

Ce qui est bien quand on est dans la nature comme ça, c’est que l’on peut vivre comme on devrait vivre : l’horloge et l’heure n’existent plus.

C’est le soleil que l’on regarde et que l’on suit, à l’ancienne. Quand la pénombre arrive, on va se coucher. Quand le soleil se lève, on se réveille.

Le sommeil est important (il occupe presque 1/3 de notre vie!) et je pense que presque tout le monde aime dormir. Quand on se réveille non pas en sursaut par un réveil mais par les premières lueurs du soleil, d’une façon on ne peut plus naturelle, là on se sent en vie et on se sent un être humain.

 

Il est 6h30. Je dois rouler 10 petits kilomètres pour rejoindre la Otira Valley Track.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé cette nuit là, mais je crois que j’ai été embarqué par des extra-terrestres sur l’exoplanète NZ2263B.

Le climat est Dan-tesque ! Et terriblement inquiétant… Les sommets des montagnes fument, les nuages se mouvent comme des ombres chinoises, un long nuage sans fin se fait pousser par un vent puissant dans une vallée tellement petite qu’on peut la traverser en faisant deux pas.

Devant un tel accueil et une telle démonstration de force, je me fais tout petit. J’enfile ma combinaison (mon manteau), mon casque spatial (ma capuche) et mes gants. Une fois ma réserve d’oxygène sur moi (mon sac à dos), j’entame le début du sentier qui se faufile au milieu de la Otira Valley.

À ma droite, un nuage passant derrière Avalanche Peak se transforme subitement en une main qui se plie en un poing (je ne blague pas !). Derrière moi, cette longue langue de vapeur défile toujours. Au loin, les sommets Cassidy et Blimit, enneigés, se cachent et se montrent toutes les 2 minutes, au gré des nuages qui passent.

L’exoplanète NZ2263B est fascinante. Je suis face à des paysages uniques, dans une ambiance de ténèbres, sous une lumière que je n’ai jamais vue. Le Mount Cook, c’est du pipi de chat à coté. À mesure que je monte, ça s’amplifie.

Le sentier rejoins la Otira River qui prend sa source tout au bout de la vallée. Son eau glaciaire est transparente comme l’air. En y trempant mon doigt, je peux sentir sa forte odeur de roche qui prend instantanément au nez.

Après 1 heure de marche, le sentier disparaît. Pour aller au fond de la vallée, il faut traverser encore un de ces fameux champs de pierre. Celui est très correct, peu pentu. Je presse tout de même un peu le pas car il doit faire pas loin d’un kilomètre en longueur. Plus on y reste longtemps et plus on s’expose au danger.

À ma gauche, la montagne est percée d’une multitude de cascades qui rejoignent la Otira River. Toute cette eau présente sur la face permet à la verdure de pousser. À ma droite, un mur de pierre froid, féroce et tailladé se dresse. Devant moi, le bout de la vallée avec le Mount Philistine (1967m) sur la gauche et le Mount Rolleston (2275m) sur la droite. Cela forme un circ de pierres partiellement recouvert des restes d’un glacier, la source de la Otira River.

À ma gauche…

… Et à ma droite ! Deux paysages bien différents qui se font pourtant face de quelques petites centaines de mètres seulement !

Maintenant en milieu de matinée, le climat s’est un peu calmé, mais la puissance de la montagne est toujours aussi majestueuse. À maintenant 30 mètres de moi, j’approche le bout du glacier comme si c’était une rencontre du troisième type…

La Otira Valley est pour moi le plus bel endroit que j’ai pu voir en 2 ans dans ce pays. Totalement irréel ! Aucun mots pour décrire la sensation que j’ai eue pendant ces heures de marche.

Vue panoramique sur la Otira Valley

Vue sur le Mount Rolleston

Seul sur la mer de pierres, de plus en plus près du Mount Rolleston !

Les détails du Mount Rolleston sont magnifiques de puissance…

C’est comme ça qu’on est accueilli au paradis !

L’après-midi, je vais sur la cote Ouest. Changement de décor ! Revoilà un petit bout de plaine avec des champs et des fermes. Je m’arrête à Te Kinga pour grimper en partie la montagne du même nom. Aller à son sommet prend 8 heures. La forêt native sub-tropicale est magnifique et couverte de vert du sol à la cime des arbres.

Puis je rejoins Moana et le Holiday Park où je vais passer la nuit. Cette fois il y a des douches et même une cuisine et un salon à disposition. Le soir, je suis allé au restaurant et il y avait plein de photos d’époque qui montraient les conditions du travail du bois dans les années 1900-1940 et aussi des photos des scieries. Intéressant d’avoir le témoignage visuel de cette petite ville.

Le lac Brunner, à Moana. Vue sur le Mount Te Kinga.

Levé de soleil, Moana

Je rebrousse chemin vers Arthur’s Pass en m’arrêtant dans le petit village de Otira. Un village fantôme qui ne l’est pas encore. C’est un vrai voyage dans le temps. Les quelques maisons sont encore d’époque, tout comme les poteaux électriques en bois tout tordus recouverts de mousse. On a pas encore l’asphalte…

Vue sur le village de Otira, retour dans le passé

Je décide de faire le Bealey Valley Track. Celui-ci démarre par la forêt, superbe et toute verte de partout comme à Te Kinga. Le climat est menaçant comme un vrai climat de montagne, mais l’ambiance est différente de la veille à Otira Valley. C’est dailleurs étonnant à quel point cette vallée est différente de Otira alors qu’elles sont voisines ! À vol d’oiseau, il n y a même pas 1 kilomètre.

La forêt se transforme vite en un long champs de pierres, encore une fois. La Bealey River se faufile au milieu d’un enchevêtrement de pierres de toutes les tailles imaginables. C’est très compliqué d’avancer convenablement car le terrain est exigent. Sur les cotés je vois des lapins sauvages sautiller tout comme je sautille entre les rochers.

Pareil, pas de sentier ici. Il faut naviguer à l’œil et utiliser sa tête. Rester sur le coté gauche de la rivière s’est avéré le meilleur choix. Il a tout de même fallut que je passe au milieu une fois avant de revenir à gauche. Mes chaussures étanches m’ont vraiment bien servies. Puis il a fallut que je contourne un énorme rocher de peut être 5 mètres de haut en escaladant sur le coté. Problème : ce gros rocher était coincé dans un encore plus gros morceau d’une matière différente : le limestone. Le limestone c’est hyper friable. Il faut tester ses prises plus d’une fois et faire très attention.

Une fois cette dernière difficulté passée, je me retrouve coincé dans le fond de la vallée : tout au bout, la roche se resserre fermement puis est bloquée par une haute langue de glace qui vient du Mount Lancelot (2112m). À droite, deux grandes cascades descendent de la montagne. C’est superbe !! Passer ce terrain exigent valait le coup.

Et voilà le moment du retour, que je fais tranquillement. Je m’arrête un peu partout, comme au viaduc de la Otira Valley et le long de la Waimakariri River, absolument magnifique tout comme la route qui traverse cette partie des Alpes néo-zélandaises.

Otira valley Viaduct

Vue sur la Waimakariri River, depuis la Route 73

Vue sur la Waimakariri River, depuis la Route 73

Pont au-dessus de la Cass River, Route 73

La Nouvelle-Zélande, c’est ce pays où chaque roadtrip est une aventure hors du commun dans des paysages littéralement époustouflants. La nature dans son état le plus pur. La très faible population de l’île du Sud permet une vraie immersion interplanétaire !

En savoir plus sur Arthur’s Pass : visitez le site du DOC (Department Of Conservation)

Aymeric – Pictures From The World
Qui suis-je ?

 

Trouver sa place : mon histoire (expatriation NZ)

Le 27 Novembre 2017, je publiais un article intitulé « Quelle est votre mission ? ». Je parle de mes expériences de voyages et mon expatriation qui ont plus ou moins réussi et qui m’ont mené après 3 années de vadrouilles à ma mission de vie : je voulais voyager toute ma vie au lieu de travailler toute ma vie.

Je voulais éviter à tout prix d’être cette personne qui n’a rien fait de sa vie, qui est restée enfermé chez elle, qui n’a pas su se trouver, qui n’a fait que de travailler au lieu de profiter de chaque instant.

Tout cela est vrai. J’ai profité longtemps, j’ai été libre d’aller où je voulais et de faire ce que je voulais pendant quelques années. Si je remet le contexte de cette période où j’ai écrit cet article, en vrai, je voulais juste trouver ma place dans un monde que je n’aimais pas. En vrai, je voulais surtout voyager dans suffisamment de pays pour choisir celui dans lequel refaire ma nouvelle vie.

Voyager pendant presque 5 ans m’avait appris énormément de choses, bien plus que de rester chez moi, cela va de soi. Grâce à ça, j’ai compris qui j’étais, ce que je voulais et ce que je voulais faire de ma vie. Ça paraît banal mais c’est la base de tout. C’est le gouvernail de la vie.

Alors je voyageais, je rentrais en France remettre mon compte en banque à niveau et je repartais. Jusqu’à un moment où je suis arrivé sur un os. Je me suis rendu compte que je ne pouvais plus continuer comme ça, que chaque retour en France et retour au travail devenait de plus en plus douloureux et compliqué à vivre. Il fallait que ça cesse.

C’est ce que je vous raconte dans cet article. Je vous livre dans les grandes lignes mon expérience personnelle et tout le cheminement qui à fait que oui, ça y est, je l’ai trouvé mon petit coin de paradis !!

Sur les pentes de roches pendant l’ascension du Foggy Peak, Arthur’s Pass, île du Sud, Nouvelle-Zélande

Trouver ma place

C’est en ce beau dimanche matin bien ensoleillé que je sors de l’aéroport international d’Auckland. Je m’assoie sur un banc devant le parking des taxis pour me poser 10 minutes afin de réaliser où je suis : au bout du monde.

Je regarde le futur, qui s’annonce palpitant : pas de moyen de transport, pas de travail, pas de toit sous lequel dormir. J’ai tout abandonné en France. Comme tous les backpackers, ma maison est maintenant mon sac à dos, un outil indispensable, tout comme de bonnes chaussures et une petite réserve sur son compte en banque au cas où ça tournerait mal.

Je suis donc dans l’inconnu, mais je sais ce que je fais. Ce n’est ni la première fois que je voyage, ni la première fois que j’arrive à l’étranger sans rien. Ces 5 dernières années, je les ai passées la plupart du temps à l’étranger, dans un tour du monde qui n’en était pas un. Mon but : trouver ma place dans un monde que je n’aime pas.

 

Les débuts : pourquoi moi ?

J’ai commencé en 2014 avec le Canada, sans vraiment le vouloir. Une opportunité, 45 candidats, un seul retenu : c’était moi… Je suis tombé de ma chaise, sans voix. Je n’y ai jamais cru, je n’ai jamais poussé, je n’avais même pas une motivation réelle. Et pourtant. J’étais littéralement choqué car, dans la réalité, je n’avais rien demandé.

Devant l’ampleur soudaine de ce qui m’arrivait, ne sachant même plus quoi faire, j’ai pensé à dire que j’avais changé d’avis et qu’ils devaient chercher un autre type pour me remplacer. Mais comment reculer ?

Je veux dire, comment après en être arrivé là, après m’être déplacé deux fois à Paris, après avoir passé un entretien, après avoir passé la pré-sélection, après avoir passé 4 heures de tests en mathématique et un test psychologique dans une salle à l’odeur immonde, après avoir été le seul sur 45 appliquant à être retenu.

C’est dingue, c’est que je dois y aller, c’est que ça doit vraiment valoir le coup. Alors j’ai mis le pied à l’étrier et je suis parti sans aucune prétention dans ma nouvelle aventure.

Et puis les mois sont passés. Tout allait bien, je me plaisais plutôt bien. J’avais un bon niveau de vie, bien meilleur qu’en France. Non loin des États-Unis, je passais régulièrement la frontière pour de longs week-end dans ma ville préférée, j’ai nommé New York. Je faisais des roadtrips un peu partout au Québec, et aussi aux USA.

Le boulot que j’avais était super intéressant, dans une très grande entreprise avec de gros marchés. Je travaillais en 5/4 : 5 jours de travail, 5 jours de repos, 5 jours de travail, 4 jours de repos, 4 jours de travail, 5 jours de repos, etc. Et en alternance jour / nuit, 12 heures par poste. Au début, c’était génial. Je faisais 60 heures et j’avais 5 jours de repos, c’était fantastique. Je profitais à fond, je faisais du vélo, de la randonnée, je voyageais, j’allais à la musculation…

Et avec les mois qui passaient et la fatigue qui s’accumulait, les jours de repos devenaient vraiment des jours de repos : le lit était devenu mon meilleur ami.

Coucher de soleil sur la rue principale de Trois-Rivières, la ville où j’habitais.

Premier sentiment de liberté

Et puis je voulais voyager, je voulais voir du pays. Je me disais que je pouvais faire un roadtrip géant entre Canada, USA et Mexique. Mes projets de voyages étaient démultipliés et la « wishlist » devenait sans fin. Je n’arrivais jamais à court d’idées.

Quand on est venu me voir pour me dire qu’on voulait me garder et me prolonger mon visa de travail pour 2 ans supplémentaires, j’ai dit non après quelques semaines de réflexion. Je ne me voyais pas tenir ce rythme 2 ans de plus. À la place, je partais à l’aventure réaliser mes petits rêves. Je ne voulais pas regretter. « C’est maintenant qu’il faut en profiter ».

J’ai pris ma voiture, j’ai traversé tout le Canada de la charmante Trois-Rivières jusqu’à Vancouver. Et une fois arrivé là, j’ai vu la frontière à 30 minutes de route, alors je l’ai naturellement passée. J’ai rejoins Los Angeles, puis j’ai tout traversé jusqu’à New York, en passant par Chicago, Indianapolis, Pittsburgh et Washington DC.

Après avoir conclu en beauté à New York, je suis revenu à ma petite Trois-Rivières, j’ai fait mes valises, j’ai vendu toutes mes affaires et je suis retourné en France après un peu plus d’un an et demi de l’autre coté de l’Atlantique.

Ce voyage avait été dingue : livré à moi- même, libre d’aller où je voulais et de faire ce que je voulais, quand je voulais et avec qui je voulais. J’ai dormi chez les locaux, ou dans ma voiture à la belle étoile quand ce n’était pas possible. J’ai fait, vu et vécu des choses que jamais je n’aurais pensé possible en restant dans mon petit train de vie.

C’était un rêve éveillé, et je ne voulais surtout pas qu’il s’arrête. J’étais devenu accroc. Je voulais faire du voyage ma vie et j’avais une liste de pays a visiter qui prenait une page entière.

Le lac Moraine, le moment le plus superlatif de tout le roadtrip !

Premier retour en France : catastrophe !

De retour en France, cette idée s’était confirmée très rapidement. J’ai vécu le choc des cultures quand je suis arrivé au Canada. Mais quand on vit à l’étranger suffisamment longtemps sans revenir, il y a aussi le choc des cultures au retour !

On rentre chez soi, mais on ne sent plus chez soi. Je croyais tout connaître, mais en fait je ne connaissais rien ! C’était une galère sans nom, et j’ai bien pédalé dans la semoule. Revenir dans son pays et ne plus s’y sentir chez soi, c’est dur.

Et c’est encore plus dur quand on ne s’y attends pas, mais alors vraiment pas. J’ai vraiment pris une grosse claque en revenant. Je redécouvrais simplement mon propre pays avec une vision totalement différente.

Je n’avais pas oublié les images, les paysages, ce à quoi ressemble la France visuellement. J’avais juste oublié la mentalité et le comportement des gens.  J’avais sous mes yeux un bordel sans nom. Autour de moi, plein de monde qui ne me semblait pas humain tellement c’était rempli de morosité et d’agressivité.

Je n’ai pas mis longtemps à ne plus me sentir à l’aise. Dès la douane à l’aéroport, ça commençait. Pas un sourire, pas un bonjour, ou un regard ni un bienvenue chez vous. Au lieu de ça, j’ai eu droit à un : «Eh ! Enlevez votre casquette ! », sur un ton hautain, grave, nerveux, froid, irrespectueux, et tout ce que vous voulez. Puis ça n’a pas arrêté.

Tout m’a sauté aux yeux d’un seul coup, en quelques minutes. Un enchaînement fou. Absolument tout le contraire de ce que j’avais vécu au Canada.

Je passe sur mes recherches d’emploi que j’ai du faire avec l’aide de gens jaloux, totalement désintéressés, à la zone de confort aussi riquiqui qu’un raisin sec et à l’esprit aussi fermé qu’une porte de coffre fort…

Où sont les sourires, la bonne humeur, la communication ? Bref, je vais m’arrêter là, car le portrait que je fais de mon pays n’est pas rose du tout, tout comme bon nombre d’expatriés qui reviennent. J’ai tenu 5 mois. C’était très long. Devant tant d’agression, je n’avais qu’une seule idée en tête : partir, loin, le plus vite possible.

New Brighton Pier, Christchurch, Nouvelle-Zélande

Vite, de l’air !

Quand j’ai mis les pieds à Bali en 2016, j’étais bien comme jamais. 3 semaines de retour aux sources avant d’attaquer mon PVT d’un an en Australie. C’était en fait ma première tentative de non-retour. Je l’ai ratée comme un bleu alors que je l’avais préparé comme un dieu.

J’ai dû repartir au bout de 4 mois. J’ai tout de même appris énormément de choses de cette expérience, mais avec les années de recul, je m’en veut à mort. C’est totalement de ma faute. J’ai vraiment fait le con. Je vais être clair : ne pas avoir suffisamment de fonds, c’est une chose, mais ne pas avoir assez de couilles, ça en est une autre.

Si j’ai bien appris quelque chose c’est de me botter les fesses quand j’arrive devant un obstacle. J’ai bossé 2 mois, j’ai voyagé 1 mois dans le pays et après, au lieu de trouver un autre boulot pour continuer, je ne sais pas ce qui s’est passé mais j’ai pris la fuite, la solution du loser en herbe. Je me hais encore maintenant pour ça. Aujourd’hui à 31 ans, je n’ai que deux regrets : avoir fait un crédit pour une voiture et avoir abandonné mon PVT Australie. Ne faites jamais ça.

J’ai rencontré des gens incroyables qui m’ont ouvert l’esprit et vécu de nombreux moments qui m’ont vraiment marqués à vie. J’ai fait un boulot complètement délirant qui m’a totalement sorti de ma zone de confort. Et rien que pour ça, je me dit que j’ai quand même fait quelque chose de bien. Ça rattrape un peu ma bêtise.

Dans le fond, je pense que j’étais juste un jeune gars pas sûr de lui, trop seul et un peu trop loin de sa zone de confort. C’était trop gros pour moi.

Me voilà à passer deux autres semaines à Bali puis une semaine à Singapour, un très chouette petit pays, avant le deuxième et inexorable retour en France. Celui là, contrairement au premier, je l’avais préparé à l’avance, histoire de ne pas prendre un autre uppercut. Car à ce moment là, je n’avais aucun de plan de sortie…

Coucher de soleil aux Ïles Whitsunday, Australie

 

Deuxième retour en France : recommencer à 0

On est en Octobre 2016. Je retourne pour la deuxième fois en France avec 1400 Euros sur mon compte. On peut penser que c’est beaucoup, mais quand on a pas de logement, pas de transport, pas de travail, je peux vous dire que 1,400 Euros ce n’est pas beaucoup, même si je n’étais pas encore à la rue.

Je pensais y arriver avec l’Autralie, mais me revoilà encore une fois à la case départ. Les cartes étaient remises sur la table. Avec cette somme et zéro revenus, je ne pouvais pas faire grand chose que de rester planqué chez moi, enfin, chez mes parents.

Je réfléchissais aussi beaucoup. Je me demandais si il ne fallait pas enfin me poser. C’était un peu compliqué, car même si avec ma préparation mentale je m’en sortais beaucoup mieux sur le plan du retour de choc de culture, je ne sentais toujours pas le fait de me réinstaller en France.

J’avais l’impression de revenir au début, d’avoir juste fini mes études et de chercher mon premier boulot. C’était comme si tout ce que j’avais fait depuis mon départ au Canada en 2014 ne s’était jamais réalisé. J’étais assez frustré. Je voulais me poser, mais pas en France où je ne me reconnaissais plus.

Avec mes amis, la « colle » n’était plus vraiment là, ce n’était plus vraiment comme avant, résultat de la distance et des chemins de vies trop opposés.

 

Que faire ?

Il fallait que je continue de chercher mon petit coin de bonheur, mais mon compte en banque ne me le permettait pas. Le seul plan qui se proposait était celui du retour au monde du travail. Il fallait que je repasse du coté obscur de la Force, me retrouver enfermé entre quatre murs après avoir vécu et ressenti toute cette liberté.

Alors, comme je l’avais appris avec mon échec australien, je me suis botté le cul. Il me fallait du travail, et il me le fallait le plus vite possible.

En 3 semaines, je décrochais un entretien. Le boulot était à 35 kilomètres, mais je ne pouvais pas refuser. J’avais 2 semaines pour trouver une voiture, avec un budget au ras des pâquerettes : moins de 1,000 Euros. Sur un petit coup de tête, je fini en Citroën Saxo. Encore une fois, j’avais l’impression de revenir à zéro alors que j’avais à cette époque 28 ans. Me voilà avec la pire voiture que je n’ai jamais eue. Elle ne passait même pas le Contrôle Technique à cause de la pollution.

Ma fameuse Saxo, qui m’a quand même vraiment bien servie !

Au boulot, c’était compliqué. Je travaillais avec de la fonte. C’était poussiéreux, ça collait à la peau. Tous les soirs, de la poussière de fonte me sortais du nez en me mouchant. L’entreprise était vieille, tout était à l’ancienne.

Cette année là, l’hiver était arrivé en avance et en début décembre, sous la neige et les températures négatives, pas de chauffage, courants d’air à travers les vitres fissurées et lumière blafarde.

Je me souvient encore le délire quand il fallait vérifier les fuites sur les pièces : le produit gelait directement au contact de la fonte, rendant le travail impossible. Je faisais des retouches de peinture sur les produits finis dans un hangar avec le toit troué de partout, je marchais dans des flaques d’eau à longueur de journée et la pluie ou la neige me tombait dessus. J’ai fait de l’usinage avec une machine dont le châssis était fissuré.

Le pire boulot et la pire entreprise que je n’ai jamais faite ! J’ai tenu 1 mois et demi et encore, c’était uniquement parce qu’il me fallait de l’argent pour redémarrer.

Ma voiture enfin fiabilisée et mon compte en banque revenu à peu près à la normale, j’attaquais déjà une autre page du livre de mon deuxième retour en France. Je vivais encore totalement au jour le jour. Je ne pensais plus au futur, à ce que je voulais faire, ni aux conséquences de ce que je faisais. Ce dont j’étais sûr, c’est qu’il allait falloir que je reste pour plusieurs mois, voire quelques années.

 

S’accrocher…

Me voilà arrivé dans une toute petite entreprise de 2 personnes, patron inclus. Ma plus grande crainte : le doute que ça peut créer d’embaucher quelqu’un qui bouge tout le temps et qui voyage si longtemps. Je craignais les questions sur ce sujet au plus haut point car je suis quelqu’un de plutôt honnête et je ne voulais pas perdre une place à cause de ça.

Évidemment, je n’y ai pas échappé et c’est bien normal. Alors j’ai dit que j’arrêtais sérieusement mes délires de voyages et d’expatriations.

Ce demi-mensonge a tout de même failli se réaliser. Je n’étais pas au boulot, j’étais à la maison. Atelier tout neuf, musique, à la campagne, environnement peu bruyant, pas de poids lourd à porter. Le seul défaut comme souvent en production c’est de rester debout toute la journée, mais à part ça je n’avais rien à redire.

Je me disais qu’après toutes ces années, tous ces boulots et toutes ces entreprises, c’était la cerise sur le gâteau. Mais il y a toujours un mais. La vie n’est jamais facile et les courants changent sans prévenir.

Ski à La Balme. « Faire ce que l’on aime le plus souvent possible ». Ce n’était malheureusement pas si souvent.

… Avant la descente

Après plusieurs mois, le contre-coup de mon ancienne vie de voyageur m’est arrivé dessus. C’était doux et subtil mais suffisant pour me disjoncter le cerveau. Ajouté à ça, mon père avait eu un cancer qui a été guéri, puis un deuxième, guéri lui aussi. Même si tout s’est bien passé, ça fait toujours de gros moments de réflexion sur la vie et sur l’avenir dans ma tête.

De plus, j’avais du mal à me refaire des amis ou à améliorer des liens déjà faits. À vrai dire, je connaissais plus de monde à l’étranger que chez moi !

Les flash-back de mes années à l’étranger n’arrêtaient pas. J’étais là, revenu chez moi, revenu dans une routine que je voulais auparavant abandonner à tout prix. C’était dur, et j’étais assez seul.

Je ne voulais pas en parler car je ne pensais pas que quelqu’un puisse comprendre ce que je vivais étant donné le décalage entre mes expériences et celles des gens que je connaissais. C’était peut être une erreur mais j’y croyais tellement. La seule personne à qui je m’ouvrais un peu était ma meilleure amie.

Ça me retournais et je commençais à bien sentir la différence entre ce que je faisais à l’instant et ce que mes valeurs, mes envies et mes projets étaient. Ça ne collait pas, et c’était évident.

J’étais revenu tant bien que mal sur un fil qui n’était en fait pas le bon. Parce que oui, ma première idée était de faire de grosses économies pour repartir, puis avec ce travail je suis revenu dans une normalité qui m’allait finalement pas si mal. Je ne pensais que vaguement à toute cette idée de repartir.

Mais me voilà à nouveau perdu, à nouveau seul, à nouveau face à une page qui ne demande décidément qu’à se tourner. Tout cela me prenait la tête et je faisais des erreurs bêtes au boulot à cause de ça car j’étais trop dans la Lune.

Ça m’a valut des passages au bureau et, moi qui aime tant vouloir bien faire, je ne savais plus comment m’excuser auprès de mon collègue qui devait se taper le rattrapage de mes erreurs. Tout allait bien et j’ai foutu la merde.

J’étais vraiment perdu mais je ne le montrait pas car je ne voulais pas aborder ce sujet. Je n’est jamais vraiment été un grand communiquant non plus. Je voulais être sûr pour ne pas faire d’erreur et éviter d’être influencé par quoique ce soit. Car cette fois, je sentais vraiment que ça serait la dernière.

Cela demande tellement d’efforts et d’énergie de revenir à zéro que je savais déjà que si je devais repartir ce serait pour la dernière fois. Alors je me suis donné le temps.

Voilà le genre d’images que j’avais en tête pendant que je bossais. Jasper, Rocheuses canadiennes. De sacrés souvenirs.

Un voyage en Slovénie s’est révélé déterminant

Je passais mes week-end à randonner au Luxembourg. Quand je n’étais pas au Luxembourg, j’étais dans les Vosges. et je roulais 900 kilomètres pour rendre visite à mon père une fois par mois pendant son traitement pour le cancer. Tout ça m’aidait à réfléchir. Car pour réfléchir à de si grands projets, à un choix de vie tel, il faut beaucoup d’espace.

En Août 2017, j’ai passé toutes mes vacances d’été à faire du camping, du vélo et de la randonnée en Slovénie. Le meilleur voyage que je n’avais pas fait depuis longtemps ! Ce pays est extraordinaire. La culture et les valeurs de ses habitants sont tout simplement incroyables. Ça m’a retourné dans l’autre sens. C’était tellement magnifique. Et c’était aussi parfait car je pouvais avoir une comparaison directe entre le retour à la liberté ou le retour à la routine.

Le verdict s’est amplifié : J’en avais marre. Je ne savais même plus ce que je faisais en France. La mentalité et la morosité ambiante m’agaçaient à nouveau. Je ne voyais ici aucun futur pour moi. Depuis 2014, j’avais passé 60% de mon temps à l’étranger. Tout le reste, j’étais dans mon pays à me demander pourquoi j’y étais, dans un environnement qui ne me correspondait plus.

Un mois plus tard, je me suis vraiment pausé. Il fallait vraiment que je me décide et que j’augmente le niveau de sérieux. Ça ne pouvait plus continuer comme ça. Je suis parti dans les Vosges et j’ai fait en sorte de me perdre dans la nature.

Je me suis assis devant un splendide panorama et je me suis dit que c’était maintenant qu’il fallait que je me décide et que ça suffisait les questionnements, les « si », les « mais si », les « peut-être », etc. La réponse, personne ne va me la donner. Il n’y a que moi qui peut prendre la décision.

Col de Vrsic, Slovénie

 

Le choix de ma vie

Le fruit des mes mois de réflexion m’ont porté sur plusieurs choix sérieux. :

  • Le grand classique : boulot, bagnole, maison,…
  • Moins classique : faire le tour de France par les Grands Sentiers de Randonnées, en semi- autonomie.
  • M’acheter un petit van pour l’aménager avec un lit et une petite cuisine, direction le tour d’Europe.
  • Beaucoup plus ambitieux mais connu : l’expatriation.

Je n’ai jamais aimé faire comme tout le monde, je n’ai jamais envié celle ou celui qui avait une maison et une vie de famille. Pour moi à cette époque, ça rimait avec endettement, hautes responsabilités et emmerdements.

Les deux projets de voyage au long court en semi-autonomie me motivaient beaucoup. Mais après 1 ou 2 ans, qu’allait-il se passer à la fin ? Encore l’inexorable retour à la case départ que je ne voulais absolument plus du tout, car le budget que j’avais aurait été complètement pompé par le projet.

Le quatrième projet était beaucoup plus viable car le fait de pouvoir travailler entretien toujours les finances et permet au final de partir autant que voulu. Encore faut-il ne pas se planter de pays ! Je n’avais plus de seconde chance et c’était cette fois beaucoup plus sérieux que l’épisode du Canada.

Il me fallait un pays dont je connaissais la langue, suffisamment développé pour avoir un train de vie correct, faisable du point de vue immigration et visa et avec une mentalité assez proche du Canada, sans son hiver à rallonge. J’étais tombé sur la Nouvelle-Zélande, qui est certes très loin, mais correspondait à mes critères.

En plus, comme j’avais 29 ans, je pouvais avoir le PVT Nouvelle-Zélande qui me donnait déjà une bonne année afin de m’assurer de la faisabilité sur place avec une extension de 3 mois possible.

Planqué dans ma chambre, j’ai fait ma demande de visa en douce. Personne ne l’a su. Je ne l’ai annoncé à ma famille et mes amis que quelques mois avant mon départ.

J’allais travailler tout à fait normalement, comme si de rien était. Je ne voulais pas d’interférence ou de prise de tête inutile. Je ne voulais pas trop que ma famille et mes amis aient le temps de réaliser ce que je faisais réellement.

J’avais décidé de partir sans revenir, pour de vrai. Je savais déjà la difficulté d’acceptation. J’ai préféré préserver et tout décaler au plus tard pour prendre un peu par surprise. Dans le fond, beaucoup de monde savait déjà que je voulais repartir quand je suis revenu en France. Mais beaucoup de monde avait aussi passé ça dans un coin tout au fond de la tête avec le temps.

Le Hohneck, Vosges, France

Passer aux aveux

En Février 2018, j’ai profité d’une énième erreur et d’un passage au bureau supplémentaire pour le dire, à demi-mot. Cette fois, mon patron était assez énervé. Je savais que j’allais me faire engueuler et sincèrement, j’aurais fait pareil à sa place. Mon collègue, qui était là aussi, ne disait pas grand chose, mais je pense qu’il approuvait dans sa tête tout ce qui se disait.

Je connaissais parfaitement tout le chemin qui avait fait que j’étais ici à cette table. Moi aussi j’approuvais, c’était le comble. Je savais tout : le pourquoi, le comment. C’était horrible. J’étais tellement désolé, je ne savais pas quoi dire et je ne savais plus où me mettre.

C’était dur, mais c’était de ma faute à 100%. Je ne l’avais pas mal prit. J’avais toutes les réponses mais je n’ai ouvert le bec que ce jour là. J’ai dit une toute petite partie de mes tracas, vraiment infime. Pour moi, la vie privée n’a pas à intervenir au travail donc j’ai été à la fois très rapide et très brouillon.

Vue sur des falaises impressionnante le long du Te Henga Walkway, région d’Auckland.

Le dernier au revoir

En attendant, je quittais la France. Je savais ce que je voulais – ne pas revenir en France – mais je ne savais pas où je mettais les pieds non plus. On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne. Mais je me disais que j’y étais enfin, que mon rêve de trouver ma place allait se réaliser.

J’étais presque pressé mais je gardais les pieds sur terre. Ça n’allait forcément pas être facile et le challenge de partir sans revenir avait de fortes chances d’être de haut niveau.

Ça n’a pas manqué. J’ai eu mon lot de stress et de déboires, logique. J’ai réussi mon PVT, j’ai fait mon extension de 3 mois et j’ai pu passer sur un visa de travail. Tout ça m’a prit 1 an et demi. C’était long, compliqué, dur. Au delà des dépenses liées à l’immigration, il a fallut vraiment bouger mon cul pour y arriver, plus que pour tout le reste.

Mais voilà, j’y suis, j’y suis arrivé et je suis heureux. Je vis dans une super ville, dans un super pays, j’ai un super boulot, des collègues géniaux. Je vis dans mon appartement, j’ai ma voiture et j’ai même une copine.

Ma vie a vraiment recommencée et les changements et sacrifices que j’ai dû faire ont vraiment été de bonnes choses. Je mène maintenant une vie qui me plaît dans un pays qui me plaît.

J’ai encore quelques gros challenges pour avoir ma Résidence Permanente mais je ne quitterai la Nouvelle-Zélande pour rien au monde !

Vue imprenable sur le Mount Cook! Nouvelle-Zélande

Aymeric – Pictures From The World
Qui suis-je?

Le bilan de mon PVT Nouvelle-Zélande!

15 mois sont passés depuis mon arrivée en Nouvelle-Zélande. 15 mois qui sont passés à la vitesse de la lumière. C’est maintenant le temps de faire le bilan de mon PVT Nouvelle-Zélande.

Des projets, j’en avait la tête pleine à craquer. Ce qui est bien quand on quitte son travail (et accessoirement qu’on est célibataire), c’est la liberté folle qu’on a. On se rend tout de suite compte à quel point le travail pèse et prend une place parfois surdimensionnée dans notre vie. Je l’ai fait par choix, et comme toutes les autres fois, je n’ai jamais (encore) regretté.

Je suis à nouveau passé de l’autre côté de la Force, libre à moi même de faire ce que je veux où je veux et quand je veux, avec qui je veux. Les options se comptent par centaines, les projets par milliers. Si l’argent n’existait pas, ce serait le véritable monde des bisounours.

Sur les pentes de roches pendant l’ascension du Foggy Peak, Arthur’s Pass, île du Sud.

Avant le départ, une inspiration sans faille

Après mes nombreuses lectures et vidéos visionnées de mes grands voyageurs et aventuriers préférés tels que André Brugiroux ou Mike Horn, je me sentais capable de tout. Après tout, les seules choses dont on a réellement besoin pour voyager de nos jours, ce sont un passeport, un smartphone avec les bonnes applications et « un peu » d’argent. Le reste se fait avec les rencontres et le culot.

Malgré tout, j’ai laissé tombé mon idée du Tour de France à pied en semi-autonomie par les sentiers de Grande Randonnée, mon idée de voyager où bon va le vent « sans argent », aussi de faire un roadtrip de tous les pays d’Europe en voiture aménagée et camping, ou la même chose mais à vélo.

Bon, j’ai fini en PVT en Nouvelle-Zélande. C’est moins le « rêve », mais c’est toujours mieux, selon moi, que de rester planté à la baraque et ne rien faire.

Au bord de la falaise, vue majestueuse sur l’Océan Pacifique, Akaroa, Péninsule de Banks.

Le rêve et la réalité du terrain

Pour ce PVT d’un an, j’en avait aussi des projets. Avec la nostalgie de mon boulot fou lors de mon PVT en Australie, mon premier plan était de refaire ce boulot, mais cette fois à Auckland. Manque de pot, une fois sur place, je me suis vite aperçut que Auckland ce n’est pas Darwin. Ce n’est pas le « zoo » complètement débridé après 23 heures, et en plus le relief n’est absolument pas plat et n’aide pas du tout au côté physique de ce travail. Tout cela diminue également le revenu espéré.

Pas grave, en attendant je vais chercher un autre travail pour gonfler mon compte en banque néo-zélandais, et ça ne va pas m’empêcher de réaliser mes autres projets. Je voulais faire un maximum de Great Walks, traverser une des deux îles en vélo, faire du kayak de mer en longeant les côtes maritimes du pays, faire du Woofing ou du HelpX, prendre le train TranzAlpine, faire un saut en parachute, du parapente, du ski, …

15 mois après, eh bien, rien de tout ça n’est arrivé ! Enfin si, seulement le travail et les $$$. Si vous me dites que finalement j’ai fait pareil que chez moi, je vous donne raison. Cependant, ce n’est pas chez moi car c’est en Nouvelle-Zélande (impressionné par ma défense, hein?).

Depuis le sommet de Sealy Tarn, vue imprenable sur le Mount Cook et ses 3724 mètres.

Un monde à part

Un autre pays, une autre culture. Tout ici est différent, absolument tout. Il y a des choses frappantes, des choses qu’on ne comprends pas, des choses qu’on intègre de suite en se demandant pourquoi on le faisait pas avant, des choses étonnantes. La NZ est vraiment un pays à part.

C’est un pays où on se sent bien tout de suite : pas de stress, pas d’énervement, pas de bruit à proprement parler, pas de criminalité, pas de dégradation, pas de saletés, pas de haine. Mais comment font-ils ? Réponse : mentalité et éducation. Le jour et la nuit par rapport à en France, c’est totalement frappant. Bien évidemment chaque pays a ses propres points positifs mais aussi négatifs : tout n’est pas rose. Pour citer le point qui saute le plus aux yeux : le coût de la vie est cher. Mais la balance va ici largement au positif.

Bref, ceci n’est pas un article expliquant comment c’est de vivre en Nouvelle-Zélande, mais une conclusion à mes 15 mois de PVT. Revenons à nos moutons…

Centre-ville d’Auckland : pas un mégot, pas un chewing gum, pas une poussière. Les espaces verts et parcs sont tondus toutes les 2 semaines…

4 travails, 5 colocations, 11.000 kilomètres

La « Timeline » est assez folle, surtout au début : en 1 semaine, j’ai réussi à trouver du travail et je passais d’une auberge de jeunesse à une colocation. C’était la toute première colocation de ma vie, et c’était la pire ! En l’espace de 3 mois, j’ai eu assez de $$$ pour m’acheter une voiture (un break dans lequel je peux dormir pour les roadtrips), et j’avais changé de colocation.

Côté travail, j’en ai fait au total 4 : ouvreur de moules, employé de serre (orchidées) qui m’a permis d’obtenir les 3 mois d’extension du PVT, assembleur, et finalement opérateur de presse plieuse à commande numérique qui m’a permis d’appliquer à un Work Visa.

J’ai fait une vidéo de 28 minutes sur les orchidées en serre. J’explique tout le fonctionnement, arrosage, organisation, classement des tiges, je parle aussi des pesticides et des protections utilisées. C’est aussi ma première vidéo où je parle et où on me voit, soyez indulgent, haha. https://www.youtube.com/watch?v=zumnFmg8G6U

Côté logement, je n’ai fait que 2 semaines en Auberge de Jeunesse. J’ai été dans 5 colocations différentes, de 4 à 8 personnes. J’ai vraiment eu de tout : des enfants, des fêtards, des fumeurs de joint, des personnes âgées… Seule 1 de ces 5 colocations était vraiment bien. Je suis aujourd’hui dans mon propre appartement et je peux vous dire que ça change tout !

Côté location, je suis resté 9 mois à Auckland, et 6 mois à Christchurch où je suis toujours.

Côté roadtrip, j’ai roulé environ 11,000 kilomètres dont 60 % pour aller bosser, 25% en roadtrip et 15% pour passer des weekend en dehors de la ville.

Ma Nissan Primera Break, Gordon pour les intimes, devant le Pukake Lake, île du Sud.

Du coup, j’ai plutôt bonne connaissance de Auckland et ses environs. J’ai fait un roadtrip dans le Northland et toute la traversée entre Auckland et Christchurch.

Pas de Great Walks, pas de traversée à vélo, pas de kayak, pas de saut en parachute, pas de Woofing, pas de TranzAlpine, pas de parapente, pas de ski… Mais de nombreuses randonnées et de nombreux petits weekend par-ci par-là qui ont été tout aussi bien !

Des Vacances-Travail devenuent Travail avec des Vacances

La Nouvelle-Zélande, c’est le genre de pays que tu aimes ou que tu n’aimes pas. Je n’ai encore jamais vu un avis partagé sur la question.

  • La vie est chère, on paie pour tout. J’appelle ça « le tarif NZ ».
  • En dehors de Auckland qui n’est déjà pas follement animée, c’est le vide, le néant.
  • Si on aime pas être dans la nature et faire beaucoup de sport, on s’ennuie très vite.
  • Pour la culture, même si il y a les Maoris et toutes les explorations des colons etc, on repassera : ce n’est pas vieux de plus de 300 ans !
  • Oui il n’y a dans la plupart du pays pas vraiment d’été et pas vraiment d’hiver.
  • Oui, la bouffe c’est autre chose…

Mais la qualité de vie et la facilité d’y vivre, la sécurité, la mentalité, la nature follement sauvage, les grands espaces, la diversité aussi bien ethnique que visuelle font, pour moi, le meilleur pays dans lequel j’ai vécu ou voyagé de ces 5 dernières années.

C’est pour ça que j’ai graduellement « oublié » mes objectifs premiers et me suis consacré à l’obtention d’un Work Visa pour rester dans ce pays encore un an de plus, et peut être ne jamais revenir en France.

Lyttelton, banlieue de Christchurch

Pour immigrer en NZ, il faut tout donner, y compris son temps et son argent…

Cela n’a pas été facile du tout : c’est long et coûteux. J’ai entamé ma première démarche en Octobre 2018, et aujourd’hui en Juillet 2019, mon Visa sera seulement délivré. C’est presque 10 mois ! J’ai surtout appris que le temps comptait plus que l’argent.

L’extension de mon PVT seule a pris 3 mois de travail et 1 mois de démarches soit 4 mois pour 285$ de frais totaux.

Pour mon Work Visa, il a fallut que je trouve un travail correspondant à mes diplômes et expériences professionnelles passées, il a aussi fallut que je fasse une période d’essai et que l’entreprise veuille bien me garder sur le long terme ensuite. Cela m’a prit au total 6 mois car le premier essai n’avait pas été fructueux après 3 mois (pas assez d’expérience et conjecture de l’entreprise).

Il a fallut traduire mes diplômes, faire appel à un organisme pour la reconnaissance des diplômes en NZ, passer un test d’anglais international, demander et traduire plein de documents, passer une visite médicale, faire des radios, payer les frais de dossier et de traitement du Visa, passer des entretiens, faire ses preuves, s’intégrer rapidement, etc. Chaque démarche peut mener directement à l’échec.

En dehors de ça, il a fallut que je change mon passeport à l’Ambassade de France à Wellington, que je demande un permis de conduire néo-zélandais car le permis international ne fonctionne plus après 12 mois.

Bref, 10 mois de démarches et de paperasses, 3,000$ (1,800E) dépensés au total pour un Work Visa de 1 an. Ça fait cher la journée, mais croyez moi que ça vaut le coût.

C’est aussi un excellent moyen de tester sa motivation à rester ! Jusque là, je ne me suis jamais posé de question, ce qui est bon signe.

Ça n’a été que du stress et de l’angoisse de ne pas réussir. Mon dossier est en ce moment dans les mains du Ministère de l’Immigration de Nouvelle-Zélande. Même si rien ne justifie le refus à ce stade là, je suis toujours en attente de mon Visa. Car comme pour tout le reste, cela prend du temps !

Vue sur le Mount Hutt, depuis le Rakaia Gorge Track.

Alors que dire en conclusion ?

La vie est faite de choix. Et je pense que le meilleur choix est celui de réaliser ses rêves dès que l’on peut le faire. Il ne faut pas attendre. Cela fait de nombreuses années que mon pays n’est plus dans mon cœur et que je n’ai plus envie d’y vivre.

Je suis parti en mode voyage et découverte avec un sac à dos de 8 kilos. Je suis passé d’un backpacker sans emploi, sans logement et ne pouvant utiliser que les transports en commun, à un employé d’entreprise internationale, avec une voiture et dans mon propre appartement.

Aujourd’hui j’ai trouvé mon nouveau chez moi et je fais tout pour y rester.

Après un PVT Australie vraiment moyen, je considère mon PVT comme réussi haut la main car je n’ai jamais été bloqué et je n’ai jamais eu de soucis financiers.

Malgré tout, j’ai travaillé plus que je n’ai eu de « vacances ». Le scénario du PVT, c’est tout simplement de travailler pour faire des économies qui serviront ensuite à voyager à la découverte du-dit pays ( d’où le nom Vacances Travail). Je crois que je peux compter 4 mois de vacances sur 15 mois. Je suis toujours mieux loti que beaucoup de monde alors je ne vais pas me plaindre.

Si vous avez entre 18 et 30 ans et que vous partez en PVT, assurez-vous de 2 choses pour le PVT Nouvelle-Zélande : partez avec vraiment un maximum d’économies (je dirais 5,000 E grand minimum), et bossez votre anglais au maximum. Conseils d’ami.

Si vous voulez immigrer en Nouvelle-Zélande, vous serez le bienvenu mais seulement si vous avez de bons diplômes et de bonnes expériences de travail (immigration assez sélective, ou sur système de points). Préparez-vous le plus tôt possible, ainsi que votre Carte Bleue.

Mon aventure en Nouvelle-Zélande n’est pas finie, et j’en suis très heureux !

Virée à la montagne au Mount Cook National Park

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je?

1 an de PVT Nouvelle-Zélande ! Le résumé !

Moi-même je n’y croît pas, cela fait maintenant 1 an que je suis en PVT Nouvelle-Zélande ! Et ce n’est pas fini, car après avoir travaillé 3 mois dans l’horticulture, j’ai pu avoir mon extension de Visa, me rajoutant 3 mois. Dans cet article, je reviens sur cette année où il s’est passé beaucoup, beaucoup de choses.

En 1 an, je suis (re)parti de 0 pour arriver à 0,9. Le 1 sera quand j’aurai mon Visa de Travail. C’est mon nouvel objectif pour cette année 2019 : m’installer à long terme en Nouvelle-Zélande. Suivant la durée de mon prochain contrat de travail « Full Time », cela peut aller de 1 à 3 ans. Renouvelable, cela me laissera le temps d’appliquer à la Résidence Permanente.

Repartir de 0

Arrivé à Auckland sans voiture, sans travail, dans un pays que je ne connais pas et où je ne connais personne. Si ça c’est pas le niveau 0, je ne sais pas ce que c’est. Pour seule corde de sauvetage, 15 mois d’économies sur mon compte en banque.

Lors de mon premier PVT en Australie en 2016, le budget avait été un problème conséquent : il était 2 fois plus faible que celui que j’avais pour la NZ. Conjugué à quelques mauvais choix et une faible confiance en moi (la première fois), le projet avait « capoté » au bout de 3 mois dans le pays.

C’est de cette expérience ratée que je me suis nourri pour ce PVT en Nouvelle-Zélande. Et c’est grâce à cet « échec » que j’ai magistralement réussi mon PVT NZ. Les erreurs sont là pour votre bien, surtout si utilisées à bon escient.

5h30 du matin… C’est seul sur la 75 Mile Beach que je vais admirer le levé de soleil absolument magique. Parfait pour démarrer la journée ! Fraser Island, Australie

Le niveau 0

Je suis arrivé avec la boule au ventre de ne pas réussir à nouveau. Le stress du budget n’étant plus là, ça a quand même été d’une grande aide. Et une fois le boulot d’ouvreur de moules, trouvé en seulement 4 jours, je me suis dit que la « galère » de mon PVT Australie était déjà loin finalement.

Ce n’est pas pour autant que tout a été facile. Toujours obligé d’utiliser les transports en commun, c’est pas la facilité de la voiture. Il faut faire avec le climat, Il faut respecter des heures, il faut marcher, il faut attendre… Heureusement, à Auckland les transports en commun sont assez développés, bien organisés, et toujours pile à l’heure.

Ma première colocation à Drury, ça n’a pas été facile non plus. 12 semaines à 8 dans une maison pour 5, avec comme colocataires (et leurs potes) la moitié de fêtards-bruyants qui tournent au cocktail bière-cigarette-joint-et plus. Je n’ajoute pas la propreté et le rangement dans la maison… C’était pas loin du taudis. Enfin, je m’étais un peu jeté dans la gueule du loup aussi. Les premières fois, sans expérience, on se fait toujours un peu avoir.

Un très mauvais souvenir, haha

Heureusement, on était pas sur les mêmes horaires. J’ai surtout eu le bordel de la fiesta de la veille laissé en place en me levant tous les matins, et le réveil à 3 heures du matin 5 nuits sur 7 par des gens bourrés en train de gueuler par-dessus la musique dans le salon.

La dernière semaine où j’y étais, j’ai eu droit à 2 réveils avec l’odeur de crack dans la maison. À vomir. Je prenais mon petit déjeuner dehors pour pouvoir respirer. C’était l’hiver, plutôt sympa par 5 degrés et parfois sous un parapluie.

Depuis ces 30 dernières années, c’était une de mes pire période à vivre. Je croyais en être à 0,1 sur 1, mais en fait j’étais toujours à 0.

C’est de là que je suis réellement parti. Aussi bas que la terre est basse.

Roadtrip dans le Northland

Je suis parti habiter à Takanini, et 3 semaines plus tard mon contrat de travail s’est terminé. Je suis parti 5 jours en roadtrip dans le Northland. Ça m’a fait du bien de partir à la découverte du pays. D’autant que la colocation à Takanini, bien que 1000 fois mieux qu’à Drury, était quand même particulière.

Omapere

Whangarei Heads

Lever de soleil à Opononi, dans le Northland, Nouvelle-Zélande.

Georges, le proprio, était spécial. Un « control freak » à tous les niveaux qui écoute la télé comme si il voulait que ses voisins l’écoute aussi. Un maniaque du tri des déchets. Je faisais tout pour l’éviter. Je me faisais à manger après 20 heures pour ne pas l’avoir sur le dos (il venait tout le temps mettre son nez, donner des conseils à tout va, faire à ma place, etc).

Mes 2 colocatrices et leurs 3 enfants sont parties avant moi. Georges n’aimait pas le bruit. Alors, de 1 des enfants ça fait du bruit c’est normal. Et de 2 , en fait, ils étaient pas si bruyants que ça. Enfin bon.

Je ne suis pas parti à cause de tout ça, mais à cause du boulot. Car grâce à une connaissance et à ses contacts, me voilà à l’autre bout d’Auckland : Kumeu.

La meilleure période de mon PVT Nouvelle-Zélande

À revenir en arrière, je crois que c’était la meilleure période de mon année de PVT. J’avais un super boulot relaxant qui sentais bon (quoique la paie n’était pas au top mais on ne peut pas tout avoir), j’habitais à la campagne, les magnifiques plages sauvages d’Auckland à 15 minutes, dans une maison assez sympa et surtout très très calme, et en prime c’était le printemps.

Muriwai Beach et sa colonnie de Gannets.

Coucher de soleil depuis le jardin de la maison à Kumeu

Côté boulot, si j’enlève le manque d’organisation et les quelques branleurs, c’était le meilleur de mes boulots jusque là. Pourquoi ? Pour la sensation de liberté. C’est le premier boulot que je fais où en fait tu peux faire presque tout comme tu veux. C’était vraiment fun, relaxant et motivant. Il y avait toujours quelque chose de nouveau à faire, à modifier ou à changer.

J’ai fait énormément de tâches, beaucoup de travail (et d’heures), et bien que ce ne n’était que de simples fleurs, j’ai beaucoup appris. Même si forcément certaines journées étaient longues, j’ai toujours été content de venir bosser, ce qui est assez rare pour moi au bout de quelques mois, car j’ai la fâcheuse tendance à très vite me lasser.

Déménagement à Christchurch

Mon contrat de travail se finissant avec la fermeture annuelle de l’été, et mon envie grandissante de rester toujours plus longtemps dans ce pays, j’ai appliqué à l’extension de mon PVT, me donnant 3 mois supplémentaires sur place. Je décide de prendre 1 mois et demi en mode relax sans travailler avant de partir pour Christchurch.

Mon prochain objectif : le Essential Skills Visa. Il va me falloir un travail temporaire en Full Time qui correspond à mes diplômes et à mon expérience. C’est autre chose que de chercher un petit boulot comme ça a été le cas jusque là.

En attendant, je descend en roadtrip sur Christchurch. Rotorua, Taupo, Palmerston North, Wellington, Kaikoura. Un beau roadtrip dans de très beaux paysages sauvages et assez exempt de monde et de touristes, pour mon plus grand plaisir.

Rotorua, Vallée de Waimangu

Vallée de Waimangu, Rotorua

Tongariro National Park

Kaikoura

Du pain sur la planche

Arrivé à Christchurch, j’ai eu du pain sur la planche. Recherche de boulot, nouvelle colocation, découverte d’un nouvel environnement, beaucoup plus calme et vert qu’à Auckland. Le coût de la vie est aussi un peu inférieur car moins de trajets et d’embouteillages, et l’immobilier est bien moins exorbitant.

Je trouve assez rapidement mon nouveau boulot, en un peu moins de 2 semaines. J’ai assemblé des lignes de production pour appareils électroménagers. La meilleure paie que j’ai jamais eue de ma vie : 25$/h, + 8%/h de « Holiday Pay ».

Après m’être fait viré de ma première colocation après quelques différents, j’ai emménage à Riccarton où je suis toujours. Décidément, c’est jamais simple les colocations !

Après 2 mois chez Scott Technology, mon contrat s’est fini juste la dernière semaine de mon année. Encore une fois, j’ai appris énormément de choses et j’ai fait beaucoup de choses entre assemblage, ajustement et préparation à la fabrication. Malheureusement, ce n’est pas ici que j’aurai mon contrat en Full Time. Les projets de l’entreprise sont trop incertains et ne peuvent courir le risque de me garder pour 1 à 3 ans.

Centre-ville de Christchurch

Sugarloaf Scenic Reserve

Coucher de soleil depuis la maison où j’habite

New Brigthon Beach, Christchurch

Sumner, banlieue de Christchurch

Une fin qui se fini bien

Pendant ce temps là, j’ai galéré un peu plus d’un mois a trouver un travail en Full Time. C’est vraiment pas la même cour. Tous les 3 jours, je passe facile 2 heures sur les sites principaux de recrutement. Je peaufine mon CV, je fais une lettre de motivation différente à chaque entreprise, je visite leurs sites internet,… J’ai postulé facilement à 15 annonces qui correspondaient à 100% à mon profil.

Par pur hasard, je dégote une boîte de recrutement qui travaille avec le Ministère de l’Immigration. Maintenant inscrit, je n’ai plus qu’à réussir un entretien d’embauche et une journée d’essai, et c’est comme si mon Essential Skills Visa était dans la poche. Bon, c’est les grandes lignes bien sûr !

Pendant la dernière semaine de mon année de PVT, j’ai réussi ce fameux entretien et cette fameuse journée d’essai ! Le Visa n’est pas encore là, on en reparlera d’ici 1 mois, mais je suis bien parti.

Je travaille chez Wyma. Ils conçoivent, fabriquent et assemblent des chaînes de nettoyage de fruits et légumes. Très grosse entreprise, connue et reconnue en Australie et aux USA, même en Europe. Quand à la Nouvelle-Zélande, quasiment tout le monde est équipé Wyma.

Je suis donc opérateur de presse à commande numérique. Les plaques d’inox sont découpées à la machine laser puis viennent à nous. On se charge de les plier, suivant plan, avec la presse hydraulique. À terme, je suis censé être formé sur la machine à laser en plus de la presse. Ça va encore faire des choses à apprendre.

Un retour en France pas du tout d’actualité

Pour ce qui est du retour en France, eh bien c’est toujours pas d’actualité. La mentalité d’ici me correspond beaucoup mieux. En plus je suis dans une ville très agréable à vivre où on a la mer et les montagnes en même temps.

Lyttelton, banlieue de Christchurch

Oui la vie est plus chère, tout est plus cher que chez nous. Mais les salaires sont beaucoup plus élevés. Dailleurs, le Smic va encore augmenter en Avril : +1.20$/h soit 17.70$/h. Tout comme quand j’étais au Canada, je suis payé 40 à 60% de plus pour faire le même travail.

Oui, moins de protection au travail (généralement 5 jours de préavis au lieu de 1 à 3 mois en FR par exemple). C’est libéralisme à fond. Mais tout est plus facile car ça bouge tout le temps : facile et rapide de perdre son travail, mais facile et rapide aussi d’en trouver un autre car le marché est très très loin d’être surchargé. En un an, j’en suis à mon 4ème métier. Je n’ai jamais eu plus de 2 semaines entre deux boulots, sauf quand c’était voulu.

Le pays est calme, stable, en pleine croissance économique et démographique. Tout le monde est gentil, souriant, tolérant, curieux, avenant. Je n’ai jamais vu une personne morose, ou quelqu’un s’énerver. En même temps, ici il n’y a rien pour s’énerver. Et en prime, on est en guerre contre personne (tout comme personne n’est en guerre contre nous) et on ne balance pas des bombes et des missiles à tout va.

En résumé, on est tranquille-pépère, on entend les mouches voler, et la dernière chose qu’on veut c’est qu’on parle de nous (surtout en bien) : on veut garder notre tranquillité.

Le budget sur 1 an

Mise à jour sur le budget !

Pour le départ, entre l’avion, l’assurance voyage pour 1 an, les 2 premières semaines à m’installer sur place et l’achat de ma voiture, j’en ai eu pour environ 4,000 E. Ensuite, il faut compter 1,600$NZ/mois de dépenses « si on ne sort pas de chez soit » et qu’on est en colocation.

Les 6 premiers mois, j’ai dépensé 13.500$NZ sur place, avec un roadtrip d’une semaine, 1.500$ dans le futur Visa Essential Skills et des achats de vêtements pour l’hiver. Je ne connaissais pas encore tous les petits trucs pour dépenser un peu moins. Soit 2250$NZ/mois

Les 6 derniers mois, avec tout en place et plus de connaissances, je suis passé à 10.700$NZ, avec 1.300 kilomètres de roadtrip, traversée en ferry entre les 2 îles (pas donné !) et un 500$ de plus dans le futur Visa. La colocation moins coûteuse les 3 derniers mois + les embouteillages devenus inexistants ont un peu aidé aussi (vive Christchurch). Soit 1800$NZ/mois.

Dans mes périodes de travail, j’ai pu économiser de 25 à 55% de ma paie (suivant le taux horaire que j’avais). Si aujourd’hui je changeais mes $NZ en Euros, je me retrouverais avec le même montant que quand j’étais parti ! Au final, c’est comme si je n’avais rien dépensé !

Début du Visa EHV !

Il se finira le 1er Juillet. L’aventure continue ! J’espère donc repasser sur un Work Visa après ça !

Cette année de PVT a vraiment été riche, pas une seule seconde d’ennui ! C’était fou.

Toutes ces expériences et ces histoires m’ont donné 2 grosses envies :

  • Ouvrir un blog pour aider les futurs pvtistes ou simples voyageurs en Nouvelle-Zélande;
  • Écrire un ebook pour vous raconter cette année de PVT de manière romancée.

Vous seriez intéressé ?

On se retrouve dans 3 mois, je vous dirai si j’ai mon Visa Essential Skills ou non !

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je?

9 mois en Nouvelle-Zélande !

1er Janvier 2019. Nouvelle année passée « à l’autre bout du monde » ! 9 mois en Nouvelle-Zélande ! Où en est mon PVT ? Quels sont mes projets pour l’année ? Je vais parler de tout ça dans cet article. Mais tout d’abord, je souhaite commencer par ce qui s’est passé ces 3 derniers mois.

La fin des orchidées…

Nous avons été une équipe suffisamment nombreuse et performante (même si il y a toujours un pourcentage qui en font moins…) pour finaliser le travail de préparation pour la prochaine haute saison. Coupe des feuilles, désherbant, nettoyage, maintenance, et un petit coup d’agrochimie pour « nettoyer » les plantations.

J’ai donc bossé 4 mois dans cette serre. Ce que je me souviendrai le plus, c’est les changements et les écarts de températures, en deuxième les heures de travail. J’ai fait 43 heures par semaine en moyenne, avec une pointe à 54 heures.

À 7 heures le matin, même température intérieure et extérieure. À 11 heures, 18 dehors, 28 dedans. À 15h, 22 dehors, 35 dedans… Et au moindre petit nuage qui passe, on perd plus de 5 degrés en moins de 2 minutes. 100 à 105% d’humidité H24 7/7. Je n’ai jamais autant transpiré !

J’en retire une excellente expérience personnelle (découverte du métier, apprentissage et application des techniques, échanges de compétences), et humaine (équipe internationale, le top de mixer les cultures et façon de faire de tout le monde).

Du positif, et du négatif, bien évidemment. Je peux citer une organisation quasi inexistante et un manque de communication. Mais le positif l’a largement emporté ! Je parle plus longuement de ce travail dans cet autre article.

Ramassage des « yoyos » et des ficelles »qui craignent les fortes chaleurs dans la serre durant l’été.

Toutes les orchidées ont é’té cueillies, voilà à quoi ça ressemble avant la coupe des feuilles : une forêt !

Champs d’orchidées durant la haute saison, avant le ramassage. Il y en a par milliers !

Pendant la cueillette de fleurs

… Pour 3 mois de PVT en plus !

Grâce à ce boulot, et à mon patron qui a gentiment signé mes papiers pour l’immigration, j’ai eu en retour 3 mois de Visa supplémentaires ! Je suis maintenant sous le Extension Working Holiday Visa. Et la prochaine date butoir sera le 1er Juillet 2019.

C’est tout ce qu’il me fallait pour la suite de mes projets en Nouvelle-Zélande : du temps !!

Mes nouvelles découvertes

3 mois faibles en découvertes. Ça fait tout de même 9 mois que je suis dans la région ! Mais je peux tout de même citer Karekare Beach, qui figure dans mon top 10 des choses à voir et à faire à Auckland ! , et le Te Henga Walkway qui longe la côte Ouest d’Auckland et offre des points de vue sympas sur les falaises.

Karekare Beach, magnifique endroit sauvage autour d’Auckland

Vue sur des falaises impressionnante le long du Te Henga Walkway.

Projets 2019

Dans mon précédent compte-rendu, j’expliquais que je voulais rester en Nouvelle-Zélande sur le long terme. Et je continue en ce sens.

Mes projets pour l’année sont donc courts mais énormes, bien au-delà de projets de voyages, il s’agit ici d’expatriation. Je vais trouver un emploi qualifié et appliquer au Visa de Travail « Essential Skills » qui devrait me permettre de rester 3 ans de plus.

Et je vais aussi préparer la suite : enregistrer une EOI (Expression Of Interest), être sélectionné, et appliquer au Work Visa to Residency :

Les expatriés le savent : facile à dire, mais une complexité certaine où chaque étape peut tout faire tomber. Ce n’est pas une simple affaire d’argent (même si j’en ai déjà eu pour un peu plus de 1,500$ et que j’en ai encore 700 à débourser, rien que pour le Essential Skills). On n’accueille pas n’importe qui en Nouvelle-Zélande et comme dans d’autres pays, il y a beaucoup de critères stricts à respecter.

De la paperasse, du temps, des allers-retours, des coups de téléphone, encore de la paperasse, de la patience, encore du temps, du bouche à oreille, un petit (gros) coup de chance, et, normalement, si tout va bien, ça le fait !

Alors les voyages, dans tout ça, sont bien évidemment lésés, problème de compatibilité oblige. Mais ils ne seront pas à 0 pour autant.

Coucher de soleil depuis la terrasse de ma colocation, West Auckland.

Je vais quitter Auckland !

Après 9 mois de vie à la grande ville, je vais quitter Auckland pour Christchurch sur l’île du Sud ! Je pars le 9 Janvier au matin pour un roadtrip de 7 jours et 1,300 kilomètres, avec en prime la traversée en Ferry entre les 2 îles !

Ma voiture (Gordon pour les intimes) est déjà prête à partir. Me reste plus qu’a charger le coffre avec toutes mes affaires. Gordon se rapproche à grands pas des 200,000 kilomètres. Qui pourrait le croire sans le savoir ? À l’instar d’une Volvo des grandes années, je suis tombé sur un tank !

La route est déjà établie : Rotorua ses sources chaudes sa géologie ses geysers, Taupo et son lac, Palmerston North pour se reposer, Wellington et ses collines, Picton pour se reposer après le Ferry de 6h00 du matin, Kaikoura et ses colonies de lion de mer. Arrivée prévue à Christchurch le 16 en fin de matinée.

Le trajet du roadtrip pour Christchurch.

Nouvelle ville, nouveaux objectifs !

C’est donc une nouvelle fois que je vais devoir tout recommencer. Enfin, la chose qui ne changera pas est le pays !

Seul moyen de me rassurer : je connais mon adresse pour la première semaine. Je n’ai pas prit d’auberge de jeunesse cette fois. Trouver un emploi qualifié en tant qu’étranger est un tout autre business. J’aurai ma chambre privée, et chez l’habitant des fois qu’on ai des conseils à me donner.

Pour le reste, tour des agences de recrutement et des entreprises !

Quand je revois les projets que j’avais avant d’arriver en Nouvelle-Zélande, je me dis que c’est fou à quel point quelques détails peuvent absolument tout changer !

Ce que j’ai déjà du faire pour le Visa Essential Skills

Petit tour dans l’envers du décor !

Car oui, pas très actif cette année sur le blog (à peine un article par mois), ni sur la page Facebook ni réellement sur Instagram. J’ai été très pris avec mes horaires à la serre et les démarches pour l’immigration.

J’ai déjà :

  • mes diplômes traduits et avec leur correspondance en Nouvelle-Zélande
  • je peux justifier de suffisamment d’expérience professionnelle
  • j’ai passé mon test d’anglais international (IELTS) avec un score suffisant (6,5/9 minimum)
  • l’emploi correspondant à mes diplômes et mon expérience est sur la liste des emplois recherchés dans le pays
  • j’ai un casier judiciaire vierge traduit en anglais.

Me restera à :

  • passer des radios des poumons et une visite médicale pour prouver de ma bonne santé
  • trouver un emploi qualifié à temps plein avec une rémunération supérieure au taux horaire requis pour le Visa
  • Démarrer mon nouvel emploi
  • appliquer au Visa (c’est à dire payer 500$).
  • attendre un mois et plus pour la validation du Visa

Et au passage, il faut aussi ;

  • apprendre le vocabulaire technique de son métier en anglais
  • préparer un CV et une lettre de motivation conforme à ce qui se fait dans le pays (très différent ici)
  • prolonger mon assurance voyage
  • faire une traduction du permis de conduire français qui n’est plus valable après 1 an ici.

Je peux rajouter :

  • déménager,
  • m’acclimater à une nouvelle ville,
  • trouver une nouvelle colocation,
  • passer mon temps sur internet dans les agences de recrutement et dans les entreprises pour trouver du boulot,
  • peut être démarrer un emploi non qualifié en attendant car je ne sais pas quand tout ça va se débloquer.

Presque chacun des points cités ici demandent eux aussi d’autres démarches. Énormément de temps et d’énergie donc !

Grimper ici m’a aussi demandé du temps et de l’énergie, haha.

Je fini sur ce point pour dire et affirmer que ce que montre chaque influencer ou blogueur sur les réseaux sociaux n’est que la belle partie, la face visible. Le travail derrière, quel que soit le projet ou le sujet abordé, est énorme ! Comme vous, on a tous une vie privée, et elle est certainement aussi remplie que la votre.

On a pas tous une équipe de 15 personnes pour répondre à toutes vos questions, écrire 1 article par jour, poster 5 photos par jour, filmer et monter une vidéo par jour. La plupart d’entre nous sont seuls ou à 2. Merci de votre compréhension.

Je vous souhaite une excellente année pleine de santé !

Et vous, quels sont projets pour 2019 ??

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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