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Slovénie #4 : La Styrie, l’oubliée des voyageurs

La Styrie : « Un coin un peu perdu, oublié des touristes qui disent qu’il n’y a aucun intérêt à y aller ». Ah bon? Ma curiosité me pousse tout de même à y aller ! Ne pas trop savoir à quoi m’attendre, ni ce que je vais voir, je prends le risque. Je veux changer un peu du circuit habituel. Je pars pour deux jours à l’est du pays, à la découverte de deux villes : Ptuj et Maribor. Cela devrait être authentique !

Cet article est un extrait de mon ebook sur mes trois semaines de voyage en Slovénie, à télécharger gratuitement ici : télécharger mon ebook.

Maribor

Je prends la route direction Maribor. Il y a cent-trente kilomètres depuis Ljubljana, à peu près. Des tunnels de un à trois kilomètres et des viaducs aussi longs que deux à trois terrains de football s’enchaînent. Au loin, devant moi, je vois les Alpes de Kamnik se dresser. Puis, changement de décor.

On passe à du vallonné, avec quelques tout petits sommets, touchant les huit-cent mètres. Les forêts passent à quelques champs viticoles. Les petites maisons, toujours aussi colorées, s’éparpillent par endroit sur les collines.

Une fois arrivé à Maribor, il est encore tôt. Je décide d’aller en ville directement, à pied comme je le fais toujours. Je n’ai pas de plan de ville, je ne sais pas trop où je vais, et n’ai aucune idée de ce que je vais voir.

Comme je suis assez loin du circuit touristique habituel, je me doute juste que cela sera différent et que ça sera du style « ça passe, ou ça casse ».

La banlieue proche est… Différente. C’est un autre visage de la Slovénie. Enfin, ici, je ne sais pas si je suis en Slovénie ou si c’est toujours la Yougoslavie. Je retourne quelques décennies en arrière, à une autre époque.

Les rues sont des boulevards à deux fois trois voies, complètement vides. Les immeubles sont tristes et en début de décomposition. Les barres d’immeubles, un peu plus récentes, ont encore leur peinture.

Le mélange des deux, agrémenté du très beau temps, ne donne pas une impression d’insécurité. Pourtant, c’est un peu « la zone ».

L’herbe n’est pas coupée depuis quelques mois, les parcs ne sont pas entretenus, il y a des déchets par endroit. Je n’ai encore jamais vu ça ailleurs dans ce pays si propre et si bien mis en valeur. Sur les trottoirs, les passants sont rares. Pourtant, les bâtiments qui m’entourent doivent abriter plusieurs centaines de personnes à eux seuls. Mais où sont passés les gens ?

Le peu de monde que je croise a l’air un peu perdu, le regard à moitié vide. En me croisant, ils me regardent d’un air surpris. Je suis un étranger qu’ils n’ont jamais vu, et ils ne doivent pas en voir beaucoup apparemment. Je leur glisse un « Dober dan » (bonjour), avec un petit sourire, pour les rassurer. Ils me répondent d’un geste de la tête, en détournant le regard.

Une ville à l’abandon ?

La vie ne semble pas facile ici. J’ai l’impression qu’à Maribor, on est pas encore en Europe. J’ai même l’impression que Maribor est tellement « reculée » par rapport à l’autre coté du pays, ses attraits et son tourisme, que même le pays lui-même a oublié cette ville.

C’est assez surprenant, déroutant. Un autre pays dans le même pays. C’est ce que je cherchais, quelque part : quelque chose de différent, de peu connu et de peu vu par les visiteurs, qui dailleurs, se comptent sur les doigts d’une main à cet endroit.

Pourtant, le centre-ville mérite que l’on s’y arrête une bonne demi-journée. La vue depuis le pont principal est superbe. Une mosaïque de toits irréguliers mais de hauteur semblable se dessine tout le long de la berge.

En la visitant, on découvre une ville charmante, aux rues pavées, aux façades anciennes, aux bâtiments administratifs et religieux grandioses. Mais au milieu de tout ça, on sent toujours que cette ville est différente des autres.

Un peu d’Histoire

Maribor est la deuxième plus grande ville du pays, avec un peu plus de 100.000 habitants. C’est aussi la seule ville universitaire avec Ljubljana. Elle s’est développée grâce à son port fluvial et sa voie ferroviaire reliée à la mer Adriatique. Dès 1861, elle s’industrialise fortement.

Derrière ses airs de ville oubliée, elle a pourtant déjà obtenu le titre de capitale européenne de la culture. En 2013, elle était capitale européenne de la jeunesse.

En 1941, après la conquête de la Yougoslavie, la ville est annexée par l’Allemagne nazie. Adolf Hitler, qui souhaite germaniser totalement la région, visite la ville en grande pompe où une réception en son honneur se tient dans le château de la ville.

La ville, centre industriel important notamment pour la fabrication d’armes, est régulièrement bombardée par les Alliés durant la Seconde Guerre mondiale. De nombreux Slovènes sont expulsés vers la Croatie et la Serbie actuelle. D’autres sont déportés vers des camps allemands de concentration.

Le but nazi est d’éradiquer les populations slovènes ou slaves de la région. En réponse, la résistance composée de Partisans voit le jour. La ville, très proche de l’Autriche (moins de vingt kilomètres), profite les années suivantes de sa position centrale entre l’Europe occidentale et l’Europe de l’Est.

Ville de transit, elle devient également une importante ville industrielle de Yougoslavie. Elle dépasse les cent mille habitants au cours des années 1980 et compte environ 105 000 habitants en 1990. Lors de la création de la nouvelle république de Slovénie en 1991, la ville perd son marché yougoslave et l’industrie lourde de la région souffre énormément.

Le chômage augmente fortement avant de diminuer à la fin des années 1990 à la suite de la création de nombreuses PME. La construction automobile a en partie compensé les pertes des secteurs électrique, chimique, métallurgique et sidérurgique. Comme je le voit un peu partout ici, la vie n’a pas été facile tous les jours.

Une ville à deux vitesses

Le lundi, tout le monde semble être sorti de sa léthargie. La vie reprend son cour. Il y a de la circulation, pas mal de monde sur les trottoirs. Pour une ville de 100.000 habitants, ça grouille plutôt bien. Je retourne au centre-ville pour faire la partie gauche (hier, j’avais coupé en deux en prenant comme repère le pont principal).

C’est vraiment une ville chouette, architecturalement parlant. Sinon, pas grand chose à faire d’autre que de se promener. Avec la vie qui a repris, c’est beaucoup plus gai et sympathique que le weekend. J’ai un tout autre point de vue sur la ville.

Il faut éviter de la visiter le weekend, et puis c’est tout. C’est une ville à deux vitesses que j’ai commencé à découvrir par le point mort. Il n’empêche que dès que l’on sort du centre-ville, la banlieue est moche… Un détail étrange : il y a énormément de salons de coiffure.

Ptuj

Ptuj se situe à vingt-cinq kilomètres de Maribor. C’est la ville la plus ancienne du pays, obtenant son statut en 977. Son grand château est aussi du Xème siècle.

Ptuj n’est pas une grande ville, comme presque toutes les villes Slovènes. Comme à Maribor, il y a peu de touristes, très peu. Partout depuis que je suis arrivé dans la région, je ne vois que des gens du coin. Toutes les voitures sont immatriculées dans la région. Plus d’allemands, plus d’italiens, plus de tchèques, plus d’autrichiens… Moi et les slovènes.

Je suis content de voir des coins de pays que peu d’étrangers voient. Bien sûr, en dehors du centre-ville, il n’y a rien d’intéressent. Il y a un beau clocher, de belles rues aux petits pavés arrondis. Plusieurs trottoirs sont eux aussi pavés.

La montée au château par les escaliers offre un superbe point de vue sur les toits et les environs de Ptuj. C’est très joli, et encore plus depuis les remparts. Dans la rue principale, je m’arrête devant quelques belles façades anciennes, superbement restaurées.

Conclusion sur la Styrie

Mes visites de Maribor et de Ptuj terminées, je suis assez content d’avoir fait le détour. Voir autre chose que les lieux touristiques peu s’avérer intéressent.

J’en ai appris un peu plus sur la culture et l’histoire du pays. Je repars bien sûr sur ma faim. Je m’attendais à plus. J’ai découvert un autre aspect du pays, un autre style de vie. C’était différent, et c’est ce que je voulais en venant ici. La mission est remplie.

Je pense que cette région de la Slovénie est pour les curieux. Il faut aimer l’architecture, la culture et l’histoire pour y trouver un attrait réel. Sinon, y venir depuis Ljubljana ou la partie ouest du pays est selon moi une perte de temps.

Si on passe dans le coin, on peut s’y arrêter pour une bonne journée, voire un jour et demi tout au plus, et préférer un hébergement au centre plutôt que dans la banlieue.

 

Rappel : cet article est un extrait de mon ebook sur mes trois semaines de voyage en Slovénie, à télécharger gratuitement ici : télécharger mon ebook.

Aymeric LECOSSOIS – Pictures From The World.
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Slovénie #3 : La côte adriatique

La Slovénie, ce n’est pas que la montagne ! Le pays est ouvert sur la Mer Adriatique, le long de ses 47 kilomètres de littoral. Ici, les plages sont en galets, sauf à Portoroz. On aime ou on aime pas, les villes et villages ainsi que l’esprit ambiant rappellent à merveille la chaleur italienne. Piran, Portoroz, Koper et Izola peuplent les rivages.

 

Izola

Izola est une chouette petite ville de bord de mer, très colorée, aux façades me faisant penser à l’Italie, à quelques dizaines de kilomètres d’ici, sur la côte adriatique. Les ruelles sont toutes étroites, sol pavé, façades multicolores, balcons fleuris. C’est joli, ça a vraiment du charme.

On sent bien le passé italien dans l’architecture. Dailleurs, la ville a la particularité d’être bilingue slovène et italien, ce qui est facilement remarquable dès que l’on pose les yeux sur un panneau, ou même sur des étiquettes de produits.

Il y a beaucoup d’autres petits détails à Izola. Son nom vient de « isola », qui veut dire « île » en italien. En effet, la localité d’Izola a été établie sur une île, deux mille ans avant J.C. ! Au vu d’une telle ancienneté, je suppose que l’Histoire de la localité doit tenir dans des dizaines de livres. Aujourd’hui la ville compte 16.000 habitants, vivant principalement du tourisme et de la production d’huile d’olive.

Piran

Piran, une très belle ville ancienne, suivant la forme toute pointue du littoral.

Comme toute la côte adriatique slovène, la ville est bilingue slovène-italien. Il y a dailleurs un grand nombre d’italiens en vacances ici.

Piran tire sa signification du mot grec « Pyr », qui veut dire « feu ». Puis, les Romains se l’approprient et lui donne le nom de « Piranum ». Piran est en conflit direct avec la Croatie, pour des histoires de frontières maritimes.

Je me balade dans le long du littoral, dans les toutes petites ruelles aux vieilles maisons et petits immeubles pas plus haut que trois étages. La pierre est vieille, les peintures colorées s’écaillent, les pavés des ruelles sont énormes. On change de siècle.

L’église, perchée sur la fine colline de la pointe de Piran, propose un joli point de vue sur les toits qui se succèdent tel un puzzle se jetant dans la mer.

Portoroz

Portoroz, c’est autre chose… On se croirait sur la cote d’Azur. Une station balnéaire typique. Il y a autant de monde, autant d’hôtels, autant de barres d’immeubles (quoique plus colorées), et même autant de casinos.

Je n’y suis pas resté longtemps. En fait, je suis allergique à tout ça… En vélo ou en voiture, on peut monter par une petite route qui amène sur les hauteurs de Portoroz, avec des habitations luxueuses.

Ici, on s’amuse à surnommer la ville « Port-au-Béton », tellement le littoral est bétonné. On vient ici pour la plage, les restaurants, les hôtels ou encore les casinos. Le premier hôtel a été construit en 1912, et depuis les années soixante, la ville se tourne vers le tourisme de masse, faisant sortir de terre une multitude de barres à l’architecture carrée.

Photo : thinkslovenia

Koper

C’est une ville portuaire assez polluée où l’on réceptionne les marchandises de l’Asie pour l’Europe de l’Est. Cet immense port est en concurrence avec celui de Trieste, quelques dizaines de kilomètres plus loin, en Italie. Une fois le canal de Suez passé, Koper et Trieste sont en effet les deux ports les plus proches d’Europe Centrale.

Son centre-ville à l’architecture vénitienne vaut tout de même un petit détour.

Photo : sloveniatimes

Un ressenti contrasté

Le littoral slovène propose donc tous les types de vie sur seulement quelques dizaines de kilomètres ! Port international, farniente, villages typiques, collines d’oliviers, vie nocturne… Il faut se trouver au bon endroit et au bon moment selon ses envies.

Personnellement, je n’ai pas vraiment aimé la cote slovène pour quelques raisons. Ici, je me crois sur la côte d’Azur, les français remplacés par les italiens. Il y a énormément de retraités, si ce n’est les trois-quarts. Les petites villes et villages sont certes typiques et jolis, mais le tourisme est écrasant. Les plages ne sont pas grandes et comme c’était la pleine saison quand j’y était, il devient difficile de placer sa serviette dès dix heures du matin !

Mieux vaut alors s’éloigner du business touristique. J’ai préféré me perdre dans les petites villes typiques et rouler à vélo sur les nombreuses pistes cyclables en bord de mer ou dans les collines couvertes d’oliviers. De ce côté là, le littoral slovène est vraiment fantastique !

J’en conclu donc une bonne chose : cela veut dire que la cote adriatique slovène est faite pour tout le monde. Il y’en a pour tous les goûts !

Cet article contient des passages de mon ebook « Dober dan Slovenija ». Il raconte mon roadtrip de trois semaines en Slovénie, entre haute montagne, mer, campagnes et régions reculées oubliées des touristes. Vous pouvez le télécharger gratuitement à ce lien : http://pixfromworld.fr/bonjour-slovenie-ebook-gratuit/


Aymeric Lecossois – Pictures From The World

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