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NZ #1 : Roadtrip à Arthur’s Pass

Je prends la route vers Arthur’s Pass et je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. Je connais bien la première heure de route, car c’est la même que pour aller à Lyndon Lake, région où j’ai grimpé le Trig M et le Mount Lyndon, fait du kayak sur le lac et où j’ai grimpé le Foggy Peak. C’est ensuite l’inconnu.

La route est magnifique et slalome en une douce montagne russe dans des espaces gigantesques. C’est très sauvage. Je le répète encore et toujours mais prendre la route en Nouvelle-Zélande, ce n’est pas prendre une autoroute rectiligne, c’est entrer dans une véritable aventure.

Chaque grand virage passé amène sur un panorama différent qui à chaque fois me donne des frissons tellement c’est impressionnant.

Lake Pearson, sur la route du parc national de Arthur’s Pass.

La route rejoins la Waimakariri River et la fameuse ligne de chemin de fer historique TranzAlpine qui rejoins Christchurch à Greymouth sur la côte Ouest. La vallée est superbe et très large. La rivière fait presque toute la largeur de la vallée, soit presque 5 kilomètres. C’est un tapis de roches dans lequel l’eau glaciaire aux accents bleu turquoise ou bleu ciel selon la profondeur, se fraye un chemin.

Peu avant le village d’Arthur’s Pass, je m’arrête au village de Bealey pour faire un bout de la Bealey Spur Track. Cela fait un bon moment que je n’ai plus de réseau et je veux surtout rejoindre le premier point de vue afin d’avoir une meilleure vue sur les montagnes et la couverture nuageuse afin de savoir comment je vais organiser mes randonnées de la journée. Les sommets sont dans le brouillard mais le ciel semble se dégager et les nuages monter en altitude.

Je fonce au village d’Arthur’s Pass, mais avant une pause s’impose au très long pont qui traverse la Waimakariri River.

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Le pont de la Waimakariri River, Route 73.

Je démarre la Mount Bealey Route. Je vais passer de 754 mètres à 1836 mètres d’altitude. Cela fait une pente moyenne de 30% sur 3,6 kilomètres. Je suis heureux d’avoir fait un bout de la Bealey Spur Track car ça m’a servi aussi d’échauffement.

La rando démarre du parking du poste de police, c’est pas courant. Il faut grimper en forêt et c’est assez compliqué. Il faut faire de grandes enjambées entre les racines des arbres qui servent d’escaliers. Le décor est très beau : tout est recouvert de vert. Je sais que j’ai encore plein d’autres randos et plein de dénivelé à faire donc je prends mon temps pour ne pas me brûler.

À la sortie de la forêt, la vue est superbe. À ma droite se trouve Avalanche Peak dont la crête se poursuis sur Lyell Peak et enfin sur Mount Bealey, là où je vais. Avalanche Peak et recouvert d’une fine couche de neige. Je voulais aussi y grimper mais j’ai bien fait de démarrer par le Mount Bealey car du coup je ne suis pas sûr d’avoir l’équipement pour y aller.

Ça se corse vite : comme très souvent en montagne en NZ, les champs de pierre sont là pour tendre des pièges. Celui-ci est très piégeux, non pas parce qu’il est complexe ou technique, mais parce qu’il est dangereux. Il faut passer par la crête et tout ici est un champ de pierre : la crête et les 2 faces qui tombent presque à pic de chaque côté. La crête doit faire moins de 20 mètres de large.

Je me pause un bon 5 minutes pour regarder comment passer ça en analysant bien le tout. Tout est question de logique et d’équilibre. Le problème c’est que la moindre roche qui glisse ou le moindre pied mal placé peu faire tomber d’autres pierres et faire effet avalanche. Alors il faut faire gaffe et être sûr.

Je remarque tout de même très bien que le côté gauche est bien plus dangereux que le côté droit qui paraît beaucoup plus solide avec plein de très grosses roches et un peu moins pentu. Je fais donc mon chemin en me positionnant plus sur ce coté que l’autre. Tout se passe très bien.

Je fais 300 mètres et me voilà à un autre niveau de difficulté : il y a une petite pointe de 10 mètres de haut et la crête devient plus fine. C’est là que je m’arrête. Je décide de ne pas continuer. En effet, j’ai maintenant une bonne vue sur la suite de la montée qui se corse de plus en plus. La fin est presque une lame de couteau et le Mount Bealey est superbe mais très dangereux et semble instable. La face qui se présente devant moi est une cascade de pierre qui tombe presque à pic.

C’est pas grave. Je ne suis pas alpiniste, je ne suis pas un professionnel de la montagne. Mais je sais tout de même voir le danger et rester les pieds sur terre. C’est là qu’il faut remballer son égo et savoir écouter à la fois son propre corps et raisonnement ainsi que ce qui nous entoure. Il ne faut pas oublier que la Nature est imprévisible et que nous ne sommes rien face à elle. Un accident est si vite arrivé. Je suis déjà très content d’être arrivé à cet endroit. C’était déjà bien coriace !

Il faut que j’aille tout là haut à droite ! Trop dangereux pour moi !

Il n y a tout de même pas à se plaindre : voilà la vue depuis mon petit bout de crête de pierres !

À droite dans le nuage : Avalanche Peak / milieu : Lyell Peak / À gauche en dehors du cadre : Mount Bealey

J’ai donc un peu plus de temps que prévu pour cette journée, alors je décide d’aller voir la cascade Devil’s Punchbowl. C’est un petit chemin de 30 minutes facile, mais après le Mount Bealey, ça paraît difficile : les cuisses brûlent un peu (beaucoup).

La cascade fait 130 mètres de haut et tombe à pic. Le débit est énorme et le petit vent pousse toutes les éclaboussures en plein sur moi. Je suis resté 1 minute et j’étais trempé comme si je sortais de la piscine.

 

C’était le moment humainement intéressant de la journée. Arthur’s Pass est un lieu touristique, nous sommes en début de haute saison touristique (j’y étais en Décembre).

En montagne c’est facile d’esquiver les gens. Mount Bealey, 1086 mètres de dénivelé pour 3 heures de montée : difficile et demande quand même un peu d’expérience = personne. Devils Punchbowl : 30 minutes facile = blindé de monde.

Quand il n’y a personne il n’y a jamais de problème. Quand c’est blindé de monde il y a toujours des problèmes. C’est incroyable. Sentier interdit aux chiens. Qu’est ce que je vois ? Une nana avec son chien. En NZ, on est très à cheval sur la protection de la nature : on ne sort pas des sentiers. Qu’est ce que je vois ? Un jeune grimper à un arbre près de la rivière à 30 mètres du sentier. Sur la plate-forme devant la cascade, tout le monde passe son temps à faire 40 photos qui prennent trois siècles avec des pauses tout le temps différentes pour avoir des likes sur Instagram…

Du coup ça crée une file pour pouvoir accéder au point de vue. Aaaaaah le 21ème Siècle… Aaaaaaaahh, le respect, la jugeote, le je-m’en-foutisme… Ne jamais regarder plus loin que le bout de son nez. C’est terrible et une fois de plus je perds foi en l’humanité. Même un piaf est moins con que ça.

 

À 5 kilomètres de là, je rejoins mon petit camping pour la nuit. Début de la haute saison touristique = premier arrivé premier servi. Je suis là dès 18 heures et nous sommes déjà 5. Nous ne serons au final que 15 sur un très grand terrain. Là pareil, il y a 2 écoles : l’aventure et le confort. Je suis sûr que tout est rempli au village…

À savoir que le camping en NZ est différent de chez nous ou de l’Europe. On appelle ça des Campsites ou des Campground. Ce ne sont pas des campings mais des terrains dédiés et aménagés pour le camping. Pas de réservation, pas de réception, pas de piscine, pas de lavabo, généralement pas de douche. Pour ça, il faut aller dans ce que l’on appelle un Holiday Park.

Un camping ici en gros c’est un champ avec une toilette sèche. Terminé.

Ces sites sont généralement des sites gérés par le DOC (Department Of Conservation) et il faut payer 8$ par personne par nuit. C’est un genre de petite taxe pour l’entretien du terrain et des toilettes, mais aussi pour les sentiers de randonnées gérés par le DOC.

Je glisse toujours un billet de 10$ car toutes les randos gérées par le DOC que j’ai faite, c’est impeccable et très bien fait, très bien repéré. Là, encore une fois, les toilettes sèches sont aussi propres qu’ à la maison et ça ne pue pas. Ils font vraiment un boulot au top du top.

Le Klondyke Campsite est très venteux. Il se situe à côté de la Waimakariri River et au croisement de 3 vallées ! Le lieu est superbe et sauvage. Par contre, mon gas cooker rechigne à faire bouillir mon eau… Malgré toute la protection que je lui donne (planqué derrière la porte de la voiture, entouré avec mon bidon de 10 Litres d’eau et mon sac à dos), le vent pousse la flamme. Je n’aurai que de l’eau bien chaude… C’est la première fois que je mets 30 minutes pour faire des pâtes, haha.

On annonce une nuit à 4 degrés. Il n’avait déjà pas fait plus de 10 dans la journée alors que je ne suis « que » à 750 mètres d’altitude. Vive la montagne. Même si il a fait beau ce jour là, l’été, on ne sait pas ce que c’est dans les Alpes néo-zélandaises…

Enfin, j’ai prévu le coup. J’ai 4 couches qui me servent de couverture et mon matelas en mousse est bien confortable. J’étais bien au chaud dans le coffre de mon Gordon qui, une fois de plus, montre sa polyvalence exceptionnelle. Je fais tout avec : déménagements, kayak, vélo, lit, maison… Je l’ai sûrement déjà dit mais je peux allonger mon 1m80 sans toucher le hayon.

Juste derrière moi voiture, au Klondyke Corner Campsite. Le paradis !

Ce qui est bien quand on est dans la nature comme ça, c’est que l’on peut vivre comme on devrait vivre : l’horloge et l’heure n’existent plus.

C’est le soleil que l’on regarde et que l’on suit, à l’ancienne. Quand la pénombre arrive, on va se coucher. Quand le soleil se lève, on se réveille.

Le sommeil est important (il occupe presque 1/3 de notre vie!) et je pense que presque tout le monde aime dormir. Quand on se réveille non pas en sursaut par un réveil mais par les premières lueurs du soleil, d’une façon on ne peut plus naturelle, là on se sent en vie et on se sent un être humain.

 

Il est 6h30. Je dois rouler 10 petits kilomètres pour rejoindre la Otira Valley Track.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé cette nuit là, mais je crois que j’ai été embarqué par des extra-terrestres sur l’exoplanète NZ2263B.

Le climat est Dan-tesque ! Et terriblement inquiétant… Les sommets des montagnes fument, les nuages se mouvent comme des ombres chinoises, un long nuage sans fin se fait pousser par un vent puissant dans une vallée tellement petite qu’on peut la traverser en faisant deux pas.

Devant un tel accueil et une telle démonstration de force, je me fais tout petit. J’enfile ma combinaison (mon manteau), mon casque spatial (ma capuche) et mes gants. Une fois ma réserve d’oxygène sur moi (mon sac à dos), j’entame le début du sentier qui se faufile au milieu de la Otira Valley.

À ma droite, un nuage passant derrière Avalanche Peak se transforme subitement en une main qui se plie en un poing (je ne blague pas !). Derrière moi, cette longue langue de vapeur défile toujours. Au loin, les sommets Cassidy et Blimit, enneigés, se cachent et se montrent toutes les 2 minutes, au gré des nuages qui passent.

L’exoplanète NZ2263B est fascinante. Je suis face à des paysages uniques, dans une ambiance de ténèbres, sous une lumière que je n’ai jamais vue. Le Mount Cook, c’est du pipi de chat à coté. À mesure que je monte, ça s’amplifie.

Le sentier rejoins la Otira River qui prend sa source tout au bout de la vallée. Son eau glaciaire est transparente comme l’air. En y trempant mon doigt, je peux sentir sa forte odeur de roche qui prend instantanément au nez.

Après 1 heure de marche, le sentier disparaît. Pour aller au fond de la vallée, il faut traverser encore un de ces fameux champs de pierre. Celui est très correct, peu pentu. Je presse tout de même un peu le pas car il doit faire pas loin d’un kilomètre en longueur. Plus on y reste longtemps et plus on s’expose au danger.

À ma gauche, la montagne est percée d’une multitude de cascades qui rejoignent la Otira River. Toute cette eau présente sur la face permet à la verdure de pousser. À ma droite, un mur de pierre froid, féroce et tailladé se dresse. Devant moi, le bout de la vallée avec le Mount Philistine (1967m) sur la gauche et le Mount Rolleston (2275m) sur la droite. Cela forme un circ de pierres partiellement recouvert des restes d’un glacier, la source de la Otira River.

À ma gauche…

… Et à ma droite ! Deux paysages bien différents qui se font pourtant face de quelques petites centaines de mètres seulement !

Maintenant en milieu de matinée, le climat s’est un peu calmé, mais la puissance de la montagne est toujours aussi majestueuse. À maintenant 30 mètres de moi, j’approche le bout du glacier comme si c’était une rencontre du troisième type…

La Otira Valley est pour moi le plus bel endroit que j’ai pu voir en 2 ans dans ce pays. Totalement irréel ! Aucun mots pour décrire la sensation que j’ai eue pendant ces heures de marche.

Vue panoramique sur la Otira Valley

Vue sur le Mount Rolleston

Seul sur la mer de pierres, de plus en plus près du Mount Rolleston !

Les détails du Mount Rolleston sont magnifiques de puissance…

C’est comme ça qu’on est accueilli au paradis !

L’après-midi, je vais sur la cote Ouest. Changement de décor ! Revoilà un petit bout de plaine avec des champs et des fermes. Je m’arrête à Te Kinga pour grimper en partie la montagne du même nom. Aller à son sommet prend 8 heures. La forêt native sub-tropicale est magnifique et couverte de vert du sol à la cime des arbres.

Puis je rejoins Moana et le Holiday Park où je vais passer la nuit. Cette fois il y a des douches et même une cuisine et un salon à disposition. Le soir, je suis allé au restaurant et il y avait plein de photos d’époque qui montraient les conditions du travail du bois dans les années 1900-1940 et aussi des photos des scieries. Intéressant d’avoir le témoignage visuel de cette petite ville.

Le lac Brunner, à Moana. Vue sur le Mount Te Kinga.

Levé de soleil, Moana

Je rebrousse chemin vers Arthur’s Pass en m’arrêtant dans le petit village de Otira. Un village fantôme qui ne l’est pas encore. C’est un vrai voyage dans le temps. Les quelques maisons sont encore d’époque, tout comme les poteaux électriques en bois tout tordus recouverts de mousse. On a pas encore l’asphalte…

Vue sur le village de Otira, retour dans le passé

Je décide de faire le Bealey Valley Track. Celui-ci démarre par la forêt, superbe et toute verte de partout comme à Te Kinga. Le climat est menaçant comme un vrai climat de montagne, mais l’ambiance est différente de la veille à Otira Valley. C’est dailleurs étonnant à quel point cette vallée est différente de Otira alors qu’elles sont voisines ! À vol d’oiseau, il n y a même pas 1 kilomètre.

La forêt se transforme vite en un long champs de pierres, encore une fois. La Bealey River se faufile au milieu d’un enchevêtrement de pierres de toutes les tailles imaginables. C’est très compliqué d’avancer convenablement car le terrain est exigent. Sur les cotés je vois des lapins sauvages sautiller tout comme je sautille entre les rochers.

Pareil, pas de sentier ici. Il faut naviguer à l’œil et utiliser sa tête. Rester sur le coté gauche de la rivière s’est avéré le meilleur choix. Il a tout de même fallut que je passe au milieu une fois avant de revenir à gauche. Mes chaussures étanches m’ont vraiment bien servies. Puis il a fallut que je contourne un énorme rocher de peut être 5 mètres de haut en escaladant sur le coté. Problème : ce gros rocher était coincé dans un encore plus gros morceau d’une matière différente : le limestone. Le limestone c’est hyper friable. Il faut tester ses prises plus d’une fois et faire très attention.

Une fois cette dernière difficulté passée, je me retrouve coincé dans le fond de la vallée : tout au bout, la roche se resserre fermement puis est bloquée par une haute langue de glace qui vient du Mount Lancelot (2112m). À droite, deux grandes cascades descendent de la montagne. C’est superbe !! Passer ce terrain exigent valait le coup.

Et voilà le moment du retour, que je fais tranquillement. Je m’arrête un peu partout, comme au viaduc de la Otira Valley et le long de la Waimakariri River, absolument magnifique tout comme la route qui traverse cette partie des Alpes néo-zélandaises.

Otira valley Viaduct

Vue sur la Waimakariri River, depuis la Route 73

Vue sur la Waimakariri River, depuis la Route 73

Pont au-dessus de la Cass River, Route 73

La Nouvelle-Zélande, c’est ce pays où chaque roadtrip est une aventure hors du commun dans des paysages littéralement époustouflants. La nature dans son état le plus pur. La très faible population de l’île du Sud permet une vraie immersion interplanétaire !

Aymeric – Pictures From The World
Qui suis-je ?

 

1 an de PVT Nouvelle-Zélande ! Le résumé !

Moi-même je n’y croît pas, cela fait maintenant 1 an que je suis en PVT Nouvelle-Zélande ! Et ce n’est pas fini, car après avoir travaillé 3 mois dans l’horticulture, j’ai pu avoir mon extension de Visa, me rajoutant 3 mois. Dans cet article, je reviens sur cette année où il s’est passé beaucoup, beaucoup de choses.

En 1 an, je suis (re)parti de 0 pour arriver à 0,9. Le 1 sera quand j’aurai mon Visa de Travail. C’est mon nouvel objectif pour cette année 2019 : m’installer à long terme en Nouvelle-Zélande. Suivant la durée de mon prochain contrat de travail « Full Time », cela peut aller de 1 à 3 ans. Renouvelable, cela me laissera le temps d’appliquer à la Résidence Permanente.

Repartir de 0

Arrivé à Auckland sans voiture, sans travail, dans un pays que je ne connais pas et où je ne connais personne. Si ça c’est pas le niveau 0, je ne sais pas ce que c’est. Pour seule corde de sauvetage, 15 mois d’économies sur mon compte en banque.

Lors de mon premier PVT en Australie en 2016, le budget avait été un problème conséquent : il était 2 fois plus faible que celui que j’avais pour la NZ. Conjugué à quelques mauvais choix et une faible confiance en moi (la première fois), le projet avait « capoté » au bout de 3 mois dans le pays.

C’est de cette expérience ratée que je me suis nourri pour ce PVT en Nouvelle-Zélande. Et c’est grâce à cet « échec » que j’ai magistralement réussi mon PVT NZ. Les erreurs sont là pour votre bien, surtout si utilisées à bon escient.

5h30 du matin… C’est seul sur la 75 Mile Beach que je vais admirer le levé de soleil absolument magique. Parfait pour démarrer la journée ! Fraser Island, Australie

Le niveau 0

Je suis arrivé avec la boule au ventre de ne pas réussir à nouveau. Le stress du budget n’étant plus là, ça a quand même été d’une grande aide. Et une fois le boulot d’ouvreur de moules, trouvé en seulement 4 jours, je me suis dit que la « galère » de mon PVT Australie était déjà loin finalement.

Ce n’est pas pour autant que tout a été facile. Toujours obligé d’utiliser les transports en commun, c’est pas la facilité de la voiture. Il faut faire avec le climat, Il faut respecter des heures, il faut marcher, il faut attendre… Heureusement, à Auckland les transports en commun sont assez développés, bien organisés, et toujours pile à l’heure.

Ma première colocation à Drury, ça n’a pas été facile non plus. 12 semaines à 8 dans une maison pour 5, avec comme colocataires (et leurs potes) la moitié de fêtards-bruyants qui tournent au cocktail bière-cigarette-joint-et plus. Je n’ajoute pas la propreté et le rangement dans la maison… C’était pas loin du taudis. Enfin, je m’étais un peu jeté dans la gueule du loup aussi. Les premières fois, sans expérience, on se fait toujours un peu avoir.

Un très mauvais souvenir, haha

Heureusement, on était pas sur les mêmes horaires. J’ai surtout eu le bordel de la fiesta de la veille laissé en place en me levant tous les matins, et le réveil à 3 heures du matin 5 nuits sur 7 par des gens bourrés en train de gueuler par-dessus la musique dans le salon.

La dernière semaine où j’y étais, j’ai eu droit à 2 réveils avec l’odeur de crack dans la maison. À vomir. Je prenais mon petit déjeuner dehors pour pouvoir respirer. C’était l’hiver, plutôt sympa par 5 degrés et parfois sous un parapluie.

Depuis ces 30 dernières années, c’était une de mes pire période à vivre. Je croyais en être à 0,1 sur 1, mais en fait j’étais toujours à 0.

C’est de là que je suis réellement parti. Aussi bas que la terre est basse.

Roadtrip dans le Northland

Je suis parti habiter à Takanini, et 3 semaines plus tard mon contrat de travail s’est terminé. Je suis parti 5 jours en roadtrip dans le Northland. Ça m’a fait du bien de partir à la découverte du pays. D’autant que la colocation à Takanini, bien que 1000 fois mieux qu’à Drury, était quand même particulière.

Omapere

Whangarei Heads

Lever de soleil à Opononi, dans le Northland, Nouvelle-Zélande.

Georges, le proprio, était spécial. Un « control freak » à tous les niveaux qui écoute la télé comme si il voulait que ses voisins l’écoute aussi. Un maniaque du tri des déchets. Je faisais tout pour l’éviter. Je me faisais à manger après 20 heures pour ne pas l’avoir sur le dos (il venait tout le temps mettre son nez, donner des conseils à tout va, faire à ma place, etc).

Mes 2 colocatrices et leurs 3 enfants sont parties avant moi. Georges n’aimait pas le bruit. Alors, de 1 des enfants ça fait du bruit c’est normal. Et de 2 , en fait, ils étaient pas si bruyants que ça. Enfin bon.

Je ne suis pas parti à cause de tout ça, mais à cause du boulot. Car grâce à une connaissance et à ses contacts, me voilà à l’autre bout d’Auckland : Kumeu.

La meilleure période de mon PVT Nouvelle-Zélande

À revenir en arrière, je crois que c’était la meilleure période de mon année de PVT. J’avais un super boulot relaxant qui sentais bon (quoique la paie n’était pas au top mais on ne peut pas tout avoir), j’habitais à la campagne, les magnifiques plages sauvages d’Auckland à 15 minutes, dans une maison assez sympa et surtout très très calme, et en prime c’était le printemps.

Muriwai Beach et sa colonnie de Gannets.

Coucher de soleil depuis le jardin de la maison à Kumeu

Côté boulot, si j’enlève le manque d’organisation et les quelques branleurs, c’était le meilleur de mes boulots jusque là. Pourquoi ? Pour la sensation de liberté. C’est le premier boulot que je fais où en fait tu peux faire presque tout comme tu veux. C’était vraiment fun, relaxant et motivant. Il y avait toujours quelque chose de nouveau à faire, à modifier ou à changer.

J’ai fait énormément de tâches, beaucoup de travail (et d’heures), et bien que ce ne n’était que de simples fleurs, j’ai beaucoup appris. Même si forcément certaines journées étaient longues, j’ai toujours été content de venir bosser, ce qui est assez rare pour moi au bout de quelques mois, car j’ai la fâcheuse tendance à très vite me lasser.

Déménagement à Christchurch

Mon contrat de travail se finissant avec la fermeture annuelle de l’été, et mon envie grandissante de rester toujours plus longtemps dans ce pays, j’ai appliqué à l’extension de mon PVT, me donnant 3 mois supplémentaires sur place. Je décide de prendre 1 mois et demi en mode relax sans travailler avant de partir pour Christchurch.

Mon prochain objectif : le Essential Skills Visa. Il va me falloir un travail temporaire en Full Time qui correspond à mes diplômes et à mon expérience. C’est autre chose que de chercher un petit boulot comme ça a été le cas jusque là.

En attendant, je descend en roadtrip sur Christchurch. Rotorua, Taupo, Palmerston North, Wellington, Kaikoura. Un beau roadtrip dans de très beaux paysages sauvages et assez exempt de monde et de touristes, pour mon plus grand plaisir.

Rotorua, Vallée de Waimangu

Vallée de Waimangu, Rotorua

Tongariro National Park

Kaikoura

Du pain sur la planche

Arrivé à Christchurch, j’ai eu du pain sur la planche. Recherche de boulot, nouvelle colocation, découverte d’un nouvel environnement, beaucoup plus calme et vert qu’à Auckland. Le coût de la vie est aussi un peu inférieur car moins de trajets et d’embouteillages, et l’immobilier est bien moins exorbitant.

Je trouve assez rapidement mon nouveau boulot, en un peu moins de 2 semaines. J’ai assemblé des lignes de production pour appareils électroménagers. La meilleure paie que j’ai jamais eue de ma vie : 25$/h, + 8%/h de « Holiday Pay ».

Après m’être fait viré de ma première colocation après quelques différents, j’ai emménage à Riccarton où je suis toujours. Décidément, c’est jamais simple les colocations !

Après 2 mois chez Scott Technology, mon contrat s’est fini juste la dernière semaine de mon année. Encore une fois, j’ai appris énormément de choses et j’ai fait beaucoup de choses entre assemblage, ajustement et préparation à la fabrication. Malheureusement, ce n’est pas ici que j’aurai mon contrat en Full Time. Les projets de l’entreprise sont trop incertains et ne peuvent courir le risque de me garder pour 1 à 3 ans.

Centre-ville de Christchurch

Sugarloaf Scenic Reserve

Coucher de soleil depuis la maison où j’habite

New Brigthon Beach, Christchurch

Sumner, banlieue de Christchurch

Une fin qui se fini bien

Pendant ce temps là, j’ai galéré un peu plus d’un mois a trouver un travail en Full Time. C’est vraiment pas la même cour. Tous les 3 jours, je passe facile 2 heures sur les sites principaux de recrutement. Je peaufine mon CV, je fais une lettre de motivation différente à chaque entreprise, je visite leurs sites internet,… J’ai postulé facilement à 15 annonces qui correspondaient à 100% à mon profil.

Par pur hasard, je dégote une boîte de recrutement qui travaille avec le Ministère de l’Immigration. Maintenant inscrit, je n’ai plus qu’à réussir un entretien d’embauche et une journée d’essai, et c’est comme si mon Essential Skills Visa était dans la poche. Bon, c’est les grandes lignes bien sûr !

Pendant la dernière semaine de mon année de PVT, j’ai réussi ce fameux entretien et cette fameuse journée d’essai ! Le Visa n’est pas encore là, on en reparlera d’ici 1 mois, mais je suis bien parti.

Je travaille chez Wyma. Ils conçoivent, fabriquent et assemblent des chaînes de nettoyage de fruits et légumes. Très grosse entreprise, connue et reconnue en Australie et aux USA, même en Europe. Quand à la Nouvelle-Zélande, quasiment tout le monde est équipé Wyma.

Je suis donc opérateur de presse à commande numérique. Les plaques d’inox sont découpées à la machine laser puis viennent à nous. On se charge de les plier, suivant plan, avec la presse hydraulique. À terme, je suis censé être formé sur la machine à laser en plus de la presse. Ça va encore faire des choses à apprendre.

Un retour en France pas du tout d’actualité

Pour ce qui est du retour en France, eh bien c’est toujours pas d’actualité. La mentalité d’ici me correspond beaucoup mieux. En plus je suis dans une ville très agréable à vivre où on a la mer et les montagnes en même temps.

Lyttelton, banlieue de Christchurch

Oui la vie est plus chère, tout est plus cher que chez nous. Mais les salaires sont beaucoup plus élevés. Dailleurs, le Smic va encore augmenter en Avril : +1.20$/h soit 17.70$/h. Tout comme quand j’étais au Canada, je suis payé 40 à 60% de plus pour faire le même travail.

Oui, moins de protection au travail (généralement 5 jours de préavis au lieu de 1 à 3 mois en FR par exemple). C’est libéralisme à fond. Mais tout est plus facile car ça bouge tout le temps : facile et rapide de perdre son travail, mais facile et rapide aussi d’en trouver un autre car le marché est très très loin d’être surchargé. En un an, j’en suis à mon 4ème métier. Je n’ai jamais eu plus de 2 semaines entre deux boulots, sauf quand c’était voulu.

Le pays est calme, stable, en pleine croissance économique et démographique. Tout le monde est gentil, souriant, tolérant, curieux, avenant. Je n’ai jamais vu une personne morose, ou quelqu’un s’énerver. En même temps, ici il n’y a rien pour s’énerver. Et en prime, on est en guerre contre personne (tout comme personne n’est en guerre contre nous) et on ne balance pas des bombes et des missiles à tout va.

En résumé, on est tranquille-pépère, on entend les mouches voler, et la dernière chose qu’on veut c’est qu’on parle de nous (surtout en bien) : on veut garder notre tranquillité.

Le budget sur 1 an

Mise à jour sur le budget !

Pour le départ, entre l’avion, l’assurance voyage pour 1 an, les 2 premières semaines à m’installer sur place et l’achat de ma voiture, j’en ai eu pour environ 4,000 E. Ensuite, il faut compter 1,600$NZ/mois de dépenses « si on ne sort pas de chez soit » et qu’on est en colocation.

Les 6 premiers mois, j’ai dépensé 13.500$NZ sur place, avec un roadtrip d’une semaine, 1.500$ dans le futur Visa Essential Skills et des achats de vêtements pour l’hiver. Je ne connaissais pas encore tous les petits trucs pour dépenser un peu moins. Soit 2250$NZ/mois

Les 6 derniers mois, avec tout en place et plus de connaissances, je suis passé à 10.700$NZ, avec 1.300 kilomètres de roadtrip, traversée en ferry entre les 2 îles (pas donné !) et un 500$ de plus dans le futur Visa. La colocation moins coûteuse les 3 derniers mois + les embouteillages devenus inexistants ont un peu aidé aussi (vive Christchurch). Soit 1800$NZ/mois.

Dans mes périodes de travail, j’ai pu économiser de 25 à 55% de ma paie (suivant le taux horaire que j’avais). Si aujourd’hui je changeais mes $NZ en Euros, je me retrouverais avec le même montant que quand j’étais parti ! Au final, c’est comme si je n’avais rien dépensé !

Début du Visa EHV !

Il se finira le 1er Juillet. L’aventure continue ! J’espère donc repasser sur un Work Visa après ça !

Cette année de PVT a vraiment été riche, pas une seule seconde d’ennui ! C’était fou.

Toutes ces expériences et ces histoires m’ont donné 2 grosses envies :

  • Ouvrir un blog pour aider les futurs pvtistes ou simples voyageurs en Nouvelle-Zélande;
  • Écrire un ebook pour vous raconter cette année de PVT de manière romancée.

Vous seriez intéressé ?

On se retrouve dans 3 mois, je vous dirai si j’ai mon Visa Essential Skills ou non !

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World
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