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Le jour où je me suis transformé en photographe V.I.P. !

Cet article fait suite à l’article « Rencontres…: Lowell, à Toronto« .

Rappel:

Couchsurfing, je l’ai beaucoup utilisé dans ce roadtrip, surtout au Canada. En effet, grâce à ce réseau, je n’ai dormi qu’une seule nuit en hôtel, en un peu plus de trois semaines. C’est la première fois que je me logeais de cette manière. Lowell a été mon premier hôte.

Lowell a été la personne dont je me souvient le plus. Non seulement car ça été mon premier contact avec Couchsurfing ainsi que ma première nuit lors de ce voyage. Mais aussi pour sa personne, sa personnalité, son parcours, sa façon de voir les choses, ses valeurs, sa confiance et aussi l’expérience qu’il m’a fait vivre.

C’est tout simplement la plus belle rencontre que j’ai faite en traversant le pays.

Un jour, il voulait que je le rejoigne à son travail. Il fallait absolument qu’il me présente à ses collègues. Alors je lui dit que c’est trop d’honneur! Je suis toujours aussi gêné, mais il insiste, alors j’y vais.

Je fais rapide connaissance de ses deux associés, dont celui qu’il a rencontré au Rwanda, et de sa secrétaire. Puis, ce sera au tour de son groupe de travail dans un petit open-space à coté. Ensuite, il m’emmène dans son bureau, il m’offre un café… Et me dit de m’asseoir… !

La proposition

«Alors, Lowell, tu m’embauches?
– Ça pourrait!
– Je dirai « oui » tout de suite!
– En fait, je voulais te parler parce que j’ai éventuellement quelque chose à te proposer demain mais il faut que tu sois d’accord.
– Vas-y, racontes moi tout!
– Demain, j’organise une soirée privée pour un de mes clients. Il me faut trois photographes pour cette soirée. Le problème, c’est que mon troisième photographe n’est pas sûr de pouvoir venir! J’ai vu ton appareil ce matin avant qu’on parte, et je pense que tu as le matériel pour. Je ne suis pas encore sûr mais est-ce que ça te dirais de le remplacer si jamais il ne venait pas?
– Écoutes, ta proposition, c’est au-delà de tout ce que je peux imaginer! Tu me surprends, là! Tu me fais un cadeau d’anniversaire! Écoutes, ça me gêne un peu que tu proposes ça à moi parce que je n’ai jamais fait ça, je n’ai aucune expérience. Mais si t’as besoin, écoutes, je ferai ce que je pourrai!
– Okay! C’est super, mon ami! Tu sais, tu peux me sauver sur ce coup-là! ».

À ce moment, là, je pense qu’il aurai fallut voir ma tête! Ce mec est en passe de me faire vivre une de mes plus belles expériences de ma vie à cette heure-ci. Photographe de soirée VIP… Et à l’improviste, s’il-vous-plaît! C’est sérieux?

Le tram de Toronto.

Le costume

Mon troisième et dernier jour à Toronto commence déjà… Mais ce sera le plus beau !

Il a plu dans la nuit et le ciel sera couvert toute la journée. On est samedi mais Lowell a un très gros week-end de travail. Il est déjà debout, assis devant son ordinateur sur la table du salon, répondant à ses nombreux mails. C’est un de ses appels téléphonique qui m’a réveillé.

Alors qu’il raccroche, il me dit : «Bon, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi, mon ami! Je viens d’avoir mon photographe au téléphone et il va vraiment falloir que tu soies de la partie!». Alors, moi qui vient de me réveiller, la tête pas encore en place et les jambes engourdies de la longue marche d’hier, je peine à croire ce que je viens d’entendre!

«La mauvaise nouvelle… C’est qu’il faut porter un costume noir ». Alors je lui dit : « Tu sais Lowell, je suis en voyage, je suis en aventure à travers le Canada, je ne vais pas emporter un costume avec moi…». Il se met à réfléchir, tout en continuant de répondre à ses mails de la main droite et en triturant son téléphone de la main gauche. «Mmmh… On va essayer de s’arranger! … Tu chausses quelle pointure?».

Par chance je fais juste une demi pointure de moins que lui! Lowell est plus petit que moi et aussi beaucoup plus trapu. Il a suffisamment de costumes et de chaussures pour en remplir la moitié de son armoire et de son entrée, alors ça ne pose pas de problème pour un prêt l’espace d’une journée.

Il m’a fallut une ceinture pour le pantalon et la veste était trop large aux épaules. Ça faisait un rendu plutôt bizarre, comme ces costumes de super-héros avec des muscles en mousse dedans!

Lowell, qui venait de sortir de la salle de bain, me demande comment ça va, alors je lui dit que je nage un peu dedans. Il regarde le look et me dit que ça va aller. De toute manière, il n’y a pas trop le choix!

Avec ses sourires, son rire et ses grands gestes, il était content d’avoir pu arranger le problème vestimentaire. « Maintenant, t’es mon gars! Tu bosses pour moi aujourd’hui!».

Test photo avec Lowell avant de prendre la route!

Visiter les locaux de la CBC Toronto

On embarque en voiture et, comme d’habitude, Lowell est en retard. Mais cette fois-ci d’une bonne heure, par ma faute. Il faut qu’on fonce au building de la CBC, une importante chaîne d’information télévisée.

Alors qu’on est encore sur l’autoroute, le client pour qui il organise la soirée fait une conférence de presse. Il voulait me présenter pour aborder le fait que je serais un des photographes de sa soirée.

Parce que oui, dans le milieu, tout le monde connaît tout le monde. Sauf que moi, je viens de nulle part! Alors, pour éviter de trop dire que je suis une pièce rapportée, on va m’inventer une fausse vie pendant qu’on est en route!

Je suis donc un ancien bon ami de Lowell et je suis photographe à Paris. Le reste est un peu plus vrai car, pendant mes vacances à Toronto, je croise Lowell dans la rue qui, de fil en aiguille, m’invite chez lui et me propose de faire des photos de soirée.

C’est dans des moments comme ça qu’on est heureux de savoir parler et de comprendre un minimum l’anglais! Parfois, ça peut sauver des situations!

On arrive devant le building de la CBC mais il est déjà trop tard, on ne peut plus rentrer dans la salle de conférence. On attendra dans le hall d’entrée, assis sur les canapés.

Je ne suis pas du tout dans mon environnement, entouré de tous ces gens du show-business. En plus, Lowell connaît une personne sur deux ici alors, naturellement, il me présente à tout le monde en disant que je suis son photographe! Il va falloir que je m’y habitue…

Quelques minutes plus tard, la conférence finie, les gens présents dans la salle repartent en passant par le hall où nous sommes. Son client, un producteur de cinéma canadien, arrive et on fonce pour ne pas le rater. Il me présente à nouveau, tout en lui expliquant, l’air de rien, le topo qu’on s’était dit en voiture.

Ça ne lui a fait ni chaud, ni froid et, avec le sourire, je sers la main de John. Il était accompagné de Shana, une employée de Lowell que j’avais déjà vue à son bureau la veille. Elle s’occupe des relations publiques et à l’air d’être faite pour son travail. Elle est très énergique, blagueuse et souriante. Devant la porte d’entrée de la chaîne d’information, je les prendrais en photo tous les trois ensemble. Ma première photo de la journée pour Lowell!

Un des plateaux de télévision de la CBC !

Établir un plan

Il est 14 heures passé. On était vraiment en retard ce matin! Lowell me propose alors de m’emmener dans le quartier Chinois que j’avais visité la veille. Toujours avec sa bonté et son enthousiasme ravageur, il veut m’inviter dans son restaurant préféré de la ville. Un jamaïcain qui adore le chinois. Oui, ça existe.

J’avoue que c’est à cet endroit que j’ai mangé le meilleur chinois de ma vie! Authentique, bien décoré, bien présenté, un service aimable et une nourriture au juste milieu entre la douceur et le goût trop fort. Ça fondait en bouche!

On profite de ce temps de midi pour établir le plan de la soirée. Pour m’aider dans ma nouvelle tâche dans laquelle je n’ai aucune expérience, je voulais qu’il me raconte un peu plus précisément comment se déroulent ces petits cocktails VIP.

Il m’explique alors que c’est une soirée qui réunira des amis de John, son client qu’il m’a présenté tout à l’heure. Il y aura environ 80 producteurs, acteurs et même des banquiers et des clients de clients. Ce sera chez la femme de John, une maison dans un quartier proche du centre-ville.

Lowell s’est occupé de faire les invitations et d’engager le service de sécurité. C’est pour ces raisons que je vais pouvoir rentrer très facilement, car normalement, il faudrait que j’aie une carte de presse! On arrivera un peu avant le début de la soirée pour qu’il me présente à la femme de John et aux deux autres photographes présents qui, eux, sont professionnels!

Petite épicerie dans le quartier chinois de Toronto.

Dans le bain

J’ai eu du mal à me mettre à l’aise au milieu de tous ces gens aux porte-feuilles débordants et aux manières aisées. Au début, je préférais rester un peu dans les coins de la maison, j’observais beaucoup, je prenais une ou deux photos comme ça. Les deux autres photographes, hyper à l’aise, me regardaient bizarrement. J’étais hyper stressé.

Il fallait que je fasse quelque chose pour me lâcher un peu. J’ai décidé de me concentrer sur les réglages de mon appareil photo pour oublier le stress, ce qui a marché avec succès ! Je quittais les coins pour faire le tour du grand salon puis, finalement, passais au milieu des invités, les prenants en photo avec leurs sourires et leurs verre en main.

C’était pas très pratique les photos de portrait avec les murs blancs de la maison. Je n’arrivais pas à de très bons réglages avec mon flash que j’étais obligé d’utiliser car je n’ai pas la plus haute technologie de capteur. Ça passait mieux avec les photos de groupe car l’alignement des personnes masquait le fond.

Plus le temps passait, plus j’étais à l’aise. Moi qui suit d’un naturel assez timide et introverti, je me surpassais dans cette soirée!

De temps en temps, je croisais Lowell, tout sourire avec son coté de fêtard, et me disait de me lâcher et surtout de me servir en nourriture et en boisson! Quand il était accompagné, il en profitait pour me présenter et me demandait toujours de faire des photos de lui et ses amis.

D’autres fois, je croisais les autres photographes alors on s’échangeait nos réglages d’appareil. C’était vraiment sympa comme expérience! J’avais oublié que mon costume n’était pas à ma taille et j’avais passé du très bon temps.

À la fin, on a fini le banquet avec Lowell et quelques invités qui tardaient à partir, dont cette femme de Paris, très sympa. Ça nous a fait un bon repas entre petits hot-dog de qualité, fromages, pains et biscuits français.

En rentrant chez Lowell en voiture, je lui expliquait ce que j’avais vécu et à quel point je n’aurais jamais pensé vivre une expérience comme celle là! Il en était tout aussi heureux que moi.

De retour à son appartement, je lui montre mes photos qu’il apprécie bien. Il en choisira les meilleures et les enverra aux personnes présentes à la soirée. Ce qu’il a le plus aimé, c’est le fait que j’ai également pris des photos de la décoration ou même de la nourriture.

Il faut dire, il y’avait de très belles œuvres aux murs et la nourriture était présentée dans des plats en bois du plus bel effet !

De gauche à droite : un acteur, Lowell, un producteur, et un banquier, sur la même photo !

Toute bonne chose a une fin

Le lendemain matin, je dormais tellement bien que j’ai eu peine à me réveiller.

Lowell était déjà debout et toujours autant à fond pour me dire au revoir, ce qui m’a motivé à me lever rapidement et à passer encore un peu plus de temps avec lui.

On partagera le petit déjeuner et je ne savais comment le remercier pour la confiance qu’il m’a faite et les expériences inoubliables dans lesquelles il m’a embarqué!

Pour me remercier, il me propose de me donner les chaussures qu’il m’a prêtées pour la soirée, ce que j’accepte avec grand plaisir! Il m’a également donné une petite peluche de serpent multicolore, que j’ai toujours aujourd’hui.

Je lui fait promesse de lui envoyer des photos de mon voyage de temps en temps et, si j’y pense encore, une petite carte postale quand je serais en Australie.

Mon départ s’est fait à grands coups d’accolades. J’avais l’impression de connaître Lowell depuis si longtemps après tout ce qu’on a partager…!

Merci Lowell !

Merci Couchsurfing !

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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