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NZ #2 : Roadtrip à Abel Tasman et Nelson Lakes

Après plusieurs jours passés à Arthur’s Pass et aperçu un bout de la Côte Ouest, je pars pour 5 jours à l’assaut de la région de Tasman, au Nord de l’île du Sud. Au programme : un beau roadtrip jusque Abel Tasman. Le rythme sera bien différent car il y a beaucoup plus de route à faire. Les paysages aussi car beaucoup moins de montagne.

Carte du roadtrip

Je fais un premier arrêt à Lewis Pass pour avoir une belle vue sur la vallée et le Mount Mueller (1630m) et Mount Freyberg (1817m) depuis la Lewis Tops Track avant de garer ma voiture au Mueller Hill Campsite, 15 kilomètres plus loin. Je fais une longue et plate randonnée de 16,5 kilomètres qui mène au Lake Daniell en longeant la Albert River puis le Frazer Stream.

La rando est très facile et traverse une belle forêt très calme et remplie de Weka, des oiseaux qui ressemblent à de petits dinosaures à plumes. Sur la fin du chemin du retour, il commence à pleuvoir. J’avais encore une fois prévu le coup : k-way, protection de pluie pour mon sac et même petit parapluie.

Le Marble Hill Campsite est vraiment chouette, magnifique vues sur la montagne, peut être un des plus beaux campsite où j’ai été.

Ma voiture « Gordon », qui me sert aussi de maison pendant mes roadtrip. Marble Hill Campsite

Frazer Stream

Beau tapis de mousse sur la randonnée vers le Lake Daniell.

Lake Daniell.

Marble Hill Campsite. La vue depuis mon emplacement…

 

La deuxième étape me fait rejoindre Motueka, à quelques kilomètres du parc Abel Tasman. La route est assez longue, 210 kilomètres, dans les fameuses conditions néo-zélandaises : bumpy, curvy, noisy, soit cabossé, plein de virages, bruyant (revêtement très granuleux).

Une seule règle sur les routes en NZ, répétées inlassablement le long du goudron : « Allow extra time » (prévoyez du temps supplémentaire). Eh oui, car quand il y a un camion ou un camping car ou un type trop prudent qui ralenti bien à chaque virage, c’est pour longtemps…

C’est pas que c’est mal fait, c’est que la géologie, la géographie et la densité de trafic et de population font que c’est comme ça. Oubliez les autoroutes ! Sur toute l’île du Sud, il y en a 2 pour un total de 20 kilomètres de long (!) : les autoroutes Sud et Nord de Christchurch. C’est tout !

Je fais plusieurs arrêts, à Maruia Falls, à Murchison pour grimper sur le Skyline Walk, à Hope Saddle Lookout, puis je bifurque sur une petite route de campagne pour esquiver le bazar à Nelson.

Maruia Falls, très facile d’accès de puis la route principale.

La petite ville de Murchison, perdu entre les montagnes de la région de Nelson Lakes.

 

C’est le début de la saison haute (désolé si je me répète) et la petite ville de Motueka se transforme en un embouteillage monstre. Il faut dire, à 15 kilomètres de là se trouve le parc National Abel Tasman, peut être un des lieux les plus touristiques et les plus visités après le Tongariro National Park et la région de Queenstown.

C’est horrible et je n’ose même pas imaginer en plein de mois de Janvier, pleine haute saison et les grandes vacances en nz… !

Je monte vite dans les collines pour aller au Marble Hills Resort. C’est un fermier qui a converti une partie de son terrain en un campsite. J’ai bien fait d’arriver très en avance, le camping était complet dès 17 heures ! Et pourtant celui-ci n’est pas si facile d’accès : il faut monter une petite route en graviers. Les logements sont prit d’assaut dans toute la région, juste à cause de Abel Tasman !

Le cadre est vraiment super, très spacieux et entouré de moutons et de vaches. J’en profite pour me faire une après-midi relaxation et commencer mon nouveau livre : « How to survive » du fameux Bear Grills qu’on ne présente plus. Le lendemain, je prévois une randonnée de 30 kilomètres à Abel Tasman.

Ma maison au Marble Hill Resort, loin du bazar touristique.

La route de gravier qui mène au Marble Hill Resort, entourée de champs.

4 heures du matin. Il fait encore nuit. Le ciel dégagé est tapis de millions d’étoiles.

Je dois rouler 6 kilomètres pour rejoindre l’immense parking du parc et je le fais très doucement. Les routes en nz sont déjà dangereuses de jour. De nuit, il faut rajouter les animaux qui traversent (possums, lapins, porc-épic), les moutons ou les vaches égarés…

5h20, je démarre la randonnée aux premières lueurs du jour. C’est la règle ultime pour éviter 99% des touristes : se lever le plus tôt possible ! Car Abel Tasman est vraiment, vraiment, vraiment touristique. La Track fait 60 kilomètres de long dans un sens, il faut 3 à 5 jours pour la faire en entier dans un ou deux sens.

Tout est très tranquille les 4 premières heures. Comme d’habitude, tout le monde rate le meilleur moment de la journée avec ce magnifique lever de soleil et surtout la marée basse. Car à marée haute, la plupart des plages disparaissent ! Ça a fait un sacré changement de décor quand je suis revenu 8 heures plus tard !

Et puis le trafic a commencé vers 11 heures. Vers 14 heures, ça devenait une rue piétonne : un groupe toutes les 20 secondes. Avec ça et la marée maintenant haute, toute la magie du lieu a complètement disparue, ahlala.

Du coup j’étais très content de n’avoir passé qu’une seule journée ! J’ai aussi un peu changé mon itinéraire et j’ai fait au final un total de 32 kilomètres. Les 10 heures prévues ont été en faits en 8h30, car le terrain est très facile et très aménagé (tourisme oblige). Je n’étais même pas fatigué.

J’ai tout de même réservé une nuit dans une chambre simple en auberge de jeunesse pour avoir un vrai lit et une vraie douche. Je fais toujours ça après une grosse étape pour bien me reposer, ou tous les 2 ou 3 jours de camping à la néo-zélandaise (campsite).

Vue sur une partie du parc de Abel Tasman

Partir tôt le matin et vous serez seul avec les plus belles couleurs de la journée

Levé de soleil sur une plage déserte à Abel Tasman

Vue sur une partie du parc depuis les terres

Des plages paradisiaques…

Vue sur une partie de la côte de Abel Tasman.

Dans les terres du parc, les rivières sont absolument magnifiques de couleurs et de clarté.

 

Au retour, je bifurque au Nelson lakes National Park, en commençant par le lac Rotoiti. Très grand et très beau, je vais y marcher 13 kilomètres jusqu’à l’impressionnante Whiskey Falls qui fait un bon 100 mètres de haut, puis en contournant un peu le Mount Robert.

Le lac Rotoroa était très déstabilisant. Une unique route y mène et elle est totalement vide de chez vide. Arrivé au lac, le parking est blindé de chez blindé. Hyper touristique, alors que franchement, j’ai largement préféré le lac Rotoiti. Je ne vais pas rester longtemps ici, juste le temps de me cuisiner mon repas de midi.

Je retourne au Marble Hill Campsite pour y passer ma dernière nuit. Christchurch est encore loin : 210 kilomètres et 3 heures. Mais quand j’ouvre la porte de la voiture, je me fais attaquer comme un malpropre par les sandflies !

Ma main gauche s’est faite piquer 7 fois et ma main droite 3 fois, en l’espace de 5 minutes. Les sandflies ne sont pas dangereuses mais sont un vrai fléaux, surtout sur la cote Ouest où elles sévissent vraiment de début Décembre à fin Mars.

Lake Rotoiti

Whiskey Falls, immense ! Notez la taille des 2 personnes en bas de la photo !

Lake Rotoiti durant ma petite randonnée escarpée autour des sommets.

 

Ce sont des insectes très particuliers. Ils ressemblent à de toutes petites mouches de même pas 5mm et dont il est difficile de discerner les ailes. Il y a plusieurs espèces mais seulement 3 piquent. Seule la femelle pique, comme chez les moustiques et pour les mêmes raisons (nourrir les petits et avoir assez d’énergie pour la ponte). En gros, c’est un moustique-mouche. Mais qui opère différemment.

Il se sert du gaz carbonique dégagé par le corps humain pour repérer sa proie. Ensuite, il ne va piquer QUE sur les parties de la peau qui sont fines : dessus des mains, poignets, cou, dessus des pieds, chevilles. C’est pour ça que mes mains ont morflées car c’était le seul endroit propice à découvert.

Les sandflies ne piquent pas ! Elles ouvrent et creusent dans la peau ! Avec leurs mandibules qui sont équipées d’un crochet. De cette manière, elles font une petite mare de sang qu’elles boivent ensuite. Chaque piqûre saigne.

Cela fait une douleur comme une toute petite aiguille qui se plante, c’est donc facile de les « spotter », car on les sent très bien. Inutile de souffler dessus pour enlever la sandlfy, elle ne bougera pas ! Il faut la frapper et donc la tuer pour l’enlever. C’est bien sûr déjà trop tard, mais le plus tôt ce sera fait, le moins on aura de conséquences.

Les piqûres de sandflies sont très bizarres. Ça fait bien sûr un petit bouton, mais qui n’apparaît que plus tard, environ 12 à 24 heures pour ma peau. Plus tôt on enlève la bête moins le bouton est gros. J’ai même remarqué pour mon cas que 1 seconde de réaction équivaut à 1mm de diamètre. Le bouton est rouge puis se jaunit un peu avec le temps, passant à une toute petite cloque. Et là, ça reste, et ça dure !

Il faut compter au minimum 3 semaines pour que ça parte, jusqu’à 3 mois dans les pires cas. Ça gratte aussi, mais très bizarrement : c’est quand ça veut gratter. Ça me le fait 1 à 2 fois par jour, surtout le matin, mais l’envie part au bout de 30 minutes, avant de revenir plusieurs heures plus tard pour un autre 30 minutes. Vraiment particulier !

Heureusement, la sandfly ne transmet absolument aucune maladie. Un scientifique y a consacré sa vie et s’est même servit de lui-même comme cobaye.

Bref, vu l’infestation soudaine, je me suis planqué dans ma voiture, j’ai fait 1 heure de pause en lisant un peu mon livre, et je suis reparti à Christchurch plutôt que de couper le voyage retour avec une nuit entouré de ces sandflies.

Le bilan de ce deuxième roadtrip est mitigé.

Certes, c’était magnifique, mais le tourisme était de trop. Il faut venir ici en basse saison pour ne pas avoir tous ces désagréments. J’ai appris par moi-même les défauts de la région de Tasman :

  • Le tourisme : y venir en saison basse uniquement, surtout si c’est pour aller à Abel Tasman ;
  • Les paysages : on se croirait sur la côte d’Azur = pas vraiment de dépaysement ;
  • La déforestation : entre Nelson et Rotoiti Lake, 40 kilomètres de forêts commerciales sans arrêt, absolument horrible. Tellement, que j’étais CHOQUÉ de voir ça !
  • La pollution des sols : avec sa voisine Marlborough Sound, la région Tasman est recouverte d’exploitations de vins : pesticides à tout va !

La couverture forestière de Nouvelle-Zélande : à gauche avant l’arrivée de l’Homme. À droite : de nos jours.

 

Je suis allé à Abel Tasman par curiosité. Un lecteur de mon blog, qui voyageait à pied, m’avait demandé si c’était possible d’y aller en auto-stop depuis Picton. C’est bien sûr tout à fait faisable et il m’a renvoyé un mail plus tard pour me dire qu’il l’avait fait ! C’est ce qui m’a donné envie d’y aller.

Je suis donc un peu déçu mais sans plus. J’ai tout de même appris des choses qui me serviront plus tard, comme pour tout voyage d’ailleurs.

Aymeric – Pictures From The World
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NZ #1 : Roadtrip à Arthur’s Pass

Je prends la route pour mon roadtrip à Arthur’s Pass et je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. Je connais bien la première heure de route, car c’est la même que pour aller à Lyndon Lake, région où j’ai grimpé le Trig M et le Mount Lyndon, fait du kayak sur le lac et où j’ai grimpé le Foggy Peak. C’est ensuite l’inconnu.

La route est magnifique et slalome en une douce montagne russe dans des espaces gigantesques. C’est très sauvage. Je le répète encore et toujours mais prendre la route en Nouvelle-Zélande, ce n’est pas prendre une autoroute rectiligne, c’est entrer dans une véritable aventure.

Chaque grand virage passé amène sur un panorama différent qui à chaque fois me donne des frissons tellement c’est impressionnant.

Lake Pearson, sur la route du parc national de Arthur’s Pass.

La route rejoins la Waimakariri River et la fameuse ligne de chemin de fer historique TranzAlpine qui rejoins Christchurch à Greymouth sur la côte Ouest. La vallée est superbe et très large. La rivière fait presque toute la largeur de la vallée, soit presque 5 kilomètres. C’est un tapis de roches dans lequel l’eau glaciaire aux accents bleu turquoise ou bleu ciel selon la profondeur, se fraye un chemin.

Peu avant le village d’Arthur’s Pass, je m’arrête au village de Bealey pour faire un bout de la Bealey Spur Track. Cela fait un bon moment que je n’ai plus de réseau et je veux surtout rejoindre le premier point de vue afin d’avoir une meilleure vue sur les montagnes et la couverture nuageuse afin de savoir comment je vais organiser mes randonnées de la journée. Les sommets sont dans le brouillard mais le ciel semble se dégager et les nuages monter en altitude.

Je fonce au village d’Arthur’s Pass, mais avant une pause s’impose au très long pont qui traverse la Waimakariri River.

waimakariri-river-nouvelle-zélande-nz

Le pont de la Waimakariri River, Route 73.

Je démarre la Mount Bealey Route. Je vais passer de 754 mètres à 1836 mètres d’altitude. Cela fait une pente moyenne de 30% sur 3,6 kilomètres. Je suis heureux d’avoir fait un bout de la Bealey Spur Track car ça m’a servi aussi d’échauffement.

La rando démarre du parking du poste de police, c’est pas courant. Il faut grimper en forêt et c’est assez compliqué. Il faut faire de grandes enjambées entre les racines des arbres qui servent d’escaliers. Le décor est très beau : tout est recouvert de vert. Je sais que j’ai encore plein d’autres randos et plein de dénivelé à faire donc je prends mon temps pour ne pas me brûler.

À la sortie de la forêt, la vue est superbe. À ma droite se trouve Avalanche Peak dont la crête se poursuis sur Lyell Peak et enfin sur Mount Bealey, là où je vais. Avalanche Peak et recouvert d’une fine couche de neige. Je voulais aussi y grimper mais j’ai bien fait de démarrer par le Mount Bealey car du coup je ne suis pas sûr d’avoir l’équipement pour y aller.

Ça se corse vite : comme très souvent en montagne en NZ, les champs de pierre sont là pour tendre des pièges. Celui-ci est très piégeux, non pas parce qu’il est complexe ou technique, mais parce qu’il est dangereux. Il faut passer par la crête et tout ici est un champ de pierre : la crête et les 2 faces qui tombent presque à pic de chaque côté. La crête doit faire moins de 20 mètres de large.

Je me pause un bon 5 minutes pour regarder comment passer ça en analysant bien le tout. Tout est question de logique et d’équilibre. Le problème c’est que la moindre roche qui glisse ou le moindre pied mal placé peu faire tomber d’autres pierres et faire effet avalanche. Alors il faut faire gaffe et être sûr.

Je remarque tout de même très bien que le côté gauche est bien plus dangereux que le côté droit qui paraît beaucoup plus solide avec plein de très grosses roches et un peu moins pentu. Je fais donc mon chemin en me positionnant plus sur ce coté que l’autre. Tout se passe très bien.

Je fais 300 mètres et me voilà à un autre niveau de difficulté : il y a une petite pointe de 10 mètres de haut et la crête devient plus fine. C’est là que je m’arrête. Je décide de ne pas continuer. En effet, j’ai maintenant une bonne vue sur la suite de la montée qui se corse de plus en plus. La fin est presque une lame de couteau et le Mount Bealey est superbe mais très dangereux et semble instable. La face qui se présente devant moi est une cascade de pierre qui tombe presque à pic.

C’est pas grave. Je ne suis pas alpiniste, je ne suis pas un professionnel de la montagne. Mais je sais tout de même voir le danger et rester les pieds sur terre. C’est là qu’il faut remballer son égo et savoir écouter à la fois son propre corps et raisonnement ainsi que ce qui nous entoure. Il ne faut pas oublier que la Nature est imprévisible et que nous ne sommes rien face à elle. Un accident est si vite arrivé. Je suis déjà très content d’être arrivé à cet endroit. C’était déjà bien coriace !

Il faut que j’aille tout là haut à droite ! Trop dangereux pour moi !

Il n y a tout de même pas à se plaindre : voilà la vue depuis mon petit bout de crête de pierres !

À droite dans le nuage : Avalanche Peak / milieu : Lyell Peak / À gauche en dehors du cadre : Mount Bealey

J’ai donc un peu plus de temps que prévu pour cette journée, alors je décide d’aller voir la cascade Devil’s Punchbowl. C’est un petit chemin de 30 minutes facile, mais après le Mount Bealey, ça paraît difficile : les cuisses brûlent un peu (beaucoup).

La cascade fait 130 mètres de haut et tombe à pic. Le débit est énorme et le petit vent pousse toutes les éclaboussures en plein sur moi. Je suis resté 1 minute et j’étais trempé comme si je sortais de la piscine.

 

C’était le moment humainement intéressant de la journée. Arthur’s Pass est un lieu touristique, nous sommes en début de haute saison touristique (j’y étais en Décembre).

En montagne c’est facile d’esquiver les gens. Mount Bealey, 1086 mètres de dénivelé pour 3 heures de montée : difficile et demande quand même un peu d’expérience = personne. Devils Punchbowl : 30 minutes facile = blindé de monde.

Quand il n’y a personne il n’y a jamais de problème. Quand c’est blindé de monde il y a toujours des problèmes. C’est incroyable. Sentier interdit aux chiens. Qu’est ce que je vois ? Une nana avec son chien. En NZ, on est très à cheval sur la protection de la nature : on ne sort pas des sentiers. Qu’est ce que je vois ? Un jeune grimper à un arbre près de la rivière à 30 mètres du sentier. Sur la plate-forme devant la cascade, tout le monde passe son temps à faire 40 photos qui prennent trois siècles avec des pauses tout le temps différentes pour avoir des likes sur Instagram…

Du coup ça crée une file pour pouvoir accéder au point de vue. Aaaaaah le 21ème Siècle… Aaaaaaaahh, le respect, la jugeote, le je-m’en-foutisme… Ne jamais regarder plus loin que le bout de son nez. C’est terrible et une fois de plus je perds foi en l’humanité. Même un piaf est moins con que ça.

 

À 5 kilomètres de là, je rejoins mon petit camping pour la nuit. Début de la haute saison touristique = premier arrivé premier servi. Je suis là dès 18 heures et nous sommes déjà 5. Nous ne serons au final que 15 sur un très grand terrain. Là pareil, il y a 2 écoles : l’aventure et le confort. Je suis sûr que tout est rempli au village…

À savoir que le camping en NZ est différent de chez nous ou de l’Europe. On appelle ça des Campsites ou des Campground. Ce ne sont pas des campings mais des terrains dédiés et aménagés pour le camping. Pas de réservation, pas de réception, pas de piscine, pas de lavabo, généralement pas de douche. Pour ça, il faut aller dans ce que l’on appelle un Holiday Park.

Un camping ici en gros c’est un champ avec une toilette sèche. Terminé.

Ces sites sont généralement des sites gérés par le DOC (Department Of Conservation) et il faut payer 8$ par personne par nuit. C’est un genre de petite taxe pour l’entretien du terrain et des toilettes, mais aussi pour les sentiers de randonnées gérés par le DOC.

Je glisse toujours un billet de 10$ car toutes les randos gérées par le DOC que j’ai faite, c’est impeccable et très bien fait, très bien repéré. Là, encore une fois, les toilettes sèches sont aussi propres qu’ à la maison et ça ne pue pas. Ils font vraiment un boulot au top du top.

Le Klondyke Campsite est très venteux. Il se situe à côté de la Waimakariri River et au croisement de 3 vallées ! Le lieu est superbe et sauvage. Par contre, mon gas cooker rechigne à faire bouillir mon eau… Malgré toute la protection que je lui donne (planqué derrière la porte de la voiture, entouré avec mon bidon de 10 Litres d’eau et mon sac à dos), le vent pousse la flamme. Je n’aurai que de l’eau bien chaude… C’est la première fois que je mets 30 minutes pour faire des pâtes, haha.

On annonce une nuit à 4 degrés. Il n’avait déjà pas fait plus de 10 dans la journée alors que je ne suis « que » à 750 mètres d’altitude. Vive la montagne. Même si il a fait beau ce jour là, l’été, on ne sait pas ce que c’est dans les Alpes néo-zélandaises…

Enfin, j’ai prévu le coup. J’ai 4 couches qui me servent de couverture et mon matelas en mousse est bien confortable. J’étais bien au chaud dans le coffre de mon Gordon qui, une fois de plus, montre sa polyvalence exceptionnelle. Je fais tout avec : déménagements, kayak, vélo, lit, maison… Je l’ai sûrement déjà dit mais je peux allonger mon 1m80 sans toucher le hayon.

Juste derrière moi voiture, au Klondyke Corner Campsite. Le paradis !

Ce qui est bien quand on est dans la nature comme ça, c’est que l’on peut vivre comme on devrait vivre : l’horloge et l’heure n’existent plus.

C’est le soleil que l’on regarde et que l’on suit, à l’ancienne. Quand la pénombre arrive, on va se coucher. Quand le soleil se lève, on se réveille.

Le sommeil est important (il occupe presque 1/3 de notre vie!) et je pense que presque tout le monde aime dormir. Quand on se réveille non pas en sursaut par un réveil mais par les premières lueurs du soleil, d’une façon on ne peut plus naturelle, là on se sent en vie et on se sent un être humain.

 

Il est 6h30. Je dois rouler 10 petits kilomètres pour rejoindre la Otira Valley Track.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé cette nuit là, mais je crois que j’ai été embarqué par des extra-terrestres sur l’exoplanète NZ2263B.

Le climat est Dan-tesque ! Et terriblement inquiétant… Les sommets des montagnes fument, les nuages se mouvent comme des ombres chinoises, un long nuage sans fin se fait pousser par un vent puissant dans une vallée tellement petite qu’on peut la traverser en faisant deux pas.

Devant un tel accueil et une telle démonstration de force, je me fais tout petit. J’enfile ma combinaison (mon manteau), mon casque spatial (ma capuche) et mes gants. Une fois ma réserve d’oxygène sur moi (mon sac à dos), j’entame le début du sentier qui se faufile au milieu de la Otira Valley.

À ma droite, un nuage passant derrière Avalanche Peak se transforme subitement en une main qui se plie en un poing (je ne blague pas !). Derrière moi, cette longue langue de vapeur défile toujours. Au loin, les sommets Cassidy et Blimit, enneigés, se cachent et se montrent toutes les 2 minutes, au gré des nuages qui passent.

L’exoplanète NZ2263B est fascinante. Je suis face à des paysages uniques, dans une ambiance de ténèbres, sous une lumière que je n’ai jamais vue. Le Mount Cook, c’est du pipi de chat à coté. À mesure que je monte, ça s’amplifie.

Le sentier rejoins la Otira River qui prend sa source tout au bout de la vallée. Son eau glaciaire est transparente comme l’air. En y trempant mon doigt, je peux sentir sa forte odeur de roche qui prend instantanément au nez.

Après 1 heure de marche, le sentier disparaît. Pour aller au fond de la vallée, il faut traverser encore un de ces fameux champs de pierre. Celui est très correct, peu pentu. Je presse tout de même un peu le pas car il doit faire pas loin d’un kilomètre en longueur. Plus on y reste longtemps et plus on s’expose au danger.

À ma gauche, la montagne est percée d’une multitude de cascades qui rejoignent la Otira River. Toute cette eau présente sur la face permet à la verdure de pousser. À ma droite, un mur de pierre froid, féroce et tailladé se dresse. Devant moi, le bout de la vallée avec le Mount Philistine (1967m) sur la gauche et le Mount Rolleston (2275m) sur la droite. Cela forme un circ de pierres partiellement recouvert des restes d’un glacier, la source de la Otira River.

À ma gauche…

… Et à ma droite ! Deux paysages bien différents qui se font pourtant face de quelques petites centaines de mètres seulement !

Maintenant en milieu de matinée, le climat s’est un peu calmé, mais la puissance de la montagne est toujours aussi majestueuse. À maintenant 30 mètres de moi, j’approche le bout du glacier comme si c’était une rencontre du troisième type…

La Otira Valley est pour moi le plus bel endroit que j’ai pu voir en 2 ans dans ce pays. Totalement irréel ! Aucun mots pour décrire la sensation que j’ai eue pendant ces heures de marche.

Vue panoramique sur la Otira Valley

Vue sur le Mount Rolleston

Seul sur la mer de pierres, de plus en plus près du Mount Rolleston !

Les détails du Mount Rolleston sont magnifiques de puissance…

C’est comme ça qu’on est accueilli au paradis !

L’après-midi, je vais sur la cote Ouest. Changement de décor ! Revoilà un petit bout de plaine avec des champs et des fermes. Je m’arrête à Te Kinga pour grimper en partie la montagne du même nom. Aller à son sommet prend 8 heures. La forêt native sub-tropicale est magnifique et couverte de vert du sol à la cime des arbres.

Puis je rejoins Moana et le Holiday Park où je vais passer la nuit. Cette fois il y a des douches et même une cuisine et un salon à disposition. Le soir, je suis allé au restaurant et il y avait plein de photos d’époque qui montraient les conditions du travail du bois dans les années 1900-1940 et aussi des photos des scieries. Intéressant d’avoir le témoignage visuel de cette petite ville.

Le lac Brunner, à Moana. Vue sur le Mount Te Kinga.

Levé de soleil, Moana

Je rebrousse chemin vers Arthur’s Pass en m’arrêtant dans le petit village de Otira. Un village fantôme qui ne l’est pas encore. C’est un vrai voyage dans le temps. Les quelques maisons sont encore d’époque, tout comme les poteaux électriques en bois tout tordus recouverts de mousse. On a pas encore l’asphalte…

Vue sur le village de Otira, retour dans le passé

Je décide de faire le Bealey Valley Track. Celui-ci démarre par la forêt, superbe et toute verte de partout comme à Te Kinga. Le climat est menaçant comme un vrai climat de montagne, mais l’ambiance est différente de la veille à Otira Valley. C’est dailleurs étonnant à quel point cette vallée est différente de Otira alors qu’elles sont voisines ! À vol d’oiseau, il n y a même pas 1 kilomètre.

La forêt se transforme vite en un long champs de pierres, encore une fois. La Bealey River se faufile au milieu d’un enchevêtrement de pierres de toutes les tailles imaginables. C’est très compliqué d’avancer convenablement car le terrain est exigent. Sur les cotés je vois des lapins sauvages sautiller tout comme je sautille entre les rochers.

Pareil, pas de sentier ici. Il faut naviguer à l’œil et utiliser sa tête. Rester sur le coté gauche de la rivière s’est avéré le meilleur choix. Il a tout de même fallut que je passe au milieu une fois avant de revenir à gauche. Mes chaussures étanches m’ont vraiment bien servies. Puis il a fallut que je contourne un énorme rocher de peut être 5 mètres de haut en escaladant sur le coté. Problème : ce gros rocher était coincé dans un encore plus gros morceau d’une matière différente : le limestone. Le limestone c’est hyper friable. Il faut tester ses prises plus d’une fois et faire très attention.

Une fois cette dernière difficulté passée, je me retrouve coincé dans le fond de la vallée : tout au bout, la roche se resserre fermement puis est bloquée par une haute langue de glace qui vient du Mount Lancelot (2112m). À droite, deux grandes cascades descendent de la montagne. C’est superbe !! Passer ce terrain exigent valait le coup.

Et voilà le moment du retour, que je fais tranquillement. Je m’arrête un peu partout, comme au viaduc de la Otira Valley et le long de la Waimakariri River, absolument magnifique tout comme la route qui traverse cette partie des Alpes néo-zélandaises.

Otira valley Viaduct

Vue sur la Waimakariri River, depuis la Route 73

Vue sur la Waimakariri River, depuis la Route 73

Pont au-dessus de la Cass River, Route 73

La Nouvelle-Zélande, c’est ce pays où chaque roadtrip est une aventure hors du commun dans des paysages littéralement époustouflants. La nature dans son état le plus pur. La très faible population de l’île du Sud permet une vraie immersion interplanétaire !

En savoir plus sur Arthur’s Pass : visitez le site du DOC (Department Of Conservation)

Aymeric – Pictures From The World
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1 an de PVT Nouvelle-Zélande ! Le résumé !

Moi-même je n’y croît pas, cela fait maintenant 1 an que je suis en PVT Nouvelle-Zélande ! Et ce n’est pas fini, car après avoir travaillé 3 mois dans l’horticulture, j’ai pu avoir mon extension de Visa, me rajoutant 3 mois. Dans cet article, je reviens sur cette année où il s’est passé beaucoup, beaucoup de choses.

En 1 an, je suis (re)parti de 0 pour arriver à 0,9. Le 1 sera quand j’aurai mon Visa de Travail. C’est mon nouvel objectif pour cette année 2019 : m’installer à long terme en Nouvelle-Zélande. Suivant la durée de mon prochain contrat de travail « Full Time », cela peut aller de 1 à 3 ans. Renouvelable, cela me laissera le temps d’appliquer à la Résidence Permanente.

Repartir de 0

Arrivé à Auckland sans voiture, sans travail, dans un pays que je ne connais pas et où je ne connais personne. Si ça c’est pas le niveau 0, je ne sais pas ce que c’est. Pour seule corde de sauvetage, 15 mois d’économies sur mon compte en banque.

Lors de mon premier PVT en Australie en 2016, le budget avait été un problème conséquent : il était 2 fois plus faible que celui que j’avais pour la NZ. Conjugué à quelques mauvais choix et une faible confiance en moi (la première fois), le projet avait « capoté » au bout de 3 mois dans le pays.

C’est de cette expérience ratée que je me suis nourri pour ce PVT en Nouvelle-Zélande. Et c’est grâce à cet « échec » que j’ai magistralement réussi mon PVT NZ. Les erreurs sont là pour votre bien, surtout si utilisées à bon escient.

5h30 du matin… C’est seul sur la 75 Mile Beach que je vais admirer le levé de soleil absolument magique. Parfait pour démarrer la journée ! Fraser Island, Australie

Le niveau 0

Je suis arrivé avec la boule au ventre de ne pas réussir à nouveau. Le stress du budget n’étant plus là, ça a quand même été d’une grande aide. Et une fois le boulot d’ouvreur de moules, trouvé en seulement 4 jours, je me suis dit que la « galère » de mon PVT Australie était déjà loin finalement.

Ce n’est pas pour autant que tout a été facile. Toujours obligé d’utiliser les transports en commun, c’est pas la facilité de la voiture. Il faut faire avec le climat, Il faut respecter des heures, il faut marcher, il faut attendre… Heureusement, à Auckland les transports en commun sont assez développés, bien organisés, et toujours pile à l’heure.

Ma première colocation à Drury, ça n’a pas été facile non plus. 12 semaines à 8 dans une maison pour 5, avec comme colocataires (et leurs potes) la moitié de fêtards-bruyants qui tournent au cocktail bière-cigarette-joint-et plus. Je n’ajoute pas la propreté et le rangement dans la maison… C’était pas loin du taudis. Enfin, je m’étais un peu jeté dans la gueule du loup aussi. Les premières fois, sans expérience, on se fait toujours un peu avoir.

Un très mauvais souvenir, haha

Heureusement, on était pas sur les mêmes horaires. J’ai surtout eu le bordel de la fiesta de la veille laissé en place en me levant tous les matins, et le réveil à 3 heures du matin 5 nuits sur 7 par des gens bourrés en train de gueuler par-dessus la musique dans le salon.

La dernière semaine où j’y étais, j’ai eu droit à 2 réveils avec l’odeur de crack dans la maison. À vomir. Je prenais mon petit déjeuner dehors pour pouvoir respirer. C’était l’hiver, plutôt sympa par 5 degrés et parfois sous un parapluie.

Depuis ces 30 dernières années, c’était une de mes pire période à vivre. Je croyais en être à 0,1 sur 1, mais en fait j’étais toujours à 0.

C’est de là que je suis réellement parti. Aussi bas que la terre est basse.

Roadtrip dans le Northland

Je suis parti habiter à Takanini, et 3 semaines plus tard mon contrat de travail s’est terminé. Je suis parti 5 jours en roadtrip dans le Northland. Ça m’a fait du bien de partir à la découverte du pays. D’autant que la colocation à Takanini, bien que 1000 fois mieux qu’à Drury, était quand même particulière.

Omapere

Whangarei Heads

Lever de soleil à Opononi, dans le Northland, Nouvelle-Zélande.

Georges, le proprio, était spécial. Un « control freak » à tous les niveaux qui écoute la télé comme si il voulait que ses voisins l’écoute aussi. Un maniaque du tri des déchets. Je faisais tout pour l’éviter. Je me faisais à manger après 20 heures pour ne pas l’avoir sur le dos (il venait tout le temps mettre son nez, donner des conseils à tout va, faire à ma place, etc).

Mes 2 colocatrices et leurs 3 enfants sont parties avant moi. Georges n’aimait pas le bruit. Alors, de 1 des enfants ça fait du bruit c’est normal. Et de 2 , en fait, ils étaient pas si bruyants que ça. Enfin bon.

Je ne suis pas parti à cause de tout ça, mais à cause du boulot. Car grâce à une connaissance et à ses contacts, me voilà à l’autre bout d’Auckland : Kumeu.

La meilleure période de mon PVT Nouvelle-Zélande

À revenir en arrière, je crois que c’était la meilleure période de mon année de PVT. J’avais un super boulot relaxant qui sentais bon (quoique la paie n’était pas au top mais on ne peut pas tout avoir), j’habitais à la campagne, les magnifiques plages sauvages d’Auckland à 15 minutes, dans une maison assez sympa et surtout très très calme, et en prime c’était le printemps.

Muriwai Beach et sa colonnie de Gannets.

Coucher de soleil depuis le jardin de la maison à Kumeu

Côté boulot, si j’enlève le manque d’organisation et les quelques branleurs, c’était le meilleur de mes boulots jusque là. Pourquoi ? Pour la sensation de liberté. C’est le premier boulot que je fais où en fait tu peux faire presque tout comme tu veux. C’était vraiment fun, relaxant et motivant. Il y avait toujours quelque chose de nouveau à faire, à modifier ou à changer.

J’ai fait énormément de tâches, beaucoup de travail (et d’heures), et bien que ce ne n’était que de simples fleurs, j’ai beaucoup appris. Même si forcément certaines journées étaient longues, j’ai toujours été content de venir bosser, ce qui est assez rare pour moi au bout de quelques mois, car j’ai la fâcheuse tendance à très vite me lasser.

Déménagement à Christchurch

Mon contrat de travail se finissant avec la fermeture annuelle de l’été, et mon envie grandissante de rester toujours plus longtemps dans ce pays, j’ai appliqué à l’extension de mon PVT, me donnant 3 mois supplémentaires sur place. Je décide de prendre 1 mois et demi en mode relax sans travailler avant de partir pour Christchurch.

Mon prochain objectif : le Essential Skills Visa. Il va me falloir un travail temporaire en Full Time qui correspond à mes diplômes et à mon expérience. C’est autre chose que de chercher un petit boulot comme ça a été le cas jusque là.

En attendant, je descend en roadtrip sur Christchurch. Rotorua, Taupo, Palmerston North, Wellington, Kaikoura. Un beau roadtrip dans de très beaux paysages sauvages et assez exempt de monde et de touristes, pour mon plus grand plaisir.

Rotorua, Vallée de Waimangu

Vallée de Waimangu, Rotorua

Tongariro National Park

Kaikoura

Du pain sur la planche

Arrivé à Christchurch, j’ai eu du pain sur la planche. Recherche de boulot, nouvelle colocation, découverte d’un nouvel environnement, beaucoup plus calme et vert qu’à Auckland. Le coût de la vie est aussi un peu inférieur car moins de trajets et d’embouteillages, et l’immobilier est bien moins exorbitant.

Je trouve assez rapidement mon nouveau boulot, en un peu moins de 2 semaines. J’ai assemblé des lignes de production pour appareils électroménagers. La meilleure paie que j’ai jamais eue de ma vie : 25$/h, + 8%/h de « Holiday Pay ».

Après m’être fait viré de ma première colocation après quelques différents, j’ai emménage à Riccarton où je suis toujours. Décidément, c’est jamais simple les colocations !

Après 2 mois chez Scott Technology, mon contrat s’est fini juste la dernière semaine de mon année. Encore une fois, j’ai appris énormément de choses et j’ai fait beaucoup de choses entre assemblage, ajustement et préparation à la fabrication. Malheureusement, ce n’est pas ici que j’aurai mon contrat en Full Time. Les projets de l’entreprise sont trop incertains et ne peuvent courir le risque de me garder pour 1 à 3 ans.

Centre-ville de Christchurch

Sugarloaf Scenic Reserve

Coucher de soleil depuis la maison où j’habite

New Brigthon Beach, Christchurch

Sumner, banlieue de Christchurch

Une fin qui se fini bien

Pendant ce temps là, j’ai galéré un peu plus d’un mois a trouver un travail en Full Time. C’est vraiment pas la même cour. Tous les 3 jours, je passe facile 2 heures sur les sites principaux de recrutement. Je peaufine mon CV, je fais une lettre de motivation différente à chaque entreprise, je visite leurs sites internet,… J’ai postulé facilement à 15 annonces qui correspondaient à 100% à mon profil.

Par pur hasard, je dégote une boîte de recrutement qui travaille avec le Ministère de l’Immigration. Maintenant inscrit, je n’ai plus qu’à réussir un entretien d’embauche et une journée d’essai, et c’est comme si mon Essential Skills Visa était dans la poche. Bon, c’est les grandes lignes bien sûr !

Pendant la dernière semaine de mon année de PVT, j’ai réussi ce fameux entretien et cette fameuse journée d’essai ! Le Visa n’est pas encore là, on en reparlera d’ici 1 mois, mais je suis bien parti.

Je travaille chez Wyma. Ils conçoivent, fabriquent et assemblent des chaînes de nettoyage de fruits et légumes. Très grosse entreprise, connue et reconnue en Australie et aux USA, même en Europe. Quand à la Nouvelle-Zélande, quasiment tout le monde est équipé Wyma.

Je suis donc opérateur de presse à commande numérique. Les plaques d’inox sont découpées à la machine laser puis viennent à nous. On se charge de les plier, suivant plan, avec la presse hydraulique. À terme, je suis censé être formé sur la machine à laser en plus de la presse. Ça va encore faire des choses à apprendre.

Un retour en France pas du tout d’actualité

Pour ce qui est du retour en France, eh bien c’est toujours pas d’actualité. La mentalité d’ici me correspond beaucoup mieux. En plus je suis dans une ville très agréable à vivre où on a la mer et les montagnes en même temps.

Lyttelton, banlieue de Christchurch

Oui la vie est plus chère, tout est plus cher que chez nous. Mais les salaires sont beaucoup plus élevés. Dailleurs, le Smic va encore augmenter en Avril : +1.20$/h soit 17.70$/h. Tout comme quand j’étais au Canada, je suis payé 40 à 60% de plus pour faire le même travail.

Oui, moins de protection au travail (généralement 5 jours de préavis au lieu de 1 à 3 mois en FR par exemple). C’est libéralisme à fond. Mais tout est plus facile car ça bouge tout le temps : facile et rapide de perdre son travail, mais facile et rapide aussi d’en trouver un autre car le marché est très très loin d’être surchargé. En un an, j’en suis à mon 4ème métier. Je n’ai jamais eu plus de 2 semaines entre deux boulots, sauf quand c’était voulu.

Le pays est calme, stable, en pleine croissance économique et démographique. Tout le monde est gentil, souriant, tolérant, curieux, avenant. Je n’ai jamais vu une personne morose, ou quelqu’un s’énerver. En même temps, ici il n’y a rien pour s’énerver. Et en prime, on est en guerre contre personne (tout comme personne n’est en guerre contre nous) et on ne balance pas des bombes et des missiles à tout va.

En résumé, on est tranquille-pépère, on entend les mouches voler, et la dernière chose qu’on veut c’est qu’on parle de nous (surtout en bien) : on veut garder notre tranquillité.

Le budget sur 1 an

Mise à jour sur le budget !

Pour le départ, entre l’avion, l’assurance voyage pour 1 an, les 2 premières semaines à m’installer sur place et l’achat de ma voiture, j’en ai eu pour environ 4,000 E. Ensuite, il faut compter 1,600$NZ/mois de dépenses « si on ne sort pas de chez soit » et qu’on est en colocation.

Les 6 premiers mois, j’ai dépensé 13.500$NZ sur place, avec un roadtrip d’une semaine, 1.500$ dans le futur Visa Essential Skills et des achats de vêtements pour l’hiver. Je ne connaissais pas encore tous les petits trucs pour dépenser un peu moins. Soit 2250$NZ/mois

Les 6 derniers mois, avec tout en place et plus de connaissances, je suis passé à 10.700$NZ, avec 1.300 kilomètres de roadtrip, traversée en ferry entre les 2 îles (pas donné !) et un 500$ de plus dans le futur Visa. La colocation moins coûteuse les 3 derniers mois + les embouteillages devenus inexistants ont un peu aidé aussi (vive Christchurch). Soit 1800$NZ/mois.

Dans mes périodes de travail, j’ai pu économiser de 25 à 55% de ma paie (suivant le taux horaire que j’avais). Si aujourd’hui je changeais mes $NZ en Euros, je me retrouverais avec le même montant que quand j’étais parti ! Au final, c’est comme si je n’avais rien dépensé !

Début du Visa EHV !

Il se finira le 1er Juillet. L’aventure continue ! J’espère donc repasser sur un Work Visa après ça !

Cette année de PVT a vraiment été riche, pas une seule seconde d’ennui ! C’était fou.

Toutes ces expériences et ces histoires m’ont donné 2 grosses envies :

  • Ouvrir un blog pour aider les futurs pvtistes ou simples voyageurs en Nouvelle-Zélande;
  • Écrire un ebook pour vous raconter cette année de PVT de manière romancée.

Vous seriez intéressé ?

On se retrouve dans 3 mois, je vous dirai si j’ai mon Visa Essential Skills ou non !

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je?

6 mois en Nouvelle-Zélande !

6 mois que je suis en pvt Nouvelle-Zélande !

Moi qui avait comme projets de faire plein de randonnée, de faire des Great Walks, du camping, de voyager sur les 2 îles, de grimper des montagnes, de refaire du Pedicab, de faire un trip de kayak de mer sur plusieurs jours, de faire l’aller-retour Auckland – Cape Reinga à vélo (1.000 kms) en semi-autonomie…

Me voilà toujours sur Auckland à bosser comme un ouf. Ça ne veut pas dire que ça n’arrivera jamais, mais que les probabilités de faire tout ça avant la fin de mon Visa PVT sont de 0,01%.

Car mon projet d’aujourd’hui à une toute autre allure : je veux rester en Nouvelle-Zélande. J’en parle un peu plus bas. Avant ça, je vous parle un peu plus de mon nouveau travail.

Les orchidées

Trouvé par bouche à oreille, je suis cueilleur d’orchidées en serre. Enfin, après presque 2 mois maintenant, je fais un peu de tout : cueillette, emballage, cartons, maintenance, jardinage,…

En ce moment (fin Septembre), c’est la fin de la saison de cueillette. La charge de travail va tout de même être énorme.

Il faudrait commencer par changer la double épaisseur de bâches en plastique du toit, pour démarrer, ou au moins les nettoyer (vive la mousse et les excréments d’oiseaux). Des rigoles de retenue d’eau fuient par-ci, par-là.

Il faut enlever et stocker tous les Yoyos, les crochets et les ficelles, tous suspendus depuis des câbles métalliques suivant inlassablement les rangées de pots de fleurs. Le tout permet de faire pousser les tiges bien droites, car trop tordu = pas vendable.

Alors c’est facile, vous allez me dire. Pas tant que ça. Les bras en l’air toute la journée, ça muscle les épaules. 4 lignes de 25 mètres de long chacune par rangée. La surface d’un terrain de football à traiter. J’estime à 2 semaines de boulot rien que pour les yoyos, en s’y mettant à plusieurs.

Après, il faut faire :

  • Le prunning (découpe des feuilles pour la repousse)
  • Enlever les pots « malades » (atteints par des parasites) ou les pots trop vieux
  • Remettre des nouveaux pots et/ou rempoter
  • Vérifier et faire la maintenance de tout le système d’irrigation.
  • Nettoyer les rangées et les allées en enlevant toutes les feuilles coupées, les mauvaises herbes, la mousse etc.
  • Traiter avec des insecticides et désherbant en pulvérisation pour repartir sur du propre.

Un terrain de football à traiter à chaque étape, le plus long étant probablement le prunning, qui prend une journée de 9 heures pour faire un seul carré (il y en a 20 au total). À mon avis, on aura tout juste assez des mois d’été pour finir avant la nouvelle saison.

Mais c’est très bien. Impossible de s’ennuyer, et il y a des heures à faire, des thunes à se faire et à économiser. C’est tout ce qu’il me faut ! Cependant, c’est plus physique, et les températures augmentes.

Quand ça augmente un peu à l’extérieur, ça augmente beaucoup à l’intérieur. Exemple : 18 degrés et 60% d’humidité à l’extérieur, 29 degrés et 103% d’humidité à l’intérieur, aucun vent bien sûr, plus le soleil qui te tape dessus, effet « toit en plastique » oblige.

Ou comment expérimenter l’effet de serre (d’où le nom, haha) en conditions réelles. Bouteille d’eau, casquette et lunettes de soleil obligatoire.

Prochain roadtrip ?

Avec tout ça, je n’ai fait qu’une toute petite semaine de « voyage » à proprement parler, en 6 mois ! Bien sûr, dès qu’un weekend se présente, je fonce dans les nombreux parcs régionaux et nationaux autour d’Auckland.

Malgré tout, j’ai déjà fait 4.000 kilomètres avec ma voiture Gordon, dont 1.000 pour le-dit roadtrip. J’en parle plus bas.

Je suis vraiment très content de mon achat.

Sous l’accélérateur, le moteur à l’air comme neuf, vif comme au premier tour de roue. Pas une fuite ou perte de quelque liquide que ce soit, pas un voyant de défaut électrique allumé, pas un bruit de plastique qui couine, tout fonctionne comme au premier jour. Et le tout a 21 ans et 197.000 kilomètres de services… Qui dit mieux ?

Bref, le prochain roadtrip va arriver ! Et il promet d’être grandiose : je vais relier Auckland à Christchurch, sur l’île du Sud, en passant par de nombreux points d’intérêts.

Départ : Janvier ou Février 2019 !

Et après la fin de mon Visa ?

Mon Visa perdra sa validité le 31 Mars 2019… C’est dans 6 mois, mais j’en pleure déjà.

« Enfreindre les règles ». C’est le titre d’un chapitre de mon livre sur mon année de PVT en Nouvelle-Zélande que j’ai commencé à écrire. Car en voyage, si il y a bien une règle que j’ai apprise, c’est de ne jamais s’attacher si l’on veut continuer ce fameux voyage.

Manque de pot, la Nouvelle-Zélande, c’est 100% mon kiff. Je ne vais pas faire un discours de 100 pages sur pourquoi je ne veux pas revenir en France, mais je ne veux absolument pas m’y réinstaller. J’ai déjà donné 2 fois…

Pour mener à bien cette mission que j’ai aujourd’hui, j’ai plusieurs options de Visa de travail. J’ai choisi le Essential Skills, qui devrait me permettre de rester 3 ans supplémentaires, pendant lesquelles je vais pouvoir préparer ma résidence permanente (PR). Avec la PR, je pourrai rester à vie en Nouvelle-Zélande.

Alors bien sûr, la chance que j’ai là dedans, c’est que l’emploi que j’occupe (mon vrai boulot, pas les fleurs ni le moules) est sur la liste des emplois qualifiés en pénurie dans le pays ! Sans ça, je pouvais dire adieu !

J’ai déjà entamé les démarches pour le Visa Essential Skills. C’est pour ces raisons que je bosse toujours à fond (plus de 45 heures par semaine), car tout ça est loin d’être gratuit : je compte environ 2.500$ pour le total, et quelques mois de démarches et de traitement de dossier…

Le centre-ville d’Auckland vu depuis le Mount Eden

La Nouvelle-Zélande, pour moi le meilleur compromis !

C’est clairement le meilleur compromis entre tous les pays que j’ai visité. Il y a évidemment des défauts, comme partout. Ici,c’est surtout le coût de la vie qui pêche le plus. J’ajoute la distance par rapport à la France : pourquoi est-ce si loin ?

Comme au Canada, peu de protection sociale (c’est pour ça aussi qu’on paie moins d’impôts et de taxes!). Un bien pour un mal qui permet de s’éduquer financièrement et de ne rien attendre des autres.

Mais à côté de ça, ici c’est comme le paradis.

  • La mer et la montagne à portée de main
  • Une nature préservée et respectée comme jamais je ne l’ai vu, où tout le monde y va de soi-même pour continuer de la protéger.
  • Le respect des autres et d’autrui semble être un talent né.
  • Gentillesse, ouverture d’esprit, curiosité envers les autres.
  • Il n’y a absolument aucun problème entre les communautés asiatiques, indiennes, anglaises, néo-zélandaises, etc. Il n’y aucune haine de quoi que ce soit (mais toujours une minorité de racistes tout de même).
  • Le terrorisme, la guerre, on ne sait vraiment pas ce que c’est. Il suffit d’en aborder le sujet, c’est simple, c’est comme si vous essayiez de communiquer en Russe.
  • Les sirènes de police, c’est une fois par mois qu’on en entend une, pas plus (1,5 million d’habitants à Auckland, je rappelle).
  • Le système d’éducation et le système de santé sont au-dessus de la France en terme de qualité et de service, même si encore une fois tu le paie de ta poche (compter 7.000$ une année universitaire).
  • On y vit dans une tranquillité et dans un calme plus qu’absolu. Ici, quand on est pas dans les embouteillages d’Auckland, absolument tout est relaxant !
  • Il n’y a pas tout le foin, la morosité omniprésente, la peur (il faut dire, on est pas aidé, je suis d’accord!), et disons-le clairement une dégradation générale importante de la vie de tous les jours comme on a chez nous.
  • La lumière unique, les couleurs, les paysages sont un plus énorme !

L’hiver le plus chaud de ma vie

Côté climat, le top pour moi est plutôt du côté de l’Australie. Ici, c’est clément à l’année. Pas d’hiver à -30 pendant un mois avec 3 mètres de neige cumulée comme au Québec. Les étés, il ne fait pas hyper aride et 35 tous les jours. Le bon compromis, encore une fois.

Cet hiver, au grand minimum 2 degrés le matin pendant seulement 3 jours, sinon 8 à 15 degrés l’après-midi. L’hiver le plus chaud de ma vie ! Pas tant de pluie que ça, car les éclaircies sont très nombreuses, et le temps où ça tombe est très court. C’était clairement bien agréable !

3 mois de découvertes à et autour d’Auckland

Auckland

Western Spring Park, Auckland.

Parfait pour passer une demi-journée au milieu de cygnes, canards et oies.

Sky Tower

Après-midi au 60ème étage de la Skytower, dégustation de meringues à la framboise et superbe coucher de soleil. Avec 220 mètres de haut, on la voit de partout, cette tour. J’habite actuellement à 25 kilomètres du centre-ville, et je la voit, tout au loin !

Jardin d’hiver d’Auckland

Retour à Mount Eden

Retour à One Tree Hill pour les cerisiers en fleurs

Albert Park

Queen Street

Bethells Beach

Située non loin de Piha Beach, c’est un peu la petite sœur, mais en encore plus sauvage car beaucoup moins d’habitations. J’ai parcouru une courte partie du Te Henga Trail, pour me poser à O’Neill Bay Beach. Toujours aussi sympa !

Muriwai

Un lieu absolument superbe sur la côte Ouest !! Surtout gràce à la colonnie de Gannet qui vit ici toute l’année. Peut être le plus beau et le plus sauvage autour d’Auckland.


Et j’ai fait 4 jours de roadtrip dans le Northland !

J’en parle dans cet article dédié !

Une idée de budget sur 6 mois (décliné à la semaine pour les voyageurs court terme)

Je compte ici le budget sur place uniquement (pas d’avion/assurance/visa et tout le bazar).

En sachant que je vis en collocation (non centre-ville), que j’ai une voiture (possédée depuis 4 mois), que je suis non fumeur et non buveur.

  • Je ne compte pas le prix d’achat de la voiture non plus.
  • Le budget activités est tout petit car je fais surtout de la rando (et c’est gratuit).
  • Je compte pour une seule personne.
  • Taux de change 3 Octobre 2018.

Logement : 4400$NZ (2500€) >> 183$ / 104€ par semaine
Nourriture : 3240$NZ (1840€) >> 135$ / 77€ par semaine
Voiture sur 4 mois : 1650$NZ (940€) >> 103$ / 58€ par semaine
Activités : 180$NZ (102€) >> 7,5$ / 4,25€ par semaine
Divers : 1490$NZ (850€) >> 62$ / 35€ par semaine

TOTAL : 10960$NZ (6200€) >> 460$ / 260€ par semaine.

Voilà donc pour ce petit compte-rendu de mes 6 mois en Nouvelle-Zélande !

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
Qui suis-je?

3 mois en Nouvelle-Zélande !

3 mois en Nouvelle-Zélande, le temps passe sérieusement vite ! Voici déjà un nouveau petit compte-rendu. Ma progression au boulot, ma voiture, mes nouvelles découvertes, ce que je pense du lifestyle, et bien plus encore ! Commençons, sans plus attendre.

Ma deuxième impression sur le coût de la vie

Eh bien comme pour beaucoup de choses, on s’y habitue ! Bon, au 1er Juillet, les taxes sur l’essence ont changées, augmentant le prix au litre de 12 centimes. Encore une nouvelle chose à s’habituer, alors.

J’ai regardé vite fait le prix de l’immobilier sur Auckland. Même perdu à 35 kilomètres du centre-ville, une maison vaut encore 500.000$ ou plus. D’ailleurs, à Drury (où j’habite), il y a une maison à vendre : F4 90 mètres carrés assez récent et sans travaux pour 660.000$.

Au centre-ville, un studio de 25 mètres carrés vaut 200.000$. Pour 400.000, un studio plus grand avec du standing et balcon peut se trouver. Compter 500.000$ pour un appartement 2 pièces, 700.000 si on ajoute le standing et la vue sur l’océan. La première maison de ville que j’ai vue est à 1.300.000 (un F4 de 100 mètres carrés).

Le centre-ville d’Auckland vu depuis le Mount Eden

Maintenant que j’ai une voiture (j’en parle plus bas), j’ai également découvert le coût des engins motorisés.

L’essence coûte chère : sur Auckland, 2,04 à 2,33 le litre de sans plomb 95 , augmentation récente incluse, selon la marque, et selon la localisation de la station service. Plus c’est perdu, plus c’est cher. Avantage : il existe des cartes de fidélité, permettant des économies de 6 à 10 centimes le litre (si on prend plus de 40 litres).

Pour l’assurance, c’est vraiment pas cher. Mon break Nissan Primera me coûte 32$ par mois, assuré au tiers + vol + incendie + bris de glace. En sachant que je suis un étranger, avec un permis de conduire dit « limité », je suis considéré comme « jeune conducteur » malgré 9 ans de permis.

Les garages et pièces détachées ont des prix similaires à ce qu’on a en France.

Le bon point : il n’y a que 3 péages dans tout le pays, et les radars quasi inexistants. On peut prendre la route sans trop se faire dépouiller.

La voiture

Acheter une voiture d’occasion est très très facile. Il y a des garages par centaines, et le « Le Bon Coin » du pays regorge d’annonces (TradeMe). C’est un vrai eldorado.

Encore plus faciles sont les démarches. On va à La Poste, on rempli un formulaire d’une page, on le fait tamponner au guichet, on paie 9$, et voilà. 2 minutes chrono.

Le Contrôle Technique s’appelle ici le WOF (Warrant Of Fitness). La Carte Grise s’appelle la Registration. Et il y a aussi la REGO, une taxe qui permet de pouvoir rouler la voiture légalement sur les routes.

Le WOF est beaucoup moins strict qu’en France (et moins cher). Par contre, c’est tous les ans pour les véhicules après 2000, tous les 6 mois pour les véhicules avant 2000. La Registration ne se fait que pour un véhicule neuf, ou importé, ou qui n’a pas roulé plus d’un an d’affilée.

Bref, j’ai ma voiture ! Je vous présente ma Nissan Primera break. Nom de code : Gordon.

« Voiture de backpacker » oblige, elle est vieille (1997), et kilométrée (193.000). Mais mes connaissances me disent que c’est du lourd et que tout est propre. Après toutes les annonces que j’ai parcourues, après tous les essais de faits, je peux dire que c’est la meilleure de toutes !

J’ai également tout ce qu’il faut pour partir en roadtrip avec et aussi dormir dedans. Matériel de couchage, matériel de camping, matériel de cuisine. Impeccable !

J’avais juste les pneus arrière a changer. Une vidange, des bougies et un filtre à air plus tard, me voilà déjà avec un peu plus de 600 bornes en 2 semaines. C’est que Auckland, c’est très très grand.

Auckland

Euh non, Drury ! Mais Drury fait partie de Auckland, donc je ne sais pas trop quoi mettre.

Auckland, c’est un peu comme Los Angeles. Il y a un centre-ville avec des buildings qui s’étend sur 10/15 kilomètres carrés, et il y a tout le reste de maisons de banlieue tout collé qui s’étend dans un cercle de 70 kilomètres de diamètre et même plus (oui, oui!).

Voici les distance, en voiture, depuis le centre-ville. Au Sud il y a Drury, à 35 kilomètres. À l’Ouest il y a Waimauku, à 32 kilomètres. Au Nord il y a Waiwera, à 43 kilomètres. À l’Est, il y a Maraetai, à 38 kilomètres.

L’étendue de la région aucklandaise.

Par exemple, je suis allé à Piha Beach, depuis Drury. Cela représente 66 kilomètres de route. 66 kilomètres de faits, et toujours à Auckland ! C’est complètement fou.

Voilà donc deux mois et demi que je suis installé à Drury pour le boulot, comme expliqué dans mon article sur le premier mois.

À Drury, c’est tranquille, la porte d’entrée Sud de la campagne aucklandaise (après 35 kilomètres au milieu des maisons, enfin!). Une station service, deux garages, une école primaire, une petite église, deux bars, un restaurant, tout petit centre commercial proposant le basique, un rond point et une zone industrielle.

90% des habitations sont le long de la route nationale. Si on additionne les chevaux, les vaches et les moutons dans les prés, il y a plus d’animaux que d’habitants. Classique.

Tranquille et campagnard, bien plus modeste. Mais pas pauvre pour autant. Dans la partie Nord du village, un nouveau quartier s’est développé avec de très belles maisons. Le weekend, les autos sont de sortie, comme au centre-ville d’Auckland : Bentley, Aston Martin, Jaguar, Maserati, quelques vieilles américaines de collection rutilantes… ça défile.

Ma progression au boulot

J’ai progressé sur tous les plans, aussi bien en nombre de moules ouvertes qu’en folie pure, comme je l’ai expliqué dans mon article sur ce job. Mon esprit de compétition est au taquet, et je suis devenu un vrai chien avec mes collègues le long des convoyeurs. Un vrai ouvreur de moules, quoi. Bien sûr, en dehors de l’atelier, on est tous potes.

Mon premier jour, j’avais ouvert 3.400 moules. 8.683 était mon record au bout du premier mois. Déjà pas mal comme progression.

Mais avec l’expérience, les changements de technique, tous les petits détails ajoutés, la souplesse, la finesse et les améliorations faites à gauche et à droite, les chiffres ont encore augmentés. Au bout de 6 semaines, j’ai passé la barre des 10.000.

Je suis aujourd’hui le 12 ème meilleur ouvreur de l’usine, avec un record à 11.332. Pour donner un ordre d’idée : 1511 moules par heure, 25 à la minute, 1 moule en 2,4 secondes. Une bonne marmite de moules remplie en moins de 3 minutes chrono.

Je passe régulièrement la barre des 10.000. Et comme c’est paie au rendement, je gagne 50 à 100$ de plus par semaine maintenant.

Pour la folie, je suis devenu comme tous mes collègues : prêt pour l’asile ! Taré, déchaîné, cinglé, fou, appelez-moi (nous) comme vous voulez. Heureusement, en dehors de l’usine, tout redevient normal, haha !

Et après le boulot ?

Le travail finira dans quelques courtes semaines. Les moules, c’est malheureusement saisonnier ! Enfin, ça me fera du bien quand même après 3 mois. Les mains et poignets, l’épaule gauche, et le dos prennent quand même pas mal quand on va vite comme ça.

Le plan serait donc de me prendre quelques semaines de roadtrip dans le Northland (la longue péninsule au Nord d’Auckland), et de faire aussi un tour sur la presqu’île de Coromandel, au Sud Est d’Auckland. À voir selon les économies si je rajoute quelques autres coins.

Et une fois toutes ces découvertes faites, retour sur Auckland et recherche de travail à nouveau pour ensuite repartir encore à l’assaut du reste du pays en été. Parce que oui, ici, au mois de Juillet, c’est le début de l’hiver !

Je reste « au chaud » sur l’île du Nord, même si le Sud est certainement à couper le souffle sous la neige.

Brown’s Island, vue depuis Rangitoto Island

2 mois de découvertes

Les weekends, je passe toujours mon temps libre à découvrir les environs d’Auckland. C’est toujours aussi sympa. Il y a vraiment beaucoup à faire !

Piha Beach

J’y suis allé 2 fois. Ici, c’est un peu le petit coin de paradis d’Auckland, je dirais même le meilleur compromis de petit coin de paradis, à mon goût.

Rien que la route vaut le coup, car on traverse la forêt subtropicale de Waitakere, où on se sent dans un univers parallèle. Une fois arrivé, tout est calme et silencieux, et les maisons modernes (à plusieurs millions) parfaitement intégrées dans un décor vallonné et sauvage à souhait.

Auckland

Retour à Mission Bay avec la visite de l’Aquarium d’Auckland et les points de vue au Parc Joseph Savage. Encore un de ces nombreux coins de paix de la ville, avec un point de vue à couper le souffle sur Brown’s Island et Rangitoto Island, mes deux îles préférées !

Retour à One Tree Hill, et galement un petit tour à l’Ambury Regional Parc, à Mangere Bridge. Balade au parc Harbourview Orangihina.

Petit roadtrip sur la Scenic Drive, aux Waitakere Ranges. Quelques points de vue sympas ! Je suis aussi passé par Titirangi Beach.

Waitakere Ranges, vu depuis un des nombreux points de vue sur la Scenic Drive.

Tiritiri Matangi Island

Un tout petit paradis ultra sauvage et ultra préservé (pest free island, même traitement que l’île de Rangitoto) à 1h15 de ferry au nord d’Auckland.

On peut faire le tour de l’île à pied, en suivant la côte, en 4 heures de marche seulement. Ça tombe bien car l’unique ferry qui s’y rend nous laisse 5 heures sur place. Interdit de rester pour la nuit.

Que dire de cette île ? En elle-même, c’est une île, et elle est toute petite. Rien de folichon. Mais que dire de l’expérience vécue ? Extraordinaire, féerique, à couper le souffle, et même plus. Je ne saurais poser des mots, alors je laisse quelques photos parler à ma place.

Conclusion après 3 mois

Auckland et sa région me plaît bien. Bon, il faut enlever deux choses : la circulation de fou (quand le GPS dit 15 minutes, compter 30), et l’étendue vraiment énorme de la ville (on a l’impression de ne jamais en sortir!). 1.500.000 habitants, peut être 90% sont en banlieue.

Le style de vie et la mentalité sont à des années lumières de la France. Question économie, emploi et sécurité aussi. Ça me plaît beaucoup. Ici on respire, dans tous les sens du terme, et ça fait un bien inimaginable.

Comme lorsque j’étais expatrié au Québec, après quelques mois, on a bien repris ses repères et les habitudes commencent à se mettre en place. Le côté voyageur s’estompe grandement. J’ai presque l’impression d’être expatrié à nouveau.

Pour le moment, je ne sais pas si je resterai après mon Visa. Je peux le faire car je suis considéré comme « Skilled Worker » ici, et peut passer sur un Work Visa de 2 ans renouvelable 2 fois, laissant le temps d’avoir la Résidence Permanente. Il est également envisageable de passer sur un Visa Sponsorship de 2 ans. Ce sont des options que j’ai toujours dans un coin de la tête, mais qui demandent bien sûr plus d’approfondissement !

Je vais prochainement déménager dans une autre colocation, vu que celle où je suis dépend du boulot, tout le monde va devoir partir. La coloc, c’est plus sympa et plus privé qu’une auberge de jeunesse, pour le même prix !

On s’en reparle dans 3 mois, pour l’article spécial 6 mois!

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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