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Slovénie #4 : La Styrie, l’oubliée des voyageurs

La Styrie : « Un coin un peu perdu, oublié des touristes qui disent qu’il n’y a aucun intérêt à y aller ». Ah bon? Ma curiosité me pousse tout de même à y aller ! Ne pas trop savoir à quoi m’attendre, ni ce que je vais voir, je prends le risque. Je veux changer un peu du circuit habituel. Je pars pour deux jours à l’est du pays, à la découverte de deux villes : Ptuj et Maribor. Cela devrait être authentique !

Cet article est un extrait de mon ebook sur mes trois semaines de voyage en Slovénie, à télécharger gratuitement ici : télécharger mon ebook.

Maribor

Je prends la route direction Maribor. Il y a cent-trente kilomètres depuis Ljubljana, à peu près. Des tunnels de un à trois kilomètres et des viaducs aussi longs que deux à trois terrains de football s’enchaînent. Au loin, devant moi, je vois les Alpes de Kamnik se dresser. Puis, changement de décor.

On passe à du vallonné, avec quelques tout petits sommets, touchant les huit-cent mètres. Les forêts passent à quelques champs viticoles. Les petites maisons, toujours aussi colorées, s’éparpillent par endroit sur les collines.

Une fois arrivé à Maribor, il est encore tôt. Je décide d’aller en ville directement, à pied comme je le fais toujours. Je n’ai pas de plan de ville, je ne sais pas trop où je vais, et n’ai aucune idée de ce que je vais voir.

Comme je suis assez loin du circuit touristique habituel, je me doute juste que cela sera différent et que ça sera du style « ça passe, ou ça casse ».

La banlieue proche est… Différente. C’est un autre visage de la Slovénie. Enfin, ici, je ne sais pas si je suis en Slovénie ou si c’est toujours la Yougoslavie. Je retourne quelques décennies en arrière, à une autre époque.

Les rues sont des boulevards à deux fois trois voies, complètement vides. Les immeubles sont tristes et en début de décomposition. Les barres d’immeubles, un peu plus récentes, ont encore leur peinture.

Le mélange des deux, agrémenté du très beau temps, ne donne pas une impression d’insécurité. Pourtant, c’est un peu « la zone ».

L’herbe n’est pas coupée depuis quelques mois, les parcs ne sont pas entretenus, il y a des déchets par endroit. Je n’ai encore jamais vu ça ailleurs dans ce pays si propre et si bien mis en valeur. Sur les trottoirs, les passants sont rares. Pourtant, les bâtiments qui m’entourent doivent abriter plusieurs centaines de personnes à eux seuls. Mais où sont passés les gens ?

Le peu de monde que je croise a l’air un peu perdu, le regard à moitié vide. En me croisant, ils me regardent d’un air surpris. Je suis un étranger qu’ils n’ont jamais vu, et ils ne doivent pas en voir beaucoup apparemment. Je leur glisse un « Dober dan » (bonjour), avec un petit sourire, pour les rassurer. Ils me répondent d’un geste de la tête, en détournant le regard.

Une ville à l’abandon ?

La vie ne semble pas facile ici. J’ai l’impression qu’à Maribor, on est pas encore en Europe. J’ai même l’impression que Maribor est tellement « reculée » par rapport à l’autre coté du pays, ses attraits et son tourisme, que même le pays lui-même a oublié cette ville.

C’est assez surprenant, déroutant. Un autre pays dans le même pays. C’est ce que je cherchais, quelque part : quelque chose de différent, de peu connu et de peu vu par les visiteurs, qui dailleurs, se comptent sur les doigts d’une main à cet endroit.

Pourtant, le centre-ville mérite que l’on s’y arrête une bonne demi-journée. La vue depuis le pont principal est superbe. Une mosaïque de toits irréguliers mais de hauteur semblable se dessine tout le long de la berge.

En la visitant, on découvre une ville charmante, aux rues pavées, aux façades anciennes, aux bâtiments administratifs et religieux grandioses. Mais au milieu de tout ça, on sent toujours que cette ville est différente des autres.

Un peu d’Histoire

Maribor est la deuxième plus grande ville du pays, avec un peu plus de 100.000 habitants. C’est aussi la seule ville universitaire avec Ljubljana. Elle s’est développée grâce à son port fluvial et sa voie ferroviaire reliée à la mer Adriatique. Dès 1861, elle s’industrialise fortement.

Derrière ses airs de ville oubliée, elle a pourtant déjà obtenu le titre de capitale européenne de la culture. En 2013, elle était capitale européenne de la jeunesse.

En 1941, après la conquête de la Yougoslavie, la ville est annexée par l’Allemagne nazie. Adolf Hitler, qui souhaite germaniser totalement la région, visite la ville en grande pompe où une réception en son honneur se tient dans le château de la ville.

La ville, centre industriel important notamment pour la fabrication d’armes, est régulièrement bombardée par les Alliés durant la Seconde Guerre mondiale. De nombreux Slovènes sont expulsés vers la Croatie et la Serbie actuelle. D’autres sont déportés vers des camps allemands de concentration.

Le but nazi est d’éradiquer les populations slovènes ou slaves de la région. En réponse, la résistance composée de Partisans voit le jour. La ville, très proche de l’Autriche (moins de vingt kilomètres), profite les années suivantes de sa position centrale entre l’Europe occidentale et l’Europe de l’Est.

Ville de transit, elle devient également une importante ville industrielle de Yougoslavie. Elle dépasse les cent mille habitants au cours des années 1980 et compte environ 105 000 habitants en 1990. Lors de la création de la nouvelle république de Slovénie en 1991, la ville perd son marché yougoslave et l’industrie lourde de la région souffre énormément.

Le chômage augmente fortement avant de diminuer à la fin des années 1990 à la suite de la création de nombreuses PME. La construction automobile a en partie compensé les pertes des secteurs électrique, chimique, métallurgique et sidérurgique. Comme je le voit un peu partout ici, la vie n’a pas été facile tous les jours.

Une ville à deux vitesses

Le lundi, tout le monde semble être sorti de sa léthargie. La vie reprend son cour. Il y a de la circulation, pas mal de monde sur les trottoirs. Pour une ville de 100.000 habitants, ça grouille plutôt bien. Je retourne au centre-ville pour faire la partie gauche (hier, j’avais coupé en deux en prenant comme repère le pont principal).

C’est vraiment une ville chouette, architecturalement parlant. Sinon, pas grand chose à faire d’autre que de se promener. Avec la vie qui a repris, c’est beaucoup plus gai et sympathique que le weekend. J’ai un tout autre point de vue sur la ville.

Il faut éviter de la visiter le weekend, et puis c’est tout. C’est une ville à deux vitesses que j’ai commencé à découvrir par le point mort. Il n’empêche que dès que l’on sort du centre-ville, la banlieue est moche… Un détail étrange : il y a énormément de salons de coiffure.

Ptuj

Ptuj se situe à vingt-cinq kilomètres de Maribor. C’est la ville la plus ancienne du pays, obtenant son statut en 977. Son grand château est aussi du Xème siècle.

Ptuj n’est pas une grande ville, comme presque toutes les villes Slovènes. Comme à Maribor, il y a peu de touristes, très peu. Partout depuis que je suis arrivé dans la région, je ne vois que des gens du coin. Toutes les voitures sont immatriculées dans la région. Plus d’allemands, plus d’italiens, plus de tchèques, plus d’autrichiens… Moi et les slovènes.

Je suis content de voir des coins de pays que peu d’étrangers voient. Bien sûr, en dehors du centre-ville, il n’y a rien d’intéressent. Il y a un beau clocher, de belles rues aux petits pavés arrondis. Plusieurs trottoirs sont eux aussi pavés.

La montée au château par les escaliers offre un superbe point de vue sur les toits et les environs de Ptuj. C’est très joli, et encore plus depuis les remparts. Dans la rue principale, je m’arrête devant quelques belles façades anciennes, superbement restaurées.

Conclusion sur la Styrie

Mes visites de Maribor et de Ptuj terminées, je suis assez content d’avoir fait le détour. Voir autre chose que les lieux touristiques peu s’avérer intéressent.

J’en ai appris un peu plus sur la culture et l’histoire du pays. Je repars bien sûr sur ma faim. Je m’attendais à plus. J’ai découvert un autre aspect du pays, un autre style de vie. C’était différent, et c’est ce que je voulais en venant ici. La mission est remplie.

Je pense que cette région de la Slovénie est pour les curieux. Il faut aimer l’architecture, la culture et l’histoire pour y trouver un attrait réel. Sinon, y venir depuis Ljubljana ou la partie ouest du pays est selon moi une perte de temps.

Si on passe dans le coin, on peut s’y arrêter pour une bonne journée, voire un jour et demi tout au plus, et préférer un hébergement au centre plutôt que dans la banlieue.

 

Rappel : cet article est un extrait de mon ebook sur mes trois semaines de voyage en Slovénie, à télécharger gratuitement ici : télécharger mon ebook.

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Slovénie #3 : La côte adriatique

La Slovénie, ce n’est pas que la montagne ! Le pays est ouvert sur la Mer Adriatique, le long de ses 47 kilomètres de littoral. Ici, les plages sont en galets, sauf à Portoroz. On aime ou on aime pas, les villes et villages ainsi que l’esprit ambiant rappellent à merveille la chaleur italienne. Piran, Portoroz, Koper et Izola peuplent les rivages.

 

Izola

Izola est une chouette petite ville de bord de mer, très colorée, aux façades me faisant penser à l’Italie, à quelques dizaines de kilomètres d’ici, sur la côte adriatique. Les ruelles sont toutes étroites, sol pavé, façades multicolores, balcons fleuris. C’est joli, ça a vraiment du charme.

On sent bien le passé italien dans l’architecture. Dailleurs, la ville a la particularité d’être bilingue slovène et italien, ce qui est facilement remarquable dès que l’on pose les yeux sur un panneau, ou même sur des étiquettes de produits.

Il y a beaucoup d’autres petits détails à Izola. Son nom vient de « isola », qui veut dire « île » en italien. En effet, la localité d’Izola a été établie sur une île, deux mille ans avant J.C. ! Au vu d’une telle ancienneté, je suppose que l’Histoire de la localité doit tenir dans des dizaines de livres. Aujourd’hui la ville compte 16.000 habitants, vivant principalement du tourisme et de la production d’huile d’olive.

Piran

Piran, une très belle ville ancienne, suivant la forme toute pointue du littoral.

Comme toute la côte adriatique slovène, la ville est bilingue slovène-italien. Il y a dailleurs un grand nombre d’italiens en vacances ici.

Piran tire sa signification du mot grec « Pyr », qui veut dire « feu ». Puis, les Romains se l’approprient et lui donne le nom de « Piranum ». Piran est en conflit direct avec la Croatie, pour des histoires de frontières maritimes.

Je me balade dans le long du littoral, dans les toutes petites ruelles aux vieilles maisons et petits immeubles pas plus haut que trois étages. La pierre est vieille, les peintures colorées s’écaillent, les pavés des ruelles sont énormes. On change de siècle.

L’église, perchée sur la fine colline de la pointe de Piran, propose un joli point de vue sur les toits qui se succèdent tel un puzzle se jetant dans la mer.

Portoroz

Portoroz, c’est autre chose… On se croirait sur la cote d’Azur. Une station balnéaire typique. Il y a autant de monde, autant d’hôtels, autant de barres d’immeubles (quoique plus colorées), et même autant de casinos.

Je n’y suis pas resté longtemps. En fait, je suis allergique à tout ça… En vélo ou en voiture, on peut monter par une petite route qui amène sur les hauteurs de Portoroz, avec des habitations luxueuses.

Ici, on s’amuse à surnommer la ville « Port-au-Béton », tellement le littoral est bétonné. On vient ici pour la plage, les restaurants, les hôtels ou encore les casinos. Le premier hôtel a été construit en 1912, et depuis les années soixante, la ville se tourne vers le tourisme de masse, faisant sortir de terre une multitude de barres à l’architecture carrée.

Photo : thinkslovenia

Koper

C’est une ville portuaire assez polluée où l’on réceptionne les marchandises de l’Asie pour l’Europe de l’Est. Cet immense port est en concurrence avec celui de Trieste, quelques dizaines de kilomètres plus loin, en Italie. Une fois le canal de Suez passé, Koper et Trieste sont en effet les deux ports les plus proches d’Europe Centrale.

Son centre-ville à l’architecture vénitienne vaut tout de même un petit détour.

Photo : sloveniatimes

Un ressenti contrasté

Le littoral slovène propose donc tous les types de vie sur seulement quelques dizaines de kilomètres ! Port international, farniente, villages typiques, collines d’oliviers, vie nocturne… Il faut se trouver au bon endroit et au bon moment selon ses envies.

Personnellement, je n’ai pas vraiment aimé la cote slovène pour quelques raisons. Ici, je me crois sur la côte d’Azur, les français remplacés par les italiens. Il y a énormément de retraités, si ce n’est les trois-quarts. Les petites villes et villages sont certes typiques et jolis, mais le tourisme est écrasant. Les plages ne sont pas grandes et comme c’était la pleine saison quand j’y était, il devient difficile de placer sa serviette dès dix heures du matin !

Mieux vaut alors s’éloigner du business touristique. J’ai préféré me perdre dans les petites villes typiques et rouler à vélo sur les nombreuses pistes cyclables en bord de mer ou dans les collines couvertes d’oliviers. De ce côté là, le littoral slovène est vraiment fantastique !

J’en conclu donc une bonne chose : cela veut dire que la cote adriatique slovène est faite pour tout le monde. Il y’en a pour tous les goûts !

Cet article contient des passages de mon ebook « Dober dan Slovenija ». Il raconte mon roadtrip de trois semaines en Slovénie, entre haute montagne, mer, campagnes et régions reculées oubliées des touristes. Vous pouvez le télécharger gratuitement à ce lien : http://pixfromworld.fr/bonjour-slovenie-ebook-gratuit/


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« Bonjour Slovénie » (ebook gratuit !)

Après mon premier ebook, « A Travers le Canada » écrit en 2016, voici « Bonjour Slovénie » !

À travers ce livre, je vous emmène avec moi en Slovénie, à la découverte de sa population, de son histoire, de sa culture, de ses paysages et de ses particularités.

Si vous voulez recevoir votre ebook sans lire la petite présentation, j’ai pensé à vous : remplissez simplement ce petit formulaire et recevez le livre gratuitement ! Pour les autres, le texte continue plus bas 😉 🙂

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La Slovénie, je l’ai faite en voiture, en partant de chez moi. J’aime tellement faire des roadtrip et rouler en voiture. J’ai eu tellement de bons souvenirs à visiter des pays avec ce moyen de transport que je l’utilise dès que je le peut.

Pour dormir, j’ai emporté ma tente, un tapis de mousse et un sac de couchage. Par moment, j’alternerais en dormant en auberge de jeunesse. J’ai aussi emporté mon vélo de course pour faire quelques circuits dans la campagne et dans la montagne. Mes chaussures de randonnée m’ont emmenées vers les sommets, et ma paire de basket dans les recoins des villes. Pour me guider : une carte du pays et les gens que je rencontrerai. Pas grand chose en somme.

J’y suis allé pour «prendre l’air», comme je dis. C’est à dire me sortir de mon quotidien. Oublier mon quotidien, même. Me ressourcer, découvrir, apprendre. Être seul avec moi-même, réfléchir, penser, prendre du recul. Me perdre dans la nature, voir et vivre la montagne. Et pour tout cela, la Slovénie a beaucoup plus de ressources qu’elle n’en paraît.

J’ai été surpris par ce pays !

Ce qu’ils en ont pensé !

« Tu m’as embarqué dans ton sillage et j’ai découvert la Slovénie avec toi. Quelle aventure ! J’ai adoré la faire avec toi bien calé dans mon fauteuil ! Superbe pays plein de contrastes. Encore merci pour la balade qui n’est pas finie, car je vais relire ton bouquin accompagné d’une carte pour être plus dans la réalité » – Jean-Pierre.

« Beaucoup d’émotions en lisant ton livre. C’est beau. Je trouves que tu véhicules de belles et saines valeurs, dont ton amour pour la nature » – Marielle.

« Vivant , plein d’espoir , de projets ; se lit facilement et c’est une écriture agréable » – Martine.

Comme je l’ai souvent dit à mon retour, j’ai passé trois semaines au paradis. Si je devais résumer le pays en un mot, ce serait celui-ci : Edelweiss.

Les Edelweiss, c’est rare. Elles définissent tout à fait les moments que j’ai vécu, les personnes que j’ai rencontré, et les paysages que j’ai vu. La rareté fait aussi que c’est inoubliable. Rare et inoubliable, c’est aussi comme cela que je résumerais ce pays. Un pays où l’on met la qualité de la vie et de sa vie en premier lieu, où l’on connaît le respect, où l’on vit très proche de la nature.

La Slovénie a tout pour elle.

C’est un petit pays très facile à visiter. La montagne y est magnifique, haute en couleur. Les paysages sont saisissants. Les villes sont riches en culture et en histoire. Le long de la côte adriatique est parfumé d’un accent italien irrésistible. Tout ici invite à la promenade, incite à s’émerveiller de la nature. Les gens sont aimables, sincères, respectueux. Ils aiment leur pays et veulent toujours vous en dire plus à son propos.

Partez à sa découverte dans mon livre ! Et n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en m’écrivant un petit message ici 🙂

Merci de remplir ce petit formulaire.

En l’échange de ton nom et de ton adresse email, je t’enverrai gratuitement le livre !

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Dober dan Slovenija – Bonjour Slovénie : 119 pages, 21 photos. Format PDF. Format epub disponible.

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Slovénie #1 : La Haute-Carniole et le Triglav

La Haute-Carniole est certainement la région la plus touristique de la Slovénie. En y mettant les pieds, il ne faut pas plus de trente secondes pour comprendre pourquoi ! Laissez-moi vous faire découvrir et vous donner envie de voir ce petit paradis sur terre 🙂

Ici se situe le fief du parc national du Triglav, la montagne ses rivières ses lacs et ses vallées. C’est le paradis du sportif. Et ce sportif en question doit être plutôt averti. Le terrain accidenté et l’altitude mettent à rude épreuve les corps non préparés. Les plus grands champions slovènes s’entraînent ici.

Sur les pentes raides des pics de calcaire se succèdent des refuges tous aussi authentiques que conviviaux. Dans la vallée, les villages la plupart du temps restaurés dans les règles de l’art, arborent des couleurs multicolores puissantes. Dans les restaurants typiques, on mange de la nourriture maison comme des ogres. L’eau des rivières est transparente, les forêts gardent la fraîcheur. L’air est tellement pur qu’on croît respirer du vide. La montagne et ses panoramas sont tellement beaux qu’on en perd la vue.

Vous pourriez croire que j’en fait un peu trop. Mais pourtant, je pèse mes mots ! Si vous cherchez à vous ressourcer et à vous en mettre plein la vue dans un esprit 100% montagnard, la Haute-Carniole est sans conteste pour vous. N’oubliez pas votre appareil photo.

Vue sur le village de Podkoren et la vallée de la Gorenjska.

Où se loger ?

Les infrastructures sont développées. Vous pouvez trouver tous les types d’hébergement, même à la ferme.

Kranjska Gora, le Chamonix des Alpes Juliennes, en plus petit : grands hôtels de luxe, casinos, vie nocturne.

Il y a aussi les très connus Bled et Bohinj si vous n’avez pas peur du monde et des embouteillages (moins à Bohinj).

Si vous préférez rester dans la plus profonde authenticité et le calme, préférez Ratece ou Podkoren, qui sont restés des villages très coquets, simples et conviviaux. C’est également ici que vous serez le mieux placé pour environner dans la parc national du Triglav (avec Kranjska Gora).

Moins envie de la montagne ? Plus envie de ville ? Vous pouvez vous éloigner un peu en allant à Skofja Loka, Jesenice, Kranj, ou encore Radovljica.

Localiser la région de la Haute-Carniole.

Ne partez pas si vous n’avez pas fait…

Les activités sont innombrables ! Ici, vous pouvez venir à toutes les périodes de l’année, il y en aura toujours pour tous les goûts.

Vélo, randonnée, trekking de haute montagne, marche, course à pied, canyoning, rafting, kayak, ski à roulettes, roller,… En hiver, vous aurez le choix entre les stations de ski pour pratiquer votre sport de glisse préféré, ou en essayer d’autres !

J’aimerais bien vous dire que vous pouvez aussi vous la couler douce en terrasse à déguster les succulentes spécialités culinaires du coin. Mais sérieusement, la montagne vous appelle littéralement à venir la voir !

La vue depuis le centre de saut à ski de Planica.

Ne pas manquer #1 !
La piste cyclable qui va de la frontière italienne à Ljubljana. Relativement plate entre Ratece et Jesenice, elle est accessible pour tous les niveaux ! Un des meilleurs moyens de découvrir la vallée de la Gorenjska !

Ne pas manquer #2 !
Grimper au col de Vrsic. On peut le faire en vélo (niveau confirmé), par un sentier de randonnée (difficile), ou bien sûr en voiture (n’oubliez pas de faire le plein d’essence avant). Baladez-vous sur les hauteurs et allez aux refuges les plus proches. Les points de vue sont magnifiques ! Les plus sportifs ne manqueront pas les randonnées qui mènent aux sommets environnants. En fin de journée, arrêtez-vous manger à l’immanquable « Chalet de la Tonka » qui se situe dans le col coté Kranjska Gora… Vous ne le regretterez pas !

Ne pas manquer #3 !
Aller au pied du centre de saut à ski Planica. Le plus grand sautoir à ski qui existe ! C’est ici qu’a été réalisé le record du monde : 235.5 mètres ! C’était en 1998.

Ne pas manquer #4 !
Le lac de Bled et le lac de Bohinj (+ cascade de la Savica). Des couleurs et des points de vue atypiques. Le lac de Bohinj est très sauvage et moins peuplé que celui de Bled.

Ne pas manquer #5 !
Le centre-ville de Radovljica. La magnifique place centrale vous emmènera dans un autre temps.

Ne pas manquer #6 !
La vallée de Radovna. Au départ de Krnica ou de Mojstrana. Vous avez toutes les chances d’y être seul au monde. La vallée traverse en grande partie le parc national du Triglav dans le sens est-ouest. Féerique.

Ne pas manquer #7 !
La vieille-ville de Skofja Loca. Ancienne cité médiévale aux façades de style Renaissance. Un voyage dans le temps assuré.

 

Les villes et villages à voir

Rateče
Calme, authenticité, cuisine traditionnelle, vue à couper le souffle sur la vallée et les montagnes. Si vous voyez un restaurant avec une façade jaune, ne manquez pas d’y manger… Ce souvenir risque de rester gravé à vie dans votre tête…

Podkoren
Voisin de Ratece, ce village est tout aussi typique. Sur la petite place centrale, admirez le superbe tilleul ainsi que la façade restaurée de l’hôtel Vitranc. Grimpez le début du col de Wurzenpass, menant en Autriche : un parking aménagé vous permettra d’avoir un superbe panorama sur le village et les montagnes ! Ne ratez pas non plus son petit lac qui ne paye pas de mine… Je ne vous en dit pas plus mais j’espère avoir éveillé votre curiosité !

Bled
Un incontournable. Très touristique, souvent embouteillé aussi bien par les voitures que par les piétons sur les rivages. Allez à l’autre bout du lac à pied en partant de la ville. Un peu moins de monde, et vous verrez l’île centrale de plus près !

Bohinj
La petite ville a moins d’intérêt que son lac, quelques kilomètres plus loin. De couleur vert émeraude, entouré de montagnes et avec ses petites plages de galets, le lac de Bohinj n’a pas fini de vous faire tourner la tête ! Sauvage à souhait. Allez voir la splendide cascade Slap Savica et ses 80 mètres de haut. Le parking obligatoire est à 3 Euros.

Škofja Loka
Ancienne cité médiévale, on y admire des façades de style Renaissance plus ou moins restaurées. Une ville où il faut se perdre pour en découvrir les plus beaux joyaux.

Radovljica
Son centre-ville est un délice pour les yeux. La place centrale, toute en longueur, arbore fièrement ses constructions des 16ème et 17ème Siècles. N’oubliez pas son église, sa fontaine et la maison Vidic.

Kropa
Kropa est un petit village très calme situé au sud de Radovljica. C’est la capitale de la ferronnerie. On y travaille le fer à la main depuis des siècles. Au pied d’un magnifique col et traversé par une rivière, ce petit village a un charme fou !

 

Grimper le Triglav (2864m)

C’est le plus haut sommet du pays, et c’est ici un pèlerinage annuel d’arriver à son sommet.

Je n’ai pas pu le grimper. On me l’a déconseillé en raison de la période de l’année à laquelle je suis venu (Août). Un nombre incroyable de gens viennent le grimper, les slovènes en tête. La montée est un peu technique avec quelques passages en via ferrata. On marche sur des arêtes où il peut être compliqué de se croiser entre ceux qui montent et ceux qui descendent. En Août, le casque est obligatoire à cause des risques de chutes de pierres et du monde.

Mieux vaut le faire en hors-saison. Mais la fenêtre n’est pas grande car la neige s’y accroche fort longtemps. En gros, c’est de juillet à début Octobre. Il vaut mieux avoir une bonne condition physique et un bon équipement. Attention aux orages fréquents et aux changements climatiques intempestifs. Partir avec un guide qui connaît les voies est fortement conseillé. Vous pourrez les trouver à Bled et à Bohinj.

Il y a un nombre impressionnant d’itinéraires pour y parvenir. Tout dépend du nombre de jours que vous avez ou de votre niveau. Cela peut aller de 1 jour (du matin au soir), à 1 semaine selon l’itinéraire emprunté. Les refuges vous attendent toutes les 1 à 3 heures de marche. Si vous voulez y dormir, il faut réserver à l’avance.

Je ne l’ai pas monté, mais je l’ai vu !

La Haute-Carniole, ou Gorenjska en slovène, est un véritable paradis. Personne ne peut le contredire. On y reste figé devant ses paysages majestueux. Le tourisme y est assez développé mais reste très bien intégré et cohérent. Ce n’est pas Disneyland et ses allées de béton. On a gardé une grande part d’authenticité ici, pour le plaisir de tous.

Rien que pour cette région, la Slovénie vaut le détour. La nature à l’état brut, l’esprit montagnard, les sportifs à tout va, l’air frai et l’altitude. Il n’y a rien de mieux pour se sentir bien!

 

J’ai passé une semaine en Haute-Carniole. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à télécharger mon ebook « Bonjour Slovénie ». Il est gratuit ! 119 pages et 21 photos de bonheur.

Cliquez ici pour vous le procurer : Télécharger l’ebook !

 

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Slovénie #2 : Ljubljana, capitale verte

J’ai commencé ma visite le Ljubljana par son château. C’était sans le vouloir. Cependant, j’en fait, à mon sens, un bon conseil : commencez par le château ! Non seulement pour la culture et l’histoire de la région, mais aussi pour avoir un point de vue « aérien » de la ville, avant de vous lancer dans ses rues au charme unique.

En redescendant par le chemin marqué « vieille ville », je tombe sur une grande place où le marché dure toute la journée. Je le visite. Je regarde des guêpes dévorer en masse une grosse pastèque coupée en deux, au milieu des bonnes odeurs de fruits et légumes. Un bon début pour visiter cette capitale.

La ville de Ljubljana est assez touristique. Elle est aussi relativement petite (pour une capitale) : 280.000 habitants. On ne peut pas s’y perdre !

Une propreté exemplaire et un silence incomparable !

En trois croisements, me voilà sur la fameuse place des trois ponts. C’est superbe. Tout est pavé, les ponts passant au-dessus de la rivière de Ljubljana (c’est son nom) sont très courts. Les vieux bâtiments sont parfaitement restaurés. On y sentirait presque l’odeur de peinture neuve. La propreté est exemplaire : le sol est exempt de tout déchet, et même du moindre chewing-gum écrasé. Soudain, je remarque quelque chose dont je n’ai pas l’habitude en pleine ville…

C’est le silence !

On entend seulement les gens parler entre eux… Les voitures ont totalement disparues du paysage. Tout le centre-ville est dénudé de quatre roues, tout comme de deux roues ou encore de bus. Tout le monde ici utilise des moyens écologiques de déplacement. Je citerai bien sûr la marche, le vélo, la trottinette, le skateboard, ou même les rollers. Beaucoup de femmes roulent à vélo, mais de beaux vélos de style hollandais, avec des couleurs claires. Je remarque alors autre chose de bien différent par rapport à la montagne et la campagne…

  • A la montagne, on montre ses muscles dans un attirail qui les mettent le plus en valeur.
  • À la campagne, peu importe, on passe la journée à se salir à travailler la terre.
  • À la ville, on prend soin de son image d’une autre manière : la mode est de sortie, et c’est un vrai défilé.

Les hommes sont en pantalon et belles chemises à manches courtes. Ils se pavanent derrière leurs lunettes de soleil. Les femmes, toujours une mode d’avance sur les hommes, sont la plupart du temps en robe ou en combinaison. La mode actuelle est apparemment aux motifs, avec un penchant pour les pois que je croise régulièrement. Au niveau des jeans, c’est la mode du troué ou du déchiré. Certaines ont des grands chapeaux ondulés.

Et la vieille-ville, ma foi, est aussi belle que ses habitants. Les bâtiments sont splendides et colorés. Certains présentent une très belle architecture recherchée. Le long de la rivière, les bars et les restaurants se succèdent sur des centaines de mètres, jonglant entre musique électronique et jazz. Quand je m’écarte un peu de la foule, je tombe sur des petites rues au charme fou et aux façades splendides.

Je fini par traverser toute la ville en direction de l’ouest, pour me poser un peu au parc Tivoli. Je retrouve la circulation automobile avant d’entrer dans le parc. Quelle agression après tout ce temps passé en ville sans ce bruit et ces odeurs… Le parc est sympa, sans être extraordinaire.


Un passé tumultueux

Ljubljana n’est pas grande, mais il y a de tout et pour tous les goûts. Centre historique, châteaux historiques, grands espaces verts, bâtiments de l’ère communiste. L’ambiance est chaleureuse et animée, principalement dû aux 40.000 étudiants venus du monde entier pour étudier ici.

La ville démarre son histoire en 2000 av. J.C. À cette époque, les premiers habitants vivaient dans des cabanes sur pilotis, dans des marais. On vit de la chasse, de la pêche et d’agriculture. On se déplace en embarcation de bois, de style radeau, dans les marais. Le lieu est déjà un haut-lieu de passage pour de nombreuses populations.

Les Romains construisent un premier fort en 1000 av. J.C., faisant grandir la ville, alors appelée Emona, qui se voit alors rattachée à l’Italie. Au cinquième siècle, elle se fait envahir et détruire par les Huns, les Osthrogos puis les Lombards. Mais ses habitants arrivent toujours à la reconstruire.

Au sixième siècle, la ville compte 5.000 habitants et dispose de son propre réseau d’égouts, un grand luxe pour l’époque. Elle est le théâtre de nombreux combats, mais est maintenant suffisamment grande et bien défendue pour être détruite comme par le passé. Elle obtient son statut de ville en 1220.

Au quinzième Siècle, la ville est connue pour la qualité de son art. Après un tremblement de terre qui ravage la ville au début du seizième Siècle, la ville est reconstruite dans un style architectural Renaissance et adoptera le style baroque au 17ème.

En 1815, la ville devient autrichienne et les premiers trains y circulent. Alors qu’elle compte 30.000 habitants, la cité est à nouveau frappée par un tremblement de terre important qui détruit 10% des bâtiments. Ceux-ci seront reconstruits dans le style Art Nouveau.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la ville devient italienne, puis allemande en 1943. Pour la protéger et être sûrs de la garder, les allemands l’entoure de trente kilomètres de barbelés. Plus personne ne peut y entrer ou en sortir. Depuis 1991 et l’indépendance, elle est la capitale de Slovénie.

Le pays a ensuite rejoint l’Union Européenne en 2004.

Une sacrée histoire !

Ljubljana, la « petite grande »

Ljubljana est une très belle capitale qui mérite un détour de quelques jours. Elle a vraiment tout pour elle. Touristique sans trop être touristique, verte, écolo, propre, calme et excentrique à la fois. De « petite » taille, elle est très facile à visiter et présente une belle vitrine de la réussite du passage à l’Europe, ainsi qu’une architecture graphique intéressante.

Mais comme dans tous les pays, Ljubljana ne représente pas entièrement la Slovénie, même si ça s’en rapproche. Toutefois, cela est normal. Imaginez-vous dire que Paris c’est la France et que New-York, c’est les Etats-Unis !

Louer une voiture (ou un vélo !) et visiter les autres régions est primordial pour comprendre le pays et sa culture. Pour cela, je vous invite à vous diriger vers la région montagneuse des Alpes Juliennes, en Haute-Carniole ! Vous pouvez aussi aller dans les Alpes de Kamnik, au nord de Ljubljana.

Cet article contient des passages de mon ebook « Dober dan Slovenija ». Il raconte mon roadtrip de trois semaines en Slovénie, entre haute montagne, mer, campagnes et régions reculées oubliées des touristes. Vous pouvez le télécharger gratuitement à ce lien : http://pixfromworld.fr/bonjour-slovenie-ebook-gratuit/


Aymeric Lecossois – Pictures From The World

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