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NZ #2 : Roadtrip à Abel Tasman et Nelson Lakes

Après plusieurs jours passés à Arthur’s Pass et aperçu un bout de la Côte Ouest, je pars pour 5 jours à l’assaut de la région de Tasman, au Nord de l’île du Sud. Au programme : un beau roadtrip jusque Abel Tasman. Le rythme sera bien différent car il y a beaucoup plus de route à faire. Les paysages aussi car beaucoup moins de montagne.

Carte du roadtrip

Je fais un premier arrêt à Lewis Pass pour avoir une belle vue sur la vallée et le Mount Mueller (1630m) et Mount Freyberg (1817m) depuis la Lewis Tops Track avant de garer ma voiture au Mueller Hill Campsite, 15 kilomètres plus loin. Je fais une longue et plate randonnée de 16,5 kilomètres qui mène au Lake Daniell en longeant la Albert River puis le Frazer Stream.

La rando est très facile et traverse une belle forêt très calme et remplie de Weka, des oiseaux qui ressemblent à de petits dinosaures à plumes. Sur la fin du chemin du retour, il commence à pleuvoir. J’avais encore une fois prévu le coup : k-way, protection de pluie pour mon sac et même petit parapluie.

Le Marble Hill Campsite est vraiment chouette, magnifique vues sur la montagne, peut être un des plus beaux campsite où j’ai été.

Ma voiture « Gordon », qui me sert aussi de maison pendant mes roadtrip. Marble Hill Campsite

Frazer Stream

Beau tapis de mousse sur la randonnée vers le Lake Daniell.

Lake Daniell.

Marble Hill Campsite. La vue depuis mon emplacement…

 

La deuxième étape me fait rejoindre Motueka, à quelques kilomètres du parc Abel Tasman. La route est assez longue, 210 kilomètres, dans les fameuses conditions néo-zélandaises : bumpy, curvy, noisy, soit cabossé, plein de virages, bruyant (revêtement très granuleux).

Une seule règle sur les routes en NZ, répétées inlassablement le long du goudron : « Allow extra time » (prévoyez du temps supplémentaire). Eh oui, car quand il y a un camion ou un camping car ou un type trop prudent qui ralenti bien à chaque virage, c’est pour longtemps…

C’est pas que c’est mal fait, c’est que la géologie, la géographie et la densité de trafic et de population font que c’est comme ça. Oubliez les autoroutes ! Sur toute l’île du Sud, il y en a 2 pour un total de 20 kilomètres de long (!) : les autoroutes Sud et Nord de Christchurch. C’est tout !

Je fais plusieurs arrêts, à Maruia Falls, à Murchison pour grimper sur le Skyline Walk, à Hope Saddle Lookout, puis je bifurque sur une petite route de campagne pour esquiver le bazar à Nelson.

Maruia Falls, très facile d’accès de puis la route principale.

La petite ville de Murchison, perdu entre les montagnes de la région de Nelson Lakes.

 

C’est le début de la saison haute (désolé si je me répète) et la petite ville de Motueka se transforme en un embouteillage monstre. Il faut dire, à 15 kilomètres de là se trouve le parc National Abel Tasman, peut être un des lieux les plus touristiques et les plus visités après le Tongariro National Park et la région de Queenstown.

C’est horrible et je n’ose même pas imaginer en plein de mois de Janvier, pleine haute saison et les grandes vacances en nz… !

Je monte vite dans les collines pour aller au Marble Hills Resort. C’est un fermier qui a converti une partie de son terrain en un campsite. J’ai bien fait d’arriver très en avance, le camping était complet dès 17 heures ! Et pourtant celui-ci n’est pas si facile d’accès : il faut monter une petite route en graviers. Les logements sont prit d’assaut dans toute la région, juste à cause de Abel Tasman !

Le cadre est vraiment super, très spacieux et entouré de moutons et de vaches. J’en profite pour me faire une après-midi relaxation et commencer mon nouveau livre : « How to survive » du fameux Bear Grills qu’on ne présente plus. Le lendemain, je prévois une randonnée de 30 kilomètres à Abel Tasman.

Ma maison au Marble Hill Resort, loin du bazar touristique.

La route de gravier qui mène au Marble Hill Resort, entourée de champs.

4 heures du matin. Il fait encore nuit. Le ciel dégagé est tapis de millions d’étoiles.

Je dois rouler 6 kilomètres pour rejoindre l’immense parking du parc et je le fais très doucement. Les routes en nz sont déjà dangereuses de jour. De nuit, il faut rajouter les animaux qui traversent (possums, lapins, porc-épic), les moutons ou les vaches égarés…

5h20, je démarre la randonnée aux premières lueurs du jour. C’est la règle ultime pour éviter 99% des touristes : se lever le plus tôt possible ! Car Abel Tasman est vraiment, vraiment, vraiment touristique. La Track fait 60 kilomètres de long dans un sens, il faut 3 à 5 jours pour la faire en entier dans un ou deux sens.

Tout est très tranquille les 4 premières heures. Comme d’habitude, tout le monde rate le meilleur moment de la journée avec ce magnifique lever de soleil et surtout la marée basse. Car à marée haute, la plupart des plages disparaissent ! Ça a fait un sacré changement de décor quand je suis revenu 8 heures plus tard !

Et puis le trafic a commencé vers 11 heures. Vers 14 heures, ça devenait une rue piétonne : un groupe toutes les 20 secondes. Avec ça et la marée maintenant haute, toute la magie du lieu a complètement disparue, ahlala.

Du coup j’étais très content de n’avoir passé qu’une seule journée ! J’ai aussi un peu changé mon itinéraire et j’ai fait au final un total de 32 kilomètres. Les 10 heures prévues ont été en faits en 8h30, car le terrain est très facile et très aménagé (tourisme oblige). Je n’étais même pas fatigué.

J’ai tout de même réservé une nuit dans une chambre simple en auberge de jeunesse pour avoir un vrai lit et une vraie douche. Je fais toujours ça après une grosse étape pour bien me reposer, ou tous les 2 ou 3 jours de camping à la néo-zélandaise (campsite).

Vue sur une partie du parc de Abel Tasman

Partir tôt le matin et vous serez seul avec les plus belles couleurs de la journée

Levé de soleil sur une plage déserte à Abel Tasman

Vue sur une partie du parc depuis les terres

Des plages paradisiaques…

Vue sur une partie de la côte de Abel Tasman.

Dans les terres du parc, les rivières sont absolument magnifiques de couleurs et de clarté.

 

Au retour, je bifurque au Nelson lakes National Park, en commençant par le lac Rotoiti. Très grand et très beau, je vais y marcher 13 kilomètres jusqu’à l’impressionnante Whiskey Falls qui fait un bon 100 mètres de haut, puis en contournant un peu le Mount Robert.

Le lac Rotoroa était très déstabilisant. Une unique route y mène et elle est totalement vide de chez vide. Arrivé au lac, le parking est blindé de chez blindé. Hyper touristique, alors que franchement, j’ai largement préféré le lac Rotoiti. Je ne vais pas rester longtemps ici, juste le temps de me cuisiner mon repas de midi.

Je retourne au Marble Hill Campsite pour y passer ma dernière nuit. Christchurch est encore loin : 210 kilomètres et 3 heures. Mais quand j’ouvre la porte de la voiture, je me fais attaquer comme un malpropre par les sandflies !

Ma main gauche s’est faite piquer 7 fois et ma main droite 3 fois, en l’espace de 5 minutes. Les sandflies ne sont pas dangereuses mais sont un vrai fléaux, surtout sur la cote Ouest où elles sévissent vraiment de début Décembre à fin Mars.

Lake Rotoiti

Whiskey Falls, immense ! Notez la taille des 2 personnes en bas de la photo !

Lake Rotoiti durant ma petite randonnée escarpée autour des sommets.

 

Ce sont des insectes très particuliers. Ils ressemblent à de toutes petites mouches de même pas 5mm et dont il est difficile de discerner les ailes. Il y a plusieurs espèces mais seulement 3 piquent. Seule la femelle pique, comme chez les moustiques et pour les mêmes raisons (nourrir les petits et avoir assez d’énergie pour la ponte). En gros, c’est un moustique-mouche. Mais qui opère différemment.

Il se sert du gaz carbonique dégagé par le corps humain pour repérer sa proie. Ensuite, il ne va piquer QUE sur les parties de la peau qui sont fines : dessus des mains, poignets, cou, dessus des pieds, chevilles. C’est pour ça que mes mains ont morflées car c’était le seul endroit propice à découvert.

Les sandflies ne piquent pas ! Elles ouvrent et creusent dans la peau ! Avec leurs mandibules qui sont équipées d’un crochet. De cette manière, elles font une petite mare de sang qu’elles boivent ensuite. Chaque piqûre saigne.

Cela fait une douleur comme une toute petite aiguille qui se plante, c’est donc facile de les « spotter », car on les sent très bien. Inutile de souffler dessus pour enlever la sandlfy, elle ne bougera pas ! Il faut la frapper et donc la tuer pour l’enlever. C’est bien sûr déjà trop tard, mais le plus tôt ce sera fait, le moins on aura de conséquences.

Les piqûres de sandflies sont très bizarres. Ça fait bien sûr un petit bouton, mais qui n’apparaît que plus tard, environ 12 à 24 heures pour ma peau. Plus tôt on enlève la bête moins le bouton est gros. J’ai même remarqué pour mon cas que 1 seconde de réaction équivaut à 1mm de diamètre. Le bouton est rouge puis se jaunit un peu avec le temps, passant à une toute petite cloque. Et là, ça reste, et ça dure !

Il faut compter au minimum 3 semaines pour que ça parte, jusqu’à 3 mois dans les pires cas. Ça gratte aussi, mais très bizarrement : c’est quand ça veut gratter. Ça me le fait 1 à 2 fois par jour, surtout le matin, mais l’envie part au bout de 30 minutes, avant de revenir plusieurs heures plus tard pour un autre 30 minutes. Vraiment particulier !

Heureusement, la sandfly ne transmet absolument aucune maladie. Un scientifique y a consacré sa vie et s’est même servit de lui-même comme cobaye.

Bref, vu l’infestation soudaine, je me suis planqué dans ma voiture, j’ai fait 1 heure de pause en lisant un peu mon livre, et je suis reparti à Christchurch plutôt que de couper le voyage retour avec une nuit entouré de ces sandflies.

Le bilan de ce deuxième roadtrip est mitigé.

Certes, c’était magnifique, mais le tourisme était de trop. Il faut venir ici en basse saison pour ne pas avoir tous ces désagréments. J’ai appris par moi-même les défauts de la région de Tasman :

  • Le tourisme : y venir en saison basse uniquement, surtout si c’est pour aller à Abel Tasman ;
  • Les paysages : on se croirait sur la côte d’Azur = pas vraiment de dépaysement ;
  • La déforestation : entre Nelson et Rotoiti Lake, 40 kilomètres de forêts commerciales sans arrêt, absolument horrible. Tellement, que j’étais CHOQUÉ de voir ça !
  • La pollution des sols : avec sa voisine Marlborough Sound, la région Tasman est recouverte d’exploitations de vins : pesticides à tout va !

La couverture forestière de Nouvelle-Zélande : à gauche avant l’arrivée de l’Homme. À droite : de nos jours.

 

Je suis allé à Abel Tasman par curiosité. Un lecteur de mon blog, qui voyageait à pied, m’avait demandé si c’était possible d’y aller en auto-stop depuis Picton. C’est bien sûr tout à fait faisable et il m’a renvoyé un mail plus tard pour me dire qu’il l’avait fait ! C’est ce qui m’a donné envie d’y aller.

Je suis donc un peu déçu mais sans plus. J’ai tout de même appris des choses qui me serviront plus tard, comme pour tout voyage d’ailleurs.

Aymeric – Pictures From The World
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Luxembourg #2 : Esch-sur-Sûre et le Mullerthal Trail (Route 2)

Après une superbe balade médiévale dans la ville de Vianden et une randonnée sympa dans la petite suisse luxembourgeoise au départ d’Echternach (visible dans la partie #1), j’ai eu envie de découvrir davantage de paysages dans ce beau pays.

Me voilà reparti pour un tour à Esch-sur-Sûre et le lac de la Haute-Sûre, situé à l’Est du pays. Je ferai aussi un retour à Echternach dans la petite suisse luxembourgeoise, pour attaquer une autre partie du Mullerthal Trail !

Le climat n’a pas été des meilleurs qui soient. Mais c’est ce que j’aime, car cela rend l’expérience tout à fait différente. Cela permet aussi de se rendre compte qu’un paysage sous la pluie peut être tout aussi beau que sous un soleil de plomb !

En route !!

La Citroën Saxo, l’auto parfaite pour le road-trip en solo ? Il faudra bien que je vous parle un jour de ma SaxoMobile ! 😉

 

Esch-sur-Sûre

La petite bourgade d’Esch-sur-Sûre est située à l’extrémité Ouest du lac de la Haute-Sûre. Ce lac a une forme assez particulière, que j’aime nommer « en forme de serpent ». Un serpent dailleurs très torturé !

On y trouve une ambiance à la Vianden : le bourg est aménagé sur les flancs d’un éperon rocheux où gisent les ruines d’un château. Le paysage flatte l’œil : les rues et constructions suivent le mouvement du fleuve qui décrit un arc de cercle à cet endroit. De plus, l’espace est restreint, fermé par une belle colline assez abrupte de l’autre coté du fleuve.

De nombreuses randonnées démarrent du centre-ville. Une multitude d’autres serpentent le long du lac. Je conseille vivement de se promener sur les 2 randonnées qui entourent la ville : les circuits « Esch 1 » et « Esch 2 », matérialisés par les drapeaux pointus de couleur bleue « 1 » et « 2 ». Elles sont relativement faciles à faire, allant de 4 à 9 kilomètres. Vous pouvez les démarrer à la gare de bus, à l’entrée de la ville (si vous arrivez par l’Ouest). Il y’a un grand parking et des toilettes publiques.

Vous pourrez alors avoir de nombreux points de vue depuis les collines environnantes ou depuis les ruines du château.

Le château est du 7ème Siècle. Mais comme pour le château de Vianden, il fût modifié et agrandit successivement jusqu’au 16ème. Il a été abandonné au 17ème. On peut monter en haut du donjon, par un escalier aménagé.

Les circuits passent par le centre-ville, permettant de découvrir l’église ou les restaurants parfois gastronomiques.

La vue depuis le haut du donjon.

Vue sur la bourgade depuis le sentier environnant.

 

Le lac de la Haute-Sûre

Si on ne me l’avait pas dit, je ne l’aurait pas cru : c’est un lac artificiel qui a été créé en 1961, après la construction du barrage hydraulique de Esch-sur-Sûre. Autre grande particularité : le barrage ne produit pas d’électricité ! C’est en fait un moyen de dévier l’eau en très grande quantité et débit vers une usine de traitement d’eau afin de faire de l’eau potable. C’est comme une très grosse pompe à eau reliée à un centre de traitement. L’usine est dailleurs visible depuis les colline, ou depuis la route si l’on va vers Insenborn.

Les randonnées autour du lac sont très nombreuses. Les choix sont difficiles si l’on a qu’une journée ! On peut faire le tour presque complet du lac, moyennant environ 12 heures de marche. Sinon, on peut faire multiples randonnées en boucle qui passent sur les bords du lac puis partent dans les collines. C’est ce que j’ai choisit de faire. Vous pouvez aussi pourquoi pas louer un canoé et faire le tour du lac ou simplement vous balader sur l’eau.

J’ai donc parcouru plusieurs sentiers au départ de différentes petites villes : le circuit 1 de Esch-sur-Sûr cité plus haut, Insenborn, Liefrange et Bavigne. Ils sont tous très bien balisés.

Je vous conseille d’aller sur le géoportail du Luxembourg ( http://www.esch-sur-sure.lu/walking/) qui répertorie toutes les boucles de randonnée du pays (dans le lien celles autour de Esch-sur-Sûre) sur une carte IGN interactive ! Sélectionnez le nom de votre sentier ou de la ville de départ, et baladez-vous directement sur les cartes IGN avec le tracé du sentier que vous pouvez ensuite imprimer. C’est vraiment très pratique.

Voici quelques photos prises sur les différents sentiers autour du lac.

Insenborn (8.9k 337D+)

Vue depuis la plage de Insenborn.

Les champs de la région d’Insenborn, proche de la N27.


Esch 1
 (8.7k 442D+)

 

Bavigne (9.2k 373D+)

 

La bourgade d’Esch-sur-Sûre a du charme et un cachet certain. Les sentiers qui y passent permettent de découvrir les environs d’une belle façon. Si on la combine avec le lac, toutes ses randonnées, tous ses points d’intérêts, hôtels et campings, on peut y passer 1 semaine en y allant tranquillement !

 

Mullerthal Trail Route 2

Retour à Echternach pour entamer la Route 2 du Trail, qui rejoint également la Route 1 (à Echternach), ou la Route 3 (à Mullerthal). On peut démarrer la Route 2 par Echternach, Berdorf, Scheidgen, Consdorf, ou Mullerthal.

Cette partie est, comme les 2 autres, longue : 37 kilomètres, si l’on ne prend pas l’Extra Tour C, qui ajouterait alors 9 kilomètres. Le sentier est classé comme « difficile ». Il est vrai que c’est très vallonné. Les montées et descentes se succèdent assez rapidement, laissant assez peu de place au repos « actif ».

Si vous êtes un bon marcheur et assez sportif, il est possible de faire la Route 2 sur la journée si vous démarrez au petit matin. Sinon, prévoyez au moins 2 jours. Il y a un bon choix d’hôtels, de campings et quelques auberges de jeunesse sur le parcours.

Vous trouverez tout sur le site internet du Mullerthal Trail : http://www.mullerthal-trail.lu/le-trail
La carte IGN interactive du géoportail Luxembourg est ici : carte interactive

Par exemple, en personne assez sportive, j’ai mis 11 heures à compléter les 37 kilomètres, en comptant les pauses. Je ne me suis pas pressé non plus (moyenne de 3.4 km/h avec pauses). Prévoyez un bon sac à dos confortable, des chaussures de randonnée confortables, une lampe de poche ou frontale (vous verrez pourquoi !), bonne quantité d’eau et de nourriture.

 

Que voit-on sur la Route 2 du Mullerthal Trail ??

Si vous vous souvenez de mon compte-rendu de la Route 1 (Sinon, cliquez ici »» Route 1), j’ai été un peu déçu. Ici, il en est tout autre ! On passe les 90% du temps a serpenter en pleine forêt. Les passages dans des villes ou villages sont peu courant. On se sent alors en parfaite connexion avec la nature omniprésente. C’est agréable et rafraîchissant !

Si vous partez d’Echternach, je conseille vivement de faire le Trail dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est à dire dans la direction Echternach-Scheidgen. Vous vous mettrez ainsi en éveil par une petite montée avec des points de vue sur les hauteurs d’Echternach et des champs remplis de moutons qui vous salueront avec plaisir ! Vous finirez en beauté par la très escarpée Gorge du Loup et la Grotte Hohlay, qui vous feront oublier la fatigue accumulée !

Les points d’intérêts sont nombreux.

En tout premier, citons le Kohlscheuer ! Le seul passage possible, c’est de se faufiler à l’intérieur d’un énorme rocher de grès, de la même manière qu’un tunnel routier dans une montagne. Au détail près qu’ici, ce n’est pas large du tout ! Un conseil : prenez votre sac à dos à la main. Et sortez votre lampe de poche, sinon vous aurez vraiment du mal a passer… Longueur : environ 100 mètres.

D’autres superbes formations rocheuses sont visibles, telles que les rochers de Eulenbrug, Goldfralay et Goldkaul. On peut en explorer certains à la lampe de poche également.

Il y a aussi l’emblême du Mullerthal Trail entier : la cascade Schiessentumpel et son pont en bois, visible au croisement entre la Route 3 et Route 2, aux abords du sympathique village de Mullerthal.

À Berdorf, le sentier traverse la superbe forêt Schnellert qui sera prochainement classée comme réserve naturelle. La localité de Berdorf est surtout connue pour sa spécialité : la fabrication de fromage.

Si vous partez d’Echternach et prenez la direction de Scheidgen, vous finirez alors par un passage spectaculaire qu’est les Gorges du Loup et la Grotte Hohlay. À l’époque vivaient ici plusieurs meutes de loups, d’où le nom ! L’environnement est absolument superbe, sur quelques trop courts kilomètres. Toute la partie longeant le ruisseau Aesbach est féérique.

De retour sur Echternach, prenez une dernière pause lors de la descente vers le centre-ville, avec une belle vue sur la basilique Saint Willibrord.

Un des récurrents passages dans la roche de grès. Distance entre les 2 parois : 50 cm à son maximum !

La superbe Cascade Schiessentumpel

Le long du ruisseau Aesbach. Féérique.

La grotte Hohlay, dans l’obscurité la plus totale. Photo prise au flash. En haut le plafond, en face le fond de la grotte.

Les Gorges du Loup. Très escarpé. Des cordes sont installées et on peut monter à des points de vues via des escaliers aménagés.

Vue sur Echternach et la Basilique Saint Willibrord.

 

Que conclure ?

La Route 1 n’a rien à voir avec la Route 2 ! Là où c’était champêtre et tranquille, vous êtes ici transporté dans un autre monde aux expériences tout à fait différentes et aux paysages tout à fait différents eux aussi.

Après 37 kilomètres et 11 heures, j’étais bien sûr un peu fatigué, mais j’étais surtout ressourcé ! La petite suisse luxembourgeoise est décidément un chouette coin de pays !

Et par la même occasion, que ce soit à Vianden, Echternach, Esch-sur-Sûre ou n’importe où ailleurs dans le pays, je comprends maintenant tous ces gens qui me disent que le Luxembourg est un petit paradis du randonneur !

Concernant Esch-sur-Sûre et son lac artificiel, c’est tout aussi sympa à faire. ça vaut vraiment le détour ! Si vous venez en été, il y a quelques plages aménagées et des centres de loisirs.

J’espère pouvoir retourner au Luxembourg dans un laps de temps le plus court possible, afin de compléter le Mullerthal Trail avec la Route 3.

Aussi, j’espère vous avoir donné envie de le faire à votre tour ! Dites-moi ce que vous en pensez dans les commentaires 🙂

 

Aymeric LECOSSOIS
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Bali #2 : Grimper le Mont Batur (1717 mètres)

1h15 du matin, le réveil sonne. Oui, ça fait tôt, mais la motivation est grande! Je fini de préparer mon sac pour le Mount Batur Trekking.

Un immanquable à Bali?

OUI !

Et vous allez comprendre pourquoi ce trekking réuni toutes les qualité du trekking parfait en lisant les prochaines lignes.

C’est là qu’on va !!

 

Me voilà dehors, devant la porte de la maison « Tutick House » où je loge en ce moment à Ubud. Je suis chez l’habitant et le maître de la maison s’est levé exprès pour m’ouvrir le portail. Quelle gentillesse, ces balinais !

Dehors, l’éclairage est orange et blafard. Un lampadaire tous les 50 mètres, et encore, il y en a un sur deux qui ne marche pas…

Les chiens errants sont tous de sortie et j’observe alors pour la première fois ces animaux à l’état « naturel », tout du moins, non domestiqués. Plus agressifs, plus vivants, grosse hiérarchie et énormément de communication entre eux, très autonomes car non « bridés » par une éducation humaine. Un chien, c’est déjà intelligent. Mais là, ça paraît encore plus!

Wayan, le chauffeur, arrive devant la maison avec un petit peu de retard. Dans la voiture, je fais connaissance d’un couple d’allemands et de deux québécoises parties en voyage après avoir fini leurs études. C’était cool car ça m’a rappelé de bons souvenirs du Canada et aussi quelques mots de ce fameux québécois!

La route de nuit passe comme un charme dans cet espèce de monospace dans lequel on a aménagé une banquette supplémentaire à la place du coffre. Bien sûr, c’est un véhicule du coin, inconnu en Europe, mais un Toyota quand même!

Ça pue les gazs d’échappement, même les fenêtres grandes ouvertes, et les standards en matière de sécurité sont totalement différents sur ce modèle vieux d’environ 20 ans. Ne cherchez pas la ceinture de sécurité, et on évitera de se prendre dans un accident, la tôle est un peu (beaucoup) fine…

Pour couronner, la boîte de vitesse craque et le moteur fait un bruit d’enfer… Il paraît qu’on nous a entendu jusqu’à Kuta, la capitale, à plus de 60 kilomètres de là !

Blague à part, l’immersion balinaise est bonne, c’est ça qui compte !

J’en profite également pour mieux observer comment on roule à Bali. Je n’ai pas encore tout compris avec toute cette circulation sur les grands axes que j’ai déjà emprunté en bus. Déjà, on conduit à gauche avec volant à droite, comme en Angleterre. Donc tout s’inverse avec notre conduite à droite et ça fait bizarre de prendre un rond-point en sens inverse de ce qu’on a l’habitude.

Dans la réalité, c’est très simple: on roule tout simplement en plein milieu! Et, dès que quelqu’un arrive en face, on se pousse un peu ou beaucoup, selon l’envie, sur la gauche. Ceci n’est valable que quand il y a très peu de circulation. Parce que là, c’est encore autre chose… !

 

Arrivé sur le parking blindé (!), nous faisons connaissance de notre guide, Jay, qui va nous accompagner toute la matinée dans la montagne. Equipés de nos sacs de randonnée et de notre lampe de poche ou lampe frontale, nous commençons l’ascension du Mont Batur, un volcan encore en activité, haut de 1717 mètres.

Jay posant fièrement au sommet du Mont Batur (vive le contre-jour!). Son rêve? Aller en Allemagne pour assister à un match du Bayern de Münich, son équipe de foot préférée!

 

La nuit est magnifique, avec un ciel très dégagé laissant voir une multitude d’étoiles et la voie lactée. Malgré un nombre impressionnant de randonneurs qui forment une file presque continue jusqu’en haut (on peu voir serpenter les lumières jusqu’en haut!), le silence est d’or. On avait l’impression qu’on allait réveiller le dragon du coin.

On attaque le trek motivés à bloc. Nous nous arrêterons pour la prière devant une statue qui fait office de temple, un peu avant la mi-chemin. 2 trop courtes minutes à mon goût car j’aime m’intéresser à la culture des autres pays.

En continuant la montée dans la roche volcanique, Jay nous explique que Justin Bieber est venu au Mont Batur il y a quelques temps et que c’est lui qui a servit de guide! Bon, c’est Justin Bieber… Mais quand même, ça a du être une bonne expérience pour Jay!

Il a appris des mots de français à force d’emmener les visiteurs. Il regarde beaucoup le football à la télé, alors il commençait à me parler de Zidane et de Ribéry! Puis, une des deux québécoises commençait à avoir du mal a monter, elle faisait un peu d’hyperventilation avec la forte humidité provoquée par le lac Batur au pied du volcan. On traversait une grande zone de brouillard.

Alors Jay nous a appris à compter jusque 10 pour oublier les maux: sebuah, dua, tiga, empat, lima, enam, tujuh, delapan, baru, sepuluh… Aller, on répète encore une fois !

On y est !!

 

À 1717 mètres, nous arrivons plusieurs minutes avant le lever de soleil, nous laissant le temps de prendre notre petit déjeuner inclus dans le trekking.

Une banane ceuillie dans les bananiers de la région de Ubud avec sa peau très solide marron foncée et son goût extraordinaire: pas une banane du supermarché!! Ensuite, nous avons eu des crèpes balinaises sur du pain grillé et un oeuf dur.

Le tout assis par terre avec un panorama sur les 3142 mètres du Mont Agung juste en face de nous. Et, sur la gauche du Mont Agung, nous pouvions parfaitement voir le Mont Rinjani, sur l’île voisine de Lombok, puis encore à gauche, le soleil se levant derrière les nuages. Tout en bas, les superbes nuages cotonneux nous cachant le lac Batur entièrement. Et tout à droite, la basse mais fine crête montant petit à petit au Mont Agung.

Les amis, cette vue est magique !

Les couleurs et le paysage étaient incroyable! De tous les levers de soleil que j’ai pu voir, celui-ci est clairement au-dessus de tout… Dans mon top 5! Le dégradé de couleur, la puissance du soleil, la forme des nuages, la lumière, le mer tout au loin,… Tout était plus que parfait! Les photos parlent d’elles-même…

Le magnifique Mont Rinjani, sur l’île voisine de Lombok.

 

Le Mont Agung et ses 3142 mètres, juste en face du Mont Batur. En bas, le lac Batur est caché sous les nuages.

 

Le soleil se lève au dessus de la mer et fini par passer les nuages… Superbe.

 

Le soleil se lève au dessus de la mer et fini par passer les nuages… Superbe.

 

Après presque une heure sur place et le soleil levé, nous redescendons par un passage qui nous ammène au bord du cratère du volcan, à la rencontre de petits singes habitués par la force des choses à la présence humaine. Il vaut mieux bien fermer son sac. Ils ne sont pas farouches et grimpent volontier sur vos vêtements pour faire des photos en tout genre.

Un singe en mode YOLO !

 

La descente continue dans le sable volcanique. Nous nous arrêterons à différents endroits devant des sources de châleur qui dégagent une bonne vapeur. On pourrait facilement y cuire de quoi manger! Nous irons également à l’entrée d’une énorme grotte qui, selon les dires et croyances, mènerait jusqu’à la ville de Ubud, à environ 40 kilomètres de là!!

Une expédition a été tentée mais malheureusement, la roche s’effrite beaucoup et tombe du plafond par bloc de plus d’un mètre, comme nous le voyons dans l’entrée de la grotte.

La descente se fini par l’apprentissage de nouveaux mots de balinais, à mesure que nous voyons des araignées (labah-labah), des champs de piment rouge (cabai) ou de maïs (jagung).

On marche en même temps que d’autres groupes accompagnés d’autres guides qui, tout comme Jay, apprennent diverses langues à mesure qu’ils rencontrent les étrangers. On entendait de l’espagnol, de l’allemand et du français. « fatigué », « fait attention », « glissant », « ça va », « merci », « de rien », et bien d’autres, nous donnant encore quelques leçons de balinais. Lelah (je suis fatigué), hati-hati (attention), baik-baik (moto/scooter), terima kasih(merci), sama-sama(de rien)…

Le retour à Ubud se fera cette fois-ci de jour mais aussi en pleine chaleur! 26 degrés à 2 heures du matin, 18 en haut du Mont Batur et déjà 32 à l’ombre revenu en bas… Heureusement, notre vieille Toyota est climatisée. Le luxe suprême pour une voiture de cet âge!

On pourra admirer le paysage montagneux et rempli de forêt d’eucalyptus et autres arbres des tropiques, en empruntant les routes tortueuses et cabossées autour du lac Batur, puis en passant dans les villages le long de la route revenant à notre point de départ. C’était vraiment plaisant! En voici un petit extrait vidéo:

 

Donc, pour résumer, faites cette ascension si vous passez sur Bali!!

En plus, malgré le monde, l’environnement est respecté et très propre. Il y a même une petite cahutte aménagée pour boire et manger au sommet, si votre agence ne vous le propose pas.

 

Renseignez-vous bien sur l’itinéraire et sur les accomodations qu’on vous propose dans plusieurs agences avant de réserver.

Aussi, pour être sûr de ne pas être déçu, vérifiez bien la météo du Mont Batur avant de réserver!

Vous pouvez aller sur ce site : METEO BATUR

 

Une simple paire de baskets suffit, tant que la semelle n’est pas trop usée. Prenez des bâtons de marche si vous voulez. La descente peut être un peu glissante mais se fait bien. Une rando qui monte bien, mais faisable pour tout le monde !

Deux petits détails bêtes mais à ne vraiment pas oublier:

  • Vos lunettes de soleil. La lumière est forte dès le lever de soleil (je plains le couple d’allemands).
  • Un bon pull! Il fait vraiment frai et vous ne pourrez pas vraiment bouger pour vous réchauffer en haut (pas mal de monde regrettait de se retrouver en haut en short et t-shirt…).

 

En espérant que ça vous a plu et que vous avez bien voyagé en lisant cet article!

À bientôt pour d’autres aventures!

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je?