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Le jour où je me suis transformé en photographe V.I.P. !

Cet article fait suite à l’article « Rencontres…: Lowell, à Toronto« .

Rappel:

Couchsurfing, je l’ai beaucoup utilisé dans ce roadtrip, surtout au Canada. En effet, grâce à ce réseau, je n’ai dormi qu’une seule nuit en hôtel, en un peu plus de trois semaines. C’est la première fois que je me logeais de cette manière. Lowell a été mon premier hôte.

Lowell a été la personne dont je me souvient le plus. Non seulement car ça été mon premier contact avec Couchsurfing ainsi que ma première nuit lors de ce voyage. Mais aussi pour sa personne, sa personnalité, son parcours, sa façon de voir les choses, ses valeurs, sa confiance et aussi l’expérience qu’il m’a fait vivre.

C’est tout simplement la plus belle rencontre que j’ai faite en traversant le pays.

Un jour, il voulait que je le rejoigne à son travail. Il fallait absolument qu’il me présente à ses collègues. Alors je lui dit que c’est trop d’honneur! Je suis toujours aussi gêné, mais il insiste, alors j’y vais.

Je fais rapide connaissance de ses deux associés, dont celui qu’il a rencontré au Rwanda, et de sa secrétaire. Puis, ce sera au tour de son groupe de travail dans un petit open-space à coté. Ensuite, il m’emmène dans son bureau, il m’offre un café… Et me dit de m’asseoir… !

La proposition

«Alors, Lowell, tu m’embauches?
– Ça pourrait!
– Je dirai « oui » tout de suite!
– En fait, je voulais te parler parce que j’ai éventuellement quelque chose à te proposer demain mais il faut que tu sois d’accord.
– Vas-y, racontes moi tout!
– Demain, j’organise une soirée privée pour un de mes clients. Il me faut trois photographes pour cette soirée. Le problème, c’est que mon troisième photographe n’est pas sûr de pouvoir venir! J’ai vu ton appareil ce matin avant qu’on parte, et je pense que tu as le matériel pour. Je ne suis pas encore sûr mais est-ce que ça te dirais de le remplacer si jamais il ne venait pas?
– Écoutes, ta proposition, c’est au-delà de tout ce que je peux imaginer! Tu me surprends, là! Écoutes, ça me gêne un peu que tu proposes ça à moi parce que je n’ai jamais fait ça, je n’ai aucune expérience. Mais si t’as besoin, écoutes, je ferai ce que je pourrai!
– Okay! C’est super, mon ami! Tu sais, tu peux me sauver sur ce coup-là! ».

À ce moment, là, je pense qu’il aurai fallut voir ma tête! Ce mec est en passe de me faire vivre une de mes plus belles expériences de ma vie à cette heure-ci. Photographe de soirée VIP… Et à l’improviste, s’il-vous-plaît! C’est sérieux?

Le tram de Toronto.

Le costume

Mon troisième et dernier jour à Toronto commence déjà… Mais ce sera le plus beau !

Il a plu dans la nuit et le ciel sera couvert toute la journée. On est samedi mais Lowell a un très gros week-end de travail. Il est déjà debout, assis devant son ordinateur sur la table du salon, répondant à ses nombreux mails. C’est un de ses appels téléphonique qui m’a réveillé.

Alors qu’il raccroche, il me dit : «Bon, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi, mon ami! Je viens d’avoir mon photographe au téléphone et il va vraiment falloir que tu soies de la partie!». Alors, moi qui vient de me réveiller, la tête pas encore en place et les jambes engourdies de la longue marche d’hier, je peine à croire ce que je viens d’entendre!

«La mauvaise nouvelle… C’est qu’il faut porter un costume noir ». Alors je lui dit : « Tu sais Lowell, je suis en voyage, je suis en aventure à travers le Canada, je ne vais pas emporter un costume avec moi…». Il se met à réfléchir, tout en continuant de répondre à ses mails de la main droite et en triturant son téléphone de la main gauche. «Mmmh… On va essayer de s’arranger! … Tu chausses quelle pointure?».

Par chance je fais juste une demi pointure de moins que lui! Lowell est plus petit que moi et aussi beaucoup plus trapu. Il a suffisamment de costumes et de chaussures pour en remplir la moitié de son armoire et de son entrée, alors ça ne pose pas de problème pour un prêt l’espace d’une journée.

Il m’a fallut une ceinture pour le pantalon et la veste était trop large aux épaules. Ça faisait un rendu plutôt bizarre, comme ces costumes de super-héros avec des muscles en mousse dedans!

Lowell, qui venait de sortir de la salle de bain, me demande comment ça va, alors je lui dit que je nage un peu dedans. Il regarde le look et me dit que ça va aller. De toute manière, il n’y a pas trop le choix!

Avec ses sourires, son rire et ses grands gestes, il était content d’avoir pu arranger le problème vestimentaire. « Maintenant, t’es mon gars! Tu bosses pour moi aujourd’hui!».

Test photo avec Lowell avant de prendre la route!

Visiter les locaux de la CBC Toronto

On embarque en voiture et, comme d’habitude, Lowell est en retard. Mais cette fois-ci d’une bonne heure, par ma faute. Il faut qu’on fonce au building de la CBC, une importante chaîne d’information télévisée.

Alors qu’on est encore sur l’autoroute, le client pour qui il organise la soirée fait une conférence de presse. Il voulait me présenter pour aborder le fait que je serais un des photographes de sa soirée.

Parce que oui, dans le milieu, tout le monde connaît tout le monde. Sauf que moi, je viens de nulle part! Alors, pour éviter de trop dire que je suis une pièce rapportée, on va m’inventer une fausse vie pendant qu’on est en route!

Je suis donc un ancien bon ami de Lowell et je suis photographe à Paris. Le reste est un peu plus vrai car, pendant mes vacances à Toronto, je croise Lowell dans la rue qui, de fil en aiguille, m’invite chez lui et me propose de faire des photos de soirée.

C’est dans des moments comme ça qu’on est heureux de savoir parler et de comprendre un minimum l’anglais! Parfois, ça peut sauver des situations!

On arrive devant le building de la CBC mais il est déjà trop tard, on ne peut plus rentrer dans la salle de conférence. On attendra dans le hall d’entrée, assis sur les canapés.

Je ne suis pas du tout dans mon environnement, entouré de tous ces gens du show-business. En plus, Lowell connaît une personne sur deux ici alors, naturellement, il me présente à tout le monde en disant que je suis son photographe! Il va falloir que je m’y habitue…

Quelques minutes plus tard, la conférence finie, les gens présents dans la salle repartent en passant par le hall où nous sommes. Son client, un producteur de cinéma canadien, arrive et on fonce pour ne pas le rater. Il me présente à nouveau, tout en lui expliquant, l’air de rien, le topo qu’on s’était dit en voiture.

Ça ne lui a fait ni chaud, ni froid et, avec le sourire, je sers la main de John. Il était accompagné de Shana, une employée de Lowell que j’avais déjà vue à son bureau la veille. Elle s’occupe des relations publiques et à l’air d’être faite pour son travail. Elle est très énergique, blagueuse et souriante. Devant la porte d’entrée de la chaîne d’information, je les prendrais en photo tous les trois ensemble. Ma première photo de la journée pour Lowell!

Un des plateaux de télévision de la CBC !

Établir un plan

Il est 14 heures passé. On était vraiment en retard ce matin! Lowell me propose alors de m’emmener dans le quartier Chinois que j’avais visité la veille. Toujours avec sa bonté et son enthousiasme ravageur, il veut m’inviter dans son restaurant préféré de la ville. Un jamaïcain qui adore le chinois. Oui, ça existe.

J’avoue que c’est à cet endroit que j’ai mangé le meilleur chinois de ma vie! Authentique, bien décoré, bien présenté, un service aimable et une nourriture au juste milieu entre la douceur et le goût trop fort. Ça fondait en bouche!

On profite de ce temps de midi pour établir le plan de la soirée. Pour m’aider dans ma nouvelle tâche dans laquelle je n’ai aucune expérience, je voulais qu’il me raconte un peu plus précisément comment se déroulent ces petits cocktails VIP.

Il m’explique alors que c’est une soirée qui réunira des amis de John, son client qu’il m’a présenté tout à l’heure. Il y aura environ 80 producteurs, acteurs et même des banquiers et des clients de clients. Ce sera chez la femme de John, une maison dans un quartier proche du centre-ville.

Lowell s’est occupé de faire les invitations et d’engager le service de sécurité. C’est pour ces raisons que je vais pouvoir rentrer très facilement, car normalement, il faudrait que j’aie une carte de presse! On arrivera un peu avant le début de la soirée pour qu’il me présente à la femme de John et aux deux autres photographes présents qui, eux, sont professionnels!

Petite épicerie dans le quartier chinois de Toronto.

Dans le bain

J’ai eu du mal à me mettre à l’aise au milieu de tous ces gens aux porte-feuilles débordants et aux manières aisées. Au début, je préférais rester un peu dans les coins de la maison, j’observais beaucoup, je prenais une ou deux photos comme ça. Les deux autres photographes, hyper à l’aise, me regardaient bizarrement. J’étais hyper stressé.

Il fallait que je fasse quelque chose pour me lâcher un peu. J’ai décidé de me concentrer sur les réglages de mon appareil photo pour oublier le stress, ce qui a marché avec succès ! Je quittais les coins pour faire le tour du grand salon puis, finalement, passais au milieu des invités, les prenants en photo avec leurs sourires et leurs verre en main.

C’était pas très pratique les photos de portrait avec les murs blancs de la maison. Je n’arrivais pas à de très bons réglages avec mon flash que j’étais obligé d’utiliser car je n’ai pas la plus haute technologie de capteur. Ça passait mieux avec les photos de groupe car l’alignement des personnes masquait le fond.

Plus le temps passait, plus j’étais à l’aise. Moi qui suit d’un naturel assez timide et introverti, je me surpassais dans cette soirée!

De temps en temps, je croisais Lowell, tout sourire avec son coté de fêtard, et me disait de me lâcher et surtout de me servir en nourriture et en boisson! Quand il était accompagné, il en profitait pour me présenter et me demandait toujours de faire des photos de lui et ses amis.

D’autres fois, je croisais les autres photographes alors on s’échangeait nos réglages d’appareil. C’était vraiment sympa comme expérience! J’avais oublié que mon costume n’était pas à ma taille et j’avais passé du très bon temps.

À la fin, on a fini le banquet avec Lowell et quelques invités qui tardaient à partir, dont cette femme de Paris, très sympa. Ça nous a fait un bon repas entre petits hot-dog de qualité, fromages, pains et biscuits français.

En rentrant chez Lowell en voiture, je lui expliquait ce que j’avais vécu et à quel point je n’aurais jamais pensé vivre une expérience comme celle là! Il en était tout aussi heureux que moi.

De retour à son appartement, je lui montre mes photos qu’il apprécie bien. Il en choisira les meilleures et les enverra aux personnes présentes à la soirée. Ce qu’il a le plus aimé, c’est le fait que j’ai également pris des photos de la décoration ou même de la nourriture.

Il faut dire, il y’avait de très belles œuvres aux murs et la nourriture était présentée dans des plats en bois du plus bel effet !

De gauche à droite : un acteur, Lowell, un producteur, et un banquier, sur la même photo !

Toute bonne chose a une fin

Le lendemain matin, je dormais tellement bien que j’ai eu peine à me réveiller.

Lowell était déjà debout et toujours autant à fond pour me dire au revoir, ce qui m’a motivé à me lever rapidement et à passer encore un peu plus de temps avec lui.

On partagera le petit déjeuner et je ne savais comment le remercier pour la confiance qu’il m’a faite et les expériences inoubliables dans lesquelles il m’a embarqué!

Pour me remercier, il me propose de me donner les chaussures qu’il m’a prêtées pour la soirée, ce que j’accepte avec grand plaisir! Il m’a également donné une petite peluche de serpent multicolore, que j’ai toujours aujourd’hui.

Je lui fait promesse de lui envoyer des photos de mon voyage de temps en temps et, si j’y pense encore, une petite carte postale quand je serais en Australie.

Mon départ s’est fait à grands coups d’accolades. J’avais l’impression de connaître Lowell depuis si longtemps après tout ce qu’on a partager…!

Merci Lowell !

Merci Couchsurfing !

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je?

 

Rencontres… : Lowell, à Toronto

Ma rencontre avec Lowell remonte déjà à pas mal de temps. J’étais alors expatrié au Canada. Cela faisait plus d’un an et demi que je m’y était installé. C’est aussi le début de cette période où j’avais décidé de ne pas continuer mon expérience québécoise. J’avais décidé de partir faire un énorme roadtrip qui m’a emmené bien plus loin que prévu !

Parti de Trois-Rivières, j’ai parcouru 7.600 kilomètres jusque Vancouver où, après une expérience un peu étrange avec le réseau Couchsurfing, je décide de passer aux Etats-Unis et de faire toute la côte ouest puis la grande diagonale Los Angeles – New York !

Ma voiture qui m’a emmenée jusque dans les Rocheuses Canadiennes. Et plus loin encore ! Il restait 10.000 kilomètres à faire pour revenir au point de départ !

Couchsurfing, je l’ai beaucoup utilisé dans ce roadtrip, surtout au Canada. En effet, grâce à ce réseau, je n’ai dormi qu’une seule nuit en hôtel, en un peu plus de trois semaines. C’est la première fois que je me logeais de cette manière. Lowell a été mon premier hôte.

Lowell a été la personne dont je me souvient le plus. Non seulement car ça été mon premier contact avec Couchsurfing ainsi que ma première nuit lors de ce voyage. Mais aussi pour sa personne, sa personnalité, son parcours, sa façon de voir les choses, ses valeurs, sa confiance et aussi l’expérience qu’il m’a fait vivre.

C’est tout simplement la plus belle rencontre que j’ai faite en traversant le pays.

Me voici donc à Toronto, après une longue mais belle journée, la première de mon roadtrip. Je viens de rentrer dans l’appartement de Lowell qui n’est pas encore rentré de son travail. Il est neuf heures du soir.

 

Le cuisinier étoilé

Je n’ai pas pris le temps de découvrir l’appartement : dès que j’ai posé les yeux sur le canapé, je me suis affalé dessus et y ai fait une petit sieste en attendant Lowell. Manque de pot, je n’ai pas eu le temps de fermer les yeux que je reçois un coup de fil.

« Alors, mon ami, le gardien t’as bien fait monter? Tu es chez moi?
– Oui, c’est bon, je suis dans ton salon, là. Je me repose un peu en t’attendant.
– Okay, tout va bien alors. De mon côté, je suis sur le chemin du retour. Regardes dans le frigo ce qu’il y à a manger. Ce serait cool si tu préparais quelque chose le temps que j’arrive car il commence déjà à se faire un peu tard!
– Euh… Lowell, je m’excuse mais tu as mis le doigt sur une de mes hantises : faire la cuisine! Oui, je suis Français, oui je suis censé être un cuisinier 5 étoiles mais je suis désolé, ce n’est pas mon cas!
– Ah oui? Tu as l’air bien bizarre comme Français!
– Eh oui… Et encore, tu ne sais pas tout! En tout cas, je veux bien faire un effort, mais tu risques d’avoir mal au ventre après!
– Haha! Bon, on va s’arranger autre chose! T’en fait pas! J’arrive dans 10 minutes!
– D’accord, merci de nous avoir épargné un repas catastrophique! À tout de suite!».

Voilà ce dont je suis capable. Bon, ce n’est pas ma photo, mais ça m’est déjà arrivé, en moins pire tout de même ! C’est ce jour où j’ai appris qu’il fallait mettre un plat en-dessous…

Eh oui, je déteste faire la cuisine!

Bon, je sais quand même faire quelques plats très simples que l’on qualifie souvent de « bouffe d’étudiant » et d’ailleurs, je suis tout comme eux un spécialiste des pâtes, du riz, des omelettes et je suis capable de cuire un steak-haché à toutes les cuissons existantes.

Aussi, un micro-onde n’a aucun secret à me dévoiler étant donné que je connais par-cœur la moitié des modèles présents sur le marché… Je suis un spécialiste!

J’étais très déstabilisé, encore plus après ce petit épisode.

Dans la réalité, c’était mon premier roadtrip en solo, dans un pays que je ne connais pas, chez quelqu’un que je ne connais pas et que je n’ai pas encore vu en vrai. De plus, j’ai démissionné de mon boulot et je ne sais pas de quoi sera demain, ni la prochaine heure de temps qui va passer. Je suis dans l’inconnu le plus total, et assez loin de ma zone de confort.

Lowell, le jamaïcain

Lowell. Photo : Couchsurfing

Il est toujours souriant et très positif, tout le temps à fond mais sans jamais avoir l’air stressé. Il a le rire contagieux, le contact facile et aime aider les gens. C’est pour cette raison qu’il fait partie du réseau Couchsurfing. Extraverti, sensible, optimiste, tout le temps en mouvement, il me booste et me met tout de suite en confiance.

Dans son parcours atypique, il a beaucoup voyagé et vécu dans plusieurs pays avant de s’installer à Toronto. Il fait toujours quelques voyages familiaux en Jamaïque, dès qu’il a assez de temps.

Il a 48 ans mais on lui en donne dix de moins sans problème. Toujours habillé de beaux costards et de chaussures à talonnettes, traînant sa petite mallette noire de sa main droite sûre, il est le co-fondateur d’une entreprise de marketing et de communication à Toronto.

«Bon, mon ami-français-mais-qui-ne-cuisine-pas! Est-ce que tu as faim, au moins?
– Un petit quelque chose à manger, je ne dirai pas non!
– Bon, là il est un peu tard, je commence a fatiguer mais j’ai la solution! T’aimes bien la cuisine exotique? Les trucs épicés ?
– Oui, c’est sans problème, j’aime bien les plats Indiens, Pakistanais, Chinois et tout ça!
– Bien, bien! T’as déjà mangé Jamaïcain?
– Non, c’est comment?
– Ah, mon ami, il faut absolument que tu goûtes ça une fois dans ta vie! C’est plutôt épicé mais tu peux le commander sans épices, si tu veux. Des choses à base de semoule ou de riz, du poulet avec des légumes, pour les plats de base. T’aimerais ça?
– J’essaierai sans problème! Ce sera un plaisir de goûter la cuisine de ton pays!
– Super! Il y a un restaurant Jamaïcain que je connais bien juste en bas de chez moi, on va commander?
– C’est parti! ».

Encore une première expérience pour aujourd’hui. Un repas Jamaïcain! Voilà qui change un peu.

On va à pied à ce qui se présentera plutôt comme un genre de fast-food où l’on est servit que par des Jamaïcains. En poussant la porte, ça sent déjà très bon! Lowell m’explique un peu les plats car mon vocabulaire d’anglais culinaire est aussi bon que mon niveau en cuisine…

Puis je choisis, suivant ses conseils, quelque chose de plutôt simple avec du poulet épicé, du riz et du céleri.

Remonté à son appartement, je me met à déguster ce nouveau style de cuisine et c’est effectivement épicé mais super bon. J’ai encore l’odeur du plat dans le nez et j’en aurai bien repris un peu!

Le « Wierd Frenchy »

«Bon, maintenant, il est temps que j’en apprenne plus sur le putain de français bizarre que tu es! Il avait insisté et bien marqué la pause sur le « putain », puis on est partit en éclat de rire tous les deux!
– Bizarre, oui. Mais tu n’as encore rien vu! Accroches-toi, je vais y aller d’une traite!
– Vas-y, je suis prêt! Il s’agrippe à la chaise.
– En plus de ne pas aimer faire la cuisine, je n’aime pas le football et je n’aime pas le vin non plus!
– Quoi??!! Tu n’aimes pas le vin? Mais comment tu fais? Il était désemparé.
– Eh bien, je bois de l’eau! Lui dis-je avec un sourire.
– T’es vraiment bizarre… Et la bière?
– Oh, j’ai testé quelques bières de microbrasserie au Québec mais sinon, pas grand chose.
– Eh bien dis-donc, c’est rare les gens comme toi! Tu mériterais le surnom de « Weird Frenchy »! On part tous les deux en éclat de rire, puis il reprend. Et c’est quoi que tu n’aimes pas dans le football?
– Je trouve que c’est un jeu trop lent, et au moindre contact, les joueurs pleurent, ils en font de trop… Je préfère le basketball, c’est plus vivant et il y a plus d’action!
– Et le hockey sur glace, tu as déjà été voir un match? Ils sont bons à Montréal!
– J’ai jamais vraiment trop accroché… Pour le coup, c’est l’inverse, c’est trop violent! ».

Puis je lui explique que j’ai quitté mon travail, que je commence ma traversée du pays par Toronto et qu’une fois terminé, je rentre en France avant de faire une demande de Visa pour l’Australie, le prochain pays que je veux visiter. Il m’avouera alors sa jalousie envers mes projet.

L’Australie, une expérience extraordinaire ! à cette époque, c’était encore presque un rêve. Je l’ai réalisé avec succès ! Ici aux îles Whitsunday.

Le Rwanda

«Tu sais, ça me rappel ma jeunesse… Enfin, quand j’avais ton âge, je veux dire ! Je suis partis à Dubaï car ça commençait à vraiment bouger. C’était le début des grosses constructions. Il y avait du business à faire et j’y ai travaillé pendant 5 ans. Une fois que les projets étaient fini, je voulais aider des gens en difficulté parce que mon père m’a inculqué le sens du partage. Il m’a bien expliqué dès mon plus jeune âge qu’il y avait des gens qui vivaient sans rien sur Terre et qu’il fallait penser à eux avant de penser à soi. Alors, j’ai pris mes valises et je suis partis au Rwanda. Pendant 2 ans, j’ai bossé sur un projet d’aménagement de terrains de football pour les jeunes en partenariat avec Nike. J’ai reçu une distinction pour ça, j’ai été accueilli dans le bureau de hauts dirigeants du pays pour ça. Mais plus que tout, je me suis vraiment éclaté à mener à bien le projet avec les jeunes malgré la misère qui règne dans ce pays. J’y retournerais bien au Rwanda! Mais maintenant, c’est trop la guerre… Je suis vraiment déçu par la tournure qu’a prit ce pays… J’ai l’impression que tout ce que j’ai fait la bas pour cette population en difficulté, n’a servit à rien. Enfin… Là-bas, j’ai rencontré une personne avec qui je suis devenu ami et on est venu à Toronto pour lancer une boîte de marketing et de communication.

-Tu as un parcours atypique! Lui dis-je tout étonné. Ça a du être une super expérience de vivre dans un pays peu développé comme celui-là.

-Oui, c’est vrai! Mais tu vois, ce que j’ai le plus aimé là bas, c’est que je me suis rendu compte que l’argent, c’est pas le bonheur. Le vrai bonheur, c’est quand tu n’as rien. Parce que posséder, c’est se déconnecter de la réalité, c’est s’enfermer dans un univers fait de faux. Aussi parce que tu arrives à te démerder sans rien. Le bonheur, c’est la simplicité. Et là, à te dire ça, je veux dire, ces voyages que tu entreprends, tu me rappel tout ces moments de vrai bonheur que j’ai vécu quand j’ai voyagé au Rwanda. C’est les meilleurs souvenirs que j’ai de ma vie! Et vraiment, tu as raison de voyager comme ça tant que tu le peux! Fais-toi plaisir! ».

La soirée s’est terminée sur ces touches de nostalgie. J’avais déjà repris tous mes repères en anglais à force de discuter mais je ne savais plus quoi lui dire après ce témoignage. Il était tellement émotif à me raconter tout ça !

Quelques années plus tard… Je mets les pieds en Indonésie. C’est à ce moment que je l’ai compris aussi.
Afficher le bonheur sur son visage alors que l’on vit dans la pauvreté… C’est possible !

Chauffeur du président Lowell

Le lendemain matin, pour le remercier de sa sympathie de la veille avec le repas Jamaïcain, et comme je sais qu’il utilise les transports en commun pour se rendre en ville, j’ai décidé de l’attendre pour lui proposer de l’emmener à son travail avec ma voiture.

Comme tous les matins, il est en retard. Il court entre sa garde-robe, la salle de bain et son ordinateur. Il serait presque capable de répondre au téléphone en se brossant les dents et en écrivant un mail à la fois ! C’est une personne très occupée, tout le temps en action. En fait, il bosse tout le temps, du lever au coucher.

Arrivé à ma voiture, je suis un peu gêné. J’ai une voiture familiale un peu bas de gamme remplie de plein d’affaires de partout. Lui, il est en costard tout neuf Hugo Boss, il est patron d’une entreprise qui tourne, il est très loin d’être pauvre et pourrait se permettre un bolide de luxe dans son garage.

J’ai l’impression d’être le chauffeur d’un président, la limousine remplacée par un taudis rouillé à 4 roues.

Il ressent bien cette gêne chez moi pendant que je fais de la place pour qu’il puisse s’asseoir. Alors il me dit :

« Tu sais, quand j’étais à Dubaï je roulais en grosse Jaguar et j’avais plus d’argent à la fin du mois. Aujourd’hui, je vais bosser en bus et ce même argent, économisé donc, je le réinvesti dans ce que j’aime et ce qui me fait plaisir plutôt que dans un objet futile ».

Il m’a cloué sur place… Je n’ai pas su quoi dire ! Tellement de vérité et de bon sens en si peu de temps, je n’étais pas prêt !

Une fois dans ma voiture, on avait pas eu le temps de mettre nos ceintures que ça sonnait déjà dans tous les sens! Pas toujours facile d’être patron. Il était tellement prit dans ses conversations que ça en était gênant quand je lui demandais où tourner car il était concentré dans son appel.

La première fois, ça allait, le feu était rouge. Mais après, comme j’avais les indications au dernier moment, c’était plutôt stock-car! Alors il rigolait en même temps de parler puis il coupait sa conversation pour me dire que j’étais bon pilote. Toujours le mot pour rire ce Lowell!

La surprise

Plus tard dans la journée, il me passait un coup de fil alors que je visitais la ville. Il voulait que je le rejoigne à son travail. Il fallait absolument qu’il me présente à ses collègues. Alors je lui dit que c’est trop d’honneur! Je suis toujours aussi gêné, mais il insiste, alors j’y vais.

Je fais rapide connaissance de ses deux associés, dont celui qu’il a rencontré au Rwanda, et de sa secrétaire. Puis, ce sera au tour de son groupe de travail dans un petit open-space à coté. Ensuite, il m’emmène dans son bureau, il m’offre un café… Et me dit de m’asseoir… !

Ce que va me proposer Lowell va sortir totalement de ce à quoi je m’attendais. Quelque chose qui va me pousser loin dans mes retranchements. Une opportunité et une expérience que jamais je n’aurai cru possible !!

Une journée inouïe m’attends.

Tout ça sera à suivre dans le prochain article sur ma rencontre avec Lowell !!

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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« Bonjour Slovénie » (ebook gratuit !)

Après mon premier ebook, « A Travers le Canada » écrit en 2016, voici « Bonjour Slovénie » !

À travers ce livre, je vous emmène avec moi en Slovénie, à la découverte de sa population, de son histoire, de sa culture, de ses paysages et de ses particularités.

Si vous voulez recevoir votre ebook sans lire la petite présentation, j’ai pensé à vous : remplissez simplement ce petit formulaire et recevez le livre gratuitement ! Pour les autres, le texte continue plus bas 😉 🙂

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La Slovénie, je l’ai faite en voiture, en partant de chez moi. J’aime tellement faire des roadtrip et rouler en voiture. J’ai eu tellement de bons souvenirs à visiter des pays avec ce moyen de transport que je l’utilise dès que je le peut.

Pour dormir, j’ai emporté ma tente, un tapis de mousse et un sac de couchage. Par moment, j’alternerais en dormant en auberge de jeunesse. J’ai aussi emporté mon vélo de course pour faire quelques circuits dans la campagne et dans la montagne. Mes chaussures de randonnée m’ont emmenées vers les sommets, et ma paire de basket dans les recoins des villes. Pour me guider : une carte du pays et les gens que je rencontrerai. Pas grand chose en somme.

J’y suis allé pour «prendre l’air», comme je dis. C’est à dire me sortir de mon quotidien. Oublier mon quotidien, même. Me ressourcer, découvrir, apprendre. Être seul avec moi-même, réfléchir, penser, prendre du recul. Me perdre dans la nature, voir et vivre la montagne. Et pour tout cela, la Slovénie a beaucoup plus de ressources qu’elle n’en paraît.

J’ai été surpris par ce pays !

Ce qu’ils en ont pensé !

« Tu m’as embarqué dans ton sillage et j’ai découvert la Slovénie avec toi. Quelle aventure ! J’ai adoré la faire avec toi bien calé dans mon fauteuil ! Superbe pays plein de contrastes. Encore merci pour la balade qui n’est pas finie, car je vais relire ton bouquin accompagné d’une carte pour être plus dans la réalité » – Jean-Pierre.

« Beaucoup d’émotions en lisant ton livre. C’est beau. Je trouves que tu véhicules de belles et saines valeurs, dont ton amour pour la nature » – Marielle.

« Vivant , plein d’espoir , de projets ; se lit facilement et c’est une écriture agréable » – Martine.

Comme je l’ai souvent dit à mon retour, j’ai passé trois semaines au paradis. Si je devais résumer le pays en un mot, ce serait celui-ci : Edelweiss.

Les Edelweiss, c’est rare. Elles définissent tout à fait les moments que j’ai vécu, les personnes que j’ai rencontré, et les paysages que j’ai vu. La rareté fait aussi que c’est inoubliable. Rare et inoubliable, c’est aussi comme cela que je résumerais ce pays. Un pays où l’on met la qualité de la vie et de sa vie en premier lieu, où l’on connaît le respect, où l’on vit très proche de la nature.

La Slovénie a tout pour elle.

C’est un petit pays très facile à visiter. La montagne y est magnifique, haute en couleur. Les paysages sont saisissants. Les villes sont riches en culture et en histoire. Le long de la côte adriatique est parfumé d’un accent italien irrésistible. Tout ici invite à la promenade, incite à s’émerveiller de la nature. Les gens sont aimables, sincères, respectueux. Ils aiment leur pays et veulent toujours vous en dire plus à son propos.

Partez à sa découverte dans mon livre ! Et n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en m’écrivant un petit message ici 🙂

Merci de remplir ce petit formulaire.

En l’échange de ton nom et de ton adresse email, je t’enverrai gratuitement le livre !

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Dober dan Slovenija – Bonjour Slovénie : 119 pages, 21 photos. Format PDF. Format epub disponible.

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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Luxembourg #2 : Esch-sur-Sûre et le Mullerthal Trail (Route 2)

Après une superbe balade médiévale dans la ville de Vianden et une randonnée sympa dans la petite suisse luxembourgeoise au départ d’Echternach (visible dans la partie #1), j’ai eu envie de découvrir davantage de paysages dans ce beau pays.

Me voilà reparti pour un tour à Esch-sur-Sûre et le lac de la Haute-Sûre, situé à l’Est du pays. Je ferai aussi un retour à Echternach dans la petite suisse luxembourgeoise, pour attaquer une autre partie du Mullerthal Trail !

Le climat n’a pas été des meilleurs qui soient. Mais c’est ce que j’aime, car cela rend l’expérience tout à fait différente. Cela permet aussi de se rendre compte qu’un paysage sous la pluie peut être tout aussi beau que sous un soleil de plomb !

En route !!

La Citroën Saxo, l’auto parfaite pour le road-trip en solo ? Il faudra bien que je vous parle un jour de ma SaxoMobile ! 😉

 

Esch-sur-Sûre

La petite bourgade d’Esch-sur-Sûre est située à l’extrémité Ouest du lac de la Haute-Sûre. Ce lac a une forme assez particulière, que j’aime nommer « en forme de serpent ». Un serpent dailleurs très torturé !

On y trouve une ambiance à la Vianden : le bourg est aménagé sur les flancs d’un éperon rocheux où gisent les ruines d’un château. Le paysage flatte l’œil : les rues et constructions suivent le mouvement du fleuve qui décrit un arc de cercle à cet endroit. De plus, l’espace est restreint, fermé par une belle colline assez abrupte de l’autre coté du fleuve.

De nombreuses randonnées démarrent du centre-ville. Une multitude d’autres serpentent le long du lac. Je conseille vivement de se promener sur les 2 randonnées qui entourent la ville : les circuits « Esch 1 » et « Esch 2 », matérialisés par les drapeaux pointus de couleur bleue « 1 » et « 2 ». Elles sont relativement faciles à faire, allant de 4 à 9 kilomètres. Vous pouvez les démarrer à la gare de bus, à l’entrée de la ville (si vous arrivez par l’Ouest). Il y’a un grand parking et des toilettes publiques.

Vous pourrez alors avoir de nombreux points de vue depuis les collines environnantes ou depuis les ruines du château.

Le château est du 7ème Siècle. Mais comme pour le château de Vianden, il fût modifié et agrandit successivement jusqu’au 16ème. Il a été abandonné au 17ème. On peut monter en haut du donjon, par un escalier aménagé.

Les circuits passent par le centre-ville, permettant de découvrir l’église ou les restaurants parfois gastronomiques.

La vue depuis le haut du donjon.

Vue sur la bourgade depuis le sentier environnant.

 

Le lac de la Haute-Sûre

Si on ne me l’avait pas dit, je ne l’aurait pas cru : c’est un lac artificiel qui a été créé en 1961, après la construction du barrage hydraulique de Esch-sur-Sûre. Autre grande particularité : le barrage ne produit pas d’électricité ! C’est en fait un moyen de dévier l’eau en très grande quantité et débit vers une usine de traitement d’eau afin de faire de l’eau potable. C’est comme une très grosse pompe à eau reliée à un centre de traitement. L’usine est dailleurs visible depuis les colline, ou depuis la route si l’on va vers Insenborn.

Les randonnées autour du lac sont très nombreuses. Les choix sont difficiles si l’on a qu’une journée ! On peut faire le tour presque complet du lac, moyennant environ 12 heures de marche. Sinon, on peut faire multiples randonnées en boucle qui passent sur les bords du lac puis partent dans les collines. C’est ce que j’ai choisit de faire. Vous pouvez aussi pourquoi pas louer un canoé et faire le tour du lac ou simplement vous balader sur l’eau.

J’ai donc parcouru plusieurs sentiers au départ de différentes petites villes : le circuit 1 de Esch-sur-Sûr cité plus haut, Insenborn, Liefrange et Bavigne. Ils sont tous très bien balisés.

Je vous conseille d’aller sur le géoportail du Luxembourg ( http://www.esch-sur-sure.lu/walking/) qui répertorie toutes les boucles de randonnée du pays (dans le lien celles autour de Esch-sur-Sûre) sur une carte IGN interactive ! Sélectionnez le nom de votre sentier ou de la ville de départ, et baladez-vous directement sur les cartes IGN avec le tracé du sentier que vous pouvez ensuite imprimer. C’est vraiment très pratique.

Voici quelques photos prises sur les différents sentiers autour du lac.

Insenborn (8.9k 337D+)

Vue depuis la plage de Insenborn.

Les champs de la région d’Insenborn, proche de la N27.


Esch 1
 (8.7k 442D+)

 

Bavigne (9.2k 373D+)

 

La bourgade d’Esch-sur-Sûre a du charme et un cachet certain. Les sentiers qui y passent permettent de découvrir les environs d’une belle façon. Si on la combine avec le lac, toutes ses randonnées, tous ses points d’intérêts, hôtels et campings, on peut y passer 1 semaine en y allant tranquillement !

 

Mullerthal Trail Route 2

Retour à Echternach pour entamer la Route 2 du Trail, qui rejoint également la Route 1 (à Echternach), ou la Route 3 (à Mullerthal). On peut démarrer la Route 2 par Echternach, Berdorf, Scheidgen, Consdorf, ou Mullerthal.

Cette partie est, comme les 2 autres, longue : 37 kilomètres, si l’on ne prend pas l’Extra Tour C, qui ajouterait alors 9 kilomètres. Le sentier est classé comme « difficile ». Il est vrai que c’est très vallonné. Les montées et descentes se succèdent assez rapidement, laissant assez peu de place au repos « actif ».

Si vous êtes un bon marcheur et assez sportif, il est possible de faire la Route 2 sur la journée si vous démarrez au petit matin. Sinon, prévoyez au moins 2 jours. Il y a un bon choix d’hôtels, de campings et quelques auberges de jeunesse sur le parcours.

Vous trouverez tout sur le site internet du Mullerthal Trail : http://www.mullerthal-trail.lu/le-trail
La carte IGN interactive du géoportail Luxembourg est ici : carte interactive

Par exemple, en personne assez sportive, j’ai mis 11 heures à compléter les 37 kilomètres, en comptant les pauses. Je ne me suis pas pressé non plus (moyenne de 3.4 km/h avec pauses). Prévoyez un bon sac à dos confortable, des chaussures de randonnée confortables, une lampe de poche ou frontale (vous verrez pourquoi !), bonne quantité d’eau et de nourriture.

 

Que voit-on sur la Route 2 du Mullerthal Trail ??

Si vous vous souvenez de mon compte-rendu de la Route 1 (Sinon, cliquez ici »» Route 1), j’ai été un peu déçu. Ici, il en est tout autre ! On passe les 90% du temps a serpenter en pleine forêt. Les passages dans des villes ou villages sont peu courant. On se sent alors en parfaite connexion avec la nature omniprésente. C’est agréable et rafraîchissant !

Si vous partez d’Echternach, je conseille vivement de faire le Trail dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est à dire dans la direction Echternach-Scheidgen. Vous vous mettrez ainsi en éveil par une petite montée avec des points de vue sur les hauteurs d’Echternach et des champs remplis de moutons qui vous salueront avec plaisir ! Vous finirez en beauté par la très escarpée Gorge du Loup et la Grotte Hohlay, qui vous feront oublier la fatigue accumulée !

Les points d’intérêts sont nombreux.

En tout premier, citons le Kohlscheuer ! Le seul passage possible, c’est de se faufiler à l’intérieur d’un énorme rocher de grès, de la même manière qu’un tunnel routier dans une montagne. Au détail près qu’ici, ce n’est pas large du tout ! Un conseil : prenez votre sac à dos à la main. Et sortez votre lampe de poche, sinon vous aurez vraiment du mal a passer… Longueur : environ 100 mètres.

D’autres superbes formations rocheuses sont visibles, telles que les rochers de Eulenbrug, Goldfralay et Goldkaul. On peut en explorer certains à la lampe de poche également.

Il y a aussi l’emblême du Mullerthal Trail entier : la cascade Schiessentumpel et son pont en bois, visible au croisement entre la Route 3 et Route 2, aux abords du sympathique village de Mullerthal.

À Berdorf, le sentier traverse la superbe forêt Schnellert qui sera prochainement classée comme réserve naturelle. La localité de Berdorf est surtout connue pour sa spécialité : la fabrication de fromage.

Si vous partez d’Echternach et prenez la direction de Scheidgen, vous finirez alors par un passage spectaculaire qu’est les Gorges du Loup et la Grotte Hohlay. À l’époque vivaient ici plusieurs meutes de loups, d’où le nom ! L’environnement est absolument superbe, sur quelques trop courts kilomètres. Toute la partie longeant le ruisseau Aesbach est féérique.

De retour sur Echternach, prenez une dernière pause lors de la descente vers le centre-ville, avec une belle vue sur la basilique Saint Willibrord.

Un des récurrents passages dans la roche de grès. Distance entre les 2 parois : 50 cm à son maximum !

La superbe Cascade Schiessentumpel

Le long du ruisseau Aesbach. Féérique.

La grotte Hohlay, dans l’obscurité la plus totale. Photo prise au flash. En haut le plafond, en face le fond de la grotte.

Les Gorges du Loup. Très escarpé. Des cordes sont installées et on peut monter à des points de vues via des escaliers aménagés.

Vue sur Echternach et la Basilique Saint Willibrord.

 

Que conclure ?

La Route 1 n’a rien à voir avec la Route 2 ! Là où c’était champêtre et tranquille, vous êtes ici transporté dans un autre monde aux expériences tout à fait différentes et aux paysages tout à fait différents eux aussi.

Après 37 kilomètres et 11 heures, j’étais bien sûr un peu fatigué, mais j’étais surtout ressourcé ! La petite suisse luxembourgeoise est décidément un chouette coin de pays !

Et par la même occasion, que ce soit à Vianden, Echternach, Esch-sur-Sûre ou n’importe où ailleurs dans le pays, je comprends maintenant tous ces gens qui me disent que le Luxembourg est un petit paradis du randonneur !

Concernant Esch-sur-Sûre et son lac artificiel, c’est tout aussi sympa à faire. ça vaut vraiment le détour ! Si vous venez en été, il y a quelques plages aménagées et des centres de loisirs.

J’espère pouvoir retourner au Luxembourg dans un laps de temps le plus court possible, afin de compléter le Mullerthal Trail avec la Route 3.

Aussi, j’espère vous avoir donné envie de le faire à votre tour ! Dites-moi ce que vous en pensez dans les commentaires 🙂

 

Aymeric LECOSSOIS
Qui suis-je ?

Rencontres… : « DJ Bizzarino », en Australie.

Voici une rencontre en Australie qui m’a bouleversé et remis la tête en place. Une rencontre venue de nulle part et à laquelle je ne m’attendais absolument pas !

Remettons les pendules à l’heure.

J’étais à Darwin, en Australie, pour mon PVT. J’avais trouvé un boulot dans cette ville: Pédicab Driver. Un métier qui demande un bon physique et un bon mental pour s’en sortir vivant. Car derrière le coté très fun, il fallait faire avancer de 150 à 400 kilos en pédalant à la force des jambes et mentalement se farcir des hauts certes très haut, mais aussi des bas, beaucoup plus bas que le bas de la terre d’en bas!

Une soirée Elvis Presley qui s’est bien finie grâce à un tour en Pédicab ! En contrepartie du bon temps passé avec ces gens et pour ces gens, vous devrez faire avancer le vélo et tout son poids à la force de vos jambes ! Chaque dollar que vous gagnez est clairement mérité !

 

Le principe : vous louez un vélo à la semaine (relativement cher, et c’était bien ça le problème…), et vous allez en ville faire le taxi. Tout l’argent que vous donne les clients tombe directement dans votre poche. D’abord pour rembourser votre location (la plupart de la semaine…), puis pour vos économies (généralement durant le weekend).

Pour le reste, vous êtes votre propre patron! Une seule chose à respecter : horaires de nuit. Et aussi, ne pas casser le vélo… Sous peine de perdre votre caution de 300$.

Si ce métier atypique vous intrigue, j’en ferai un article ! Dites-moi ça dans les commentaires 🙂

Posant fièrement avec mon Pédicab, en Australie. C’est un moyen de transport écologique très efficace et rapide dans les petits centre-ville. Cependant, il faudra être prêt physiquement ! Et mentalement aussi…

 

Quand vous êtes Pedicab Driver, vous êtes au contact des gens tous le temps. Des heures durant, vous tournez dans la ville, tous les jours. Vous voyez tout, devenez témoin ou même acteur sans cesse d’une multitude de choses plus ou moins roses. Ce n’est que ça de rencontrer et de discuter avec des nouvelles personnes et de leur dire au revoir 5 minutes plus tard.

La plupart de ces rencontres, je les ai oubliées définitivement dès la première seconde passée. D’autres me laissent un petit souvenir. Il y a aussi un pourcentage infime de ces personnes qui ne payent pas de mine mais qui pourtant restent encrées bien profond dans ma tête.

DJ Bizzarino, c’est ce personnage atypique qu’il est impossible d’oublier. C’est exactement ce genre de personne à qui tu éviterais de causer si tu ne la connaissais pas.

 

Avec ses vieilles chaussures, son jean blanchi et troué, sa chemise bleue pâle tachée et ses cheveux blonds mi-longs finissant en boucles qui n’ont pas été lavés depuis quelques temps, vous le mettriez directement dans la catégorie des «sans-abris», comme j’ai pu le faire.

Car à force de voir les gens de tous les horizons, on fini par les classer dans des cases. C’est mieux pour le boulot, car vous pouvez alors mieux cibler les clients qui vous donneront le bon argent et celui qui ne vous paiera moins, voire pas du tout.

L’habit ne fait pas le moine

Eh oui, DJ Bizzarino, c’est bien plus qu’un sans-abris. C’est un sans-abris qui a choisit d’être un sans-abris. C’est là toute la différence. Il a fait ce choix à 35 ans. Il en avait 45 lorsque je l’ai rencontré en 2016.

En apprenant ça, vous avez tout comme moi écarquillé les yeux et vous êtes demandé pourquoi. Il vous répondra que c’est parce qu’il en avait marre de payer, tout le temps payer, pour ci, ou pour ça. Alors, vous l’avez déplacé de la catégorie « sans-abris » à celle des «rebelles de la société ».

Et puis, il va vous raconter que dans sa jeunesse, il était DJ en Italie et qu’il a voulut aller en Australie pour se faire connaître ailleurs et développer son business à l’étranger. Mais dans la musique, c’est le plus gros qui mange le plus petit. DJ Bizzarino : aux oubliettes.

Il est alors passé de petit boulot à petit boulot, arrivant tant bien que mal a payer son loyer et ses factures, sans arriver à économiser assez pour un billet d’avion retour en Italie. La vie en Australie est chère. Le voilà bloqué pour des raisons d’argent, loin de tout, et surtout de sa famille.

Un jour, il a pété un plomb.

Mais au lieu de se mettre dans l’alcool ou la drogue comme beaucoup de ses amis l’ont fait, notre ancien DJ a décidé de trouver ce qui est selon lui la vraie liberté : il a voulu fuir le système.

Ni une ni deux, il commence à ne plus payer son loyer en signe de protestation. Il se fait virer de son logement. Il met fin à tous ses contrats et prélèvements dans le même temps. En l’espace de 3 mois, il ne lui restait plus qu’une paire de chaussures, un jean et une chemise bleue. Les mêmes qu’il a aujourd’hui !

Et 10 ans plus tard, il est toujours là, à dormir à même le sol, dans un recoin de béton d’un hôtel à 500$ la nuit en chambre simple, en plein centre-ville de Darwin.

Il s’amuse à se venter d’y dormir, dans cet hôtel ! Ça lui remonte un peu le moral quand il en a besoin. Sacré DJ Bizzarino.

Iriez-vous parler à un sans-abris ? Maintenant que j’ai connu DJ Bizzarino, oui ! (ce n’est pas lui sur la photo, je respecte sa vie privée !)

 

Mais de quoi vit-il depuis 10 ans ?

Eh bien, il vous racontera avec fierté qu’il ramasse les pièces et les billets que font tomber les gens. Oui, en Australie, on est tellement bien payé que faire tomber un billet de 20$ n’est pas chose grave en soi.

Je dois dire que ça m’est arrivé quand je vivais au Québec. Je me déplaçais à vélo et j’avais un billet de 20 dans ma poche de pull ouverte qui a décidé de se faire la malle avec le vent fort qu’il y avait ce jour-là. Quand je m’en suis rendu compte, je me suis dit «Bof, tant pis, jeudi j’ai mes 640$ hebdomadaires». Les salaires plus élevés, ajoutés à une paie à la semaine, donnaient l’impression de tout le temps avoir de l’argent. 20 de perdu, 40 de retrouvés.

Tous les jours, notre ami parcours les rues de son regard fin, à la recherche de la moindre pièce de 5 centimes.

Il vous racontera qu’il arrive à avoir entre 10 et 50 Dollars par jour, ce qui, comparé à ce qu’il dépense en tant que sans-abris, est une fortune ! Il adorera vous raconter avec détail les quelques fois où il a ramassé un billet de 50$, voire un de 100$.

Comprenez qu’il ne meurt pas vraiment de fin ou de soif. Il a son portefeuille, comme vous et moi. Mais le sien est bien gardé, maintenu par une chaîne, et bien planqué dans ses poches.

Comprenez bien que son portefeuille, c’est sa valise, c’est sa vie.

 

La première fois que j’ai eu affaire à lui, c’était spécial.

Revenons à cette personne à qui vous éviteriez de causer si vous ne la connaissiez pas, avec ses vieilles chaussures, son jean blanchi et troué, sa chemise bleue pâle tachée et ses cheveux mi- longs pas lavés depuis quelques temps.

Le type vous accoste pour une course en Pédicab. Moi, je suis à la recherche du moindre billet de 5$ pour rembourser ma location et gagner de l’argent. Donc je m’arrête pour tout le monde, pas d’exception. C’est juste que des fois, tu te dis : « ça va être trop cher pour lui », ou encore, « ce mec ne va pas me payer ». Le Pédicab, c’est plus cher que le taxi.

Bien sûr, c’était très mal connaître DJ Bizzarino…

Il était sur le trottoir, et semblait m’avoir vu venir de loin. Il était encore loin lorsque je l’ai vu tendre le bras en l’air, de la même manière qu’on appelle un taxi à New York.

« Je vais prendre mon café à la station Shell, à Larrakeyah, c’est le moins cher de la ville. Tu peux m’emmener ?
– Okay, ça fait un peu loin d’ici, c’est en dehors du centre-ville. Ça te feras 20$ l’aller.
– Pas de problème. Je t’en donne 50 ».

Je ne vous dit pas la tête que j’ai fait.

Surtout qu’en même temps, il mettait la main au portefeuille et me sortait le billet. Un sans-abris qui vous paie 50$ au lieu de 20, et en plus en avance. C’est pas tous les jours!

Je l’ai donc emmené. J’étais tellement surpris que je n’ai pas tout de suite parlé avec lui. Je me suis ensuite rendu compte, tardivement, que cette personne devait être vraiment intéressante à connaître. Alors j’ai fini par le questionner, et j’en ai tiré tout ce que je vous ai dit au-dessus.

Quand un sans-abris devient un ami

Depuis ce jour, DJ Bizzarino, il m’aimait bien. J’étais Européen comme lui, curieux, souriant, sympa. En tout cas, d’après ses dires !

Le vélo est équipé d’un système son. Je lui avais passé de la musique des années 80 qu’il aimait tout autant que ma façon de conduire le vélo. En plus, je lui avait raconté que j’étais allé en vacances à San Remo. C’est sa ville de naissance! Comme le Monde est petit !

Parfois, il ne faut pas grand chose et, avec ces petits détails, ça passait bien entre nous. Parmi les 13 Pédicabs déployés à Darwin, j’étais devenu son chauffeur préféré. À partir de ce jour là, il ne roulera plus qu’avec moi, et tout ce qu’on se dira restera entre nous. Le pacte est signé !

On se saluait quand je passais devant le Hilton où il traînait toujours le soir et je prenais un peu de temps pour discuter un peu avec lui régulièrement dans la semaine ou quand c’était l’heure creuse. C’était mon petit moment de repos, mon petit plaisir quotidien.

Sa boisson préférée, c’est le café. Oui, ça réchauffe et ça maintient éveillé. Dormir sur du béton depuis 10 ans, c’est pas ce qu’il y a de mieux. Il vous en parlera mieux que moi.

Son petit péché mignon, c’est de faire un tour en Pédicab, les cheveux au vent avec une de ses musiques préférées à fond, plaisir qu’il se fait une fois par semaine. Tous les vendredis, pour être précis. C’est quelqu’un de calme et de méticuleux, sûr de lui, d’une extrême gentillesse et intelligent.

Ce sera mon client régulier préféré, loin devant mes deux pêcheurs retraités favoris et tous les autres !

 

Ce sera aussi et surtout ma plus belle rencontre lors de mes 2 mois à Darwin, et peut être même de tout mon voyage en Australie !

 

Un jour, il m’interpelle depuis le trottoir et me dit : « Hey, Aymeric ! Vendredi, je monte avec toi. Tu m’emmènes prendre mon petit café à la station Shell ?!
– Pas de problème ! Je passe à quelle heure ?
– Vers minuit, je serai devant le Hilton !
– Pas de soucis ! Vendredi, minuit, Hilton ! Je t’oublies pas !
– Attends, attends. Il y a juste une petite condition…
– Ah ? Laquelle ? Il s’approche de moi, puis me parle tout bas, presque en chuchotant.
– Si tu pouvais avoir la musique « What is Love » de Haddaway, tu serais un chef !
– Ah, je ne l’ai pas… Mais je la téléchargerai. Aucun soucis, je la mettrai !
– Okay c’est super. Toutes les semaines, on changera de musique. Ne la joue que pour moi, garde la juste pour moi, s’il te plaît. Garde la pour moi.
– Le client est roi! T’en fais pas !».

Le vendredi venu, il était tout sourire en me voyant arriver. Il s’assoie complètement avachi dans le coin gauche du siège arrière et, une fois prêt, je met la musique qu’il m’a demandé à fond.

Mon pote Bizzarino avait le sourire jusqu’aux oreilles, comme jamais je ne l’avais vu avant.

Il en avait presque les larmes aux yeux.

« Tu sais, il en faut peu pour être heureux »

Ce seront les seuls mots qu’il me dira ce soir là. Pour pousser son bon temps jusqu’au bout, je m’étais garé juste devant la porte d’entrée de la station Shell et j’avais mis la musique encore plus fort quand il était dans la boutique, pour qu’il l’entende de l’intérieur. Autre grand silence de sa part jusqu’à ce qu’on revienne de nouveau au Hilton, avec son café. La course avait duré environ 15 minutes.

«Tiens mon pote, tes 50$ qui en méritent 100. T’es un vrai chef ! On se voit la semaine prochaine !
– Merci, DJ !
– C’est un plaisir !
– Mais attends. Pourquoi tu me paies 50 alors que c’est 20 ? Pourquoi tu me paies tant alors que tu as si peu ? Gardes ton argent pour plus tard. On ne sait jamais ce qu’il peut t’arriver.
– Mon ami, je fais ça parce que ça me fait plaisir. Écoutes, le Pédicab, c’est le meilleur truc que j’ai jamais fait ici. En plus, j’ai ma musique. Franchement, j’adore tellement ! Ça me fait tellement plaisir ! Tu sais, ma vie, je l’ai choisie, mais elle est pas facile. On a du soleil tous les jours, ici à Darwin. Mais mon vrai soleil, c’est mon tour de Pédicab avec ma musique. Et puis toi, t’es jeune, tu voyages, il te faut des sous. Ton boulot te coûtes un gros investissement toutes les semaines, tu travailles fort pour gagner peu… Je sais ce que c’est tout ça… Et c’est pas facile non plus. Si je te donnes 50, c’est parce que ça les vaut ».

Au départ, je voulais lui faire tous les autres aller-retour gratuits. Mais devant ça, franchement, j’ai sauvegardé ses paroles dans un coin de ma tête et j’ai fermé ma bouche. Il m’avait dit ça comme si il avait fait une prière. Qu’est ce que je pouvais faire d’autre que d’exécuter ses vœux?

La dernière course

Quelle fût la surprise lorsque j’ai dit à mon meilleur ami Italo-Australien que je partais à Brisbane… Aïe, aïe, aïe. Aussi bien lui que moi. Car oui, je l’ai eu aussi ce petit pincement au cœur. Mais il a compris. Il a compris que je suis le grand voyageur. Il sait qu’il est la personne qui reste à Darwin.

Pour le remercier de son partage, je l’ai emmené faire un grand tour en ville gratuitement (j’ai quand même dû sacrément insister !), toujours avec ses musiques favorites à fond.

Je faisais des pointes de vitesse quand ça descendait, je rasais les voitures garées, je faisais des virages entre les terre-pleins centraux sur la route.

Il rigolait comme jamais il n’avait rigolé. Il chantait. il dansait avec ses bras. Ses cheveux volaient dans tous les sens. Mais ils volaient surtout librement, libre comme la vie qu’il a choisie. Il était heureux comme jamais.

Moi, je ne sais pas.

Je rigolais, je chantais, je dansais avec mes bras tout comme lui. On saluait les filles sur notre passage. J’étais tout aussi heureux que lui. Mais je ne sais pas.

En réalité, je crois que je comprenais à ce moment pourquoi il aimait tellement son tour de Pédicab, je comprenais enfin son état d’esprit. Je commençais à assimiler sa façon de vivre.

Je comprenais enfin la différence entre ce qu’il ressentait quand il était sur le Pedicab et quand il était allongé sur le béton dans son recoin.

Alors je ne savais plus quoi faire entre pleurer de rire et de joie, ou pleurer tout court. Pour toute la puissance que renvoie cette personne, pour sa façon de vivre et de voir les choses.

 

En terme d’adieu, il me dira que la première musique qu’il m’a fait jouer sur le vélo, «What is Love» de Haddaway, était la toute première musique qu’il n’ait jamais mixée sur ses platines. Je comprenais alors ses yeux remplis de larmes ce jour là. La nostalgie devait être forte.

 

Alors voilà, DJ Bizzarino, il m’en a appris des choses, il les a chamboulés les préjugés qu’on se fait sur les gens. Il est passé de «sans-abris» à «personne exceptionnelle» en si peu de temps…

On ne peut pas juger une personne juste en la regardant. Non. On ne peut juger une personne que quand on la connaît.

Restons simples, humbles et ouverts d’esprit envers toute personne que l’on croise.

 

Merci DJ Bizzarino.

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je?