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NZ #2 : Roadtrip à Abel Tasman et Nelson Lakes

Après plusieurs jours passés à Arthur’s Pass et aperçu un bout de la Côte Ouest, je pars pour 5 jours à l’assaut de la région de Tasman, au Nord de l’île du Sud. Au programme : un beau roadtrip jusque Abel Tasman. Le rythme sera bien différent car il y a beaucoup plus de route à faire. Les paysages aussi car beaucoup moins de montagne.

Carte du roadtrip

Je fais un premier arrêt à Lewis Pass pour avoir une belle vue sur la vallée et le Mount Mueller (1630m) et Mount Freyberg (1817m) depuis la Lewis Tops Track avant de garer ma voiture au Mueller Hill Campsite, 15 kilomètres plus loin. Je fais une longue et plate randonnée de 16,5 kilomètres qui mène au Lake Daniell en longeant la Albert River puis le Frazer Stream.

La rando est très facile et traverse une belle forêt très calme et remplie de Weka, des oiseaux qui ressemblent à de petits dinosaures à plumes. Sur la fin du chemin du retour, il commence à pleuvoir. J’avais encore une fois prévu le coup : k-way, protection de pluie pour mon sac et même petit parapluie.

Le Marble Hill Campsite est vraiment chouette, magnifique vues sur la montagne, peut être un des plus beaux campsite où j’ai été.

Ma voiture « Gordon », qui me sert aussi de maison pendant mes roadtrip. Marble Hill Campsite

Frazer Stream

Beau tapis de mousse sur la randonnée vers le Lake Daniell.

Lake Daniell.

Marble Hill Campsite. La vue depuis mon emplacement…

 

La deuxième étape me fait rejoindre Motueka, à quelques kilomètres du parc Abel Tasman. La route est assez longue, 210 kilomètres, dans les fameuses conditions néo-zélandaises : bumpy, curvy, noisy, soit cabossé, plein de virages, bruyant (revêtement très granuleux).

Une seule règle sur les routes en NZ, répétées inlassablement le long du goudron : « Allow extra time » (prévoyez du temps supplémentaire). Eh oui, car quand il y a un camion ou un camping car ou un type trop prudent qui ralenti bien à chaque virage, c’est pour longtemps…

C’est pas que c’est mal fait, c’est que la géologie, la géographie et la densité de trafic et de population font que c’est comme ça. Oubliez les autoroutes ! Sur toute l’île du Sud, il y en a 2 pour un total de 20 kilomètres de long (!) : les autoroutes Sud et Nord de Christchurch. C’est tout !

Je fais plusieurs arrêts, à Maruia Falls, à Murchison pour grimper sur le Skyline Walk, à Hope Saddle Lookout, puis je bifurque sur une petite route de campagne pour esquiver le bazar à Nelson.

Maruia Falls, très facile d’accès de puis la route principale.

La petite ville de Murchison, perdu entre les montagnes de la région de Nelson Lakes.

 

C’est le début de la saison haute (désolé si je me répète) et la petite ville de Motueka se transforme en un embouteillage monstre. Il faut dire, à 15 kilomètres de là se trouve le parc National Abel Tasman, peut être un des lieux les plus touristiques et les plus visités après le Tongariro National Park et la région de Queenstown.

C’est horrible et je n’ose même pas imaginer en plein de mois de Janvier, pleine haute saison et les grandes vacances en nz… !

Je monte vite dans les collines pour aller au Marble Hills Resort. C’est un fermier qui a converti une partie de son terrain en un campsite. J’ai bien fait d’arriver très en avance, le camping était complet dès 17 heures ! Et pourtant celui-ci n’est pas si facile d’accès : il faut monter une petite route en graviers. Les logements sont prit d’assaut dans toute la région, juste à cause de Abel Tasman !

Le cadre est vraiment super, très spacieux et entouré de moutons et de vaches. J’en profite pour me faire une après-midi relaxation et commencer mon nouveau livre : « How to survive » du fameux Bear Grills qu’on ne présente plus. Le lendemain, je prévois une randonnée de 30 kilomètres à Abel Tasman.

Ma maison au Marble Hill Resort, loin du bazar touristique.

La route de gravier qui mène au Marble Hill Resort, entourée de champs.

4 heures du matin. Il fait encore nuit. Le ciel dégagé est tapis de millions d’étoiles.

Je dois rouler 6 kilomètres pour rejoindre l’immense parking du parc et je le fais très doucement. Les routes en nz sont déjà dangereuses de jour. De nuit, il faut rajouter les animaux qui traversent (possums, lapins, porc-épic), les moutons ou les vaches égarés…

5h20, je démarre la randonnée aux premières lueurs du jour. C’est la règle ultime pour éviter 99% des touristes : se lever le plus tôt possible ! Car Abel Tasman est vraiment, vraiment, vraiment touristique. La Track fait 60 kilomètres de long dans un sens, il faut 3 à 5 jours pour la faire en entier dans un ou deux sens.

Tout est très tranquille les 4 premières heures. Comme d’habitude, tout le monde rate le meilleur moment de la journée avec ce magnifique lever de soleil et surtout la marée basse. Car à marée haute, la plupart des plages disparaissent ! Ça a fait un sacré changement de décor quand je suis revenu 8 heures plus tard !

Et puis le trafic a commencé vers 11 heures. Vers 14 heures, ça devenait une rue piétonne : un groupe toutes les 20 secondes. Avec ça et la marée maintenant haute, toute la magie du lieu a complètement disparue, ahlala.

Du coup j’étais très content de n’avoir passé qu’une seule journée ! J’ai aussi un peu changé mon itinéraire et j’ai fait au final un total de 32 kilomètres. Les 10 heures prévues ont été en faits en 8h30, car le terrain est très facile et très aménagé (tourisme oblige). Je n’étais même pas fatigué.

J’ai tout de même réservé une nuit dans une chambre simple en auberge de jeunesse pour avoir un vrai lit et une vraie douche. Je fais toujours ça après une grosse étape pour bien me reposer, ou tous les 2 ou 3 jours de camping à la néo-zélandaise (campsite).

Vue sur une partie du parc de Abel Tasman

Partir tôt le matin et vous serez seul avec les plus belles couleurs de la journée

Levé de soleil sur une plage déserte à Abel Tasman

Vue sur une partie du parc depuis les terres

Des plages paradisiaques…

Vue sur une partie de la côte de Abel Tasman.

Dans les terres du parc, les rivières sont absolument magnifiques de couleurs et de clarté.

 

Au retour, je bifurque au Nelson lakes National Park, en commençant par le lac Rotoiti. Très grand et très beau, je vais y marcher 13 kilomètres jusqu’à l’impressionnante Whiskey Falls qui fait un bon 100 mètres de haut, puis en contournant un peu le Mount Robert.

Le lac Rotoroa était très déstabilisant. Une unique route y mène et elle est totalement vide de chez vide. Arrivé au lac, le parking est blindé de chez blindé. Hyper touristique, alors que franchement, j’ai largement préféré le lac Rotoiti. Je ne vais pas rester longtemps ici, juste le temps de me cuisiner mon repas de midi.

Je retourne au Marble Hill Campsite pour y passer ma dernière nuit. Christchurch est encore loin : 210 kilomètres et 3 heures. Mais quand j’ouvre la porte de la voiture, je me fais attaquer comme un malpropre par les sandflies !

Ma main gauche s’est faite piquer 7 fois et ma main droite 3 fois, en l’espace de 5 minutes. Les sandflies ne sont pas dangereuses mais sont un vrai fléaux, surtout sur la cote Ouest où elles sévissent vraiment de début Décembre à fin Mars.

Lake Rotoiti

Whiskey Falls, immense ! Notez la taille des 2 personnes en bas de la photo !

Lake Rotoiti durant ma petite randonnée escarpée autour des sommets.

 

Ce sont des insectes très particuliers. Ils ressemblent à de toutes petites mouches de même pas 5mm et dont il est difficile de discerner les ailes. Il y a plusieurs espèces mais seulement 3 piquent. Seule la femelle pique, comme chez les moustiques et pour les mêmes raisons (nourrir les petits et avoir assez d’énergie pour la ponte). En gros, c’est un moustique-mouche. Mais qui opère différemment.

Il se sert du gaz carbonique dégagé par le corps humain pour repérer sa proie. Ensuite, il ne va piquer QUE sur les parties de la peau qui sont fines : dessus des mains, poignets, cou, dessus des pieds, chevilles. C’est pour ça que mes mains ont morflées car c’était le seul endroit propice à découvert.

Les sandflies ne piquent pas ! Elles ouvrent et creusent dans la peau ! Avec leurs mandibules qui sont équipées d’un crochet. De cette manière, elles font une petite mare de sang qu’elles boivent ensuite. Chaque piqûre saigne.

Cela fait une douleur comme une toute petite aiguille qui se plante, c’est donc facile de les « spotter », car on les sent très bien. Inutile de souffler dessus pour enlever la sandlfy, elle ne bougera pas ! Il faut la frapper et donc la tuer pour l’enlever. C’est bien sûr déjà trop tard, mais le plus tôt ce sera fait, le moins on aura de conséquences.

Les piqûres de sandflies sont très bizarres. Ça fait bien sûr un petit bouton, mais qui n’apparaît que plus tard, environ 12 à 24 heures pour ma peau. Plus tôt on enlève la bête moins le bouton est gros. J’ai même remarqué pour mon cas que 1 seconde de réaction équivaut à 1mm de diamètre. Le bouton est rouge puis se jaunit un peu avec le temps, passant à une toute petite cloque. Et là, ça reste, et ça dure !

Il faut compter au minimum 3 semaines pour que ça parte, jusqu’à 3 mois dans les pires cas. Ça gratte aussi, mais très bizarrement : c’est quand ça veut gratter. Ça me le fait 1 à 2 fois par jour, surtout le matin, mais l’envie part au bout de 30 minutes, avant de revenir plusieurs heures plus tard pour un autre 30 minutes. Vraiment particulier !

Heureusement, la sandfly ne transmet absolument aucune maladie. Un scientifique y a consacré sa vie et s’est même servit de lui-même comme cobaye.

Bref, vu l’infestation soudaine, je me suis planqué dans ma voiture, j’ai fait 1 heure de pause en lisant un peu mon livre, et je suis reparti à Christchurch plutôt que de couper le voyage retour avec une nuit entouré de ces sandflies.

Le bilan de ce deuxième roadtrip est mitigé.

Certes, c’était magnifique, mais le tourisme était de trop. Il faut venir ici en basse saison pour ne pas avoir tous ces désagréments. J’ai appris par moi-même les défauts de la région de Tasman :

  • Le tourisme : y venir en saison basse uniquement, surtout si c’est pour aller à Abel Tasman ;
  • Les paysages : on se croirait sur la côte d’Azur = pas vraiment de dépaysement ;
  • La déforestation : entre Nelson et Rotoiti Lake, 40 kilomètres de forêts commerciales sans arrêt, absolument horrible. Tellement, que j’étais CHOQUÉ de voir ça !
  • La pollution des sols : avec sa voisine Marlborough Sound, la région Tasman est recouverte d’exploitations de vins : pesticides à tout va !

La couverture forestière de Nouvelle-Zélande : à gauche avant l’arrivée de l’Homme. À droite : de nos jours.

 

Je suis allé à Abel Tasman par curiosité. Un lecteur de mon blog, qui voyageait à pied, m’avait demandé si c’était possible d’y aller en auto-stop depuis Picton. C’est bien sûr tout à fait faisable et il m’a renvoyé un mail plus tard pour me dire qu’il l’avait fait ! C’est ce qui m’a donné envie d’y aller.

Je suis donc un peu déçu mais sans plus. J’ai tout de même appris des choses qui me serviront plus tard, comme pour tout voyage d’ailleurs.

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